Toutes les bonnes choses ont une fin…

    Voici ce que j’ai écrit sur mon journal Facebook le lundi 11 août au matin…

    « Et voilà, c’est fini… Rideau… Kenavo an distro…
Clap de fin hier soir du FIL 2014, après 10 jours intensifs placés sous le signe de la verte Irlande… 
Artistiquement parlant, et aussi financièrement pour l’organisation, ce fut une très belle édition. On estime la fréquentation à pas moins de 750 000 visiteurs (contre 700 000 en 2013) sur dix jours! Autrement dit, on a frôlé le record absolu de 2010 (800 000 visiteurs)! C’est aussi la meilleure édition depuis 2011 en termes de billetterie. L’Irlande n’a pas failli à son rang d’invité d’honneur: la qualité des spectacles irlandais et des groupes proposés était à la hauteur de la réputation du pays comme terre de virtuoses. Le summum étant Lùnasa et Liam O’Flynn, qui nous ont fait vibrer lors d’une Grande Nuit de l’Irlande inoubliable…
Et il y a aussi tous les autres que je me dois de citer… Gilles Servat, qui nous a prouvé au cours d’une Fête entre Celtes intimiste chaleureuse qu’il est définitivement le plus irlandais des bretons… Le concert de Cécile Corbel, véritable oasis de douceur et d’onirisme qui, au milieu du fracas des cornemuses et du tapage ambiant, nous a fait énormément de bien… L’intéressante soirée Musiques sacrées Pays de Galles/Galice à l’Eglise Saint-Louis, qui nous a prouvé que la musique celtique se décline vraiment dans tous les domaines et toutes les formes d’expressions… La Nuit Magique, un émerveillement toujours renouvelé, toujours intact d’année en année, mettant en scène sous les étoiles les musiques celtiques dans tout ce qu’elles ont de plus grandiose… Et je ne peux pas finir cet éloge sans citer les Acadiens, qui ont une place à part dans mon coeur… Les Acadiens sont bien plus que des « cousins » du Canada Atlantique des français: on peut le dire, ce sont carrément des frères, tant nous nous sentons proches d’eux, tant leur musique respire l’authenticité et parle au coeur de chacun d’entre nous! Et ils sont tous tellement gentils, toujours souriants et accueillants, ils tutoient d’emblée! Par certains côtés, ils sont même plus agréables que les français. Leur sympathie et leur spontanéité ont quelque chose de terriblement rafraîchissant. Mes remerciements vont particulièrement au formidable groupe Prenez Garde!, qui avait été la grande révélation acadienne de l’an passé. Cette année, en l’absence des « têtes d’affiches » habituelles du Pavillon (Suroît, La Virée, Dominique Dupuis…) retenues au pays par le Congrès mondial acadien, ils ont été propulsés de fait tête d’affiche de la délégation. Et ils se sont parfaitement acquittés de leur tâche, enflammant deux à trois fois par jour, au Pavillon, et aussi au port de pêche lors de la cotriade du samedi 9, un public en délire totalement acquis à leur cause. Un grand bravo à eux. Je suis allée les voir pas moins de six fois en dix jours (cinq fois au Pavillon, la sixième à la cotriade), je ne m’en lasse pas! Hier après-midi, dernier jour, leurs larmes d’émotion à l’idée de quitter le public breton qu’ils adorent, et qui les adore de même, n’étaient pas surfaites. Ces larmes étaient le reflet de notre ressenti à tous: l’émotion de tous les beaux moments vécus, et le déchirement à l’idée que tout cela cesse du jour au lendemain jusqu’à l’année prochaine… Et je vous avoue sans honte qu’hier, après ce dernier après midi, lorsque j’ai quitté le marché interceltique pour de bon cette fois, à l’instar des acadiens, j’ai un peu pleuré. Peut-être était-ce ce trop plein d’émotions emmagasiné en 10 jours qui a fini par sortir? Ou bien était-ce l’émotion à fleur de peau qui régnait au Pavillon acadien qui a déteint sur moi? Je n’en sais trop rien, mais c’est dur de se dire qu’il va falloir attendre un an avant de revivre ça…
    Aujourd’hui, après dix jours très intensifs, on ressent comme un grand vide… Comme dirait Verlaine, il pleure dans mon coeur, mais je me remémore aussitôt tous les moments de grâce vécus au cours de ces dix jours, et la joie remplace la tristesse. Je visionne les vidéos et les photos faites pendant le FIL, et je me dis, vivement l’année prochaine!   A très bientôt, amis de l’interceltisme! RDV pour la 45ème édition du FIL, qui se tiendra du 7 au 16 août 2015 et mettra à l’honneur, non pas une, mais deux nations celtes associées, les deux « petits Poucets » britanniques de la famille interceltique historique, qui se retrouveront pour la première fois en tête d’affiche: les Cornouailles et l’île de Man! »



FIL 2014: du bon dans les oreilles

  Voici, comme de coutume à l’approche des vacances, ma traditionnelle playlist des artistes programmés au FIL 2014. Bonne écoute!

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  Casptern, groupe de chants de marins, participera le 1er août à la Cotriade d’ouverture au port de pêche, six ans après celle de 2008…

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  Son concert est d’ores et déjà annoncé comme un événement majeur de l’édition 2014… Bernard Lavilliers, grande figure de la bossa nova et de la variété française, jouera le samedi 2 août à l’Espace Marine. Eternel bourlingueur, se référant souvent dans son répertoire aux voyages et aux marins, le chanteur stéphanois de 67 ans va, pour la première fois de sa carrière, faire escale à Lorient. Nul doute que les festivaliers seront nombreux à embarquer avec lui (les places assises du concert ont déjà toutes été vendues, mais il reste des places debout…). Voici le clip de Scorpion, titre extrait de son dernier album Baron Samedi

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  Roland Becker, talabarder et saxophoniste émérite, ex-pen soner de la Kevrenn Alré, est un artiste résolument à part dans la vaste famille de la musique bretonne. Il est (à l’instar de Pascal Lamour par exemple, mais en beaucoup plus réussi et enthousiasmant) un véritable alchimiste musical, multipliant avec audace et talent les créations expérimentales et les mariages musicaux a priori improbables, comme La chaudière à musique ou Kof a Kof, spectacle en duo avec l’accordéoniste Régis Huiban, qui mélange ambiance cabaret rétro et musique bretonne. C’est sur la scène du Grand Théâtre que nous retrouverons Roland Becker cette année au FIL, le 3 août. Il dirigera, avec l’Ensemble de Bretaigne Armoricane, l’oratorio Anne de Bretagne renaissante, création commandée à l’occasion des 500 ans de la mort d’Anne de Bretagne. Voici ci-dessus le teaser de sa précédente création Immrama, qu’il avait présentée au FIL en 2011…

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    Gilles Servat, c’est la Bretagne, le porte-voix de la Bretagne militante, c’est La Blanche hermine, c’est la révolte… Certes, mais pas que… Gilles Servat, c’est aussi l’Irlande, qui a une place à part dans son coeur… Il considère la verte Erin comme son deuxième pays, et l’Irlande occupe une place conséquente dans son répertoire. Il s’agit tout aussi bien d’interprétations ou d’adaptations personnelles de morceaux traditionnels (The Foggy Dew, Le cul cousu d’or adapté du traditionnel The wild rover, ou encore Eléonore, adaptation de la sublime mélodie d’O'Carolan Eleonor Plunkett pour n’en citer que quelques uns), que de compositions évoquant l’Irlande et ses souvenirs du pays (La maison d’Irlande ou Sur les quais de Dublin). Bref, entre Gilles et l’Irlande, c’est une longue histoire de… fraternité. Frat-Eire-nité… C’est justement le thème du grand concert irlando-breton qui réunira Gilles et quelques uns de ses amis musiciens irlandais, dont Donnal Lunny, à l’Espace Marine le 3 août. Tous nous convient à une grande « Fête entre Celtes » qui promet d’être l’un des rendez-vous marquants de ce cru 2014… Pour ma part, billets déjà pris depuis longtemps!  :)    Ci-dessus, Gilles chante La maison d’Irlande sur la scène de Bercy en 1999…

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    Lùnasa est l’un des meilleurs et plus célèbres groupes irlandais de musique instrumentale au monde. Régulièrement invité dans les grands festivals bretons (Festival de Cornouaille, Fête de la Saint-Loup…), et déjà présent en 2005 à Lorient lors de la précédente Année de l’Irlande, le groupe sera à l’affiche de la Grande Nuit de l’Irlande à l’Espace Marine le 4 août pour une soirée prestigieuse, à en juger par la création qui y sera également jouée… :)   Ci-dessus, prestation de Lùnasa aux Celtic Connections de Glasgow en 2007 (vous aurez reconnu bien entendu la mélodie, qui est celle accompagnant le teaser officiel du FIL 2014  ;) )

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    … mais surtout, ô surtout, pour la Grande Nuit de l’Irlande, joie immense… un événement que je ne louperai pour rien au monde… roulement de tambour… la re-création exceptionnelle de l’oeuvre majeure du compositeur irlandais Shaun Davey The Brendan Voyage, pour orchestre et uileann pipe. Créée en 1981, jouée en première mondiale au FIL en 1982, The Brendan Voyage, basé sur le livre de l’explorateur Tim Sevrin, relate les voyages du moine irlandais Brendan de Clonfert sur son frêle esquif au VIIIème siècle vers des terres nouvelles et inconnues: le Labrador, les îles Féroé, voire même Avalon… ;)   Le dixième mouvement de l’oeuvre et le plus connu, le final Newfoundland, est probablement la plus sublime, la plus merveilleuse mélodie irlandaise qui ai jamais été composée! :)   Chaque année, au Nuits Magiques, elle est d’ailleurs jouée en introduction du tableau sur les irlandais, et accompagnée par la projection de splendides images marines sur les écrans géants. Et l’on se laisse emporter. Chaque fois que j’entends ce morceau, je suis subjuguée comme jamais, j’ai les larmes aux yeux, je m’en pâmerais d’émotion, je pourrais l’écouter des centaines de fois avec le même bonheur! Dix ans après sa dernière représentation au FIL, en 2004, The Brendan Voyage sera donc rejoué spécialement pour la Grande Nuit de l’Irlande, avec l’Orchestre du Festival et le soliste Liam O’Flynn, virtuose du uileann pipe. Ô joie! j’y serai, j’ai pris très tôt les billets! Et nul doute que je verserai ma petite larme lors de Newfoundland (que je vous propose d’écouter)… :)

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    La fée finistérienne de retour à Lorient… Trois ans après son dernier passage au FIL pour un Concert pour Celtes en devenir consacré à la BO d’Arrietty qu’elle avait composée, Cécile Corbel reviendra le mardi 5 août après-midi au Palais des Congrès, une nouvelle fois dans le cadre du concert pour enfants, afin de nous jouer la BO de Terre des Ours, film documentaire animalier de Guillaume Vincent, dont elle a composé la bande-son en intégralité. Voici la chanson Kamchatka, extraite de Terre des Ours

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    Autre concert très attendu de cette édition: Suzanne Vega au Grand Théâtre le 5 août. La célèbre chanteuse folk américaine rendra au cours de cette soirée un hommage appuyé à Pete Seeger. Je vous propose d’écouter son tube le plus connu, Tom’s Diner

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    Fille du célèbre sitariste Ravi Shankar et demi-soeur de la chanteuse Norah Jones, Anoushka Shankar est elle aussi, à l’instar de son père, une musicienne indienne de renom. A l’occasion du FIL 2014, elle sera le 6 août à l’affiche de la création Dans l’univers des bardes à l’Espace Marine, avec la harpiste galloise Catrin Finch et le musicien sénégalais Seckou Keïta…

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    L’irlandaise Mary Black, considérée comme l’une des meilleures chanteuses gaéliques de son temps, ex-membre du groupe De Dannan, a entamé une tournée d’adieu, qui fera halte à Lorient le 7 août. Mary Black prendra en effet part à la création Femmes gaéliques à l’Espace Marine, accompagnée de sa soeur Frances Black, de sa fille Aoife Scott, de la manxoise Ruth Keggin et de l’écossaise Julie Fowlis…

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    Le groupe de punk-rock quimpérois Red Cardell, l’un des fers de lance, avec Soldat Louis, de la nouvelle vague de la scène rock celtique bretonne des années 80/90, fait son retour à Lorient le 8 août accompagné du Bagad Kemper pour la création Fest Rock à l’Espace Marine, jouée en première mondiale au Festival de Cornouaille en 2012…

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    MON gros coup de coeur du FIL 2013: les acadiens de Prenez Garde! Ne voyez rien de menaçant dans ce nom, bien au contraire… Prenez Garde! , c’est un groupe atypique qui s’articule autour du facétieux « conteux » Dominique Bréau, et mélange, avec un talent fou et un humour des plus ravageurs, pièces traditionnelles acadiennes, chants dialogués, reels de violons, parlure acadienne et comédie. Le tout dans une ambiance aussi bon enfant que survoltée! :)   Prenez Garde! a été LA grande révélation acadienne du FIL 2013. Pendant les dix jours, ils n’ont cessé d’enflammer le public du Pavillon de l’Acadie. Pour ma part, ça a été un énorme coup de coeur… Et ils ont une de ces façons de « jouer » avec le public, et de nous faire participer, nous spectateurs! Le public est sans cesse sollicité dans de nombreux morceaux à répons, et je vous garantis qu’on ne se fait pas prier pour y participer à coeur joie! :) . Prenez Garde!  ( ;) ), avec cette fine « gang », composée de Dominique Bréau, Julien Bréau, Nicolas Basque, Elisabeth Milot et Marie-Andrée Gaudet, vos zygomatiques vont chauffer autant que vos cordes vocales, croyez-moi sur parole… ;)   Ils reviennent donc en cette édition 2014, avec pour mission de mettre le feu au Pavillon, mais aussi à la seconde Cotriade du samedi 9 août au Port de pêche!!! Yeeeeees!!! Billets déjà pris, off course! ;)      Voici l’un des morceaux les plus endiablés et sans aucun doute le plus participatif de leur répertoire scénique: La cave de d’hors de Calixte Duguay.

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    Moya Brennan, la voix emblématique du mythique groupe Clannad (invité en 2013), forme aussi, avec Cormac de Barra, un duo de harpistes-chanteurs. Tous deux se produiront donc le 9 août au Palais des Congrès pour la Grande Soirée de la Harpe celtique.

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    Alors qu’elle était complètement inconnue à sa première venue au FIL en 2013, il y a fort à parier que cette année, plus personne ne pourra l’ignorer… En effet, l’acadienne Caroline Savoie, auréolée de sa notoriété toute récente due à sa participation à The Voice sur TF1 dans l’équipe de Mika, va faire son retour à Lorient, par la grande porte cette fois-ci, dans la programmation officielle. En plus de ses prestations au Pavillon de l’Acadie (passage obligé), elle sera le 9 août dans l’arène du Stade du Moustoir pour le Grand Concert de Clôture, aux côtés de The Strypes, Salsa Celtica et The Dubliners remaniés. Même si elle n’est pas forcément la candidate la plus connue du télé-crochet en raison d’une élimination assez précoce (juste avant les quarts de finale), nul doute que les festivaliers lui feront bon accueil, et qu’elle sera l’un des « moteurs » de la venue du public à ce concert de clôture! :)   Voici la vidéo de l’une de ses prestations au Pavillon en 2013: foin d’Ain’t no Sunshine (qui lui avait permis de se qualifier aux auditions de The Voice en faisant se retourner les quatre coachs au bout de 30 secondes!), de Keane ou de London Grammar, il s’agit de Petitcodiac de Zachary Richard…

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    A tout seigneur, tout honneur! Je conclus cette playlist de l’Année de l’Irlande avec un véritable monument de la musique irlandaise (et je ne dis pas ça que par rapport à l’âge des musiciens! LOL!), probablement, avec The Chieftains, le plus ancien groupe irlandais encore en activité: The Dubliners! Le groupe mythique, présent à Lorient dès les toutes premières heures du FIL en 1971, aura la lourde charge de clore cette Année de l’Irlande lors du grand concert final au Moustoir le 9 août. Depuis le décès de Barney MacKenna, l’un des derniers membres fondateurs, le groupe a fait quelque peu peau neuve. C’est pourquoi les papys irlandais reviennent dans une nouvelle formation, rebaptisée The Dublin Legend, en s’adjoignant les services de Gerry O’Connor au banjo. Mais l’essence du groupe et son âme sont restées intactes. Voici donc, pour conclure, le trépidant Whiskey in the jar, grand classique du répertoire irlandais.

    Bonne écoute à tous, et RDV à Lorient le 1er août! ;)



Gens de France, retenez bien ce qu’ont fait pour vous les hommes de…

  6 juin 1944 – 6 juin 2014… Aujourd’hui, on commémore les 70 ans du Débarquement allié en Normandie… Les cérémonies officielles ont lieu dans le Calvados, dans la zone de Juno Beach. De nombreux chefs d’Etat ont fait le déplacement pour la commémoration de la plus vaste opération militaire de l’Histoire, qui allait conduire à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

    Cette année, le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ingurgitons de les guerres mondiales à toutes les sauces, puisque 2014 marque, non seulement, les 70 ans du Débarquement en Normandie, mais aussi (en novembre prochain), le centenaire de la 1ère GM. La Seconde Guerre Mondiale m’a toujours passionnée, et j’ai beaucoup de respect pour tous ces soldats venus du monde entier combattre en Europe. J’ai donc voulu, en matière d’hommage, apporter ma pierre à l’édifice, à ma façon, et en restant dans le sujet de ce blog. C’est pourquoi j’ai sélectionné pour célébrer cette date particulière, quelques morceaux de musique celtique se rapportant au thème de la 2ème GM et du Débarquement. Voici cette playlist-hommage.

SEIN 1940

(Paroles: Tri Yann, 2003/ Musique: traditionnel)

    En 2003, sur l’album Marines, les Tri Yann ont exhumé un pan méconnu de l’Histoire de la 2ème GM et de l’Histoire bretonne… En effet, le titre Sein 1940 rend hommage aux cent-vingt-deux hommes valides de l’île de Sein (Finistère) qui, suite à l’appel de Londres le 18 juin 1940, s’embarquèrent sur leurs bateaux et rejoignirent le général De Gaulle en Angleterre pour s’engager dans les forces alliées. Historiquement, les Sénans furent LES premiers français à gagner l’Angleterre et entrer dans la Résistance, mais ça, beaucoup de gens l’ignorent… Pour l’anecdote, on prétend même que De Gaulle, passant en revue les premiers groupes de volontaires, demandant aux hommes d’où ils venaient et entendant très souvent répondre « De l’île de Sein! », se serait écrié: « Sein est le quart de la France! ». Bon nombre des Sénans furent enrôlés dans le Commando Kieffer, unité spéciale de fusilliers marins, qui fut le seul contingent de soldats français à prendre part au Débarquement en Normandie. Le général n’oubliera pas le tribut payé par l’île de Sein à la 2ème GM et, après la guerre, nomma l’île Compagnon de la Libération (cinq communes françaises seulement recevront cet honneur).

    On raconte également (et quand je dis « on », je pourrais tout aussi bien dire Jean-Louis Jossic ;) …) que le soir de la Saint-Sylvestre, les femmes de Sein, s’ennuyant et voulant rejoindre leurs maris à Londres, arrachèrent l’île aux fonds marins et la menèrent jusqu’en Angleterre à l’aide de rames gigantesques… Mais ça, c’est une autre histoire dans l’Histoire, et c’est aussi (selon les Tri Yann et Per-Jakez Hélias), la dernière née des légendes bretonnes… ;)

PAROLES:

1. Mille neuf cent quarante, à la fin de juin

Cent vingt-deux hommes de l’île de Sein

Prennent la mer sur six bateaux

Pour l’Angleterre là-haut

Lutter pour la liberté

C’est outrance, Grands de France,

Lorsque de leurs enfants vous vous défiez

2. Parlaient-ils français, parlaient-ils breton?

Peu vous importait alors la question

Ils avaient entendu l’appel

Crié « Kentoc’h mervel! »

Peint « Frankiz » sur leurs cirés.

C’est offense, Grands de France,

Que de condamner leur langue au bûcher

C’est violence, Grands de France,

Que de condamner leur langue au bûcher.

3. Voulant suivre leurs hommes en Albion

Les Sénanes arrachant leur île aux fonds,

A la rame la menèrent

Droit vers l’Angleterre

Cap au nord dans les embruns

Quand on pense, Grands de France,

Vous leur déniez tout droit citoyen.

4. Deux années passèrent, et puis deux années,

Pour ceux qui revirent Saint-Guénolé

Tous n’étaient pas du voyage

Quand finit l’orage

Il en manqua plus de vingt.

Gens de France, retenez bien

Ce qu’ont fait pour vous tous ces marins

Gens de France, retenez bien

Ce qu’ont fait pour vous les hommes de Sein…

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      Sein 1940, version live avec l’ONPL en 2004…

 

LANCASTRIA

(Paroles et musique: Tri Yann, 2007)

    Encore un drame méconnu de la 2ème GM sorti de l’oubli grâce à Tri Yann… En 2007, sur l’album Abysses, le groupe évoque, avec la chanson Lancastria (probablement le plus beau titre qu’ils aient composé en 43 ans de carrière), la plus terrible catastrophe maritime de tous les temps: le naufrage du paquebot écossais Lancastria. Le 17 juin 1940, la veille de l’appel de Londres, et alors que la France est en pleine débâcle face à l’avancée allemande, le Lancastria est réquisitionné pour participer à l’évacuation des soldats britanniques présents sur le territoire français, ainsi que d’un grand nombre de réfugiés civils, belges ou polonais. 8000 à 9000 personnes ont embarqué à bord du paquebot, dont la capacité d’accueil n’était que de 3000 personnes. La nuit du 17 juin, dans le port de Saint-Nazaire, le Lancastria est pris pour cible et bombardé par les avions de la Luftwaffe. Le bateau coulera en vingt minutes, jetant à la mer ses passagers dans le mazout en flammes. Le nombre des noyés, brûlés ou disparus est considérable: on l’estime entre 4000 et 7000 (contre « seulement » 1500 victimes pour le naufrage du Titanic). Les semaines suivantes, des centaines de cadavres seront rejetés par la mer sur les plages de Loire-Atlantique et de Vendée.

    A l’époque, le drame du Lancastria sera complètement passé sous silence en Angleterre sur ordre de Churchill pour, soi-disant, soutenir le moral des troupes… Ce qui explique que ce naufrage soit encore si méconnu aujourd’hui, d’autant plus que les documents du bord sont encore classés secret défense jusqu’en 2040… Par conséquent, que reste-t-il aujourd’hui du Lancastria? Un site Internet ( www.lelancastria.com ), où l’on peut lire de nombreux témoignages de rescapés, un film documentaire de France 3 Ouest (Lancastria: histoure d’un naufrage confidentiel), une commémoration chaque 17 juin à Saint-Nazaire, et la chanson de Tri Yann… Le groupe a contribué à sa façon à tirer cette tragédie de l’oubli. Et de quelle façon! Lancastria est une chanson qui déchire les tripes, émeut et touche en plein coeur: chaque note est polie avec la pureté d’un joyau, chaque mot est réfléchi pour nous toucher en plein coeur, et nous faire vivre corps et âme la détresse des passagers. C’est grâce à Tri Yann et à ce titre que j’ai découvert l’histoire du Lancastria… Et Lancastria a une place particulière dans mon coeur, car il s’agit de la toute première chanson qui m’ait fait pleurer en concert! Trois fois je l’ai entendue en concert, trois fois j’ai fondu en larmes… Et pourtant, je n’ai pas la larme facile en musique, loin de là… Comment, je vous le demande bien, comment ne pas être bouleversé par cette tragédie, à moins d’avoir un coeur de pierre? Au-delà de l’ensemble de la chanson, c’est à chaque fois le dernier couplet, en ce qui me concerne, qui rompt la digue… En effet, le dernier couple, développe une poignante allégorie de l’Europe, qui serait plus que jamais à méditer en ces temps difficiles…

    Merci Tri Yann pour avoir réveillé nos consciences! Et respect inconditionnel pour les victimes de ce naufrage: n’oublions pas la tragédie du Lancastria!

PAROLES:

1. Licorne, qu’as-tu vu du ras de l’océan,

Que de ta peau fendue coule jaune ton sang?

J’ai vu jaune l’ajonc, au loin une fumée

Jaune le rire des hommes cachant leur désarroi,

Les châteaux des enfants sur les plages de Retz,

Les flèches du soleil sur le Lancastria.

2. Licorne, qu’as-tu vu sur la côte? A présent,

De ton flanc lacéré gris s’écoule ton sang?

J’ai vu gris sur les quais les trains de réfugiés,

Gris les coeurs des Anglais revenant des combats,

Les daurades fuyant loin du Grand Charpentier,

Mais l’espoir d’embarquer sur le Lancastria.

3. Licorne, qu’as-tu vu à dix millles au ponant,

Que ton sang devient bleu comme bleu l’océan?

J’ai vu bleu dans le ciel l’hirondelle s’envoler,

Bleue la barre des pins à l’horizon là-bas,

Bleus les yeux d’un enfant, tenant son chien serré

En montant rassuré sur le Lancastria.

4. Licorne, d’où viens-tu, de quel fol ouragan,

Que ton ventre brûlant vomit rouge ton sang?

J’ai vu rouge un volcan dans la cale exploser,

Des torrents rouge feu crachés par les stukas,

Le cheval du gymnase par les flammes embrasé,

J’ai vu rouge la mort sur le Lancastria.

5. Licorne, d’où viens-tu, d’où l’on ne revient pas?

De tes chairs déchirées gicle un sang noir, pourquoi?

J’ai vu noire la mer dévorant les noyés,

Les poumons mazoutés, le chant noir des soldats,

Les os noirs des brûlés dans les vagues jetés,

Noire la cloche du glas sur le Lancastria.

6. Blanche colombe! Du levant venue,

Sur tes ailes déployées, dis-nous, qui portes-tu?

Une fillette née au milieu des combats,

Aimez-la comme vôtre: elle s’appelle Europa…

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      Lancastria

    * NB: La « Licorne » en question, racontant les événements, est un narval (qu’on appelle aussi licorne de mer)…

    – Chaque couplet (à l’exception du dernier, qui lui développe l’allégorie de l’Europe-enfant) s’articule autour d’une couleur différente. En interview, Jean-Louis Jossic a raconté avoir écrit les paroles de la chanson avec des crayons de couleur, afin de mieux s’imprégner encore de l’ambiance qu’il souhaitait faire transparaître dans les couplets: jaune pour le sable et le soleil, gris pour la poussière, rouge pour le sang, noir pour la mort…

FORTUNAT (La Virée)

Paroles et musique: Raynald Basque

    Fortunat, c’est l’histoire vraie de Fortunat Haché, soldat acadien qui participa au Débarquement de Normandie au sein du North Shore Regiment, régiment d’infanterie du Nouveau-Brunswick…

PAROLES:

 

REFRAIN: Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

  En France dans les années 40
  42, 43 c'était pas beau là-bas
  Et jusqu'en 45, toujours avec un flingue
  Pour défendre notre Canada

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 Par ici on pense avoir tout vu
 En r'gardant les p'tites vues, avec de faux Allemands
 Des canons qui sont faits en carton
 Du ketchup pour le sang, Ah oui ç'a l'air bien convainquant

Fortunat c’était un vrai soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 Aujourd'hui ils sont dans ce village
 Ces gens d'un certain âge qu'on respecte par ici
 En novembre au temps de l'Armistice
 Ils pensent aux sacrifices, à ceux qui ont perdu la vie

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 La guerre faudrait jamais la faire
 Mais comme l'Angleterre n'a pas eu le choix
 Fortunat et bien d'autres soldats
 Sont v'nus à vos côtés pour défendre la liberté

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 En plus d'avoir bravé la mort
 Fortunat est rev'nu accablé de remords
 Ce n'est que cinquante quatre ans après,
 Car sa fille le cherchait, que Ria l'en libéra

Fortunat est maintenant grand-papa

Il a une descendance en Hollande sur trois générations

Enfants de la libération

Quand la guerre faisait rage au temps de leur jeune âge

Ils n’étaient pas des lâches au temps de leur jeune âge…

      

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        La Virée chante Fortunat sur la scène du Pavillon de l’Acadie, au FIL 2010…

 

      Et pour terminer…

    Une vidéo un peu insolite, mais qui correspond tout à fait à cet article: le pipe-band de Nijmegen (Pays-Bas), jouant avec une fanfare militaire le thème du générique de Band of BrothersBand of Brothers (Frères d’armes), c’est l’extraordinaire mini-série réalisée par Tom Hanks et Steven Spielberg en 2001, couronnée par d’excellentes critiques et une pluie de récompenses prestigieuses (Golden Globes, Emmy Awards), qui retrace l’histoire des soldats de la Easy Company, une unité parachutiste d’élite de la 101ème division aéroportée de l’armée américaine. Au fil des épisodes, nous suivons les soldats de la Easy de leur camp d’entraînement géorgien jusqu’en Normandie, du Jour J à la prise de Carentan, de la Hollande avec l’opération Market Garden jusqu’à l’enfer enneigé et les conditions précaires de la Bataille des Ardennes, d’Alsace-Lorraine jusqu’au « nid d’aigle » d’Hitler en Bavière… Reconstitutions ultra-réalistes, réalisation époustouflante, interprétation à couper le souffle par un casting cinq étoiles (Damian Lewis, David Schwimmer, Donnie Wahlberg, Michael Fassbender, James MacAvoy, Neal McDonough pour ne citer que quelques noms pêle-mêle…), histoire émouvante et personnages attachants… Les critiques sont le plus souvent dithyrambiques sur la série, et moi-même je ne taris pas d’éloges à son sujet… C’est pourquoi je trouve sympa de clore mon article commémoratif du D-Day avec cette vidéo: comme il s’agit d’un PIPE-BAND, elle a parfaitement droit de cité dans cet article, et ça me permet de faire un clin d’oeil à ma série préférée… ;)

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    Le mot de la fin?

    A tous ceux qui sont morts pour la France…

    A tous ceux qui se sont battus pour la liberté en Europe…

    A toutes les victimes, soldats, civils ou résistants…

    Bref, à tous ceux qui ont oeuvré pour l’Europe et le monde, pour que nous vivions aujourd’hui dans un monde en paix, qui ont donné leur vie pour préserver notre liberté, je rends ce modeste hommage. C’est pourquoi ma conclusion tient en un mot comme en cent: MERCI!!!!



Actus: Tri Yann fonde un collectif d’artistes bretons pour soutenir la réunification de la Bretagne

    Minute politique du jour, qui trouve entièrement sa place ici…

    Je ne vous apprendrai rien en vous parlant du projet de réforme du « millefeuille territorial » , qui devrait aboutir à terme à un redécoupage des régions. La dernière réforme de ce genre date du mandat de VGE. Si ce projet est mené à bien, des fusions devraient s’opérer entre régions, deux par deux, telles que la Bourgogne et la Franche-Comté, la réunification des deux Normandies (Haute et Basse), un rassemblement de l’Alsace et de la Lorraine, comme dans l’ancien temps, ou encore une fusion entre les Pays de Loire et la Région Centre, qui donnerait lieu à une grande région Val de Loire. Mais aussi… le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, fiévreusement demandé depuis des années par tous les partisans de la « Bretagne historique », à cinq départements (Nantes ayant toujours été la capitale historique du duché de Bretagne).

    Or, les Tri Yann, Jean-Louis Jossic en tête, viennent de fonder un collectif d’artistes bretons pour soutenir la réunification de la Bretagne. Le groupe ayant toujours milité pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, cela n’a surpris personne. De nombreux artistes bretons ont déjà signé en faveur de ce collectif: Alan Stivell, Gilles Servat, Nolwenn Korbell, Dan ar Braz, Mariannig Larc’hantec, Etienne Grandjean, Sylvain Barou, Louis Capart, Alan Simon, Yvon Etienne, Yves Ribis, Soïg Sibéril, Brieg Guervenno, Pat O’May, les Frères Guichen, Jean-Louis Le Vallégeant, Gweltaz Ar Fur, Taran Celt, Daonet…

    Je n’ai pas pour habitude de discuter sur ce blog des questions politiques ou de faire étalage de mes opinions, mais cette fois-ci je ne peux pas y couper. En ce qui me concerne, je suis favorable à une réforme des régions, dans le sens d’un redécoupage logique et légitime. Si je suis mitigée sur les potentielles fusions de plusieurs régions, plusieurs autres en revanche m’apparaissent comme logiques, et surtout légitimes: réunir l’Alsace et la Lorraine comme c’était le cas avant… Réunifier la Normandie pour former une seule et même région plus forte à 5 départements, parce que c’est complètement con d’avoir deux Normandies différentes… Fusionner les Pays de Loire et la Région Centre pour créer une Région Val de Loire (sans compter que ça a quand même plus de gueule de dire qu’on vient de région Val de Loire plutôt que de Région Centre!  ;)  LOL ). Et je suis également pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, qui est légitime… En effet, la Loire-Atlantique faisait partie intégrante de la Bretagne jusqu’à la 2ème GM, avant d’en être dissociée par Pétain. De plus, Nantes a toujours été la capitale historique de la Bretagne, c’est à Nantes, et non pas à Rennes, qu’est situé le Château des Ducs de Bretagne, et le sentiment d’appartenance à la Bretagne et l’héritage culturel bretons ont toujours été très forts en Loire-Atlantique, alors que historiquement Nantes et la Loire-Atlantique n’ont jamais été bretonnants (tout comme Rennes, la capitale administrative). Le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, conformément à ce qui est envisagé dans la future réforme territoriale, ne serait donc que justice, et marquerait un aboutissement des attentes de tous les partisans pro-réunification.

    C’est donc tout naturellement que je souscris à 200 % à l’initiative des Tri Yann et de leurs homologues qui, je l’espère, sera couronnée de succès et débouchera sur le rattachement tant attendu et demandé.

    Comme causer de politique, c’est souvent chaud, et que la musique adoucit les moeurs… j’ai envie de clore cet article en musique, tout en restant dans le sujet… L’émouvante chanson de Dan ar Braz et Clarisse Lavanant J’avais cinq enfants, composée en 2012 pour l’album et le spectacle Celebration, défend l’idée d’une Bretagne à 5 départements en employant la métaphore d’une Bretagne comme figure matricielle, comme une mère. Le texte serait à méditer en profondeur…

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    Dan ar Braz et Clarisse Lavanant interprètent J’avais cinq enfants lors du concert Celebration au FIL, au Slipway du port de pêche de Lorient, le 11 août 2012…

J’AVAIS CINQ ENFANTS (Dan ar Braz/Clarisse Lavanant)

1. J’avais cinq enfants réunis

En un même pays

Entre la pierre et la mer

Cinq enfants de rivières

Dont j’étais la source mère

Lorsque j’étais entière

J’avais cinq enfants, aujourd’hui

Il me manque une fille

2. C’est bien plus qu’un morceau de terre

C’est un bout de ma chair

Arrachée à mes frontières

Devenues étrangères

Dans une même géographie

D’autres vents lui ont dit:

« Que vous l’ayez ou non choisi

Vous n’êtes plus d’ici »

3. Mais qu’a-t-on fait de notre histoire?

Il y a dans sa mémoire

Des villes et tant de passions

Qui portent encore mon nom

Le sang d’un peuple insoumis

Dans ses veines bat aussi

Comme le coeur d’une reine endormie

Elle reste en moi depuis…

4. J’avais cinq enfants réunis

Sous le ciel de mes nuits

Entre Clisson et Fougères

Cinq enfants de lumière

Dont j’étais la source mère

Lorsque j’étais entière

J’avais cinq enfants, aujourd’hui

Rendez-moi cette fille…



FIL 2014: demandez le programme!

FIL IRLANDE

    Voici comme promis, chers amis, les grandes lignes de la programmation du FIL 2014. Pour le programme complet, les tarifs et plus amples informations, veuillez consulter le site du FIL: www.festival-interceltique.com

    Petite précision avant de commencer: le principe du Badge FIL à 3 euros initié en 2013, l’une des solutions mises en place pour pallier le déficit financier, permettant d’accéder à de nombreuses animations sur les 10 jours (arrivée de la Grande Parade au Slipway, Masters class du Palais des Congrès, festoù-noz à la Salle Carnot, concerts de l’Espace Bretagne…), va être reconduit cette année en raison du joli succès rencontré lors de l’édition précédente (plus de 37 000 badges vendus pour près de 111 000 euros de bénéfices pour le FIL). Les sites et spectacles auxquels il ouvre ne changent pas.

    Le code couleurs que j’utilise dans le recopiage de la programmation s’établit comme il suit: en rouge, les rendez-vous incontournables; en rose, les spectacles du Palais des Congrès; en vert, les concerts et créations du Grand Théâtre; en bleu, les concerts des têtes d’affiche à l’Espace Marine et le Grand Concert de Clôture au Moustoir le samedi 9; en bleu ciel, le Concert pour Celtes en devenir (concert pour enfants) du mardi après-midi; en orange, les divers concours et trophées de musiques et de danses; en gris, les événements sportifs; et enfin en prune, les « éclats d’artifice » d’ouverture et de clôture. A vos agendas!

      Vendredi 1er août 2014:

    15 h: Présentation de la course cycliste Kreiz Breizh Elites (Place de l’Hôtel de Ville)

    19 h 30: Cotriade n°1 (Port de Pêche), avec Les Mat’lots du Vent, Capstern (Bretagne) et un couple de sonneurs

    0 h 00: « Degemer mat », éclair d’artifice de bienvenue (lancement depuis le port de plaisance)

      Samedi 2 août 2014:

    à partir de 10 h: Championnat National des Bagadoù de 1ère catégorie (Stade du Moustoir), 2ème catégorie (Terrain annexe du Moustoir) et 4ème catégorie B (Esplanade du Grand Théâtre)

    21 h: Soirée d’ouverture Année de l’Irlande « The Glanmore Concert » (Grand Théâtre), avec Liam O’Flynn, Micheàl O’Sùilleabhàin, Paddy Glackin et Neil Martin

    21 h 30: Soirée Folk (Palais des Congrès), avec Skipper’s Alley (Irlande) et Rag Foundation (Pays de Galles)

    22 h: Bernard Lavilliers (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°1 (Stade du Moustoir)

      Dimanche 3 août 2014:

    10 h: Grande Parade des Nations Celtes (départ Stade du Moustoir, arrivée Port de Pêche Slipway)

    17 h: An Dro The World (Port de Pêche)

    19 h: Triomphe des sonneurs (Centre ville)

    21 h: « Anne de Bretagne, renaissante », oratorio de Roland Becker avec l’Ensemble de Bretaigne Armoricane (Grand Théâtre)

    22 h: « Fête entre Celtes », avec Donnal Lunny Trio & Gilles Servat (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°2 (Stade du Moustoir)

      Lundi 4 août 2014:

    10 h: 10ème Trophée Bothua-Raud (Palais des Congrès)

    14 h: 18ème Concours international de Pibroc’h (Palais des Congrès)

    21 h: Barzaz – 1ère partie Dengekan (Grand Théâtre)

    21 h 30: Soirée Folk (Palais des Congrès), avec Tony Mc Manus (Ecosse), Maggie McInness Duo (Ecosse) et Caramuxo (Galice)

    22 h: Grande Nuit de l’Irlande (Espace Marine): Lùnasa et l’Orchestre du Festival « The Brendan Voyage »

      Mardi 5 août 2014:

    15 h: Concert pour Celtes en devenir: Cécile Corbel chante « Terre des Ours » (Palais des Congrès)

    21 h: Suzanne Vega (Grand Théâtre): Hommage à Pete Seeger

    21 h 30: Grande Soirée de la Cornemuse (Palais des Congrès), avec Le Bot/ Chevrollier (Bretagne), Fred Morrisson (Ecosse)…

    22 h: Yves Lambert (Québec) – 1ère partie Dervish (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°3 (Stade du Moustoir)

      Mercredi 6 août 2014:

    21 h: Dañs Akademi (R) Evolutions (Grand Théâtre)

    21 h 30: Soirée Folk (Palais des Congrès), avec Soïg Sibéril (Bretagne), Dylan Fowler (Pays de Galles), Ian Melrose (Ecosse)

    22 h: « Dans l’univers des bardes »: Catrin Finch & Seckou Keïta – Anoushka Shankar (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°4 (Stade du Moustoir)

      Jeudi 7 août 2014:

    21 h: Ross Ainslie & Jarlath Henderson – The Ollam (Grand Théâtre)

    22 h: « Femmes gaéliques » avec Mary Black, Frances Black et Aoife Scott – 1ère partie Julie Fowlis (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°5 (Stade du Moustoir)

      Vendredi 8 août 2014:

    15 h: Concours d’accordéon (Palais des Congrès)

    21 h: « Avaz » – 1ère partie Caramuxo (Grand Théâtre)

    21 h 30: Grande Soirée Accordéon (Palais des Congrès)

    22 h: Red Cardell & Bagad Kemper « Fest Rock » – 1ère partie Dixebra (Espace Marine)

      Samedi 9 août 2014:

    15 h: Trophée des Harpes Camac (Palais des Congrès)

    19 h 30: Cotriade n°2 (Port de Pêche) avec Prenez Garde! (Acadie), Vent de Noroise (Bretagne) et un couple de sonneurs

    21 h: « Breizh Kabar », création de la Kevrenn Alré avec Saodaj (La Réunion) – Invité: Firmin Viry (Grand Théâtre)

    21 h 30: Grande Soirée de la Harpe Celtique (Palais des Congrès), avec Cormac de Barra & Moya Brennan (Irlande), Robin Huw Bowen (Pays de Galles), Rozenn Tallec & Lina Bellard (Bretagne)

    22 h: Grand Concert de Clôture (Stade du Moustoir), avec The Dublin Legends (Irlande), The Strypes (Irlande), Salsa Cetica (Ecosse) et Caroline Savoie (Acadie)

      Dimanche 10 août 2014:

    09 h 30: Les 10 miles interceltiques (course pédestre au centre-ville)

    14 h 30: Concours de danse Kément Tu (Espace Marine)

    15 h: Trophée Paysan Breton – Matelin An Dall (Palais des Congrès)

    0 h 00: Kenavo An Distro (feu d’artifice de clôture au port de plaisance)

    Voiloù pour le programme. Prochainement, la playlist… ;)



44ème Festival Interceltique de Lorient, du 1er au 10 août 2014, Année de l’Irlande: la programmation dévoilée!

    Ca y est, enfin!!! :D La programmation du FIL 2014, du 1er au 10 août prochains, a été dévoilée hier soir!!! :D

    Cette année, le FIL se met au vert. En effet, cette 44ème édition sera consacrée à l’Irlande, mémoire et rêve du monde celtique, et berceau historique de la culture celtique européenne. Le visuel de l’affiche de cette année, superbe, est inspiré du Livre de Kells.

    Mais passons aux choses sérieuses: les noms! Seront présents entre autres cette année à Lorient: Bernard Lavilliers (si si! ), Gilles Servat (hiiiiii!) & Donal Lunny, pour un grand concert de « frat-Eire-nité » irlando-bretonne, Roland Becker aux manettes d’une création réalisée pour les 500 ans de la mort d’Anne de Bretagne, Lùnasa, Liam O’Flynn & l’Orchestre du Festival à la Grande Nuit de l’Irlande pour une re-création exceptionnelle de l’oeuvre pour orchestre et uileann-pipe de Shaun Davey The Brendan Voyage (hiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!! :D ), Cécile Corbel à l’affiche du Concert pour Celtes en devenir, Suzanne Vega au Grand Théâtre pour un hommage à Pete Seegers, l’accordéoniste québécois Yves Lambert (ex-La Bottine Souriante), Anouschka Shankar (fille du célèbre sitariste Ravi Shankar) & Catrin Finch pour un concert autour de l’univers des bardes, la soirée Femmes gaéliques avec Mary Black, Frances Black, Aoife Scott et Julie Fowlis, Red Cardell & le Bagad Kemper pour la création Fest-rock, mon coup de coeur acadien de l’an dernier Prenez Garde! (hiiiii!!!! :D )  à la deuxième cotriade, et un grand Concert de Clôture au Moustoir avec The Dubliners dans une nouvelle formation (rebaptisée The Dublin Legend), The Strypes, Salsa Celtica et Caroline Savoie… Voilà pour les principaux noms de cette édition 2014.

    A la lecture, hier soir, j’ai été d’emblée plutôt satisfaite par cette affiche alléchante, et j’ai déjà des idées de concerts bien précises… C’est une programmation éclectique et audacieuse, fidèle aux orientations prises par le FIL depuis 2007 par Lisardo Lombardia et son équipe, parfois étonnante, mais néanmoins incontestablement solide. En tout cas, ce programme 2014 est bien plus attrayant que celui de la précédente Année de l’Irlande mitonnée par Jean-Pierre Pichard (prédécesseur « historique » de Lisardo) en 2005, qui n’avait pas franchement laissé de souvenirs impérissables.

    Ce que j’ai déjà prévu de faire à coup sûr: Gilles Servat, la Grande Nuit de l’Irlande, Cécile Corbel, la deuxième cotriade avec mes chouchous de Prenez Garde! … ;)   4 envies de spectacle d’emblée, sans compter les « incontournables », c’est plutôt pas mal. Le reste sera à l’avenant! ;)

    Je vous mettrai prochainement le programme plus détaillé, et ensuite ma traditionnelle playlist des artistes du FIL. Je vous laisse avec le teaser de l’édition 2014…

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    Dans les cartes à jouer, je demande… le trèfle!!! ;)



Il y a dix ans…: A chacun l’âge venu, la découverte après l’ignorance!

    3 avril 2004 – 3 avril 2014…

    Aujourd’hui, cela fait dix ans que ma vie a littéralement basculé. Dix ans que ma vie et celle de ma famille ont amorcé LE tournant qui allait par la suite nous ouvrir les portes de la Bretagne, de Lorient, du FIL et que sais-je encore…

    Il y a dix ans jour pour jour, à Chartres, nous avons assisté à notre tout premier concert de Tri Yann…

    Il y a dix ans, du haut de mes tout juste 13 ans, tout récemment initiée à la musique du groupe, j’ai pris dans la figure la claque la plus monumentale de ma vie!!!

    Ce soir-là, toute notion de temps s’est pour moi distendue, est devenue insignifiante. Ce soir-là, moi la gamine de collège, je suis subjuguée par Jean-Louis, « le fou chantant » du groupe, dans ses extraordinaires oripeaux  de goéland baroque, je navigue entre crises de fou rire devant ses contes délirants, et émotion devant la voix de Jean-Paul, ou de l’engagement profond des textes des chansons. J’applaudis à tout rompre, je hurle les refrains à gorge déployée… Ce soir-là, je passe par tout un panel d’émotions exacerbées que je n’avais encore jamais éprouvées dans ma courte vie, si fortes, si authentiques, si puissantes, que la sensation de « manque » post-concert du lendemain (que je ressentais également pour la première fois) m’a parue cruelle… Ce soir-là, je suis pleinement et totalement devenue FAN!!!

    De cette soirée qui a bouleversé mon existence entière, il me reste quelques photos, prises « de loin », une vidéo d’une poignée de secondes filmée pendant le Bro gozh ma zadoù (tout un symbole!), mais aussi, dans mon coeur, une flamme qui ne s’éteindra jamais: la passion, la passion Tri Yann, une passion et un amour inconditionnels pour le groupe et sa musique, et plus généralement pour toute la musique celtique… Ce soir là, à 13 ans, j’ai eu LA Révélation de ma vie!

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    Depuis cette inoubliable première fois, onze autres autres concerts ont suivi, et presque autant d’éditions du FIL. Deux autres concerts sont en prévision pour cet été… Autant dire que je suis TRES loin de racrocher mes crampons de Tryanaute! Que cela dure encore le plus longtemps possible, c’est ce que je souhaite!

    Oui… En ce jour « commémoratif », je fais mien (en l’adaptant quelque peu) l’adage de Morvan Lebesque, énoncé par Tri Yann dans un titre récité en 1976: A chacun, l’âge venu, la découverte après l’ignorance!!!  :D

      (snif snif snif…)

      Celtic Chroniques, Tryanaute hyper émue et hyper heureuse!! :D



Télé: Une Acadienne à The Voice!

    Le 18 janvier dernier, alors que la seconde session des auditions à l’aveugle du télé-crochet de TF1 The Voice battent leur plein, une rumeur me parvient: il y aurait une Acadienne aux auditions. Tiens tiens… Dès que j’entends le mot Acadie, ma curiosité est piquée, forcément. Comme je ne regarde pas l’émission, il me suffit de quelques mots tapés dans Google pour apprendre le nom de la demoiselle et… ô surprise! C’est que je la connais, en plus, je l’ai déjà vue sur scène! En effet, la jeune Caroline Savoie a participé au FIL 2013, sous la bannière du Pavillon de l’Acadie! Voilà l’explication. Au sein de la délégation acadienne, du haut de ses 19 ans, elle effectuait sa première venue à Lorient. Au milieu d’artistes confirmés et habitués du FIL, comme Suroît, Dominique Dupuis ou La Virée, elle était encore inconnue au bataillon. Et inconnue, elle ne l’est pas restée longtemps… Elle a livré au Pavillon des prestations remarquées. En ce qui me concerne, je l’ai vue « de loin » au gré de mes déambulations, et je n’avais pas trop aimé ce qu’elle faisait, lui préférant de très loin (niveau « découvertes ») l’atypique groupe Prenez Garde. Mais incontestablement, elle a fait bonne impression au public. Et ensuite est venu The Voice… Lors des auditions, grâce à une interprétation brillante de la chanson Ain’t no sunshine de Billie Withers, la jeune fille a bluffé à l’unanimité les coachs, qui se sont tous les quatre retournés. C’est finalement l’équipe de Mika qu’elle a choisi d’intégrer.

    Je ne regarde pas The Voice (et de toute façon depuis quelques années j’ai un peu décroché de ce genre d’émissions), mais voir se qualifier dans l’émission une Acadienne vue au FIL et passée par la scène du célèbre Pavillon Acadien (l’un de mes endroits fétiches du FIL), m’a amusée et aussi agréablement surprise. Dès lors, même si je ne regarde pas l’émission, et même si je ne vote jamais pour les candidats de télé-crochet, je me suis tout de même tenue au courant de sa progression. Bah oui, vu qu’elle était au Pavillon de l’Acadie l’an dernier et que tout ceux qui transitent par le Pavillon Acadien me sont sympathiques, je la soutiens par principe ;)

    Bref, Caroline s’est ensuite illustrée sans difficulté aux « Battles », avec une interprétation jugée excellente d’un titre de London Grammar (et effectivement, elle l’était). Mika l’a donc gardée dans son équipe, pendant que son adversaire était repêchée par Garou. Et enfin, samedi dernier, opposée aux candidates Marina d’Amico et Jacynthe Véronneau (québécoise elle aussi) lors de l’Epreuve Ultime, elle a décroché son ticket pour les primes en direct (de même que Marina d’Amico), après avoir chanté Vancouver de Véronique Sanson, tandis que Jacynthe était éliminée. Le FIL a même officiellement témoigné son soutien à la jeune chanteuse sur Facebook.

    « L’Acadienne de The Voice » accède donc à la phase décisive des lives… qui pourraient, qui sait, la mener jusqu’en finale, car elle fait figure de favorite. C’est tout ce que je lui souhaite! ;) Eh bien, comme on dit chez nous autres, bonne chance Caroline! :)

   Voilà pour ce clin d’oeil acadiano-télévisuel que je me suis un peu sentie obligée d’écrire, étant donné les circonstances.

    Je vous laisse avec la vidéo de l’une de ses prestations au FIL 2013, où elle interprète Ain’t no sunshine, la chanson qui lui a permis de se qualifier aux auditions de The Voice:

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JT musical # 2

    Mesdames-messieurs, bonsoir

    A toutes les victimes des funestes événements survenus ces derniers jours en Ukraine, je dédie ce morceau, qui certes date d’une dizaine d’années, mais qui est plus que jamais de circonstance aujourd’hui: la Gwerz Kiev de Denez Prigent et Karen Matheson…

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    Voilà, ce sera tout. Point besoin d’en dire plus. La musique est parfois plus éloquente que bien des discours… :(



Tu vois je pense aux Acadiens… # chapitre 2

    N’essayez pas de le nier, je vous vois venir avec vos gros sabots: vous vous dites « Encore l’Acadie??? Elle nous fais ch***r avec l’Acadie! Depuis quelques mois elle nous la conjugue à toutes les sauces! ». Ce dernier point n’est pas faux, je l’admets volontiers. Mais sache, cher ami lecteur, que j’assume totalement le fait d’être devenue un peu québécophile-acadianophile depuis le FIL 2013, et de m’être prise de passion pour la musique et l’histoire de la province. Et tu veux même que je te dise? J’en suis fière! :P Na! ;)

    Plus sérieusement, suite à mon article-hommage acadien du 4 octobre dernier (c’est ici: http://celticchroniques.unblog.fr/2013/10/04/hommage-tu-vois-je-pense-aux-acadiens/ ), que j’ai écrit avec beaucoup de plaisir, d’émotion et de respect, j’ai un peu réfléchi à la question et je me suis rendu compte qu’il y avait largement matière à écrire une suite! Cette suite, la voici… Dans le premier article, je me suis surtout concentrée sur les titres emblématiques et symboliques de l’Acadie et de l’histoire de la déportation (Evangéline et Grand-Pré), et sur les liens fraternels qui unissent l’Acadie à la Bretagne (Entre Belle-Île et Nantes et Je pense à toi je pense aux tiens). Là, je vais approfondir un peu le sujet, en mettant plus particulièrement l’accent sur la Louisiane, qui fut, comme on le sait, l’une des principales terres d’accueil des déportés acadiens, et qui comporte encore aujourd’hui une importante communauté de la diaspora acadienne. Attention, ça va chauffer sur le bayou! ;) LOL (Hugues Aufray et sa Jambalaya sur le bayou, sortez de ce corps! MDRRR!).

REVEILLE (Paroles et musique: Zachary Richard, 1976)

    Le chanteur louisianais Zachary Richard est l’un des plus fervents défenseurs de la culture francophone en Amérique du Nord, et milite sans relâche depuis les années 1970 pour la musique cajun et acadienne (ce qui lui vaudra d’être décoré à plusieurs reprises). En 1976, il écrit le titre Réveille. Cette chanson évoque très directement le Grand Dérangement de 1755 et ses « héros », comme Joseph Broussard, alias Beausoleil, qui, dit-on, guida les exilés vers la Louisiane, mais pas seulement… Elle a plusieurs sens… Réveille résonne aussi comme un cri d’alarme, comme un appel adressé aux Acadiens d’hier et d’aujourd’hui pour la sauvegarde de leur langue et de leur héritage francophone. En 1994, Zachary Richard interprète Réveille à l’occasion du tout premier Congrès mondial acadien à Shédiac. On peut difficilement imaginer plus fort symbole! :) D’ailleurs, cette prestation est considérée comme l’un des moments les plus marquants de la chanson francophone en Amérique du Nord…

PAROLES:

Réveille, réveille,

C’est les goddams* qui viennent

Brûler la récolte,

Réveille, réveille,

Hommes acadiens,

Pour sauver le village.

Mon grand-grand-grand-père

Est venu de la Bretagne

Le sang de ma famille

Est mouillé l’Acadie.

Et là les maudits viennent

Nous chasser comme des bêtes,

Détruire les familles,

Nous jeter tous au vent.

Réveille, réveille,

C’est les goddams qui viennent,

Brûler la récolte.

Réveille, réveille,

Hommes acadiens,

Pour sauver le village.

J’ai entendu parler

De monter avec Beausoleil

Pour prendre le fusil

Battre les sacrés maudits.

J’ai entendu parler

D’aller dans la Louisiane

Pour trouver de la bonne paix

Là-bas dans la Louisiane.

Réveille, réveille,

C’est les goddams qui viennent,

Brûler la récolte.

Réveille, réveille,

Hommes acadiens,

Pour sauver le village.

J’ai vu mon pauvre père,

Il était fait prisonnier,

Pendant que ma mère, ma chère mère

Elle braillait.

J’ai vu ma belle maison

Etait mise aux flammes,

Et moi je suis resté orphelin,

Orphelin de l’Acadie.

Réveille, réveille,

C’est les goddams qui viennent,

Brûler la récolte.

Réveille, réveille,

Hommes acadiens,

Pour sauver le village.

Réveille, réveille,

C’est les goddams qui viennent

Voler les enfants

Réveille, réveille,

Hommes acadiens,

Pour sauver l’héritage,

Pour sauver l’héritage,

Pour sauver l’héritage…

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    Réveille chanté par le groupe Ode à l’Acadie…

    * NB: « Goddam » était le surnom donné aux envahisseurs anglais.

LES ABOITEAUX (Paroles et musique: Calixte Duguay)

    Un aboiteau est une sorte de digue construite par les Acadiens pour leur permettre de cultiver des terres gagnées sur la mer ou les fleuves. Le principe est non seulement d’empêcher la mer d’envahir les terres à marée haute, mais aussi d’évacuer à marée basse les eaux d’écoulement provenant de la pluie et de la fonte des neiges. Ainsi, les terres  récupérées sont peu à peu débarrassées de leur teneur en sel. C’est pourquoi les Acadiens entouraient leurs terres de digues qui canalisaient l’eau et l’amenaient au conduit d’évacuation qui était muni d’un clapet mobile se fermant automatiquement à marée haute et s’ouvrant à marée basse.

    Ce principe de fonctionnement existait déjà dans d’autres parties du monde, et notamment dans la région du Centre-Ouest de la France, en particulier le Marais poitevin, qui a été travaillé à la fin du XVIème siècle et au XVIIème par des ingénieurs hollandais, appelés par Sully, qui ont asséché une grande partie du « marais humide ». La technique des retenues à clapet était alors connue dans cette région qui est celle d’où viennent principalement les Acadiens, mais l’aboiteau est une évolution particulière de ce système qui a dû prendre en compte les particularités de l’Acadie ou du Québec, à savoir un climat rigoureux et des marées parmi les plus fortes au monde. Personne ne peut dire qui a inventé l’aboiteau. Il s’agit sans doute d’une oeuvre collective qui a été développée et améliorée par les Acadiens sur plusieurs générations au gré des expériences.

    Le gouvernement espagnol, qui a récupéré en 1764 la Louisiane après le traité de Paris mettant fin à la guerre de Sept Ans, a vu s’installer progressivement plusieurs colonies d’Acadiens chassés de Nouvelle-Ecosse par la déportation des Acadiens. Constatant leur aisance à assécher les terres humides, il décide de convaincre en 1785 quelques 1598 d’entre eux, dont environ 200 venant de Belle-Île-en-Mer de s’installer. Ils arrivèrent vite à produire des récoltes louisianaises: le maïs, le coton et le riz.

    Pourquoi des aboiteaux? L’Acadie du XVIIème siècle était presque entièrement recouverte par la forêt. Or, les terres gagnées sur la forêt ont toujours un rendement agricole médiocre. Les Acadiens décidèrent alors de cultiver les rivages en bord de mer et au bord des fleuves côtiers qui étaient quotidiennement soumis au flux et au reflux. Les étendues récupérées n’étaient pas immédiatement productives car la teneur en sel devait d’abord baisser, ce qui demandait plusieurs années. Toutefois, des herbes sauvages poussant très rapidement sur les terres à peine asséchées, ces surfaces servaient presque aussitôt de pâturage en attendant la mise en culture effective. Grâce aux aboiteaux, les Acadiens possédaient des terres dont le rendement est estimé à cinq fois celui d’une terre défrichée sur la forêt. L’Acadie se couvrit alors d’une quantité si importate d’aboiteaux que ceux-ci en sont devenus un des symboles, donnant aux Acadiens le surnom de « défricheurs d’eau ». Ce type de culture possédait néanmoins ses inconvénients car les levées de terre demandaient un entretien quotidien, des dégâts devaient être réparés à chaque tempête ou forte marée, et une révision annuelle était nécessaire à chaque sortie d’hiver.

    Beaucoup d’aboiteaux sont encore en état aujourd’hui, et certains furent même construits et utilisés jusque dans les années 1950, par exemple à Dugas. Il en reste toujours un peu partout en Acadie, ainsi que dans la région de Kamouraska, au Québec. On distingue les aboiteaux marins (Beaubassin, Rivière-aux-Canards…) et les aboiteaux fluviaux (Memramcook, Port-Royal).

    * Comme on m’a appris à citer mes sources, et que je préfère toujours rendre à César ce qui est à César, je dis… merci Wikipédia! http://fr.wikipedia.org/wiki/Aboiteau Et ne me demandez pas d’où vient le nom « aboiteau », je n’en sais rien. Ca doit être sans doute un québécisme.

    Cet enblème de l’Acadie à inspiré à Calixte Duguay une chanson poignante, intitulée Les aboiteaux… Au travers de cet élément typique, ce titre est une sorte de chronique douce-amère de la vie des Acadiens exilés en Louisiane, et évoque la déportation avec beaucoup de pudeur, de finesse et d’émotion…

PAROLES:

Hier je suis allé en rêvant d’Isabeau

Voir le foin pousser sur la digue

Ce coin de pays était si beau

Mais il tombe en lambeaux

Et ses habitants

Depuis longtemps

N’en peuvent plus de fatigue

Mais les aboiteaux attendent quelque part

Que le pays d’alentour s’éveille

Avant de venir nous parler de départ

Pour d’autres merveilles

Jean LeBlanc m’a dit qu’un jour aux aboiteaux

La mer s’en viendrait par la digue

Rassembler les membres du troupeau

Partis sur les bateaux

Que les déportés

Viendraient fêter

Et qu’on danserait la gigue

Mais les aboiteaux attendent quelque part

Que le pays d’alentour s’éveille

Avant de venir nous parler de départ

Pour d’autres merveilles

Revienne la mer un jour aux aboiteaux

Forcer les clapets de la digue

Qu’elle nous apporte pour bientôt

Ce qu’elle a de plus beau

Je crains cependant

Que Jean LeBlanc

Soit seul pour danser sa gigue

Mais les aboiteaux sont toujours quelque part

Attendant que le pays s’éveille

Viendront-ils un jour nous parler de départ

Pour d’autres merveilles…?

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      Les aboiteaux interprétée de façon émouvante par le collectif Ode à l’Acadie (avec Monique Poirier au chant lead)…

BAYOUS D’ACADIE (La Virée)

Paroles: Stéphane Basque, Denis Surette et Eric Haché/ Musique: Denis Surette/ 2012

    Bayous d’Acadie est la pièce-titre de l’excellent troisième album de La Virée, paru en 2012 (et que j’ai chroniqué il y a quelques mois). Alors que tout le disque baigne dans les influences folk-rock celtique, les chants de marins et les inspirations lorientaises, Bayous d’Acadie a été composée dans le plus pur style cajun, ce qui fait qu’elle détonne au milieu des autres, et peut déconcerter l’auditeur… C’est une longue chanson très roots, très blues du bayou, qui exprime un malaise, celui d’un Acadien déraciné en Louisiane, qui a le mal du pays. Ce titre particulier, un peu long et trop blues à mon goût, et un poil trop geignard (comparé aux bijoux nostalgiques transpirant la joie de vivre que sont Quand c’qu’on était moins vieux ou Une vieille guitare, par exemple), ne me parle pas. C’est d’ailleurs la seule pièce de l’album que je n’arrive pas à apprécier. Cependant, le texte m’a interpellée par sa justesse de ton. Pour cette raison, et parce que Bayous d’Acadie correspond bien au thème lousianais de cet article, et parce qu’il s’agit de La Virée, ce titre a droit de cité ;) ! Dans le livret, il n’y a aucun texte introductif pour accompagner les paroles et en expliquer le contexte, alors je suppose qu’il y a plusieurs lectures possibles: l’Acadien déraciné qui s’exprime ici peut bien être un homme du XXIème siècle obligé de s’exiler pour des raisons professionnelles, autant qu’un Acadien du XVIIIème siècle déporté en Louisiane…

PAROLES:

1. Mama, ça fait longtemps que t’es partie

Mama, ça fait longtemps que chu parti

J’croyais qu’j'avais ben compris

La jeunesse souvent est folie

2. Mama, ça fait longtemps que t’es partie (bis)

C’est juste une feel good trip,

Les voyages ça reste dans les tripes

3. Mama, c’est mon histoire que j’te conte

Mama, c’est ton histoire qui me hante

Trop pressé de grandir

Vivre dans l’espoir d’un souvenir

4. Mama, ça fait longtemps que t’es partie (bis)

Quand l’ennuie est trop forte

Chez-vous c’est encore chez nous

5. Mama, ça fait longtemps qu’on est partis (bis)

On aimerait bien revenir

Mais on n’peut pas y arriver…

      Pas de vidéo pour ce titre, mais vous pouvez toutefois l’écouter au lien suivant, où l’album est en écoute intégrale (Bayous d’Acadie est le 7ème titre, et puis tant qu’à faire vous pouvez écouter l’album entier ;) … ) : http://laviree.com/discographie/extraits-et-textes/bayous-dacadie/

LE COURTABLEAU (Suroît)

Paroles et musique: traditionnelle

    En 1998, les madelinots de Suroît publient l’album Bootleg, disque enregistré dans l’esprit et dans les conditions des partys de cuisine acadiennes. Figure sur la track-list de cet album un titre double, en deux parties: la première, Déporté en Lafayette, est une courte chanson dans le même style que Bayous d’Acadie. Le second segment, plus conséquent, est la chanson traditionnelle Le courtableau (que l’on attribue à Beausoleil). Très loin des sonorités blues, c’est une chanson cajun endiablée, truffée de noms typiques et de mots cajuns! Cela va des acadianismes à des emprunts au créole louisianais. Comprend qui peut ce titre! ;) Je peux quand même vous donner quelques indices: les noms « tourloulous » et « ouaouarons » par exemple sont empruntés au créole louisianais. Les « tourloulous » désignent une espèce de petit crabe, et les « ouaouarons » sont des crapauds-buffles! ;)   Vous ne serez sans doute pas surpris si je vous dis que Le courtableau est l’un des quatre titres, avec La danse du Mardi-Gras, Hé yaille yaille (disco fait dodo) et La lianne, qui composent le Medley cajun que Suroît aime souvent interpréter en concert… ;)

PAROLES:

1. S’en allait sur l’courtableau ti-monde

Pour ramasser des écopeaux yaille yaille

Pour faire du feu bébé

Pour faire bouillir des tourloulous

S’en allait sur l’courtableau ti-monde

Pour ramasser des écopeaux yaille yaille

Pour faire du feu chérie

Pour faire bouillir des ouaouarons

2. S’en allait sur l’courtableau ti-monde

Pour ramasser des écopeaux yaille yaille

Pour faire du feu bébé

Pour faire bouillir des écrevisses

S’en allait sur l’courtableau ti-monde

Pour ramasser des écopeaux yaille yaille

Pour faire du feu chérie…

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      Le courtableau en version originale studio…

EVANGELINE ACADIAN QUEEN (Paroles et musique: Angèle Arsenault, 1977)

    Angèle Arsenault, chanteuse de l’Île du Prince Edouard, est l’auteure entre autres du magnifique Grand Pré, l’une des chansons-phares de l’identité acadienne. Ce titre s’est hissé au rang de ceux qui ont pour l’Acadie valeur de symbole. Non contente de cet exploit, la chanteuse a également pastiché un autre grand classique: EvangélineEnvangéline Acadian Queen est une petite chanson malicieuse et entraînante qui revient de façon humoristique sur les amours tragiques d’Evangéline et Gabriel, puis évoque dans le dernier couplet la « récupération » de la figure d’Evangéline, considérée comme une héroïne de la province, popularisée par le poème de Longfellow d’abord, et par la chanson de Michel Conte ensuite. Volonté de démythification, je ne sais pas, mais volonté de dédramatisation, certainement. Angèle Arsenault allège ici par l’humour le côté dramatique de cette histoire…

PAROLES:

1. Je m’en vais vous parler

De quelqu’un qu’vous connaissez

Vous mais trompez-vous pas

A vient pas des Etats

2. Même si certain fellow

Qui s’appelait Longfellow

L’a popularisée

Y’a deux cents ans passés

3. Elle s’appelait Evangéline

Elle était ben ben fine

Elle aimait Gabriel

Sur la terre comme au ciel

4. Ils vivaient en Acadie

Et y’étaient riches en maudit

Mais un jour les Anglais

N’étaient plus satisfaits

5. Alors ils les ont déportés

Gabriel a disparu

Evangéline déconfortée

L’a cherchée tant qu’elle a pu

6. Elle l’a cherché en Acadie,

Au Québec, en Ontario

Pis aux Etats-Unis,

En Floride en Idaho

7. Arrivée en Louisiane

Avec sa cousine Diane

A dit là j’perdrais plus mon temps

Elle avait soixante et quinze ans

8. Engagée à l’hôpital

Elle soignait les malades

Elle a vu son Gabriel

Qui partait pour le ciel

9. A y’a sauté au cou

A y’a dit merci beaucoup

Asteure que t’es enterré

J’vais pouvoir m’en retourner

10. Je m’en vais pour investir

Dans les compagnies de l’avenir

Afin que le nom d’Evangéline

Soit connu en câline

Evangéline Fried clams

Evangéline Salon Bar

Evangéline Sexy Ladies Wear

Evangéline Comfortable Running Shoes

Evangéline Automobile Springs

Evangéline Regional High School

Evangéline Saving Mortgage and Loans

Evangéline The only French Newspaper in New Brunswick

Evangéline Evangéline Acadian Queen

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    Evangéline Acadian Queen

AU BORD DU LAC BIJOU (Paroles et musique: Zachary Richard)

    On termine cette playlist acadiano-cajun tout en douceur, avec cette jolie ballade de Zachary Richard, Au bord du lac Bijou

PAROLES:

1. Dans le Sud de la Louisiane

Dans le bois d’Attakapas

Où la rivière rejoint la levée

Planté dans l’anse est un gros chêne vert

Au bord du Lac Bijou

2. Dans son feuillage

Où les branches font leur crochet

Les hirondelles reviennent chaque printemps

Ils se réfugient dedans ce chêne vert

Au bord du Lac Bijou

3. Tourne, tourne dans mes bras

Tiens-moi serré encore

Reste avec moi, en bas le chêne vert

Au bord du Lac Bijou

4. C’était l’année de cinquante et sept

La première fois je les ai vus

Les deux ensemble se bâtir un nid

Au bord du Lac Bijou

5. Ils revenaient quand l’hiver était fini

Je les appelais Pierre et Marie

Un grand monsieur noir comme la nuit

Sa demoiselle avec lui

6. Pendant le carême ce dernier mois d’avril

Je lui ai vu une dernière fois

Un oiseau seul posé sur sa branche

Au bord du Lac Bijou

7. Il restait tranquille, son coeur après se casser

Guettant du matin au soir

Jusqu’au dimanche qu’il est parti aussi

Du bord du Lac Bijou…

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    Zachary Richard chante Au bord du Lac Bijou en live…

    Et les bonux… ;) :

   BONUX 1: L’intégrale du Medley cajun de Suroît, filmé au Pavillon de l’Acadie (off course! ;) ) au FIL 2010…

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   BONUX 2: Le teaser du spectacle d’Ode à l’Acadie. Un spectacle qui avait l’air riche, varié, et très qualitatif, à l’image de ses talentueux jeunes musiciens…

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    BONUX 3: Le final endiablé du show Acadie authentique à l’Espace Marine, FIL 2012. Les cinq violons lead du spectacle (de gauche à droite Georges Belliveau, Marie-Andrée Gaudet, Louise Vautour, Dominique Dupuis et Théo Brideau), qui avaient ouvert la soirée (j’avais mis la vidéo dans le premier article), la referment avec autant de panache qu’ils l’avaient inaugurée.

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    Une bonne manière de clore le sujet de l’hommage à l’Acadie. Les articles hommages sont finis, mais prenez garde ;) , diverses chroniques de disques pourraient suivre… Alors c’est tout, pour le moment… ;)

     Bon visionnage! ;)

    EDIT: comme le hasard fait bien les choses… Demain, à 20 h 45 sur France 3, Patrick de Carolis va nous présenter un nouveau numéro de son émission Le Grand Tour. Il va nous faire voyager du Québec à la Louisiane, et va parler des Acadiens… A bon entendeur… ;)



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