Gens de France, retenez bien ce qu’ont fait pour vous les hommes de…

  6 juin 1944 – 6 juin 2014… Aujourd’hui, on commémore les 70 ans du Débarquement allié en Normandie… Les cérémonies officielles ont lieu dans le Calvados, dans la zone de Juno Beach. De nombreux chefs d’Etat ont fait le déplacement pour la commémoration de la plus vaste opération militaire de l’Histoire, qui allait conduire à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

    Cette année, le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ingurgitons de les guerres mondiales à toutes les sauces, puisque 2014 marque, non seulement, les 70 ans du Débarquement en Normandie, mais aussi (en novembre prochain), le centenaire de la 1ère GM. La Seconde Guerre Mondiale m’a toujours passionnée, et j’ai beaucoup de respect pour tous ces soldats venus du monde entier combattre en Europe. J’ai donc voulu, en matière d’hommage, apporter ma pierre à l’édifice, à ma façon, et en restant dans le sujet de ce blog. C’est pourquoi j’ai sélectionné pour célébrer cette date particulière, quelques morceaux de musique celtique se rapportant au thème de la 2ème GM et du Débarquement. Voici cette playlist-hommage.

SEIN 1940

(Paroles: Tri Yann, 2003/ Musique: traditionnel)

    En 2003, sur l’album Marines, les Tri Yann ont exhumé un pan méconnu de l’Histoire de la 2ème GM et de l’Histoire bretonne… En effet, le titre Sein 1940 rend hommage aux cent-vingt-deux hommes valides de l’île de Sein (Finistère) qui, suite à l’appel de Londres le 18 juin 1940, s’embarquèrent sur leurs bateaux et rejoignirent le général De Gaulle en Angleterre pour s’engager dans les forces alliées. Historiquement, les Sénans furent LES premiers français à gagner l’Angleterre et entrer dans la Résistance, mais ça, beaucoup de gens l’ignorent… Pour l’anecdote, on prétend même que De Gaulle, passant en revue les premiers groupes de volontaires, demandant aux hommes d’où ils venaient et entendant très souvent répondre « De l’île de Sein! », se serait écrié: « Sein est le quart de la France! ». Bon nombre des Sénans furent enrôlés dans le Commando Kieffer, unité spéciale de fusilliers marins, qui fut le seul contingent de soldats français à prendre part au Débarquement en Normandie. Le général n’oubliera pas le tribut payé par l’île de Sein à la 2ème GM et, après la guerre, nomma l’île Compagnon de la Libération (cinq communes françaises seulement recevront cet honneur).

    On raconte également (et quand je dis « on », je pourrais tout aussi bien dire Jean-Louis Jossic ;) …) que le soir de la Saint-Sylvestre, les femmes de Sein, s’ennuyant et voulant rejoindre leurs maris à Londres, arrachèrent l’île aux fonds marins et la menèrent jusqu’en Angleterre à l’aide de rames gigantesques… Mais ça, c’est une autre histoire dans l’Histoire, et c’est aussi (selon les Tri Yann et Per-Jakez Hélias), la dernière née des légendes bretonnes… ;)

PAROLES:

1. Mille neuf cent quarante, à la fin de juin

Cent vingt-deux hommes de l’île de Sein

Prennent la mer sur six bateaux

Pour l’Angleterre là-haut

Lutter pour la liberté

C’est outrance, Grands de France,

Lorsque de leurs enfants vous vous défiez

2. Parlaient-ils français, parlaient-ils breton?

Peu vous importait alors la question

Ils avaient entendu l’appel

Crié « Kentoc’h mervel! »

Peint « Frankiz » sur leurs cirés.

C’est offense, Grands de France,

Que de condamner leur langue au bûcher

C’est violence, Grands de France,

Que de condamner leur langue au bûcher.

3. Voulant suivre leurs hommes en Albion

Les Sénanes arrachant leur île aux fonds,

A la rame la menèrent

Droit vers l’Angleterre

Cap au nord dans les embruns

Quand on pense, Grands de France,

Vous leur déniez tout droit citoyen.

4. Deux années passèrent, et puis deux années,

Pour ceux qui revirent Saint-Guénolé

Tous n’étaient pas du voyage

Quand finit l’orage

Il en manqua plus de vingt.

Gens de France, retenez bien

Ce qu’ont fait pour vous tous ces marins

Gens de France, retenez bien

Ce qu’ont fait pour vous les hommes de Sein…

        Image de prévisualisation YouTube

      Sein 1940, version live avec l’ONPL en 2004…

 

LANCASTRIA

(Paroles et musique: Tri Yann, 2007)

    Encore un drame méconnu de la 2ème GM sorti de l’oubli grâce à Tri Yann… En 2007, sur l’album Abysses, le groupe évoque, avec la chanson Lancastria (probablement le plus beau titre qu’ils aient composé en 43 ans de carrière), la plus terrible catastrophe maritime de tous les temps: le naufrage du paquebot écossais Lancastria. Le 17 juin 1940, la veille de l’appel de Londres, et alors que la France est en pleine débâcle face à l’avancée allemande, le Lancastria est réquisitionné pour participer à l’évacuation des soldats britanniques présents sur le territoire français, ainsi que d’un grand nombre de réfugiés civils, belges ou polonais. 8000 à 9000 personnes ont embarqué à bord du paquebot, dont la capacité d’accueil n’était que de 3000 personnes. La nuit du 17 juin, dans le port de Saint-Nazaire, le Lancastria est pris pour cible et bombardé par les avions de la Luftwaffe. Le bateau coulera en vingt minutes, jetant à la mer ses passagers dans le mazout en flammes. Le nombre des noyés, brûlés ou disparus est considérable: on l’estime entre 4000 et 7000 (contre « seulement » 1500 victimes pour le naufrage du Titanic). Les semaines suivantes, des centaines de cadavres seront rejetés par la mer sur les plages de Loire-Atlantique et de Vendée.

    A l’époque, le drame du Lancastria sera complètement passé sous silence en Angleterre sur ordre de Churchill pour, soi-disant, soutenir le moral des troupes… Ce qui explique que ce naufrage soit encore si méconnu aujourd’hui, d’autant plus que les documents du bord sont encore classés secret défense jusqu’en 2040… Par conséquent, que reste-t-il aujourd’hui du Lancastria? Un site Internet ( www.lelancastria.com ), où l’on peut lire de nombreux témoignages de rescapés, un film documentaire de France 3 Ouest (Lancastria: histoure d’un naufrage confidentiel), une commémoration chaque 17 juin à Saint-Nazaire, et la chanson de Tri Yann… Le groupe a contribué à sa façon à tirer cette tragédie de l’oubli. Et de quelle façon! Lancastria est une chanson qui déchire les tripes, émeut et touche en plein coeur: chaque note est polie avec la pureté d’un joyau, chaque mot est réfléchi pour nous toucher en plein coeur, et nous faire vivre corps et âme la détresse des passagers. C’est grâce à Tri Yann et à ce titre que j’ai découvert l’histoire du Lancastria… Et Lancastria a une place particulière dans mon coeur, car il s’agit de la toute première chanson qui m’ait fait pleurer en concert! Trois fois je l’ai entendue en concert, trois fois j’ai fondu en larmes… Et pourtant, je n’ai pas la larme facile en musique, loin de là… Comment, je vous le demande bien, comment ne pas être bouleversé par cette tragédie, à moins d’avoir un coeur de pierre? Au-delà de l’ensemble de la chanson, c’est à chaque fois le dernier couplet, en ce qui me concerne, qui rompt la digue… En effet, le dernier couple, développe une poignante allégorie de l’Europe, qui serait plus que jamais à méditer en ces temps difficiles…

    Merci Tri Yann pour avoir réveillé nos consciences! Et respect inconditionnel pour les victimes de ce naufrage: n’oublions pas la tragédie du Lancastria!

PAROLES:

1. Licorne, qu’as-tu vu du ras de l’océan,

Que de ta peau fendue coule jaune ton sang?

J’ai vu jaune l’ajonc, au loin une fumée

Jaune le rire des hommes cachant leur désarroi,

Les châteaux des enfants sur les plages de Retz,

Les flèches du soleil sur le Lancastria.

2. Licorne, qu’as-tu vu sur la côte? A présent,

De ton flanc lacéré gris s’écoule ton sang?

J’ai vu gris sur les quais les trains de réfugiés,

Gris les coeurs des Anglais revenant des combats,

Les daurades fuyant loin du Grand Charpentier,

Mais l’espoir d’embarquer sur le Lancastria.

3. Licorne, qu’as-tu vu à dix millles au ponant,

Que ton sang devient bleu comme bleu l’océan?

J’ai vu bleu dans le ciel l’hirondelle s’envoler,

Bleue la barre des pins à l’horizon là-bas,

Bleus les yeux d’un enfant, tenant son chien serré

En montant rassuré sur le Lancastria.

4. Licorne, d’où viens-tu, de quel fol ouragan,

Que ton ventre brûlant vomit rouge ton sang?

J’ai vu rouge un volcan dans la cale exploser,

Des torrents rouge feu crachés par les stukas,

Le cheval du gymnase par les flammes embrasé,

J’ai vu rouge la mort sur le Lancastria.

5. Licorne, d’où viens-tu, d’où l’on ne revient pas?

De tes chairs déchirées gicle un sang noir, pourquoi?

J’ai vu noire la mer dévorant les noyés,

Les poumons mazoutés, le chant noir des soldats,

Les os noirs des brûlés dans les vagues jetés,

Noire la cloche du glas sur le Lancastria.

6. Blanche colombe! Du levant venue,

Sur tes ailes déployées, dis-nous, qui portes-tu?

Une fillette née au milieu des combats,

Aimez-la comme vôtre: elle s’appelle Europa…

        Image de prévisualisation YouTube

      Lancastria

    * NB: La « Licorne » en question, racontant les événements, est un narval (qu’on appelle aussi licorne de mer)…

    – Chaque couplet (à l’exception du dernier, qui lui développe l’allégorie de l’Europe-enfant) s’articule autour d’une couleur différente. En interview, Jean-Louis Jossic a raconté avoir écrit les paroles de la chanson avec des crayons de couleur, afin de mieux s’imprégner encore de l’ambiance qu’il souhaitait faire transparaître dans les couplets: jaune pour le sable et le soleil, gris pour la poussière, rouge pour le sang, noir pour la mort…

FORTUNAT (La Virée)

Paroles et musique: Raynald Basque

    Fortunat, c’est l’histoire vraie de Fortunat Haché, soldat acadien qui participa au Débarquement de Normandie au sein du North Shore Regiment, régiment d’infanterie du Nouveau-Brunswick…

PAROLES:

 

REFRAIN: Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

  En France dans les années 40
  42, 43 c'était pas beau là-bas
  Et jusqu'en 45, toujours avec un flingue
  Pour défendre notre Canada

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 Par ici on pense avoir tout vu
 En r'gardant les p'tites vues, avec de faux Allemands
 Des canons qui sont faits en carton
 Du ketchup pour le sang, Ah oui ç'a l'air bien convainquant

Fortunat c’était un vrai soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 Aujourd'hui ils sont dans ce village
 Ces gens d'un certain âge qu'on respecte par ici
 En novembre au temps de l'Armistice
 Ils pensent aux sacrifices, à ceux qui ont perdu la vie

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 La guerre faudrait jamais la faire
 Mais comme l'Angleterre n'a pas eu le choix
 Fortunat et bien d'autres soldats
 Sont v'nus à vos côtés pour défendre la liberté

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 En plus d'avoir bravé la mort
 Fortunat est rev'nu accablé de remords
 Ce n'est que cinquante quatre ans après,
 Car sa fille le cherchait, que Ria l'en libéra

Fortunat est maintenant grand-papa

Il a une descendance en Hollande sur trois générations

Enfants de la libération

Quand la guerre faisait rage au temps de leur jeune âge

Ils n’étaient pas des lâches au temps de leur jeune âge…

      

Image de prévisualisation YouTube

        La Virée chante Fortunat sur la scène du Pavillon de l’Acadie, au FIL 2010…

 

      Et pour terminer…

    Une vidéo un peu insolite, mais qui correspond tout à fait à cet article: le pipe-band de Nijmegen (Pays-Bas), jouant avec une fanfare militaire le thème du générique de Band of BrothersBand of Brothers (Frères d’armes), c’est l’extraordinaire mini-série réalisée par Tom Hanks et Steven Spielberg en 2001, couronnée par d’excellentes critiques et une pluie de récompenses prestigieuses (Golden Globes, Emmy Awards), qui retrace l’histoire des soldats de la Easy Company, une unité parachutiste d’élite de la 101ème division aéroportée de l’armée américaine. Au fil des épisodes, nous suivons les soldats de la Easy de leur camp d’entraînement géorgien jusqu’en Normandie, du Jour J à la prise de Carentan, de la Hollande avec l’opération Market Garden jusqu’à l’enfer enneigé et les conditions précaires de la Bataille des Ardennes, d’Alsace-Lorraine jusqu’au « nid d’aigle » d’Hitler en Bavière… Reconstitutions ultra-réalistes, réalisation époustouflante, interprétation à couper le souffle par un casting cinq étoiles (Damian Lewis, David Schwimmer, Donnie Wahlberg, Michael Fassbender, James MacAvoy, Neal McDonough pour ne citer que quelques noms pêle-mêle…), histoire émouvante et personnages attachants… Les critiques sont le plus souvent dithyrambiques sur la série, et moi-même je ne taris pas d’éloges à son sujet… C’est pourquoi je trouve sympa de clore mon article commémoratif du D-Day avec cette vidéo: comme il s’agit d’un PIPE-BAND, elle a parfaitement droit de cité dans cet article, et ça me permet de faire un clin d’oeil à ma série préférée… ;)

        Image de prévisualisation YouTube

    Le mot de la fin?

    A tous ceux qui sont morts pour la France…

    A tous ceux qui se sont battus pour la liberté en Europe…

    A toutes les victimes, soldats, civils ou résistants…

    Bref, à tous ceux qui ont oeuvré pour l’Europe et le monde, pour que nous vivions aujourd’hui dans un monde en paix, qui ont donné leur vie pour préserver notre liberté, je rends ce modeste hommage. C’est pourquoi ma conclusion tient en un mot comme en cent: MERCI!!!!



Laisser un commentaire

Groupe Div'Har |
Gospel Motion......... |
sean't production |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vie de musique et de paroles
| ELITE 1
| sandrineramirezvoice