CR de concert: Tri Yann à Mouzillon le 6 juillet 2013

    Bijour ensoleillé, chers Celticlecteurs!

    Me revoilou sur ce blog après presque deux mois d’absence! C’était une longue absence, mais j’ai une excuse en béton: on n’obtient pas (avec succès) une licence de Lettres modernes sans y consacrer du temps, de l’énergie et du TRAVAIL! Maintenant c’est fait, je suis diplômée et c’est les vacances, donc je vais avoir un peu plus de temps à y consacrer.

    Pour ce retour (qui coïncide exactement avec le deuxième anniversaire de ce blog…), je vais commencer par mon compte-rendu fort long et épique du concert de Tri Yann le 6 juillet dernier à Mouzillon, en Loire-Atlantique, à l’occasion de la 2ème Nuit en Muscadet. C’est parti mon kiki!

   

CR Concert de Mouzillon 6 juillet
2013

    Me voilà mes choupinous avec quelques jours
de retard (vacances + chaleur, alors soyez indulgents) pour vous raconter notre
périple mouzillonnais, au pays du muscadet.

    Samedi 6 juillet : décollage de la
maison à 13 h, sous un soleil de plomb. Autant vous dire que ma mère, ma sœur
et moi avons tout prévu pour résister à la canicule : chapeaux, crème
solaire, réserve d’eau… Le trajet Lanester-Mouzillon, qui emprunte
essentiellement la nationale, s’annonce sans encombres. Pour ce premier jour
officiel des vacances, le trafic est étonnamment fluide, ce qui est un
soulagement (en fait, le flot des vacanciers allait dans un sens… et nous dans
l’autre !). Vannes… Muzillac… Pontchâteau… Savenay (coucou le studio
Marzelle ! LOL)… Orvault… RAS, ça roule tout seul. Pas de bouchon à
l’horizon. Mais les choses commencent à se corser lorsque nous arrivons sur le
périphérique de Nantes, non pas parce qu’il y a des bouchons, mais parce que…
le périph de Nantes est incroyablement mal foutu ! Après nous êtres
gourées de sortie car le panneau signalant la sortie qu’on devait prendre, vers
Saint-Julien-de-Concelles, a été enlevée à cause de travaux, on tente de
rattraper la bonne bretelle en passant par Carquefou et Basse-Goulaine. Re-belote,
après avoir pris deux fois de mauvaises directions, et avoir fait autant de
demi-tours, on finit par accéder à une bretelle qui emprunte un pont, au-dessus
de la Loire. Et… victoire ! c’est la bonne route ! puisque nous
sommes renvoyées vers la sortie Mouzillon/Clisson/Vallet, comme ça aurait dû
être le cas depuis le début. Mine de rien, on a perdu plus d’une demi-heure à
tournicoter dans le périph de Nantes ! Ce fut épique.

    Enfin bref, nous voici concrètement sur la
route de Mouzillon, et du vignoble du muscadet. D’ailleurs, peu après être
sorties du périph, un grand panneau nous indique que nous entrons dans le PAYS
DU VIGNOBLE. Aussi bizarre que ça puisse paraître, nous n’avons aucun mal à
nous en apercevoir. Car, dans tous les champs qui bordent les communes que nous
traversons, de la sortie du périph jusqu’à notre arrivée à Mouzillon (Le
Loroux-Bottereau, La Chapelle-Heulin, Vertou, Clisson, Vallet…), ce ne sont
que… des vignes, des vignes et encore des vignes, à perte de vue.

    Nous atteignons notre destination finale,
Mouzillon (bled de quelques 2000 âmes, sans véritable attrait), vers 15 h 30.
Un fléchage a été mis en place dans toute la commune par l’organisation d’Une
Nuit en muscadet. Nous trouvons donc sans difficulté le parking réservé aux
festivaliers (et avant de l’atteindre, nous apercevons, au loin, la grande
scène sur le Terrain stabilisé). Le parking est situé sur une place où se
dresse une charmante église restaurée au XIXème. Nous nous garons sans
problème, car il y a encore très peu de monde. Nous passons un petit coup de
fil au paternel, pour lui dire que nous sommes bien arrivées, puis nous nous
aventurons dans la commune en éclaireurs, pour faire un premier repérage des
lieux. Le site du festival, le « Terrain stabilisé » comme c’est
écrit sur les billets, est très étalé, et tous ses grillages ont été entourés
de bâches blanches. Mais pour en repérer les entrées… ???? Mystère !
(c’est principalement ce qui posera problème par la suite). Alors que nous descendons
la principale rue qui longe le terrain, nous voyons au loin une tête connue…
Mais oui, c’est Christophe ! Nous lui adressons un petit coucou rapide. Je
crois bien que nous sommes arrivées en même temps que nos Tri Yann… Nous voyons
Chris se diriger, ses instruments chargés sur l’épaule, vers une certaine
entrée du site. En toute logique l’entrée réservée aux artistes. Nous, c’est
l’entrée spectateurs que nous cherchons.

    Comme il n’est même pas 16 h, que la foule
ne se bouscule pas au portillon, et que nous avons encore du temps devant nous,
nous décidons d’aller faire un petit tour. Le parking est situé à mi-chemin
entre l’église et le seul site de Mouzillon qui présente un véritable intérêt
touristique : un petit pont gallo-romain, très bien conservé, qui enjambe
la rivière Sanguèze, tout près des vestiges d’une ancienne voie romaine. C’est
plutôt mignon. Après cette petite balade sous le soleil, nous remontons au
parking. Après avoir changé de chaussures, avoir grignoté un peu et nous être
tartinées de crème solaire (la chaleur est accablante), nous nous chargeons de
bouteilles de flotte et des provisions. Sacs sur le dos et chapeaux vissés sur
la tête, nous retournons au niveau du Terrain stabilisé. Il n’y a aucune
indication précise pour l’entrée spectateurs. Nous faisons donc le tour
complet. Nous distinguons, à l’arrière du site, une aire de jeux pour les
gamins, nous longeons encore des grillages, puis nous voyons enfin une entrée.
Il semblerait que ce soit la bonne, puisque la scène (où les techniciens de nos
Tri Yann s’activent) lui fait face. Nous pénétrons donc par là. Regards à
gauche, à droite, et ma mère lance soudain un grand « Salut ! »
en faisant un signe de la main. Nous nous avançons et nous tombons sur… Vivi et
Jean-Pierre !

    Tous deux sont déjà dans le secteur depuis
la veille. Nous les retrouvons avec d’autant plus de plaisir que nous ne les
avions pas revus depuis presque deux ans (depuis Lorient), et que nous pensions
être les seules Tryanautes présentes à Mouzillon. Mais c’est mieux d’être à
plusieurs parce que plus on est de fous plus on rit ! On bavarde donc un
moment avec eux.

    Non loin de l’entrée, on aperçoit l’espace
réservé aux artistes… et aux véhicules. Le célébrissime minibus vert de nos Tri
Yann y est garé. On arrive juste à l’heure pour les balances, puisque Jean-Paul
est en train de s’accorder. Nous nous approchons donc des barrières (un peu
éloignées de la scène, mais elles seront rapprochées sur demande de Jean-Louis)
et profitons de ces moments « privilégiés » que sont les balances,
l’envers du décor des concerts. Nous avons droit à des petits coucous et à des
œillades de l’ami Freddy. Tour à tour, tous viennent s’accorder. C’est la
première fois depuis Redon en 2011 que nous pouvons VOIR et ENTENDRE toutes les
balances (à Lorient, Quimper et Pleudihen on avait pu seulement les entendre),
alors on savoure. Ces balances sont ponctuées de rigolades (Jean qui se sert de
son micro comme porte-chapeau et Pascal qui lui lance d’un ton moqueur depuis
la régie « Ca c’est pas fait pour les chapeaux » LOL) ou de
situations plutôt comiques (par exemple, voir Konan, Chris et Jean-Luc, à
l’arrière de la scène, prenant exactement la même pose, verre à la main, et
sirotant leur bière de façon parfaitement synchrone, ça aurait mérité une photo !
Re-LOL). Météo aidant, sourires, bonne humeur et décontraction sont de mise. De
plus, ils ont l’air contents de jouer « à domicile » (pour certains
d’entre eux ce n’était qu’à 10 min de chez eux).

    L’installation de la scène et de la
structure est un peu étrange : comme souvent, il y a bien une avancée de
scène, mais au pied de l’avancée de scène, ainsi que tout du long, ont été
placées les enceintes des basses montées sur roulettes. Ce qui fait que
souvent, pour le coup, ça prenait littéralement aux tripes (et que dire quand
Gégé seul a fait la balance de sa batterie… ça a vibrééé-éééé-éééééé !!
MDR).

    Jean-Louis arrive bon dernier pour les
balances. Il n’avait pas pu se libérer avant car il célébrait un mariage à la
mairie de Nantes. Très pro, après avoir salué ses potes, il se prépare
aussitôt. Ear-monitor (qu’il teste en chantant sa chanson préférée de balances,
la très drôle Ne pleure pas Patricia de Jehan Jonas, j’étais sûre qu’il nous la
ferait !), bombardes, chalémie, psaltérion… Il vérifie et réaccorde tout
cela avec rapidité et efficacité. Une fois que c’est OK pour lui, c’est parti
pour la balance collective : une partie de Marie-Jeanne-Gabrielle, et
Vivre Johnnie vivre, ce shanty si beau, si calme qui clôt en beauté Chansons de
marins. Dès les balances, ils le jouent de façon quasi parfaite (le seul petit
bémol c’était que le micro de Jean était un peu faiblard). Ca promet pour le
rendu du concert même !!! J Peu après, on apprend
que le concert devra être un petit peu raccourci, car il y a un horaire précis
à respecter à cause du feu d’artifice qui doit suivre immédiatement après. Deux
titres sont donc retirés de la setlist : Marie-Jeanne-Gabrielle et Adieu
Kerblouze (dommaaaaage !). Pour Marie-Jeanne-Gabrielle, pas de regrets,
parce qu’on la connaît bien en concert, mais pour Kerblouze, c’est bien
dommage, car nous ne l’avons jamais entendue en scène (je ne peux imaginer que
trop bien à quel point ça doit être une tuerie en live… !! Enfin bon, la
prochaine fois peut-être ?).

    Nos Tri Yann finissent les balances
pratiquement à l’heure prévue, et s’éclipsent pour laisser place au groupe
suivant. Peu avant la fin, Jean-Louis vient sur l’avancée de scène. Les
sourcils froncés et l’air vaguement contrarié, il jette un coup d’œil aux
barrières, et semble évaluer la hauteur de l’avancée. J’ai failli lui
dire : « Ca risque d’être un peu haut pour descendre à moins de
prendre un parachute », mais j’ai pas osé, je voulais pas le vexer. En
fait, ce qui contrariait Jean-Louis, c’était que les barrières soient si
éloignées de la scène. Alors après les balances, il a fait demander aux
bénévoles par Patrice de rapprocher le plus possible les barrières de la scène,
parce que, comme Patrice l’a expliqué au responsable des bénévoles, « il
n’y a pas suffisamment la proximité que le groupe aime avoir avec le
public ». Le mec fait ce que Patrice lui demande, mais en râlant tout
haut. Enfin bon…

     On mange nos sandwichs, on fait le tour du
site. Le Terrain stabilisé de Mouzillon est une sorte de complexe sportif, au
sol plutôt sablonneux (je vous raconte pas la couleur de mes baskets en fin de
soirée), dédié à des activités sportives aussi diverses que variées. Par
exemple, les toilettes avaient été installées à l’autre bout du périmètre tout
près d’un local qui était le local de l’Amicale des Joueurs de Pétanque. LOL.
Un village enfants est installé du même côté, de même que le stand de bouffe.
Les stands dédiés au muscadet, eux, parsèment le site d’un bout à l’autre.

    Tout au long de l’après-midi, des bénévoles
et organisateurs circulaient sur le site, sans prêter attention ni à nous, ni
aux quelques autres personnes présentes devant la scène. Mais vers 18 h, un
jeune organisateur vient vers nous. Comme j’ai vu sur le site de la
manifestation la vidéo de présentation, je reconnais Florent Coutolleau,
organisateur d’Une Nuit en Muscadet, et président de l’asso des Conscrits de la
10 (qui organise). Il nous demande avec amabilité si on fait partie des proches
de Tri Yann. Gné ? Puis je comprends que c’est mon tee-shirt et mon sac
Tri Yann qui lui ont fait croire ça. Je vous jure, pour peu on aurait pu se
faire passer pour des membres de l’entourage du groupe ! LOL ! Ce quiproquos
est tout de même comique, il faut l’avouer ! ;) Comme nous sommes
honnêtes et n’avons pas l’intention d’abuser de privilèges qui ne nous
reviendraient pas, nous lui montrons nos billets. Sans cacher non plus le fait,
pour être tout à fait honnêtes, qu’on les connaît un petit peu hors scène. Il
nous demande (en s’excusant) de sortir du terrain, car ils doivent sécuriser le
site avant l’ouverture prévue à 19 h . Il nous indique la direction de
l’entrée spectateurs. Nous nous y dirigeons donc. Au-delà de l’arche d’entrée,
située en bas d’une petite colline, elle-même en contrebas d’une petite
passerelle dans une descende hyper casse-gueule, nous retrouvons Vivi et
Jean-Pierre, ainsi qu’Isabelle, une autre habituée, non Tryanaute mais que nous
avons croisée à tous les concerts faits en Bretagne. Une dame, faisant partie
des personnes à mobilité réduite à cause d’un problème de hanche, et son mari,
sont également présents. Un petit auvent de toile a été installé au niveau du
pont pour le contrôle des billets. Ca faisait pont couvert, pour peu on se
serait crus dans Sur la route de Madison ! LOL ! L’autre entrée
spectateurs du site est tout aussi mal foutue, dans une montée improbable. Mais
à part eux, il n’y a pas un chat. Nous allons nous asseoir à l’ombre près de la
petite colline, et à proximité de l’arcade d’entrée. On est bien, à l’ombre. Même
que ma sœur, vautrée de tout son long dans l’herbe avec sa casquette sur la
figure, a fait peur à un jeune bénévole qui est venu demander si ça allait
parce qu’il croyait qu’elle était tombée dans les pommes ! MDR !

    Dans l’intervalle, je reçois un coup de
téléphone de notre Elodie, à qui j’avais laissé un message-surprise pendant les
balances, et qui appelle pour nous souhaiter bon concert, assurant qu’elle est
avec nous par la pensée entre deux couches et biberons.

    On finit par retourner vers l’entrée. Et
là, les mecs de l’organisation, de la sécurité et les bénévoles qui montent la
garde nous disent qu’en fait il faut aller au-delà du pont (dans la montée)
parce que les billets seront contrôlés là et qu’on nous donnera des bracelets
autocollants ! Là, on en a ras-le-bol, parce que ça fait près de 2 h qu’on
nous balade d’un bout à l’autre du site, et que des infos contradictoires
circulent d’une personne à l’autre. Vivi avait sa béquille et sa carte station
debout pénible, la dame au problème de hanche, qui a une canne, était plus ou
moins en train de faire un malaise, et moi qui ai un problème de tendon depuis
l’âge de onze ans, j’avais trop mal aux jambes pour emprunter de nouveau ce
passage raide et casse-gueule. Alors ma mère, Jean-Pierre, Isabelle et le mari
de la dame, assez excédés, sont retournés au pont avec nos billets respectifs à
titre d’accompagnants de personnes à mobilité réduite, nous laissant devant
l’entrée. Là encore, ce fut un beau gros bordel, parce que d’une part, le mec
qui avait les bracelets autocollants a mis du temps à arriver, et d’autre part,
parce qu’ils vérifiaient le numéro de CHAQUE billet sur un listing ! Et vu
qu’il y avait plusieurs revendeurs (Fnac, Ticketnet, billets achetés sur
place), c’était vraiment fastidieux. J’hallucinais. En douze concerts, c’est la
première fois que je vois ça ! Pendant que nos « accompagnants »
pataugent dans le filtrage des entrées, la sécurité déplace des barrières au
niveau de l’arche pour faire des « couloirs », et je me fais littéralement
agresser verbalement par le chef de la sécurité, tout ça parce que je me suis
appuyée d’une main sur une barrière qu’il venait de déplacer. Pfff, j’te jure,
dès que ça a l’étiquette de chef, ça pète plus haut que son cul !

    Le jeune organisateur (qui est poli,
contrairement aux mecs de la sécurité) dit qu’ils attendent le feu vert pour
faire rentrer. Mais du côté du pont, une fois les billets contrôlés et le talon
détaché, ils ne veulent pas laisser repasser Jean-Pierre, ma mère et Isabelle
sous prétexte qu’ils n’ont pas encore eu le feu vert ou je ne sais quoi !
Là, ma mère pousse un petit coup de gueule, et après cette semonce ils les
laissent nous rejoindre. Du coup quand le feu vert est ENFIN donné (vers 19 h
15), on a pu rentrer en priorité ! AHAHAHA !

    Y a pas à dire, ce fut un sacré bordel pour
les entrées !

    Bref, nous voilà dans la place. Avant que
le feu vert soit donné, une fille de la sécurité a contrôlé nos sacs pour
vérifier si on n’avait pas de bouteilles en verre. Une fois passée l’entrée, on
nous donne à chacun un verre à muscadet en plastique dur (donc c’est aussi
cassant que du verre… cherchez l’erreur) pour les dégustations, et un ruban
spécial assorti pour l’accrocher autour du cou. Comme je n’ai pas la moindre
intention d’aller faire des dégustations et que je trouve que ça ferait un peu
concon de se balader avec un verre à vin accroché autour du cou, je le fourre
vite fait dans ma sacoche.

    Nous gagnons le devant de la scène. Et
puisque nous sommes les premiers entrés et que la très grande majorité du
public est encore à poireauter loin derrière, il est inutile de courir au
premier rang : le premier rang s’offre à nous, entièrement désert !
C’est tip top. Nous nous installons donc bien tranquilles devant les barrières,
pile au milieu (aux meilleures places LOL). Les festivaliers entrent au
compte-goutte.

     Sur
scène, le jeune groupe Oly Hill, qui est chargé d’ouvrir la soirée, vient juste
de finir ses balances. Le public étant encore peu nombreux en raison du
contrôle laborieux des entrées, la chanteuse et ses musiciens restent les bras
ballants, un petit peu ennuyés. Vers 19 h 40, comme on leur dit « Ca
arrive » ou « Si vous commencez à jouer ils vont peut-être
rappliquer », ils entament leur prestation. Pendant une quarantaine de
minutes environ, ce groupe de folk-rock local nous déroule son univers
« western », et nous invite en voyage avec Léonie (leur
« héroïne ») et l’Homme des Hautes Plaines. Au début, ça nous semble
pas mal, mais au bout de deux ou trois titres, on a un peu l’impression de
toujours entendre la même chose, et la chanteuse s’écoute chanter plus qu’autre
chose (même si elle a incontestablement une très belle voix !). Bon, c’est
pas exceptionnel, mais je retiens qu’il y a du potentiel, de l’originalité et
de bonnes idées dans ce groupe. Et puis, franchement, après écoute, j’ai plus
de sympathie pour Oly Hill que pour le groupe qui suit, Herbalist Crew !

    Herbalist Crew (Mauvaise herbe en français)
est un groupe suisse de reggae. Ils succèdent à Oly Hill, après une vingtaine
de minutes d’interlude (pendant lequel un groupe de percus, les Tambours de
l’An Fer, a joué, sur une petite scène plus loin). Ils jouent pendant plus
d’une heure. C’est probablement le moment le plus pénible de cette soirée :
titres aussi interminables qu’incompréhensibles, musique qui ne me parle pas du
tout, et comme ils sont suisses francophones et ont un accent loooong cooome
çaaaaaaaaa, ils étaient tout aussi difficiles à comprendre quand ils parlaient
que quand ils chantaient… Bref, j’ai trouvé ça terriblement long et chiant.
Croyez-moi, voir nos Tri Yann et leur équipe, au loin, qui faisaient des allées
et venues, m’a diverti bien plus que la musique d’Herbalist Crew ! Le seul
titre qui ait vaguement éveillé ma curiosité, ça a été un pastiche de La
mauvaise réputation de Brassens.

    Mais surtout avec Herbalist, le problème
qui s’est posé est un problème typique des groupes de reggae : à un moment
donné, ils font une apologie de « la ganja ». Alors là, on voit
rappliquer un nombre surprenant, je vous le donne en mille… de fumeurs de
pétards ! Je vous raconte pas, tout autour de nous ça puait le joint,
c’était immonde ! Cette « bande » comporte quelques excités qui
poseront problème par la suite, dont une foldingue qui bousculait et
s’accrochait au cou des gens, et quelques jeunes rastas venus un peu foutre le
bronx et voulant absolument danser pendant Les prisons, et qui finiront par se
calmer et repartir contents après que ma mère ait discuté bien calmement et
bien diplomatiquement avec l’un d’entre eux.

    A 22 h, après que des organisateurs soient
venus leur demander de raccourcir leur prestation (parce qu’ils étaient bien
partis pour durer encore, alors que l’horaire, c’est l’horaire !), ils
quittent la scène. Sauvés par le gong, c’est le cas de le dire ! Dès
qu’Herbalist leur laisse le champ libre, Patrice et ses acolytes s’activent
aussitôt à préparer la scène pour nos Tri Yann, avec leur rapidité et leur
professionnalisme coutumiers, qui me laissent à chaque fois admirative. Nous
autres les Tryanautes, nous commençons à tâcher de chauffer le public. On lance
à Patrice, qui traverse la scène avec la mandoline de Jean « Allez
Patrice, une chanson », ce qui le fait marrer. Pendant la demie-heure de
changement de plateau, les Tambours de l’An Fer refont l’interlude. Mais
rapidement, ils nous cassent les oreilles, finissant par frapper comme des
bourrins sur leurs fûts. Ce n’est plus ce que j’appelle de la musique !
Après coup, je me suis dit que si Gavotten ar Seizh (et donc la présentation
des Tambours de Plougastell) avait été au programme du concert (ce qui n’a pas
été le cas), Jean-Louis aurait légitimement pu dire, s’il avait voulu prendre
l’exemple de ces percus, qu’effectivement là c’était « cinquante brutes
qui cognent sur des bidons de gasoil » ! MDRRRRRRR !!!

    Quand ce « frappant » interlude
(sans mauvais jeu de mots, off course ! ;) ) s’arrête enfin, nous
pouvons appeler et acclamer nos Tri Yann. Puisque nous 3 sommes d’un côté, et
Vivi, Jean-Pierre et Thérèse de l’autre, nous faisons un petit match
bâbord-tribord. Ca répond bien ! Ca ne vaut évidemment pas le bâbord –
tribord géant de Lorient, mais ça répond bien !

    Minute après minute, nous nous approchons
de l’heure H. Le pouls qui accélère, ces délicieux frissons d’impatience qui
nous parcourent, l’adrénaline qu’on sent monter (au point que, chaleur aidant,
à un moment donné, je me sens presque suffoquer), les fourmis dans les jambes…
Je retrouve avec joie toutes ces sensations familières pré-concert.

    22 h 30 pétantes (à Mouzillon, le moins
qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont réglo sur les horaires !) :
ouiiiiii !!! Alors que nous braillons à nous en casser la voix et
acclamons à qui mieux-mieux, les éclairages verts scannent soudain la scène et
la longue note sourde et prolongée qui introduit Na I ri o se fait
entendre ! Et là, comme surgis des différentes époques qui s’entrecroisent
dans Rummadoù, hérisson, brigand, croisé, chef de clan écossais et employé fluo
de travaux public prennent la scène d’assaut ! Le pibgorn de Konan qui
ouvre le concert résonne dans la nuit mouzillonnaise comme un appel à nos
ménéstrels Jean, Jean-Paul et Jean-Louis qui, tantôt empharés, tantôt fleuri,
tantôt caféiné (et fumant de préférence), surgissent à leur tour au fil des couplets,
une ovation spéciale étant comme toujours réservée à Jean-Louis.
Hiiiihaaaaa !

    C’est partiiiiii, et le concert se
poursuivra sans aucun temps mort pendant 1 h 30. Eh oui, comme il y a des
horaires précis à respecter et qu’il y a encore du monde qui doit passer après
eux, c’est un concert version courte. Petit concert, donc, mais il n’y a
aucunement lieu de se plaindre, car c’est un concert intense, avec un bon choix
de titres et une répartition intelligente des morceaux. Et moi, quand le programme
est équilibré à ce point, j’adore ! La setlist, que je vous ai déjà donnée
précédemment, s’établit comme il suit :

  1. Na I ri o
  2.  Le Baleinier
  3. Pelot ( <3 <3 <3 )
  4. Fransozig
  5. Si mors à mort
  6. Marion
  7. Le retour de la croisade
  8. Tri martolod
  9. Divent an dour
  10. Le
    chasseur de temps
  11. Vivre
    Johnnie vivre
  12. Kan
    ar Kann
  13. Tir
    fo tonn
  14. La
    jument
  15. Les
    prisons
  16. Les
    crêpes
  17. Je
    m’en vas

    Au cours de cette heure et demie de
concert, nos Tri Yann, en très grande forme, ont réalisé un sans faute (comme
toujours ;) ), ils étaient musicalement parfaits d’un bout à l’autre, et
il n’y a eu aucun problème technique. Quelques anecdotes (juste quelques unes,
promis, dit celle qui en écrit 3 pages à chaque fois ;) LOL !)

-        
Avant Le Baleinier, Jean-Louis nous fait comme de
coutume répéter les Alouéééé Fa la louééé Alouééééééé. Ca a l’air impeccable,
au point qu’il dit : « Put**** , c’est plus beau qu’à
Strasbourg ! » On espère bien ! LOL ! Parce que là quand
même ils jouent à domicile ! ;). A la fin du morceau, il nous les a
fait rechanter 3 fois encore, « pour le fun ».

-        
Ensuite : il nous annonce une vieillerie ressortie
des tiroirs. Jean et Jean-Paul s’emparent respectivement de leur banjo et de
leur guitare. Mon cœur s’emballe : je sais de quelle
« vieillerie » il s’agit, car il n’a pratiquement jamais quitté la
setlist des concerts depuis deux ans… Mais c’est égal, mon bonheur de l’avoir
en concert, mon émotion et mon ravissement sont intacts, toujours renouvelés,
aussi fort que la première fois que je l’ai entendu à Redon… Aux premières
notes, reconnaissables entre mille, je pousse un hurlement perçant, un
hurlement de joie, à l’unisson de tout le public ! C’est Pelot, bien
sûr ! Le gars Pelot à qui le public réserve toujours immanquablement un
triomphe !!! Donc voilà, j’ai eu droit à ma chanson préférée, à MA
première chanson de Tri Yann, pour la cinquième fois d’affilée en deux ans…
Pff, c’est le pied !!! Mon cœur de Tryanaute est comblé !

-        
Fransozig : à la phrase « Bonjour à vous
jeune fille, me logerez-vous ? », Jean-Louis serre la main à ses potes
en croisant les bras. Ce qui fait qu’il avait Jean accroché d’un côté et
Jean-Paul de l’autre, et que leurs bras à tous les trois étaient artistiquement
entrelacés ! Mais ça va, ils ont réussi à se démêler ! LOOOL !

-        
- Si mors à mort : dans l’intro, Jean-Louis nous
informe que l’an prochain, en 2014, ce sera le cinq centième anniversaire de la
mort d’Anne de Bretagne…

-        
Sur le conte de Marion, plusieurs moments drôle à
signaler : l’amant de Marion a encore changé de petit nom, cette fois il
s’appelle Ahmed Hangiven ! LOL ! ; Jean-Louis se pique soudain
d’imiter le rire satanique du fantôme de la vieille femme qui immobilise le TGV
sur la voie Nantes/Quimper, ainsi que le bruit caractéristique du TGV en
mouvement (il l’imite de façon fort convaincante, je dois dire !)
Mdr ! ; et enfin, la Russie est maintenant devenue un paradis fiscal
(et pan, Depardieu c’est pour toi !) puisqu’après le vol des cartes
American Express, les comptes que les passagers de première classe ont en
Suisse, au Liechtenstein ou en Russie sont entièrement vidés !!!

-        
Pour nous, le début de Marion a été quelque peu gâché
par la foldingue de tout à l’heure, qu’on avait déjà rembarrée pendant
Herbalist Crew parce qu’elle s’accrochait au cou des gens. Cette fois, elle
surgit et se met à bousculer tout le monde. Ma mère lui ordonne,
glaciale : « Tu dégages ! Tu dégages ! » . Elle,
Soazig et plusieurs autres font des signes frénétiques aux mecs de la sécurité,
qui interviennent et éjectent la folle sans trop de remous, heureusement.
Celle-là, elle était très certainement bourrée, défoncée et pas seule dans sa
tête !

-        
A ce concert, pas de Néréides (ça m’a fait bizarre),
pas de Tambours de Plougastell et pas de Lamentations. Mais il y a d’autres
jolies surprises, dont les deux inédits…

-        
Les morceaux survitaminés parsèment tout le
concert : Le retour de la croisade, Tri martolod, Le chasseur de temps
(THE titre remuant, que je kiffe toujours autant en concert), Tir fo tonn, Kan
ar Kann, et bien évidemment La jument et Les prisons sont autant de titres et
tubes qui nous ont bien fait bouger, danser et sautiller !

-        
Après Le retour de la croisade, Jean-Louis,
introduisant le titre suivant, claironne : « Alors là, vous allez pas
pouvoir y couper, c’est probablement l’un des trois grands incontournables de
chez incontournables de la chanson bretonne », il nous en cite les
interprètes notables : Stivell, Manau, Nolwenn Leroy… C’est… c’est… Vous
donnez votre langue au chat ? Tri martolod, bien entendu !!! Et,
actualité récente oblige, les deux premiers marins ne vont plus à la maire se
pacser, ils y vont pour… se marier !!! J

-        
En concert, ce Tri martolod nouvelle version Tri Yann
cuvée 2012 déchire tout ! La mélodie est hyper-entraînante, la flûte de
Konan et le violon de Chris sont flamboyants ! Bref, c’est un titre taillé
sur mesure pour la scène ! Une parfaite réussite !

-        
Le plus joli moment du concert, c’est indiscutablement
Vivre Johnnie vivre, qui suit Le chasseur de temps. Dans l’intro, Jean-Louis
nous explique d’où vient le surnom de « johnnie » donné aux marchands
d’oignons de Roscoff : en fait, au XIXème, pour les Britanniques, tout ce
qui venait de France était appelé Jean quelque chose, donc John, Johnnie. CQFD.
Il nous entraîne soigneusement à chanter les refrains. Et, miracle, alors que
je craignais un peu que ça chante n’importe comment et comme des bourrins,
derrière, à cause de la viande saoûle, c’était très bien chanté, dans la note
comme il fallait, c’était tout doux, tout doux… Comme je m’y attendais, la
mélodie très simple et facile à retenir passe très bien auprès du public. Après
nous avoir fait répéter une dernière fois le refrain, Jean-Louis ironise
gentiment : « Ah ouais, c’est sûr, c’est d’un autre niveau que Aul
Away, Aul Away (cf Le chasseur), mais vous allez très bien vous en sortir, j’en
suis sûr ». En concert, Vivre Johnnie vivre est sublime, elle rend très
bien. Et ma mère, qui l’entendait pour la première fois, est tombée raide
dingue amoureuse de cette chanson !

-        
D’un saut de puce dans mon catalogue de souvenirs, je
passe de Johnnie à La jument. La bonne vieille bébête est raccourcie de façon
inattendue. Dès que Jean-Louis a fini de nous faire hurler les paroles…
Jean-Luc se met directement à jouer Bonne nuit les petits ! Konan, qui
avait son redpipe sous le bras et s’apprêtait manifestement à jouer comme
toujours la partie Blue Sheep in Bernera, a eu l’air surpris. Si j’osais, je
dirai… déconcerté !!! MDR !!! Bon, OK, je sors…

-        
Premier rappel : Les prisons. C’est là que la
bande de rastas excités voulant absolument danser fait irruption devant, nous
écrabouillant à moitié contre les barrières et importunant pas mal de
spectateurs. Certains d’entre eux commencent à être agressifs, des gens
réagissent agressivement en riposte, mais ce n’était pas la solution… Du coup,
le début des Crêpes nous a été quelque peu gâché. Mais après, les choses se
sont calmées, et à la fin du concert, ma mère (qui avait reçu accidentellement
un coup sur la tête alors qu’elle avait une plaie à la tête après s’être pris
la veille le hayon du coffre de la voiture de plein fouet), a discuté bien
calmement et bien diplomatiquement avec le plus excité. Du coup, le jeune s’est
calmé, s’est excusé et est reparti content. Comme quoi… Quand on discute
CALMEMENT et DIPLOMATIQUEMENT entre personnes civilisées, on peut s’entendre…

-        
Final du concert sur Je m’en vas, comme de coutume, et
Jean-Louis nous lance avant de quitter la scène : « Vous savez quoi,
les amis ? On vous aime, et on aime aussi le muscadet ! » Ben
tiens, on s’en serait pas douté, LOL !

-        
Clap de fin après 1 h 30 pile poil de concert intense.
Ce ne sont pas les tambours, mais un petit feu d’artifice qui sert d’interlude
entre Tri Yann et le dernier groupe de la soirée. Nous nous dirigeons vers le
stand. Mais les gars qui s’en occupent, pas au courant des habitudes post-concert
du groupe, remballent tous les CD, tee-shirts et autres avant de leur laisser
le temps d’arriver, nous laissant bêtement tous seuls devant une table à
tréteaux vide. Nous sommes peu nombreux à les attendre : nous 3,
Jean-Pierre, Vivi, Soazig et ses petites, et quelques autres. Jean-Louis,
Freddy et Jean-Paul finissent par venir nous voir. Nous passons, comme
toujours, un après-concert sympa avec eux, à échanger quelques mots, demander
des dédicaces, et faire une séance photos. D’ailleurs, merci au gentil monsieur
qui nous a pris en photo toutes les 3 avec Jean-Louis avec mon appareil !
Ca fait « photo de famille » avec lui. Et d’ailleurs, quand on lui a
rendu la pareille en le prenant en photo, lui et sa femme, avec Jean-Louis, il
se confondait en remerciements (il n’avait pas vu nos TY depuis longtemps et
n’avait encore jamais eu l’occasion de faire une photo avec eux). C’était
mignon ! Ca fait aussi partie des choses que j’apprécie dans les
après-concerts : le partage d’émotions entre spectateurs qui ne se
connaissent pas de la veille !

-        
Minuit et demie, il est temps pour nous d’y aller. Nous
disons au revoir à tout le monde, et nous regagnons le parking de l’église, et
la tuture. La route du retour se passe bien, et c’est plus facile qu’à l’aller
au niveau du périph de Nantes, parce que nous n’empruntons pas le même axe.
Nous traversons d’ailleurs le célèbre pont de Cheviré au-dessus de Nantes. Je
vous assure, il est tellement loooong et tellement hauuuut que de nuit, c’était
presque flippant !

-        
Nous arrivons à la maison à plus de 3 h du mat (le
radioréveil, dans ma chambre, marque très exactement 3 h 12). Nous ne faisons
pas de bruit pour ne pas réveiller le paternel, qui dort déjà depuis longtemps,
nous fourrons vite fait les chats dans la cuisine, brossage de dents, et
hop ! à notre tour de sombrer dans les bras de Morphée, après cette
longue, chaude et excellente journée !

Moralité :
un très bon petit concert ! Ceux de Redon, Lorient, Quimper et Pleudihen
en 2011 et 2012 étaient meilleurs, et différents, mais celui-là, en pays
nantais, chez Eux, se défend très bien aussi ! Je ne regrette pas d’avoir
été de la fête !!! J

              THE END !

Désolée, c’est
encore une fois TRES long !!

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