Ma Rétrospection Interceltique au FIL des Années… (partie 1)

    Celticlecteurs, fidèle(s) lectrice(s) ;) et Celtes de coeur, voici, comme promis, un article rétrospectif (ou plutôt une série d’article, parce que résumer 9 ans en un seul article ce serait peut-être un peu long…) sur mon expérience du FIL et les 9 éditions que j’ai vécues. Pour ces articles, je prends modèle sur le livre d’Alain Cabon, Le Festival Interceltique de Lorient, paru en 2010 aux éditions Ouest-France pour les 40 ans du FIL… Accrochez vos ceintures, la fusée des souvenirs va décoller… Attention… Trois, deux, un, zéro… c’est parti!!!

    2004: La première Année

    A tous points de vue, notre premier voyage à Lorient, pour le FIL, en août 2004, a été une véritable épopée, un marathon.

    Cette année-là a été particulière pour nous. Après notre découverte (pour ma soeur, mon père et moi/redécouverte (pour ma mère) en grande pompe de la musique celtique grâce à Tri Yann, découverte rapidement suivie par un inoubliable et exaltant premier concert :) , l’appel de l’Ouest, l’attraction de la Bretagne commence doucement à se faire sentir… Ma mère, qui y est déjà allée quand elle était ado et l’a connu à ses débuts, suggère qu’on aille faire un tour au Festival Interceltique de Lorient. Je sais que c’est le Festival Interceltique de Lorient qui a organisé de grands événements comme les Nuits Celtiques au Stade de France, à laquelle nos Tri Yann ont participé pour sa dernière édition. Mais malgré cette « garantie exigeance qualité », je ne déborde pas d’enthousiasme, c’est le moins qu’on puisse dire, et ma soeur non plus… Pour ma part, je préférerais aller revoir Tri Yann… De plus, je me souviens qu’on avait vu à la télé il y a quelques années (l’été 2000 ou 2001) la Grande Parade du FIL, et que ça m’avait vite saoulée, non pas à cause de la musique, mais à cause… du blabla interminable (merci les présentateurs de TF1!)!

    Pourtant, petit à petit, l’idée fait son chemin… Mon père envoie des emails par paquets, ma mère passe un nombre incalculable de coups de téléphone dans les hôtels du Morbihan pour essayer de réserver des chambres. ENFIN, seulement quelques jours avant la date fatidique, elle a une réponse positive: deux chambres sont disponibles à l’hôtel XXX de Pontivy (à une cinquantaine de kilomètres de Lorient), en raison d’un désistement de dernière minute! Finalement, j’avoue que l’idée de ce voyage ne me déplaît pas, et je ressens une certaine excitation à l’idée de dormir à l’hôtel pour la première fois (ma soeur, qui a fait un voyage en Italie avec les 3ème latinistes en avril, a déjà un peu d’expérience en la matière). C’est donc chose entendue: nous irons à Lorient pour la Grande Parade des Nations Celtes le dimanche 1er août. Nous partirons de la maison la veille, et nous rentrerons le lendemain.

    Nous nous préparons avec frénésie pour cette équipée morbihannaise: achat de sacs à dos, de chapeaux, de trucs à grignoter, de trousses de toilette… Mon père rajoute des encoches à chacun des volets pour y mettre des barres… Enfin, le samedi 31 juillet, en tout début d’après-midi, nous sommes prêts à partir. Le week-end s’annonce très chaud. Nous laissons seuls dans la maison ombragée et étroitement barricadée nos cinq chats (eh oui, à l’époque on en avait 5), avec à leur disposition assez de bols d’eau, de croquettes, de pâtée et de litière propre pour tenir 3 jours, et nous embarquons.

    Pour cette première fois, nous ne passons pas par l’autoroute, mais par les routes de campagne. Le voyage dure cinq heures (soit pas tellement plus long que si on avait dû prendre l’autoroute). Nous arrivons à l’hôtel de Pontivy vers 18 h 30. Les cartes magnétiques qu’on nous donne à la réception nous ouvrent l’accès à deux chambres contiguës, réunies par un même antichambre. Dans chaque chambre plutôt coquette (l’hôtel est un 2 étoiles) avec salle de douche et toilettes attenants, trône un grand lit pour deux personnes. Pour deux nuits, ma soeur et moi devrons donc dormir ensemble. A la guerre comme à la guerre… :P Après avoir déposé les sacs de voyages dans les chambres et nous être bien roulées sur les matelas pour en tester le confort ( ;) ), nous allons tous les quatre faire un tour dans les vieux quartiers de Pontivy, et nous montons jusqu’au château des Rohan.

    Le lendemain matin, après une nuit de sommeil épisodique (essayez donc de dormir en faisant comme si de rien n’était avec une soeur qui tire tout le drap de son côté, les bruits de la ville, et le bruit des escarpins de la réceptionniste, malgré le fait qu’on soit au premier étage LOL), nous sommes levés vers 6 h pour nous lancer à l’assaut de Lorient. Après l’habillage et un petit-déj’ improvisé dans la chambre (des gâteaux, une brique de lait chocolaté et une petite bouteille de jus de fruits), nous sommes prêts à partir. Nous avons chacun un chapeau, un sac à dos avec une généreuse provision de bouteilles de flotte (la météo annonce une journée caniculaire). Je somnole pendant tout le trajet Pontivy-Lorient, tandis que ma mère est au volant. Quand nous arrivons à Lorient, il est encore tôt (entre 8 h et 8 h 30). Nous trouvons tant bien que mal à nous garer et nous finissons le trajet à pied vers le centre ville. La chose qui m’a frappée d’emblée dans ce « premier contact » avec Lorient, c’est la lumière, une lumière comme j’en ai rarement vue, et qui semble caractéristique de ce coin de pays. La ville elle-même de me plaît guère, je ne lui trouve pas grand attrait (rien n’est ancien, vu que la ville a été entièrement pilonnée pendant la 2ème GM). Mais c’est cette lumière qui m’a marquée…

    Partout, des camions, des chapiteaux, des tentes, et du Monde, un Monde fou!!! Avant de découvrir le FIL, je n’avais vu qu’une seule fois auparavant une foule aussi énorme: un an plus tôt, lors d’une Parade d’un tout autre ordre, celle de l’Armada de Rouen, à laquelle nous avions assisté. Mais la densité de population est différente, car à Rouen, la foule était étalée tout le long des rives de la Seine, de Rouen jusqu’à Honfleur, alors qu’à Lorient, la foule se concentre sur une superficie bien plus petite… Nous avalons un croissant et un jus d’orange à la terrasse d’un café, un peu en arrière d’une longue rue où les spectateurs se pressent déjà pour le défilé (avec quelques années de recul, je crois que c’était en fait le café-restaurant des Indes, rue Maître Esvelin ;) ). Puis nous prenons place nous aussi, dans une rue adjacente au cours de la Bôve, d’où part la Grande Parade. Le staff télé est installé juste en face de nous, puisque dans le défilé, nous verrons le directeur du FIL, Jean-Pierre Pichard, un micro à la main aux côtés de la présentatrice. Des vendeurs ambulants de toutes sortes remontent le parcours du défilé « Demandez le programme du Festival! », « Demandez la pochette du Télégramme », « Demandez messieurs dames, CD et drapeaux bretons! ». L’agitation ambiante est digne d’une foire. Sur d’énormes panneaux publicitaires sont placardée des affiches du FIL. Cette édition 2004 est consacrée à l’Acadie, à l’occasion des 400 ans de la province nord-américaine francophone. En tête des affiches, Dominique Dupuis, la petite violoniste blonde de 17 ans révélée lors de la dernière Nuit Celtique au Stade de France.

    10 h: la Grande Parade démarre… Comme c’est de coutume depuis les tous débuts du Festival, en 1971, c’est le célébrissime Bagad de Lann Bihoué qui ouvre le défilé, talonnant les drapeaux des Nations Celtes. Et là… C’est un déluge assez hallucinant de sons, de couleurs et de danses qui commence, et se poursuit non-stop pendant plus de 4 h. Bagadoù, cercles celtiques bretons, « grupos de danzas » asturiens et galiciens, pipe-bands écossais et irlandais, danseuses irlandaises, choristes gallois… C’est impressionnant, je l’avoue… Mais c’est aussi long, très long… trop long. Car en plus, il nous faut composer avec un soleil de plomb, qui, malgré toutes les précautions prises (chapeaux, bouteilles d’eau…) est impitoyable avec nous.  La sueur dégouline de mon front jusque dans mes yeux. Il fait chaud, très chaud, trop chaud. Tellement chaud, même (près de 36 degrés), qu’à quelques reprises, des équipes de secouristes, situées en des points stratégiques du parcours, se frayent un chemin à travers la foule avec des brancards pour prendre en charge des personnes victimes de malaises.

    Au bout de 4 h, abrutie par le soleil, le vacarme, la foule, je me sens un peu flancher. Nous partons alors que le défilé n’est pas encore terminé. Mais nous n’avons pas fini de courir pour autant: direction un bâtiment appelé le Palais des Congrès, où est située la billetterie du FIL, car ma mère lance l’idée d’enchaîner avec le spectacle des Danses de Bretagne l’après-midi même. Mon père, plus pragmatique pour le coup, se soucie, lui, de nous trouver quelque chose à nous mettre sous la dent (il reviendra avec des sandwichs et des paquets de chips). C’est la cohue, la foule, le bruit, les stands innombrables qui se succèdent et se ressemblent pas mal (kebab, sandwichs, pompes à bière, encore kebab…)… Tout ça m’étourdit et m’effraie un peu, car je n’y suis pas habituée du tout. Et que dire alors de la queue qu’il y avait dans le Palais des Congrès au niveau de la billetterie, avec l’impression que le plafond allait me tomber sur la tête et que la foule allait m’écrabouiller? 5 min de plus passées dans cette étuve et je serais devenue agoraphobe!

    Après nous être sustentés à la va-vite, nous prenons la direction du Stade du Moustoir, où le spectacle de danses doit avoir lieu. J’ai chaud, je me traîne péniblement, mais je me dis qu’en bout de course, au moins dans le stade on sera assis. L’accès aux tribunes nous est ouvert avec plus d’une demie-heure de retard. Et en arrivant en haut de l’un des escaliers de la tribune présidentielle, j’ai soudain l’impression que tout tourne autour de moi, tout se noircit… et ma mère me rattrape vigoureusement, tout en me passant un savon en disant que j’aurais pu dévaler les marches jusqu’en bas. J’y peux rien, je crois que j’ai fait un premier malaise de chaleur… Et le spectacle commence enfin… et dure plus de 4 h… Mais ils sont fous à Lorient avec les durées, ou quoi??? :( Ma mère et ma soeur semblent enchantées, mais pour moi, ces 4 h de danses sont une torture. Parce que j’ai l’impression  de toujours voir la même chose, car j’ai du mal à fixer mon attention dessus, je suis prise de somnolence, quand je parle j’ai la bouche pâteuse comme si j’étais bourrée, je me sens mal, j’ai besoin de fraîcheur… Pour cette première fois à Lorient, j’ai fait une belle insolation, en fait! Pourtant, qu’est-ce qu’on biberonne! Mon père passe son temps à faire des va-et-vient entre la tribune et les toilettes pour remplir les bouteilles au robinet. Heureusement, j’ai envie de dire, un orage éclate, obligeant le spectacle à s’interrompre. Au moins, ça rafraîchit l’atmosphère. C’est, je crois, cette première expérience cuisante et pénible pour moi qui a fait que j’ai été écoeurée par la danse bretonne (en plus de l’impression de voir tout le temps la même chose)…

    Il est plus de 18 h 30 quand le spectacle se termine. Enfin! Il est temps de rentrer à Pontivy. Nous refaisons donc le chemin en sens inverse, mais, quand nous finissons par retrouver la voiture, nous nous retrouvons bloqués… dans le Triomphe des Sonneurs! Trop c’est trop! J’en ai marre, je perds patience, j’ai envie de rentrer à l’hôtel, je ne rêve que d’une douche froide.

    Enfin, nous finissons par nous en extirper. Retour à Pontivy. A l’hôtel, le mec de la réception nous demande aimablement, en nous voyant débarquer avec notre barda et nos chapeaux, si on a passé une bonne journée au FIL. Une journée épuisante, surtout! Je n’en peux plus. Quand, enfin, après une douche providentielle et le repas, nous pouvons aller nous coucher, je suis dans une fatigue extrême (accentuée par l’insolation). Une fois au lit, moins de dix minutes plus tard, je suis aux abonnés absents. Bonne nuit!

    Le réveil est évidemment tardif (8 h passées), mais la nuit a été réparatrice. Nous descendons au restau de l’hôtel pour le petit-déj (mmmh, la variété de délices proposés aux clients affamés!). Puis nous prenons tranquillement la route du retour. Là encore, le voyage prend quelques accents épiques, lorsque nous nous retrouvons bloqués plus d’1 h dans le centre de Rennes, à cause de travaux innombrables. Nous nous en sortons tant bien que mal. Halte déjeuner le midi à Fougères, puis rapide visite du château, et nous reprenons la route de l’Eure-et-Loir. Il fait presque aussi chaud qu’hier. Nous arrivons à la maison (que je retrouve avec ravissement) en fin d’après-midi, et la retrouvons chaude malgré les volets fermés, de même que les chats énervés, qui en avaient marre d’être tous seuls, dont la nourriture et la flotte n’était plus très fraîche, et qui, après avoir utilisé toute leur litière propre (on avait mis plusieurs bacs à disposition), avaient commencé à pisser à côté. Bref: pour moi, pour nous, comme pour les poilus, il était temps qu’on arrive! ;)

    Bilan: La densité du FIL m’a pas mal impressionnée, mais l’insolation m’a gâché la journée. J’en ai conservé un souvenir cuisant.

    Ce qui fait que je me suis dit qu’on ne m’y reprendrait pas de sitôt… Si j’avais su… ;)
Présenté comme ça, ça fait un peu « forçat sous un soleil de plomb », mais c’était effectivement (comme diraient asturiens et galiciens) muy caliente. Heureusement, le souvenir de cette « première fois » mitigée sera très vite dissipés par les grands moments vécus les éditions suivantes, et la Bretagne a fini par m’avoir « à l’usure »: progressivement, je me suis attachée à Lorient et ses environs et au FIL…

    Suite au prochain épisode! ;)



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