Tri Yann: les projets à venir 2014

    Fin janvier, les Tri Yann ont transmis à la mailing-list et au site officiel leurs voeux 2014, et en ont profité pour annoncer dans la foulée les projets à venir pour cette nouvelle année:

    - d’abord, la parution en ce début d’année chez Coop Breizh d’un diptyque rassemblant les albums Marines et Abysses réédités. Respectivement parus en 2003 et 2007, ces deux excellents albums consacrés à la mer, parmi les meilleurs du groupe, étaient introuvables depuis bien longtemps. Cette réédition est donc une bonne occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, de découvrir ces deux pépites (d’ailleurs, à la date où j’écris cet article, je crois que le diptyque est déjà sorti… J’ai trois trains de retard comme toujours… ;) :P )

    - Deuxième projet à venir: le nouvel album du groupe est actuellement en préparation. Son titre provisoire est Légendes… Tout un programme! :) Dans son message de voeux, le groupe l’a annoncé pour « dans quelques mois ». Cette estimation est très évasive, mais au moins ils sont prudents, ils ne s’engagent à aucun délai précis. Personnellement, sachant que nos Trois Jean sont perfectionnistes, et que, de l’aveu décontracté de Jean Chocun lui-même, au moment de la sortie de Rummadoù en 2011, ils sont « toujours à la bourre », je compterais plutôt sur ce nouvel album pour 2015. Mais bon, on verra bien! ;) Et, que ce soit pour dans un an ou plus, hâte qu’il sorte! ;)

    Et, bien entendu, les concerts ponctueront régulièrement cette année 2014. Le groupe va bientôt reprendre le chemin des concerts, après 3 mois de pause (le dernier concert de la saison 2013 était le 30 novembre au Zénith de Nantes). Prochain rendez-vous à Sarcelles le 28 février. Et pour moi, l’été prochain, ce sera… Saint-Servant sur Oust (Morbihan! :) ) le samedi 12 juillet!!!!!!!!!! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!! :)

    Toutes les infos à suivre sur le site officiel, bien sûr: http://edoll.free.fr/



La Virée: Bayous d’Acadie (2012)

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 Track-list:

1. L’Alexandra

2. Levons nos verres

3. Morning Doobie/ Morning Dew

4. Quand c’qu’on était moins vieux

5. La courte paille/ Irish Washerwomen

6. Une vieille guitare/ Fisher’s Hornpipe

7. Bayous d’Acadie

8. Sherbrooke/ Ronfleuse gobeille

9. Dance Crash (Grand Nuit Special)

10. Cukoo’s Nest/ First Flight

11. Père capucin

    Houlà, je n’ai plus écrit de chroniques de disques depuis plus de six mois, j’espère ne pas être trop rouillée à l’exercice! Quoi qu’il en soit, jusqu’à maintenant, j’ai essentiellement écrit des chroniques 100 % bretonnes. Puisque je suis une ardente défenseuse de l’interceltisme en plus d’être une adoratrice de la musique bretonne, j’ai décidé de déroger un peu à mon habitude, et de me focaliser sur un coin de pays qui occupe depuis bientôt dix ans une place à part dans la grande famille des nations et diasporas celtiques, tout comme il a une place à part dans le coeur des festivaliers lorientais: l’Acadie!

    Nous aurons l’occasion de revenir plus tard sur l’histoire tourmentée de la province, sur la tristement célèbre Déportation des Acadiens de 1755 (appelée « le Grand Dérangement »), ainsi que sur les liens tissés entre l’Acadie et le FIL. Pour l’heure, j’en viens directement à la Musique, la musique si attachante de cette région: souvent touchante, toujours festive, vivifiante et énergisante, au carrefour de multiples cultures et sonorités (de l’Irlande au Québec, de Bretagne jusqu’en Louisiane…), la musique acadienne est une institution à part entière, et ne laisse jamais aucun auditeur indifférent! L’Acadie est une véritable pépinière de talents en perpétuel renouvellement, qui comporte aussi bien de vieux chênes solidement enracinés dans le paysage musical (Suroît, Roland Gauvin, 1755…) que de jeunes pousses émergentes très prometteuses (Dominique Dupuis, Caroline Savoie, le groupe Prenez Garde!…). Le groupe La Virée, fondé en 2001, est l’un des fers de lance de la « nouvelle scène acadienne ».

    Le nom de La Virée ne vous évoquera probablement pas grand’chose au premier abord. Et pourtant… Le groupe a, depuis douze ans, fait swinguer, virer et chavirer des dizaines de milliers de spectateurs. Il a en France un fan-club bien établi, et c’est surtout au FIL, où il est très régulièrement invité, que ses fans français se comptent en plus grand nombre. Les membres de La Virée, toujours plébiscités par les festivaliers, font un tabac monstre à chacune de leurs prestations, sur toutes les scènes où ils ont le bonheur de jouer, qu’il s’agisse du Pavillon acadien, de l’Espace Marine ou du Port de pêche! De l’avis général, parmi tous les groupes acadiens invités, ils remportent la palme de l’ambiance. Car mettre le feu aux planches, ils savent y faire! :) J’ai découvert La Virée il y a cinq ans, lors de la cotriade d’ouverture du FIL 2008. D’emblée, sidérée par leur bougeotte, leur bonne humeur et l’énergie folle de leur musique, j’ai été conquise, à l’instar de tous les convives ce soir-là! Des forêts de bras se sont levés dans la criée, je vous garantis que la soupe a eu le temps de refroidir dans les assiettes. Le coup de coeur a été unanime pour toute la famille. Dans un premier temps, principalement pour mon père, qui a toujours adoré la musique acadienne depuis nos débuts au FIL. Pour moi, ça s’est fait plus progressivement. A l’époque où nous les avons découverts, j’étais surtout très fan de leurs compatriotes de Suroît (et je le suis toujours). Petit à petit, j’ai apprécié La Virée, à l’univers différent de celui de Suroît, mais pourtant si proche… Ensuite, au FIL des années (oups), plus je revoyais le groupe et plus je l’aimais. Et cette année, 2013, je suis définitivement devenue fan.

    Je crois que des présentations s’imposent… Pour faire court, et pour être directe, La Virée c’est une quintette de beaux mecs, qui, en concert, envoient du steak! LOL ;) Pour parler de façon un peu plus raffinée, La Virée, ce sont cinq musiciens accomplis, à la fougue contagieuse: tout d’abord, Eric Haché, fondateur du groupe, auteur, compositeur, chanteur principal, guitariste et capitaine du vaisseau La Virée (« celui qui signe nos chèques » comme le présentaient ses compères pour le taquiner); le beau Théo Brideau, l’un des meilleurs violonistes d’Acadie, aussi talentueux que séduisant, ce qui n’est pas peu dire! ;) En plus d’être violoniste, il est aussi un podorythmiste, mandoliniste et arrangeur chevronné; le guitariste Denis Surette, qui apporte une empreinte plus rock au son de La Virée; à ce trio de tête viennent s’ajouter Stéphane Basque, batteur et complice de la première heure, et le jeune bassiste (et multi-instrumentiste) Sébastien Michaud, qui a rejoint le groupe en 2012.

    En douze ans de carrière, La Virée a publié trois albums et un EP: L’Ordre du bon temps en 2005, 1, 2, 3, Go! en 2007, l’EP Levons nos verres en 2010, enregistré tout spécialement pour les 40 ans du Festival Interceltique de Lorient et sorti uniquement en France, rien que pour nous autres (na!); et enfin, le troisième et dernier album en date, Bayous d’Acadie, en 2012. Le FIL 2012 ayant pour invité d’honneur l’Acadie (huit ans après la grande première), le groupe, distribué par Coop Breizh depuis peu chez nous, a profité de cette opportunité musicale et médiatique pour lancer officiellement l’album en France. C’est sur ce dernier opus que porte ma chronique. Je peux même dire que j’en possède un exemplaire en provenance directe d’Acadie, sans intermédiaire, puisque c’est à la boutique du Pavillon acadien, après une presta du groupe, que je l’ai acheté. Les musiciens, toujours ravis de pouvoir « jaser » à leur public, me l’ont dédicacé bien volontiers et se sont montrés très sympas et abordables, entre remerciements, petits mots gentils et sourires charmeurs… ;) J’ai dans les premiers temps écouté Bayous d’Acadie un peu en pointillés, avant de le laisser de côté. Puis je m’y suis remise au moment du FIL 2013. Pour la circonstance, nos p’tits gars de La Virée étaient de retour au Pavillon, et je suis allée les applaudir à trois de leurs prestations en l’espace de six jours! Pas mal, non? ;) A l’occasion de ces sets d’après-midi, qui duraient environ une demie-heure, ils jouaient essentiellement des titres issus de Bayous d’Acadie. J’ai pu redécouvrir et savourer pleinement des morceaux entendus l’année passée. J’ai donc ressorti l’album de mon étagère… Depuis le dernier FIL, je n’ai de cesse de l’écouter en boucle, tant je le trouve excellent! Et le fait est: il EST excellent!

    Constitué de onze pièces (titres) brillantes, tantôt enjouées, nostalgiques ou drôles, Bayous d’Acadie est pour La Virée l’album de la maturité. Les compositions, pour la plupart signées Eric Haché, sont inspirées et percutantes, les airs traditionnels, qu’ils soient acadiens, irlandais ou bretons, sont adaptés avec brio, et les influences d’excellents musiciens qui ont rejoint, au fil des années, les rangs du groupe s’y font particulièrement sentir (surtout celle de Théo Brideau aux arrangements traditionnels). Léger, festif, euphorisant, vivifiant… Les qualificatifs ne manquent pas pour ce disque. Comme l’a dit ma fidèle lectrice à qui je l’ai fait découvrir, Bayous d’Acadie ;) , c’est des bulles de champagne en musique! Loin des sonorités plus acoustiques des débuts, ici ils nous livrent un vrai folk-rock celtique pointu. Dans sa formation actuelle, La Virée semble avoir atteint le meilleur de son potentiel, cet album en est le témoin flamboyant: pendant 40 minutes, c’est à de la musique de très haut niveau que nous avons affaire! Et surtout, je crois qu’il est bien à l’image du groupe, et du sentiment qu’incarne la musique acadienne: la Joie! En dignes apôtres de « l’ordre du bon temps », au gré de textes simples, mais qui respirent l’authenticité, les cinq musiciens de La Virée y prônent le partage, l’importance de l’instant présent, le sens du collectif, la joie de vivre, les plaisirs simples, les moments passés avec les amis autour d’une bonne bouteille… Bref, toutes ces choses si naturelles, si évidentes, tellement fondamentales, mais qui nous font si cruellement défaut, à l’heure où l’individualisme de plus en plus prononcé se dispute à la morosité ambiante. Ils nous invitent à « lever nos verres », à « en prendre une bonne gorgée ». Inutile de me faire prier, j’en prends de belles gorgées. Avec délices… Et c’est parce que je me retrouve dans un grand nombre de valeurs défendues dans cet album que c’est une musique qui me fait énormément de bien.

    Dès le premier titre, le ton est donné. Quelques notes ensoleillées de mandoline, un texte et une mélodie remplis d’allégresse, et nous sommes invités à embarquer avec La Virée à bord de L’Alexandra, un bateau prodigieux où règne la fête. Les titres suivants ne déméritent pas face à cette introduction prometteuse, très loin de là!

    L’univers marin, la Bretagne et le FIL les inspirent, et ont influé sur leur musique, nos cinq joyeux drilles ne s’en cachent pas. Le premier et meilleur exemple de cette facette de leur univers musical, c’est indiscutablement Levons nos verres, titre porteur de l’album, inspiré directement de leur expérience du FIL et des rencontres qu’ils ont faites à cette occasion. Il s’agit d’une chanson à boire un peu spéciale, une chanson à la santé « de tous ceux qui nous ont quitté », pour penser à nos morts avec respect. Mais ce n’est pas pour autant une pièce triste. Bien au contraire… C’est un véritable hymne à la vie,  »à cette vie qui nous est si chère ». Des riffs de guitare électrique très rock, une batterie entêtante, un violon joyeux, une chanson percutante, qui met les mots justes sur ce genre de choses sans aucun pathos, à laquelle on ne peut que souscrire, plus une cornemuse ajoutée à l’ensemble qui ne rend le morceau que plus entraînant encore (c’est le sonneur breton Jean-Luc Guegan, du bagad du Faouët, rencontré au FIL, qui officie. Grâce à « la magie de l’Internet », comme l’expliquait Eric Haché pendant les concerts, il a pu apporter sa contribution à l’album)… Telle est la recette de cette pièce absolument jubilatoire, véritable tube en puissance qui, sans surprise, a été choisi pour la promotion du disque et la radiodiffusion au Canada. Lors du dernier FIL, ils l’ont joué à chacune de leurs prestations: une TUERIE! Le deuxième exemple de leurs inspirations bretonnes, c’est La courte paille (enchaînée avec le reel enjoué Irish Washerwomen). Les chants de marins bretons vont très bien à La Virée, comme le prouvait leur reprise très réussie des Marins de Groix sur l’album 1,2,3, Go!. Du même acabit d’un point de vue qualité, La courte paille reprend une trame similaire à celle du chant de marins Trois matelots du port de Brest. Les paroles en sont accrocheuses et très faciles à retenir. Côté mélodie, il nous faut noter la participation amicale d’Henri-Paul Bénard (le leader de Suroît) à la vielle à roue. L’un des nombreux excellents morceaux de Bayous d’Acadie

    Les titres Quand c’qu’on était moins vieux et Une vieille guitare se démarquent également par leur côté mélancolique. Ce sont les deux titres les plus « authentiques » de l’album. Quand c’qu’on était moins vieux joue à fond la carte de la nostalgie, et ça me touche… Mais de ces deux pièces, celle qui remporte le plus mon suffrage, c’est Une vieille guitare, sans l’ombre d’un doute! Egalement nostalgique, mais d’une connotation un tantinet plus joyeuse que Quand c’qu’on était moins vieux, Une vieille guitare, qui bénéficie d’un texte superbe, se présente comme une sorte d’apologie de tous les bons moments passés entre amis, dans notre « petit paradis », et le refrain distille une délicieuse ambiance colonie de vacances qui ne peut laisser insensible: « Y a rien de mieux qu’une vieille guitare/Un beau p’tit feu pis un violon/Ca dérange pas même s’il est tard/Y reste la braise pis les chansons/On va timer toute la soirée/A jouer des reels, des rigodons/Ca dérange pas même s’il est tard/Y reste la braise pis les chansons… »  En fait, je crois que si Une vieille guitare m’émeut aussi profondément, c’est parce que cette chanson, c’est tout moi, et tout particulièrement le dernier couplet… Moi aussi, pendant mes quatre années d’études, je n’attendais que de pouvoir revenir dans mon paradis pour les vacances, même si je savais que je n’y étais que de passage, et prendre enfin le temps de vivre… Je pense que tout le monde peut s’y identifier, car les paroles ont une portée universelle. Jugez plutôt: « Les vacances tirent à leur fin/ Demain faudra repartir au loin/ Faut ben s’en aller pour travailler/ Pour chômer ou ben pour étudier/ Attendre que l’hiver passe/ Pour que l’été r’fasse surface/ On doit tourner la page, nous n’étions que d’passage/Attendre que l’hiver passe/ Pour que l’été r’fasse surface/ Dans notre p’tit paradis nous n’étions que de passage… » Tout est dit! Merci à La Virée de nous prodiguer ce pur moment d’émotion (qui se clôt, histoire de compléter notre plaisir, sur un hornpipe endiablé)! :) L’une de mes préférées parmi toutes les excellentes pièces que compte l’album, si ce n’est MA préférée…

    En revanche, j’adhère beaucoup moins à la pièce-titre du disque, Bayous d’Acadie. Il faut dire que cette chanson tranche radicalement avec les autres: on bascule dans des sonorités cajuns qui par certains côtés se rapprochent du blues, dans les influences de Louisiane, dans la musique du bayou pure et dure. C’est vraiment un genre très particulier, et personnellement, ça ne me parle pas… Même si, par ailleurs, le texte interpelle par sa justesse (la plainte d’un acadien déraciné). Sur l’ensemble de l’album, Bayous d’Acadie est le seul titre que je ne parviens pas à véritablement apprécier. Du registre de la plainte également, mais plus enthousiasmant d’un point de vue musical et beaucoup plus drôle, nous pouvons relever Dance Crash (Grande Nuit Special). Dans ce morceau à l’instrumentation rock échevelée et au texte archi-simpliste (ce qui ne rend le titre que plus rigolo encore), La Virée nous relate une histoire tragicomique: une chicane de couple! Pour raconter des scènes de ménages et des chicanes sur un ton comique et divertissant, les musiciens acadiens sont décidément très forts… ;)

    Intéressons-nous à présent aux pièces instrumentales… Elles sont au nombre de trois, et sont tout aussi qualitatives les unes que les autres. La première et meilleure d’entre elles est Morning Doobie/ Morning Dew, incontestablement la pièce la plus « virtuose » de l’album, chansons et instrumentaux confondus! Ce reel traditionnel irlandais, clairement scindé en deux parties fait la part belle au violon. C’est vraiment LE morceau de Théo Brideau, arrangé par ses soins et joué par lui-même. La mélodie est hyper-entraînante, et à cette occasion, le beau violoniste nous offre une éclatante démonstration de son talent, à grands coups d’archet, et de talons! (quel que soit le groupe qui en fait l’usage, j’avoue avoir un petit faible pour la podorythmie, cette technique percussive des pieds, telllement typique du Québec et de l’Acadie ;) ). Dans la lignée de Morning Doobie, Sherbrooke/ Ronfleuse gobeille est lui aussi très bon. Quant à Cukoo’s Nest/First Flight, avant-dernier titre de l’album, il voit Sébastien Michaud troquer sa basse contre une flûte traversière, ce qui n’est vraiment pas pour nous déplaire, tant la mélodie est jolie!  Théo y joint son violon. Une discrète percu complète le tout. Ainsi, cordes et vents s’entrelacent, tantôt délicatement, tantôt plus nerveusement, pour célébrer ce « premier vol du coucou »…

    Mais voilà que nous arrivons au terme de notre traversée sur le bayou d’Acadie! Pour clore cet album si parfaitement représentatif de la joie de vivre et de la générosité acadienne, quelle meilleure pièce que Père capucin? Cette chanson, à la mélodie endiablée, est un bijou d’humour acide, mêlé à une subtile dénonciation, racontant la vie et l’oeuvre d’un curé… pas très catholique! LOOOL! Mais c’est surtout à chaque fin de couplet qu’on atteint des sommets: le groupe s’amuse, avec une série de jeux de mots et de sous-entendus autour du mot « cul »! C’est juste à mourir de rire! Petit exemple histoire de vous mettre en appétit: « Il fut un temps où les curés/Avec fureur chassaient le diable/Ils défendaient la vanité/Ainsi que les excès de table/Mais a-t-on jamais vu/Quoique modeste et sage/Un si gros cu, un si gros cu/Un si gros curé du village? » MDRRRRR! * D’ailleurs, pour l’anecdote, le mercredi du FIL 2013 (le 7 août), j’ai vu une dernière fois La Virée en presta d’après-midi. Comme de coutume, ils ont mis le feu au Pavillon. Nous leur avons réclamé un rappel, qu’ils nous ont accordé avec grand plaisir. Mais ils ne savaient pas trop quel titre jouer, alors Eric Haché nous a dit: « C’est vous qui allez choisir! » . Moi je réclamais Fortunat (une chanson militante du premier album, que j’adore et qui parle de l’engagement des Canadiens dans la 2ème GM), d’autres proposaient Y a rien à faire (une chanson de 1,2,3, Go!), et une dame a demandé… Père capucin! Ca les a fait beaucoup rire! Fin de la parenthèse *. Bref, Père capucin est une pièce finale mémorable, pour un album qui ne l’est pas moins!

    Le mot de la fin?

    Bayous d’Acadie, à marquer d’une pierre blanche dans la discographie de La Virée, est un album réellement superbe, et excellent de bout en bout! La musique en est sophistiquée, d’une virtuosité aussi constante que la bonne humeur et la joie de vivre sont omniprésentes, mais reste toujours très abordable, par le biais de textes simples et rafraîchissants dont la portée est universelle, et qui « parlent » aisément au coeur de chacun d’entre nous. Et combiner aussi brillamment de telles choses, j’ai connu peu de groupes qui en soient capables. Chapeau bas, les chums! ;)

    C’est pour cela que cet album est terriblement addictif, et nous fait énormément de bien. On ressort de ses écoutes émus, plus sereins, en ayant retrouvé nos fondamentaux. Une fois qu’on a plongé à pieds joints dans les Bayous d’Acadie, quel délice, on n’en sort plus! :) A écouter absolument!!!

    Je pourrais conclure cette chronique par une petite phrase de La Virée lors de leurs prestations au FIL 2013. Petite phrase très révélatrice de la philosophie du groupe, et représentative de la musique acadienne plus globalement: « Le temps ne s’achète pas. Quand vous passez du temps avec vos amis, c’est votre vie que vous leur offrez, et y a pas de plus beau cadeau à faire… tant qu’il est encore temps! » C’est tellement vrai, et fidèle à leur image… A méditer! :)

    Un petit « jam » (impro) en guise de dernier mot: « Y a rien de mieux qu’une vieille guitare, un beau p’tit feu pis un violon/ Donc remplis bien ton verre, prends en une bonne gorgée/ On va timer toute la soirée, à jouer des reels, des rigodons/ A votre santé La Virée entre en scène… «  ;)

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    Levons nos verres, titre-phare de l’album

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    Morning Doobie sur la scène du Pavillon, FIL 2013 (joué par nul autre que les Doobie Brothers, comme le disait Théo pour rigoler ;) ) . A partir de 1 min 50, ils embrayent sur Les Marins de Groix.

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    Quand c’qu’on était moins vieux (FIL 2012). Par contre, je suis désolée, le son est pourri, mais j’ai pas trouvé mieux…

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    Une vieille guitare (ici au FIL 2012), la chanson qui me ressemble tant…

    BONUX: Pour ceux à qui La Virée ne dit vraiment rien, voici une petite vidéo de présentation sur la chaîne YouTube du FIL 2012…

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    Et si, vous autres, vous êtes tentés par l’écoute intégrale de Bayous d’Acadie, c’est par ici… ;) :

        http://laviree.com/discographie/extraits-et-textes/bayous-dacadie/



Nolwenn Leroy: Ô filles de l’eau (2012), analyse de « l’après-Bretonne »

Nolwenn Leroy: Ô filles de l'eau (2012), analyse de

Track-list:

1. Davy Jones

2. Juste pour me souvenir

3. Ophélia

4. Sixième continent

5. Homeland

6. J’ai volé le lit de la mer

7. A la vie à la mort

8. Aux filles de l’eau

9. Limitless

10. Ahès

11. Sur mes lèvres

12. Tout a une fin

13. D’émeraude

14. Davy Jones (English version)

15. Lost Again

    Ca y est, le voici le voilà, l’après-Bretonne de Nolwenn Leroy! Le voilà, ce disque de compositions exclusivement originales (ce n’était pas trop tôt…), deux ans après le raz de marée de Bretonne et de ses reprises, et de ses un million d’exemplaires vendus! La brune staracadémicienne finistérienne était, après ce carton, immanquablement attendue au tournant, et il est certain quel jouait gros dans ce nouvel opus. Ô filles de l’eau, cinquième album de la belle, est donc sorti le 26 novembre 2012, soit avant même la fin de la tournée de Bretonne, donc par conséquent, marketing oblige, avant que la vague ne retombe… Ce disque était annoncé comme étant « d’une couleur pop-folk celtisante, dans la continuité de Bretonne« , composé uniquement de chansons originales, sur « le thème poétique et mystérieux de la mer et des sirènes ». Bon, soit. Admettons.

    Comme je l’avais très clairement fait comprendre dans mes chroniques correspondantes, je n’ai guère apprécié l’album Bretonne. Donc, je l’avoue, moi aussi j’attendais d’entendre « l’après-Bretonne« . Et puis, même si je n’avais pas apprécié ce dernier, je me connais, je suis d’une incurable curiosité (ce qui est une qualité, par ailleurs), je savais que je cèderai à la tentation d’écouter ce nouvel opus qui serait, quoi qu’on en dise, décisif dans la carrière de Nolwenn Leroy, afin de m’en faire une idée la plus objective possible. Ce fut le cas… D’ailleurs, je dois dire que ma soeur, qui a plus de goût que moi pour la variété française et a acheté Ô filles de l’eau, m’a facilité involontairement les choses, puisque j’ai pu l’écouter d’une traite plutôt que d’aller sur Deezer et être coupée tous les cinq morceaux tout ça parce que je n’ai pas de compte utilisateur…

    Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, comme dit le proverbe, Ô filles de l’eau a été enregistré à Londres avec la même équipe, producteur et musiciens, que pour Bretonne

    En avant-première, Nolwenn avait présenté son album chanson par chanson dans les colonnes du Télégramme. En lisant cette « explication de textes » titre par titre, j’admets que j’ai eu très peur. Car l’ensemble me paraissait… creux comme une huître morte! Mais résolument, j’ai réservé mon jugement et attendu d’entendre le résultat sur le plan du texte et de la musique.

    Maintenant que j’ai écouté l’album, je peux le dire: je m’attendais à pire, bien pire pour l’après-Bretonne. Mais je n’ai pas été transcendée non plus, loin de là…

    En vérité, avant le contenu même, la première chose qui a fait jaser, et à juste titre, pour Ô filles de l’eau, c’est la pochette du disque! C’est vrai qu’elle se prête à des commentaires… salés (hum!). On y contemple, sur fond de ciel rosâtre et au milieu de rochers en carton-pâte, une Nolwenn sirène au regard de chien battu, affublée d’une queue de poisson. Cette couverture, jugée extrêmement ringarde et photoshopée, a suscité bon nombre de moqueries de la part des détracteurs de Nolwenn aussi bien que de ses fans. Elle est l’oeuvre (hum!) de la photographe australienne Vee Speers, dans la lignée de l’une de ses collections. Ouais, pour la photo d’art, on peut aller se recoucher, hein! Un gosse de cinq ans aurait pu faire la même chose! Et en important une photo dans un logiciel de dessin, n’importe qui serait arrivé au même résultat bâclé… Bon bon bon… De mon point de vue, je me bornerai à dire que j’ai vu mieux en matière de pochette de disque, mais que j’ai aussi vu pire.

    Après tout, l’emballage reste assez secondaire. Le plus important, n’est-ce pas le contenu? Pour Ô filles de l’eau, et c’est heureux, on peut dire que Nolwenn s’est pas mal mouillée, en tout cas bien plus qu’avec Bretonne, en écrivant une partie des titres. Elle a également fait appel à d’autres plumes, d’horizons assez divers: Miossec (qui avait déjà signé Je ne serai jamais ta Parisienne, l’unique inédit de Bretonne), Jean-Louis Murat, Hubert Mounier, Jean-Christophe Urbain, et enfin un talent prometteur, la chanteuse traditionnelle Gwennyn, qui lui a écrit le titre en breton Ahès.

    Sur ce (long) préambule, il est temps d’y aller. Vous y êtes? Prenons une grande inspiration, et une réserve d’oxygène, et plongeons-nous sans plus tergiverser dans les abysses et les méandres de l’imaginaire de la « sirène Nolwenn » (puisque c’est comme ceci qu’elle se revendique sur la pochette du disque, non?).

    Après écoute attentive et remontée à la surface, impressions à chaud: certes, avec Ô filles de l’eau, Nolwenn fait de l’original et non plus des reprises, on ne peut pas le nier, et s’est beaucoup impliquée dans le projet, tout comme elle l’avait fait pour son Cheshire Cat (le gros flop de sa carrière…). Mais il apparaît évident aussi que, malgré ces efforts louables, cet album abyssalo-sirénien manque singulièrement de profondeur. La cause de ce défaut, qui altère l’ensemble? Selon moi, c’est tout simplement parce que Nolwenn a replongé dans le milieu qui l’a fait connaître: en clair, en dépit des sonorités celtisantes certaines de cet album, elle flotte de nouveau (bien que l’immersion ne soit pas totale) dans les eaux troubles de la « soupe » de la variété française tendance dangeureusement mièvre et gnangnan. Voilà.

    On ne se refait pas, me direz-vous. Chassez le naturel, il revient au galop… Force est de constater que dans le cas présent, le vieil adage n’a pas menti…

    Mais prenons le temps de l’analyse plus approfondie des morceaux, si vous le voulez bien! Même si l’ensemble est mitigé, de bons titres se distinguent et sortent du lot. A l’instar de Davy Jones, le titre d’ouverture, écrit par Miossec. Le chanteur brestois, qui est un poète indéniable et sans doute l’une des plus belles plumes de la chanson française, fait revivre pour Nolwenn l’histoire du pirate qui donne son nom au morceau, et la traite à contre-pied, imaginant une vengeance des victimes. J’avoue que c’était une idée… Le résultat est plutôt satisfaisant: les paroles sont (comparées à d’autres chansons du disque…), assez fouillée, et la mélodie, aux fortes influences irlandaises (avec une petite touche amérindienne), fait mouche. Bon point.

    Ophélia, troisième titre de Ô filles de l’eau, se démarque lui aussi. Nolwenn, qui en a écrit les paroles, a dit au Télégramme s’être inspirée de deux choses différentes pour cette chanson:  de la peinture pré-raphaélite d’une part (plus particulièrement de l’Ophélia de Millais), et d’autre part, de El Desdichado, qui est un très joli poème de Gérard de Nerval. Les paroles sont, précisément, poétiques, pas mal recherchées (en tout cas bien moins convenues que sur d’autres titres à suivre!). Un vers du poème de Nerval dit: « J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène« . Le refrain d’Ophélia commence par « Si tu as rêvé dans les eaux sombres/Dans la pénombre/Où nage Ophélia… »… Je trouve que les arrangements sont beaux, et, contrairement à ma fidèle lectrice (qui m’avait déjà communiqué ses impressions sur ce morceau… ;) ), je ne pense pas que Nolwenn fasse des effets vocaux ou des vibratos outrés au sur les refrains. Au contraire, je trouve que c’est bien à l’image, justement, de la figure de la sirène, passant d’une lenteur endormie à l’éclat de voix, d’eaux calmes à une mer démontée, d’une sirène dolente à une sirène prompte à provoquer des naufrages… Vous suivez mon raisonnement? Je crois que c’est le but recherché et que ces variations vocales sont calculées en ce sens. Et après le dernier refrain, on repasse à la lenteur, comme le calme après la tempête… De mon point de vue, Ophélia est, de très loin, le titre le plus réussi d’Ô filles de l’eau.

    Homeland en serait le troisième titre à retenir. Les paroles en anglais ont été écrites sur une petite mélodie de James Horner, empruntée à la BO de Braveheart. Ce morceau est reposant, et les effets vocaux et instrumentaux sont discrets et bien dosés, à l’image par exemple de la reprise de Scarborough Fair sur l’édition Deluxe de Bretonne. J’ai entendu dire qu’Homeland avait été intégré à la BO d’un téléfilm allemand et rebaptisé Take Me Back pour la circonstance…

    Le quatrième et dernier titre que nous pouvons considérer comme au-dessus du lot (et « ô dessus de l’eau »… houplà! OK je sors ;) ), c’est Ahès. Nolwenn tenait, en souvenir de Bretonne, à ce qu’il y ait un titre en breton sur son nouvel album. Grâce à Gwennyn, qui a écrit les paroles d’Ahès et l’a coachée vocalement, c’est chose faite. Que dire de plus qui n’ait déjà été dit sur Ahès/Dahut, fille débauchée du roi Gradlon de Cornouaille, qui provoqua la submersion de la ville d’Ys avant de devenir sirène dans l’océan…? Les paroles, sont, à l’oreille, plutôt fluides, et la mélodie est tout à fait entraînante, avec un petit côté « guerrier » indéniable. Et puis, c’est difficile à affirmer avec certitude puisqu’il s’agit d’une chanson originale, mais il me semble que sur Ahès, Nolwenn chante un peu mieux le breton qu’elle ne le faisait avec Tri martolod ou Suite sudarmoricaine…?

    Quatre titres que je juge vraiment bons sur un album qui en compte quinze. J’en conviens, ce n’est pas beaucoup. Mais d’autres titres sont « limites », oscillent entre deux eaux. C’est le cas pour deux titres: premièrement, pour Juste pour me souvenir, premier titre choisi pour la promotion du disque, et deuxièmement, J’ai volé le lit de la mer. Intéressons-nous à Juste pour me souvenir… Ce morceau est musicalement convenable, pas vilain… Musicalement convenable, certes… mais aussi textuellement extrêmement convenu! En effet, j’ai rarement vu autant de clichés et d’images d’Epinal sur le thème de la mer alignés dans une même chanson! Dans Juste pour me souvenir, on enfile les clichés aussi bien qu’on enfilerait des perles à un collier. Et à mon avis, c’est ça qui gâte l’ensemble: aucune originalité dans le traitement de ces lieux communs… Ce morceau se veut être une chanson pour les femmes de marins. Eh bien, je ne suis pas convaincue. Si j’osais, je dirais que pour composer une vraie bonne gwerz sur un tel sujet, il faut presque l’avoir « dans le sang », pour ainsi dire, que les tragédies liées à la mer soient une histoire de famille… :(    Des artistes comme Louis Capart, par exemple, ont composé des merveilles dans ce genre… C’est pour ça que je trouve que ce titre sonne tellement faux… J’ai volé le lit de la mer est elle aussi une chanson « limite »: en dépit d’une mélodie nerveuse et assez efficace, c’est l’intérêt du thème traité dans le morceau qui me fait tiquer… Nolwenn affirme y parler d’une anecdote se rapportant à l’enfance: comment elle collectionnait des échantillons de sable des différentes plages qu’elle a fréquentées dans des flacons de verre. Selon la demoiselle, nous aurions tous fait cela dans notre enfance… Ah ouais? Première nouvelle! Moi, quand j’étais petite et que nous faisions des virées sur les plages du Calvados avec nos parents, je ramenais des seaux entiers de coquillages plutôt que du sable! Mais bon, chacun fait comme il sent, après tout… Le prendre pour sujet d’un titre, c’est je trouve d’un intérêt très limité, car un thème pareil tournerait vite court…

    Ensuite (descendons d’un palier), il y a un loooong passage à vide, c’est le calme plat, on flotte en surface, mais sans plus: comprenez, on retourne sur plusieurs titres à la variété pure et dure et à la mièvrerie qui, malheureusement, s’y rattache trop souvent… C’est le cas avec A la vie à la mort, un titre court, mais franchement gnangnan, où Nolwenn ronronne plus qu’elle ne chante, et dont la mélodie ne dépareillerait pas dans une pub Atol les Opticiens… ;) LOL. Aux filles de l’eau (qui donne son titre à l’album, et qui rend hommage aux femmes qui vivent de la mer), aussi gorgé de clichés sans originalité que Juste pour me souvenir, et D’émeraude, sont tous deux pareillement raplapla et linéaires d’un point de vue vocal et musical, ils n’auraient pas été reniés par exemple par une Carla Bruni… Tout a une fin (même l’océan…), est à peine plus accrocheur, tout juste relevé par un solo de uileann pipe.

    Naviguer sur une mer d’huile ne permet pas d’éviter les écueils de l’ennui, c’est plutôt l’inverse. En vérité, dans cet « ensemble vide » au coeur de l’album, ce qui pèche le plus, ce sont les chansons en anglais: Limitless et Lost Again. Je ne m’attarderai pas sur Davy Jones (English version), qui n’apporte strictement rien de plus au titre inaugural de l’album. Limitless (écrit par une certaine Sophie Dellila) et Lost Again sont terriblement somnifères et monocordes, au point que l’auditeur non averti pourrait très bien répondre aux ronronnements musicaux de Nolwenn par… des ronflements! En tout cas, moi, elles m’endorment… Il n’y a guère qu’Ahès (qui est le 10ème titre du disque) pour injecter un tant soit peu de piquant à cet ensemble…

    Jusque là, nous sommes allés du bon au fade. Mais s’il y a des titres qui tirent Ô filles de l’eau vers le fond, ce sont bien ses deux énormes ratés: Sixième continent, et Sur mes lèvres (écrit par Jean-Louis Murat)! Avec ces deux-là, on coule à pic et on frôle l’asphyxie… Sixième continent, tout d’abord: c’est un morceau que je trouve juste horrible, et qui se veut être une chanson engagée! Mais mon Dieu! Même si le thème se veut l’être, c’est à peine un ersatz de chanson engagée, tout juste une pâle imitation! D’un point de vue strictement musical, la mélodie est noyée sous une espèce de pulsation omniprésente tout au long du morceau, très années 90, qui prend littéralement la tête et irrite. Par dessus le marché, les paroles sont nunuches à souhait, et cette manie qu’ont les chanteuses variété à vouloir combler les vides astronomiques des textes à grands coups de Na na na na na…, comme Nolwenn le fait dans Sixième continent, m’insupporte au plus haut point! D’après tout ce que j’ai pu lire/entendre ça et là sur la Toile, Sixième continent est loin de faire l’unanimité auprès de ses fans (et je comprends pourquoi!). Pourtant, c’est cette chanson qui a été choisie comme second single extrait d’Ô filles de l’eau… Moi je dis, mauvaise idée… Plus qu’un titre un promouvoir, c’est un titre à jeter!

    Et le second (et plus gros) raté de l’album, c’est Sur mes lèvres. Jean-Louis Murat a écrit pour Nolwenn ce titre ultra-répétitif, trop long, et surtout, bourré de doubles sens très évidents… La mélodie est archi-fade, et le chant, lancinant, pseudo-hypnotique. Sur mes lèvres énerve bien plus qu’il n’envoûte. A considérer comme un « accident de parcours » de Jean-Louis Murat… D’autant plus que, si on lit les paroles, on voit qu’il n’y a absolument aucun rapport entre cette chanson et le thème général d’Ô filles de l’eau! :(

    Le mot de la fin?

    Puisque, comme le chante Nolwenn, tout a une fin, nous allons conclure…

    Ô filles de l’eau est un album aussi contrasté et changeant qu’un ciel d’orage ou qu’une mer qui moutonne avant la tempête. On passe tantôt d’un éclat de brillance et de recherche poétique, à une écriture convenue, bourrée de lieux communs, de mélodies tonifiantes à des titres ennuyeux ou de très gros ratés. Plusieurs auteurs compositeurs différents ont travaillé pour ce disque, et à l’écoute c’est nettement perceptible. C’est dommage, car cette hétérogénéité fait qu’il n’y a pas vraiment de constante qualitative, et fait que j’ai peiné à être vraiment convaincue… Encore une fois, malgré le fait incontestable qu’il s’agisse de titres originaux, Nolwenn nous propose un album en dents de scie et inégal. Personnellement, mis à part quelques bons titres qui m’ont davantage interpellée, je n’ai pas été envoûtée par ces Filles de l’eau… Mais, étant donné que l’album s’est à ce jour vendu à plus de 200 000 exemplaires, je ne doute pas qu’il a su plaire à un certain public.

    Allez, j’avais mis une seule étoile à Bretonne, là chuis sympa, je vais mettre deux étoiles à Ô filles de l’eau, ne serait-ce que pour l’effort de composition (même si on n’atteint pas non plus des sommets de ce côté là)…

    Quoi qu’il en soit, bonne traversée, tenez bon la vague et le vent, et que vogue la galère… ;)

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      Clip de Juste pour me souvenir

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      Davy Jones au concert de l’Olympia (décembre 2012)

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    Ophélia (avec le tableau de Millais en arrière-plan)

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      Ahès (avec les paroles)

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      J’ai volé le lit de la mer

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      Clip de Sixième continent

   



Tri Yann: une compilation de chants de marins débarque pour Noël!

Tri Yann: une compilation de chants de marins débarque pour Noël! dans Actus ty-chants-de-marins-300x272

     Oyez, moussaillons!!! :)

    Des infos toutes fraîches sur l’actu de Tri Yann!!! :)

    Tri Yann va sortir le 5 décembre prochain un CD un peu particulier, dont le projet avait déjà été évoqué ça et là dans des interviews depuis plusieurs mois. Il s’agit d’une sorte de compilation « améliorée » de chants de marins. Cette compile-album, tout simplement intitulée Chansons de marins, comportera 14 titres, dont 4 titres inédits ou réenregistrés. Les titres les plus anciens ont été remastérisés pour obtenir un son homogène sur l’ensemble du CD. C’est une production intermédiaire entre deux albums studios (dans une interview inédite sur le site officiel, Jean explique que le thème du prochain album est actuellement à l’étude, et qu’il leur faudra sans doute environ deux ans pour mener ce nouveau projet à bien).

    Dans les 4 inédits de cette compile améliorée, nous retrouverons:

    – Une version revisitée de Tri martolod avec des paroles inédites, intitulée Tri Martolod Gourfenn.

    – Le capitaine de Saint-Malo, réenregistré en public pendant l’été 2012 (l’enregistrement s’est sans doute fait à Quimper, si j’en crois une interview de Jean dans Le Télégramme le matin du concert).

    – Une chanson du XVIème siècle, Dessus la rive de la mer, traitée sous forme d’en-dro.

    – Et enfin un titre adapté d’un shanty traditionnel, Leave her Johnny, racontant la vie des marchands d’oignons de Roscoff, qu’on appelait les « johnnies ». Ce dernier inédit s’intitulera Vivre Johnnie, vivre (c’est un titre qui me fait particulièrement saliver! :) ).

    Le reste du CD est constitué de chants de marins issus du répertoire triyannesque, récents (extraits de Rummadoù, Abysses ou Marines) ou plus anciens et moins connus (comme With a bing to row row, du Vaisseau de pierre, ou La ville de La Rochelle de Café du bon coin).

    Voici la track-list de ce nouvel opus un peu spécial, qui, à n’en pas douter, fera entendre le bruit de la mer au pied de beaucoup de sapins… :) :

    1. Tri Martolod Gourfenn (inédit)

    2. Chanson du Baleinier François Le Billant (Rummadoù)

    3. With a bing tow row-row (Le Vaisseau de pierre)

    4. La complainte de Louis-Marie Jossic (Marines)

    5. J’ai croisé les Néréides (Abysses)

    6. La ville de La Rochelle (Café du bon coin)

    7. Divent an dour (avec le Bagad Brieg, Le concert des 40 ans)

    8. Dessus la rive de la mer (inédit)

    9. Le capitaine de Saint-Malo (inédit)

   10. Guerre guerre Vente vent (Le soleil est vert)

   11. Lest du Diable (Marines)

   12. Gwerz Porsal (Le Pélégrin)

   13. Y a quatre marins (Trente ans au Zénith, avec Hugues Aufray)

   14. Vivre, Johnnie, vivre (inédit)

    En ce qui me concerne, je ne sais pas encore si je l’achèterais et l’écouterais dès sa sortie, ou si j’attendrais Noël de l’avoir au pied du sapin, je n’ai pas encore décidé. Mais ce qui est sûr, c’est que je passerai directement par Coop Breizh cette fois-ci, sans attendre après la Fnac (qui s’était quelque peu… payé la tête des clients, pour rester polie, lors de la sortie du Concert des 40 ans)!

    Vivement cette nouvelle sortie, qui arrivera à point nommé pour les fêtes de fin d’année!!! :) A suivre ici, et aussi bien sûr sur le site officiel www.tri-yann.com:)

    Petite gâterie pour clore cet article: pour vous donner une idée de la couleur de cette compile-album, voici ce que donne Y a quatre marins au Zénith avec Hugues Aufray:

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    Vivement le 5 décembre!!!! :) :)



Nolwenn Leroy: chronique express sur les sept titres supplémentaires de « Bretonne édition Deluxe »

Nolwenn Leroy: chronique express sur les sept titres supplémentaires de

Track-list des titres supplémentaires (qui correspondent aux pistes 14 à 20 du CD édition Deluxe):

1. Moonlight Shadow (Mike Oldfield)

2. Scarborough Fair (chanson médiévale anglaise/ Simon and Garfunkel)

3. Whiskey in the Jar (The Dubliners)

4. Siuil a Ruin (traditionnel irlandais)

5. To France (Mike Oldfield)

6. Amazing Grace (traditionnel écossais)

7. Dirty Old Town (Ewan MacColl/ The Pogues)

    Je vous vois venir d’ici: elle n’a pas vraiment témoigné de sympathie pour Nolwenn Leroy dans ses articles précédents, et sa chronique de l’album Bretonne n’était pas des plus enthousiastes, bien au contraire. Alors, pourquoi est-ce qu’elle se donne la peine d’en parler encore?

    Pourquoi?? Bonne question! Tout simplement parce que je suis quelqu’un de consciencieuse, qui aime le travail bien mené jusqu’au bout. Alors, puisque Bretonne a été réédité le 28 novembre dernier en édition « Deluxe » avec sept titres supplémentaires, j’estime qu’il est naturel d’apporter un complément à ma chronique initiale, quel que soit mon ressenti sur ces « reprises inédites » (je fais presque une oxymore, là…). Et, autant être très honnête d’emblée, ce ne sera guère plus dithyrambique que mon premier article…

    Nolwenn (et sa maison de disques…) ont ressorti l’album Bretonne agrémenté de sept nouvelles reprises. Ces dernières étaient jouées en concert avant d’être enregistrées. Il s’agit de chansons anglaises et de traditionnels irlandais ou écossais qui, elles, figureront sur la track-list de l’album quand il sortira aux Etats-Unis (cette sortie était prévue en juillet, mais a été reportée).

    Là encore, tout comme c’était le cas pour les 13 premiers titres de l’album, ces reprises irlandaises ou écossaises sont très contrastées au niveau de la qualité. Bien qu’il n’y ait que sept titres à décortiquer dans cette chronique express, nous pourrions (assez nettement) les classer en trois catégories différentes: les OVNIS musicaux, les reprises bien réussies, et les titres « sympas mais sans plus ».

    Commençons donc, et attaquons-nous pour commencer aux reprises que j’appellerais, et vous comprendrez pourquoi, je pense, les « OVNIS musicaux » (que dis-je! plutôt les OSNI « Objets Sonores Non Identifiés »): à savoir, les deux titres de Mike Oldfield Moonlight Shadow et To France. OVNIS dont la présence apparait comme tout à fait incongrue dans l’album, car tous deux n’ont absolument AUCUN rapport rapport, de près ou de loin, avec la musique celtique, et encore moins Moonlight Shadow! Si ce n’est, peut-être, que l’interprète originale de la chanson, Maggie Reilly, est écossaise, et encore… Même au niveau thématique, difficile de voir le lien: j’ai lu sur Internet que les paroles se référeraient au film Houdini le grand magicien. Où est le rapport avec la musique celtique, je vous le demande! Mais étonnamment, c’est Moonlight Shadow qui a été choisie par Mercury comme premier single de cette réédition. Personnellement, je n’ai rien contre la chanson en elle-même, mais les arrangements à la sauce Nolwenn sont plus que moyens, pour ne pas dire médiocres, et sonnent extrêmement « variétoche un peu datée ». La présence du fiddle et du uileann pipe ne se suffit pas en elle-même poir donner à cette chanson un véritable esprit celte, et en masquer l’incongruité au milieu d’un tel projet… :(

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    L’autre reprise de Mike Oldfield, To France, détonne un peu moins dans l’ensemble que Moonlight Shadow, même si elle n’est pas non plus à sauter au plafond. Elle est un peu plus agréable, et surtout les arrangements sont plus délicats (whistles, etc…), du moins pour le départ de la chanson, qui devient un peu plus tonique par la suite. To France parle de la reine d’Ecosse Mary Stuart. Ce titre trouve donc, par ce sujet, davantage sa place dans le projet que Moonlight

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    To France en concert à Rennes…

    Seconde catégorie où nous pourrions classer certaines de ces reprises: les reprises réussies. Quand même! Il y en a. Ces titres plus réussis sont au nombre de deux. D’une part, Scarborough Fair. Scarborough Fair (La foire de Scarborough, en français) est une vieille chanson médiévale anglaise qui a été popularisée par la version qu’en ont faite Simon and Garfunkel. Les arrangements, délicats, ne versent pas dans l’ostentation, et sont tout à fait plaisants. Un peu comme pour Mna Na H-Eireann, la voix de Nolwenn s’y fait aérienne, voire discrète, et dans l’interprétation, elle est juste ce qu’il faut, sans excès. De plus, dans les arrangements, on sent un effort, surtout vers la fin du morceau, pour imprimer un certain cachet médiéval-Renaissance, et ainsi rester fidèle à l’origine de la mélodie. Bref, Scarborough Fair est un bon point de cette « Edition Deluxe ».

    L’autre titre plutôt réussi est Siuil a ruin, un « chant de femmes » traditionnel irlandais, mêlant l’anglais et le gaélique. Même si son interprétation n’égale pas celle, magnifique, de Clannad, Nolwenn en fait une reprise paisible et assez reposante. Les arrangements sont légers, assez dépouillés, mais il n’y a pas besoin de plus. Autre jolie réussite.

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      Scarborough Fair

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      Siuil a ruin en concert à Pornichet (août 2011)

   

    Mais malheureusement, tout comme avec Brest et Mna Na H-Eireann sur l’édition initiale, la satisfaction prodiguée par ces titres est de courte durée, au regard des trois restants, qui sont pourtant des titres mythiques de la musique irlandaise et écossaise. Il conviendrait de les définir comme des reprises « bof, sympa mais sans plus ». Il s’agit de Whiskey in the Jar et Dirty Old Town pour l’Irlande, et d’Amazing Grace, classique parmi les classiques de la musique traditionnelle écossaise.

    Tout d’abord, Whiskey in the Jar, traditionnel irlandais repris par de très nombreux groupes, notamment The Dubliners (pour citer les plus célèbres!). Mon avis est très mitigé. Ce n’est pas que les arrangements de la présente reprise sont mauvais en eux-mêmes, c’est que c’est… mouuuuu!!! Terriblement mou, fade et dépourvu d’énergie! :( Quand j’écoute la version (hyper-entraînante) des Dubliners, j’ai une envie frénétique de taper dans les mains et de sauter partout. A l’opposée, celle de Nolwenn me laisse juste… complètement de marbre! :’(  Bref, je préfère zapper…

    Ensuite (dans l’ordre des titres sur le CD), Amazing Grace. Aaaaah… Qui ne connaît pas ce sublime chant funèbre traditionnel écossais, repris à tire-larrigot par d’innombrables artistes d’horizons très divers, utilisé pour des musiques de films (genre Star Trek II…), etc…?? Le morceau est connu pour les paroles de la chanson qui l’accompagnent, qu’on dit être « d’une poéticité inouïe », mais il est primordialement connu pour sa mélodie à la cornemuse! Cet air subjugue et bouleverse les foules chaque fois qu’il est joué, et une prestation de pipe-band ne saurait être une presta de pipe-band sans qu’Amazing Grace soit jouée! Parole de connaisseuse! :) Ici, c’est évidemment la version chantée que nous propose Nolwenn plutôt qu’instrumentale. Mais le chant, malgré sa « grande poéticité », pèche ici, car la reprise est bien trop loooongue, et beaucoup trop monocorde. Elle ne me fait passer aucune émotion, au contraire, elle m’ennuie terriblement! :( Le plus grave dans tout cela, c’est que la célèbre partition instrumentale brille par son absence! Aucune cornemuse écossaise à l’horizon! Cela nous laisse l’impression d’un morceau étant complètement vidé de son âme, de ses fondements, de sa substance, quoi! Il est très difficile (dans mon esprit, du moins, car c’est là une habituée des Nuits magiques du FIL qui s’exprime) de dissocier le chant d’Amazing Grace et sa mélodie à la cornemuse, sans qu’il y perde fatalement son identité… Amazing Grace joué dans un stade par une nuit étoilée avec plusieurs pipe-bands écossais et bagadou bretons, qui vous prennent aux tripes comme pas deux, vous foutent des frissons et les larmes aux yeux, renforcé par le chant profond des choeurs gallois, oui, mille fois oui!!! Mais la reprise chantée de Nolwenn, oui… mais NON, NON, NON ET NON!! Ca ne passe pas! :( *

    Et enfin, pour terminer cette édition Deluxe, la reprise de Dirty Old Town, composée par Ewan MacColl et mondialement popularisée par The Pogues. Je n’avais jamais spécialement aimé Dirty Old Town, et ce n’est certes pas la version de Nolwenn, très quelconque, qui me l’a fait apprécier davantage…

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      Whiskey in the Jar en concert à Guingamp (août 2011)

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      Amazing Grace en concert à Saint-Laurent-de-Cuves (Normandie)

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      Dirty Old Town à Pornichet

    Le mot de la fin?

    Il n’y a rien, dans les titres supplémentaires de cette édition Deluxe, qui relève véritablement le niveau général (médiocre) de l’album Bretonne. Deux titres qui n’ont rien à faire dans un tel disque, trois reprises qui ne cassent vraiment pas des briques, et deux autres qui sont bien meilleures que le reste et sauvent de justesse le navire du naufrage, toutefois sans être non plus la panacée… Voilà comment nous pourrions résumer ces sept nouvelles reprises, qui sont parfois malheureusement, par certains côtés, même pires que les treize précédentes… Et rien non plus qui dissipe l’impression de coup commercial que donnait déjà la première mouture, au détriment d’une vraie démarche sincère (éternel débat entre les pro et les anti-Nolwenn Leroy). Ca ne fait au contraire que la confirmer, quand on sait que ces 7 titres anglais, irlandais et écossais vont figurer sur la track-list de l’album quand il sortira aux Etats-Unis, remanié pour la circonstance pour « répondre au marché américain ». Beaucoup de titres français ou bretons ont été écartés, en faveur de ces reprises anglophones… C’est évidemment calculé. Franchement, regardons les choses en face: plus commercial que ça, tu meurs, on ne peut pas prétendre le contraire!

    Le conseil (évidemment non-objectif) que je formulerai pour clore cette chronique (finalement pas si express que ça) sera équivalent à celui que je donnais à la fin de mon premier article: tant qu’à faire, préférez The Dubliners, The Pogues, Clannad ou… les pipe-bands à ces versions décevantes.

    BONUX:

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    Nolwenn reprend également en concert Sunday Bloody Sunday, le tube de U2, qui fait référence à un célèbre épisode de la révolution irlandaise (le Bloody Sunday). La reprise de Nolwenn ne figure sur aucune version de l’album, elle est uniquement en téléchargement sur i-Tunes (i-Thune). Je ne suis pas spécialiste de ce titre, et je ne connais pas du tout U2, ou en tout cas très peu, alors, à l’inverse de tous les autres titres de l’album, je ne saurais comparer avec l’original. A vous de juger!

   

    * Pour les curieux, voici l’article que j’ai consacré l’an dernier à ma découverte un peu particulière (et émotionnelle) d’Amazing Grace: http://celticchroniques.unblog.fr/2011/09/29/choc-celtique/



Tri Yann: Le concert des 40 ans « Chantons sous la pluie » (2012) en DVD

DVD TRI YANN - LE CONCERT DES 40 ANS (4015607)

Track-list:

1. Na I ri o

2. Chanson du Baleinier François Le Billant

3. J’ai croisé les Néréides

4. Johnny Monfarleau

5. Chanson de Pelot d’Hennebont

6. Princes qu’en mains tenez

7. Fransozig

8. Si mors à mort

9. Le retour de la croisade

10. La légende de Marion du Faouët (conte)

11. Complainte de Marion du Faouët

12. Gavotten ar Seizh

13. Song for ye Jacobites

14. Le chasseur de temps

15. Divent an dour

16. Salsa du Doron (Bagad Brieg)

17. Kan ar Kann

18. Lamentations sur Saint-Aubin-du-Cormier

19. The Eyes of my Bonnie Mary (avec Jimme O’Neill)

20. Tir fo tonn

21. Le loup, le renard, la jument de Michao, etc

22. Dans les prisons de Nantes

23. Pour faire de bonnes crespes

24. Glen glas

25. Je m’en vas

Durée du concert: 1 h 54 min

Réalisation: François Goetghebeur

Bonus: « Tri Yann: Les 40 ans », un documentaire de Marie Guilloux. Durée: 26 min.

Enregistré le samedi 13 août 2011, au Slipway du Port de pêche de Lorient, pendant le Festival Interceltique de Lorient

Line-up:

Jean Chocun: chant lead, guitares, mandoline, banjo

Jean-Paul Corbineau: chant lead, guitare

Jean-Louis Jossic: chant lead, bombarde, cromorne, chalémie, psaltérion, contes…

Gérard Goron: chant, mandoloncelle, batterie Pearl, guitare, basse

Jean-Luc Chevalier: guitares, basse

Konan Mevel: chant, cornemuses, Merlin whistles, redpipes

Frédéric Bourgeois: chant, claviers, mélodica

Christophe Peloil: chant, violon, basse

Invités:

Jimme O’Neill: chant lead sur The Eyes of my Bonnie Mary

Steven Goron: percussions

Mélanie Goron: violon

Etienne Tabourier: alto

Maud Caron: violoncelle

Bagad Brieg (pen soner Michaël Le Cornec)

    Par bien des côtés, le concert de Tri Yann du 13 août 2011 au Slipway du Port de pêche de Lorient, pendant le FIL, aura été un combat épique. Le jour même du concert tout d’abord, où les dieux celtes ont déversé sur nous tout leur courroux, faisant tomber une pluie torrentielle. Noyés 8 heures durant sous les trombes d’eau, nous avons résisté, et notre enthousiasme n’a pas été douché, bien au contraire! :) Notre persévérance nous a enfin permis, en toute fin de concert, de triompher de la pluie, qui a cessé sur le final Je m’en vas. Et nous autres, les Tryanautes Allumés du premier rang (ou plutôt Inondés, en l’occurrence), nous avons bien fait de ne pas nous avouer vaincus.

    Car, par Bélénos, c’était un concert qui valait largement la peine de se mouiller!!! :) Concert exceptionnel, groupe heureux, public déchaîné, ambiance démentielle, soirée pleine de surprises… Concert de Folie, je vous dis! Le meilleur des concerts de Tri Yann auxquels j’ai assisté en 9 ans!!! :) La rencontre privilégiée de notre petite bande de potes avec Jean-Louis, Jean-Paul et Freddy en fin de soirée a été la cerise sur un gâteau absolument délectable! Alors, savoir que le DVD live de la tournée des 40 ans avait été enregistré à ce concert (on a bien vu le ballet des caméras et des preneurs de son pendant tout le concert)… j’ai été comblée bien au-delà des mots!

    Combat épique également, dans le sens où la sortie du CD/DVD live du concert a été repoussée plusieurs fois en raison de problèmes techniques. Enfin, la date de sortie annoncée est le 20 avril 2012. Mais un petit souci de pressage et de livraison en magasin nous a fait ronger notre frein encore quelques jours. Et ENFIN, le mardi 24 avril 2012 a été le bon jour! Ce jour béni, le magasin Coop Breizh (Coop Breizh distribue Tri Yann depuis deux ans) a été le premier magasin de tout Lorient à être livré. Quelle exultation quand la vendeuse a ouvert exprès pour moi, à ma demande, le carton qu’elle venait de recevoir! J’étais pas peu fière d’être la première à avoir entre les mains le double CD et le DVD Le concert des 40 ans « Chantons sous la pluie », je vous le garantis! :)

    Comment se présentent les choses? En trois déclinaisons différentes: en DVD seul, en double CD et en packaging CD + DVD. Aimant avoir de beaux objets bien distincts les uns les autres, je jette mon dévolu sur le DVD et le CD séparés plutôt que sur le pack rassemblant le tout. La couverture de ce live est superbe, sur fond bleu. Le cliché de couverture a été pris pendant Divent an dour, je le devine à la présence du Bagad Brieg, à la posture des uns ou aux instruments que jouaient les autres. Le CD et le pack sont agrémentés d’un très joli livret avec de belles photos des musiciens, et l’explication de leurs costumes respectifs. Ainsi, le voyage rummadien s’effectuera avec Jeanjean le jardinier du roy (Jean), Gérard Plessé dit « Tire-Laine » (Gégé), Pelot du Grand-Clos dit « Captain Corbinec » (Jean-Paul), Lulu le Hérisson (Jean-Luc), Charles d’Albert duc de Chaulnes (Jean-Louis), William Wallace dit « Braveheart » (Konan), Frédéric Maugeois dit « le Croisé » (Freddy) et Kristof Rouzic, dit « Tépé » (Christophe). Les mêmes photos figurent dans le boîtier du DVD. Côté contenu en lui-même, c’est l’intégralité des titres du concert que les Tri Yann nous offrent, avec en prime de conte de Marion du Faouët et le conte des Néréides. Rien que d’avoir la quasi-intégralité du concert, j’étais ravie! Un documentaire inédit de 26 minutes sur le groupe nous est proposé en bonus, pour compléter notre plaisir.

    Bref: ils ne se sont pas foutus de nous, les bougres! :)

    Enfin, après l’achat, vient le moment fiévreusement attendu du visionnage. Attente d’autant plus fiévreuse que nous y étions! Première fois que je peux revisionner un concert auquel j’ai assisté. Dans ces cas-là, on se pose toujours des questions: le rendu son et image sera-t-il bon? Ressentirons-nous les mêmes émotions « qu’en vrai »? Interrogations légitimes quand on connaît les conditions d’enregistrement du Concert des 40 ans… C’est en famille que nous avons visionné le DVD, au salon, bien au chaud et au sec, les lunettes bien sèches, avec les chats sur les genoux…

    Et alors…?

    Alors, dès les premières minutes du DVD, j’ai été pleinement rassurée. Car, si sur les vues arrières du public, la caméra « balayeuse  » est inévitablement emperlée de gouttes de pluie, pour la très grande majorité des plans l’image est d’excellente qualité! Images qui mettent superbement en valeur les Trois Jean, leurs costumes et les magnifiques éclairages de Fred Boch. Mais aussi le public. Nous, le public, apparaissons comme une marée de capuches et de parapluie déployés, qui font à l’écran de très jolies taches de couleurs, qui rehaussent le tout! De même, le son est tout aussi optimal, d’un bout à l’autre du concert. Groupe et public ont été traités de la même façon (c’est fou ce qu’on nous entend bien appeler le groupe au tout début, ou encore chanter sur Divent an dour sans être couverts par le Bagad Brieg). Gégé et Pascal Mandin (l’ingénieur du son) ont réalisé de véritables prouesses de mixage! Chapeau bien bas, les gars! Ou plutôt Parapluie! :)

    Côté titres j’ai parfaitement retrouvé toute la palette d’émotions très fortes éprouvées au cours de cette soirée (ou peu s’en faut) qui restera dans les annales du FIL et de Tri Yann (parole de Jean-Louis!). Car le programme frisait la perfection! Jamais nous n’avons été aussi proches de l’équilibre parfait entre titres récents, vieux tubes incontournables, instants rock détonnant, envolées bagadisantes ou surprises ressorties du grenier. L’ensemble est extrêmement bien dosé.

    En réalité, plus qu’un simple concert que nous proposent les Tri Yann, c’est une véritable collection de moments d’anthologie, tous plus mémorables les uns que les autres! :) On retiendra (entre autres) la Complainte de Marion du Faouët, déjà très émouvante, sublimée par le quatuor à cordes; la prestation hallucinante de Jean-Louis et Gégé sur Lamentations sur Saint-Aubin du Cormier, Jean-Louis, âpre, poignant et habité, interprétant « avec ses tripes » (sans mauvais jeu de mots, le texte étant assez gore) ce titre récité du point de vue d’un cadavre… Ce moment à marquer d’une pierre blanche a touché tous les Tryanautes présents. De la même manière, The Eyes of my Bonnie Mary, fusion bagad-rock, jouée ce soir là en première mondiale avec Jimme O’Neill (des Silencers) et le Bagad Brieg en guests spéciales, casse la baraque, et ne laissera personne indifférent! :) Et que dire des « vieux tubes retrouvés au grenier », qui font immanquablement mouche? L’enjoué (et très rare) Johnny Monfarleau, qui date de Tri Yann an Naoned; Pelot d’Hennebont, toujours autant adoré (et qui est MA chanson préférée, ma première chanson de Tri Yann! :) ), et qui doit figurer au Top 5 des titres les plus populaires, a ravi le public. Ecoutez un peu les hurlements de joie du public dès les premières notes du morceau, ça ne trompe pas! :) Enfin, le sublime poème Renaissance Princes qu’en mains tenez, magnifiquement réarrangé, vous fera rêver! En fait, après le concert, Jean-Louis m’a expliqué qu’ils l’avaient joué dans sa version « originale », en vieux françois, avec un phrasé qu’ils n’avaient pas retenu au moment de l’enregistrement de La découverte ou l’ignorance. Quant à Song for Ye Jacobites et son côté « tribal », il est lui aussi très efficace.  A côté de toutes ces surprises d’anniversaire, pour certaines exceptionnelles et uniques, les incontournables et indispensables Prisons de Nantes et Jument de Michaud (accueillies par une standing ovation!) font presque pâle figure. Les titres sont savamment répartis sur l’ensemble de la soirée alternant les moments planants et les moments énergiques; Divent an dour avec le Bagad Brieg, auquel le public participe en choeur et de tout son coeur!; Si mors à mort; le paisible hymne interceltique Glen glas au deuxième rappel, avec Jimme O’Neill et le bagad, seyait parfaitement aux circonstances. Des morceaux comme Fransozig et son solo de violon virevoltant, la trépidante Gavotten ar Seizh et ses cultissimes Tambours de Plougastell-Daoulas (avec Steven Goron en supplément percussions), Le retour de la croisade, le frondeur Kan ar Kann, ou encore le survitaminé Chasseur de temps nous ont fait sauter et danser et nous ont bien réchauffés! :) Tir fo tonn, l’instrumental d’Abysses, vous est également proposé, en version « new look », avec Jean-Luc à la guitare électrique plutôt qu’acoustique, Steven aux percus et des batteurs de Brieg armés de mailloches et frappant des fûts, si bien que ça fait un bruit d’orage. :)

    Le public est abondamment sollicité au cours de ce concert; dès le deuxième titre, Chanson du Baleinier François Le Billant, aux accents ensoleillés. Nous avons été embarqués pour des destinations exotique au gré des Alouéééééé Fa la louééééééééééé, Alouéééééééééé! :) . De suite après, nous fredonnons avec Jean, à coups de La la la la la la la la…, les charmes des Néréides. Mais par-dessus tout, je crois bien que le titre où notre présence s’est fait le plus ressentir, c’est Divent an dour avec le Bagad Brieg, romantique et planant. Je trouve que les choeurs étaient émouvants (et en même temps, je manque d’objectivité pour en juger :) ). Et, comme de coutume, le sieur Jean-Louis nous a fait longuement hurler les paroles de La jument de Michaud, pour « arrêter la pluie »… Ca a marché! Un peu à retardement, mais ça a marché! :) Et c’est tellement rigolo de se voir soi-même à l’écran tout au long du concert!

    De même, ce spectacle regroupe un ensemble de performances remarquables. Solos, ou à cinq ou six voix. Evidemment, nous pensons aux Lamentations susdites, où Jean-Louis a été un stupéfiant comédien. Mais, pour faire un petit focus sur Jean-Louis, au-delà de ses prouesses lead, il y a… ses prouesses de conteur! En effet, un concert de Tri Yann ne saurait être tout à fait un concert de Tri Yann sans les célébrissimes et déjantés contes de Jean-Louis! Ces histoires sont indiscutablement l’une des marques de fabrique du groupe, qui concourent à créer l’esprit veillée si cher au coeur des Trois Jean. A deux reprises dans le DVD, le meneur de troupes volubile et enthousiaste fait montre de tout son talent d’orateur: d’une part, dans le conte consacré aux Néréides, où il raille allègrement les Miss France et… dévoile l’origine du surimi! LOL! Culte. D’autre part, dans La légende de Marion du Faouët, précédant la complainte du même nom, il retrace les grandes lignes de la vie tumultueuse de la célèbre brigande de Cornouaille, pendue en place publique à Quimper au XVIIIème siècle. Par la suite, dans le « deuxième épisode » du conte, il tacle la SNCF et réveille les morts! La faconde de Jean-Louis est telle que le public est immanquablement captivé, les adultes autant que les enfants. Chaque fois, les yeux brillent et les rires fusent… :) La dernière « performance » notable est Pour faire de bonnes crêpes au deuxième rappel. C’est une performance purement vocale. Au cours de ce titre de Rummadoù, composé et interprété à la manière des chants Renaissance, les Tri Yann livrent, à six et sur trois voix différentes (Jean-Louis et Freddy aux basses, Jean et Jean-Paul aux médiums et Gégé et Christophe aux aigus), la véritable recette des crêpes, « telle qu’elle a été consignée en musique par Maria Fanch ar Bihan » (selon Jean-Louis). Cet technique de chant est extrêmement difficile, et le résultat, parfaitement maîtrisé, est impressionnant. Il fait en général mouche auprès du public. D’ailleurs, vous remarquerez, très brièvement à la fin de la chanson, la présence de Frédéric Mitterrand, en coulisses avec le directeur du FIL Lisardo Lombardia et plusieurs gros bonnets, applaudissant la performance du groupe. Le Ministre de la Culture de l’époque était présent au FIL ce jour-là pour discuter subventions avec l’équipe dirigeante. De source sûre, je sais qu’avant de venir au Slipway, il avait assisté au concert de harpes au Palais des Congrès. Mais en tout cas, que sa venue au Port de pêche soit spontanée, dictée par un véritable intérêt pour Tri Yann, ou juste un « acte de présence » calculé, il semblait admiratif! :) Qui ne le serait pas devant un tel titre?

    Un mot maintenant s’impose sur les invités du groupe au cours de ce concert-phare de la tournée des 40 ans. Il y a tout d’abord le quatuor à cordes composé, en plus de Christophe, de Mélanie Goron (fille de Gégé) au violon, d’Etienne Tabourier à l’alto et de Maud Caron au violoncelle. Ils apportent à la Complainte de Marion du Faouët un complément lyrique poignant. Ensuite, Steven Goron, frère de Mélanie et fils de Gégé, intervient comme « supplément percussions » sur Gavotten ar Seizh, devenant aux côtés de son père et de Freddy le troisième maistre tambourineur de Plougastell-Daoulas. Il est important de souligner que, de début juillet 2011 jusqu’à la veille de Lorient, Gégé s’était absenté pour des raisons de santé. Steven l’avait remplacé au pied levé au concert de Redon, le jour-même où il avait du être hospitalisé, puis a pris ses marques. Enfin, à Lorient, Gégé avait fait son grand retour en pleine forme, pour notre plus grande joie à tous! :) Quoi de plus normal que d’inviter Steven à ce concert événement au FIL, en remerciement de son aide précieuse durant les dernières semaines, et le FIL constituant une expérience intense pour un jeune musicien? En tout cas, cela nous a fait très plaisir à tous de voir Steven sur scène ce soir là, et de le voir participer à plusieurs titres. Autre invité de poids: le Bagad Brieg, champion de Bretagne 2007. Le bagad finistérien de 1ère catégorie (l’élite de la BAS), connu pour sa fantaisie et ses interprétations originales, se montre émouvant sur Divent an dour et les trois autres titres auxquels il participe. A la suite de Divent an dour, il nous gratifie d’ailleurs d’un excellent solo, Salsa du Doron, pendant que les Trois Jean vont faire une petite pause en coulisses. Ce morceau, court et entraînant, s’intègre parfaitement au tout. Dernier invité, et non des moindres: l’écossais Jimme O’Neill, fondateur des Silencers, se joint à ses amis bretons pour un The Eyes of my Bonnie Mary du feu de Dieu, accompagné du Bagad Brieg. L’un des tous meilleurs moments du concert! :)

    Tout ce petit monde, Tri Yann et invités, se réunit sur scène à l’occasion du final Je m’en vas, enlevé et entraînant, qui marque la fin du concert de même qu’il sonne le glas de… la pluie!!! Enfin!!! Ce qui fait que ce final aux allures d’authentique miracle nous vaudra de petits extras, avec deux rappels supplémentaires (un total de 4 rappels! :) ). Mais ces extras ont été coupés sur le DVD.

    Je pourrais écrire un roman sur cet extraordinaire concert, alors je vais m’auto-censurer et me pencher sur le délectable bonus qui l’accompagne. Le petit documentaire de 26 minutes (condensé d’un doc de 52 minutes), intitulé Tri Yann: Les 40 ans, a été réalisé par Marie Guilloux pour France 3 Bretagne. Riche en révélations, extrêmement bien filmé, il nous permet de suivre les Tri Yann sur les routes, en coulisses et en concert, sur trois dates estivales de cette année 2011: à Guingamp, Carentan, puis Lorient (ndlr: les concerts de Guingamp et Carentan ont eu lieu après celui de Lorient). Nous pouvons, de ce fait, entrer un peu dans l’intimité du groupe en tournée, dans des moments qui d’habitude n’appartiennent qu’à eux: le « trac » d’avant-concert, l’heure de l’apéro, le côté plus « technique » des concerts pendant les balances… La rencontre avec le public au cours des dédicaces est également montré. Et bien sûr, le documentaire compte de savoureux moments de rigolade: « l’opération chaussettes » de Konan à Guingamp, le coup des cuillères de Jean-Paul pendant le dîner à Carentan, l’humour et la fraternité qui règne entre les membres du groupes. Ou, encore plus rigolo, la mine sidérée de Jean-Paul, à Lorient, lorsqu’on lui apprend que le public est là à faire la queue depuis deux heures malgré la pluie torrentielle! D’ailleurs, il nous en avait parlé après le concert. Une pépite, tout à fait à la hauteur de l’extraordinaire concert qu’il agrémente!

    Le concert des 40 ans se referme sur Jean-Louis, qui dit avant de quitter la scène: « Merci! A bientôt pour le 50ème anniversaire! ». Vu l’inaltérable vitalité des Tri Yann, leur énergie et leur plaisir de jouer terriblement communicatifs, il n’est pas permis d’en douter: ils nous donnent rendez-vous dans dix ans!!! :) Ce DVD, must du must, est tout bonnement indispensable! Un concentré de bonheur exaltant, à voir et revoir encore et encore!!!! :) :) :) MERCI TRI YANN, MERCI LE FIL!!!! :) :) :)

    * A noter que, à la date ou j’écris cet article, Le concert des 40 ans a été diffusé hier soir sur France 3, dans le cadre des programmes sur le FIL. Malgré les audiences assez modestes, étant donné que la diffusion a eu lieu en 2ème partie de soirée, nous ne pouvons que nous réjouir de l’attention exceptionnelle que la télé a accordée à nos Tri Yann! Ce n’est que justice!!! :)

        Image de prévisualisation YouTube

    Kan ar Kann, extrait du concert

        http://www.dailymotion.com/video/xqw3lc

    Extrait du documentaire bonus…



Nuage triyannesque…

    Ca y est, il est arrivé… Enfin j’ai acheté aujourd’hui le nouveau DVD et le CD live des 40 ans de Tri Yann!!!! :) Les Fnacs et grandes surfaces n’étaient toujours pas livrées et n’étaient pas en mesure de nous dire quand ils recevraient leur stock. Mais chez Coop Breizh (distributeur du live), Rue du Port à Lorient, ils ont reçu leurs stocks aujourd’hui même!!! Je peux dire que je suis la première de tout Lorient à l’avoir acheté, puisque la vendeuse a ouvert le carton qu’elle venait de recevoir exprès pour moi! :) Me voilà enfin avec le DVD et le double CD Le concert des 40 ans enfin en mains… Trop heureuse!!!! :) :) :) Je viens de visionner le DVD en famille, bien au chaud et au sec, avec le chat sur les genoux: le DVD comprend le concert pluvieux et heureux de Lorient et le doc bonus promis. Un seul mot me vient après cette re-découverte au sec: wouuuuuuuaaaaaaaaaaaaaaaooooooooooh!!! :)

   Plus de détails en temps voulu, lorsque je serai redescendue de mon nuage triyannesque… :)



Tri Yann, info importante: léger retard de sortie du live et liste des titres

 IMPORTANT: Info transmise ce matin par Eric Doll, webmaster du site officiel de Tri Yann. La sortie du DVD connaîtra un retard de quelques jours en raison d’un retard de fabrication. Pas de date précisée, mais la sortie semble être plus plausible entre le 23 et le 25 avril. Depuis 3 jours, la Fnac avait soudainement annoncé une sortie le 23 avril, avec par conséquent report d’expédition des commandes. D’après l’info transmise par le groupe et d’après ce que marquent des sites tels que la Fnac, la date du 23 semble la plus probable… Comme l’a si bien dit Eric en conclusion de son message, et il a raison: ça fait plus de dix ans qu’on attendait un nouveau live (un live anniversaire, s’entend, car il y avait eu le DVD des Racines du futur en 2004), donc on n’est plus à quelques jours près… C’est vrai, mais c’est quand même de plus en plus dur d’attendre, surtout pour ceux qui, comme moi, étaient à Lorient et attendent depuis des semaines de revivre ce concert au-delà des mots… :) (et la plus fidèle des lectrices de mon blog souscrira à ce que je dis… :) )

    MAIS heureusement, Coop Breizh (qui distribue le live) vient d’ajouter le CD et le packaging à sa page Nouveautés (pas encore le DVD, si j’ai bien compris c’est principalement le DVD qui pose problème…)! :) Et en cliquant sur la couverture, on peut en voir le dos, avec donc la track-list!!! :) Je suis ravie: moi qui étais à Lorient, j’affirme que nous allons avoir droit à l’intégralité du concert, à l’exception des contes et des « bis » de Bonnie Mary et de Je m’en vas (qui ont été joués 2 fois)! :) Le premier CD contiendra 13 titres, le second 11 (dont, sur ce dernier, un solo du Bagad Brieg). Le contenu du DVD sera identique, il y aura juste en plus dans le concert le conte de Marion du Faouët ( :) Yes! ), et bien sûr, en bonus, le reportage de 26 minutes. Durée totale du concert: 1 h 54 min environ. Pour vous aider à patienter (ou vous faire saliver encore plus, c’est selon… :) ), je vous mets d’ores et déjà la track-list du double CD (qui, c’est rigolo, est sous-titré, dans sa version CD seul, « Chantons sous la pluie » :) ). Voici!

CD 1

1. Na I ri o

2. Chanson du Baleinier François Le Billant

3. J’ai croisé les Néréides

4. Johnny Monfarleau

5. Chanson de Pelot d’Hennebont :)

6. Princes qu’en mains tenez :)

7. Fransozig

8. Si mort à mors

9. Le retour de la croisade

10. Complainte de Marion du Faouët

11. Gavotten ar seizh

12. Song for Ye Jacobites

13. Le chasseur de temps

CD 2

1. Divent an dour

2. Salsa du Doron (solo du Bagad Brieg)

3. Kan ar Kann

4. Lamentations sur Saint-Aubin-du-Cormier

5. The Eyes of my Bonnie Mary (avec Jimme O’Neill)

6. Tir fo tonn

7. Le loup, le renard, la jument de Michao etc…

8. Dans les prisons de Nantes

9. Pour faire de bonnes crespes

10. Glen glas

11. Je m’en vas

:)

    Croisons très fort les doigts à présent pour que cette belle pochette surprise nous arrive bien en début de semaine prochaine, et qu’il n’y ait pas ENCORE du retard pour raisons X-Y, parce que là ça ferait beaucoup…

    Voici le lien Coop Breizh: http://www.coop-breizh.fr/ecouter-2/musiques-2/les-grands-noms-512/dvd-double-cd-tri-yann-concert-40-ans-4339/zoom-fr.htm

    Après toutes ces attentes et difficultés, nous n’en savourerons qu’encore mieux ce live… :)

    Nous autres, valeureux Tryanautes qui sommes restés au pied de la Sainte Scène des heures durant contre vents et averses, à braver les éléments au nom du bonheur musical, nous l’aurons mérité, notre CD/DVD live!!!!!! :)

    Vivement la semaine prochaine! :) Même si ça signifie aussi la fin des vacances!

   



Tri Yann: Abysses (2007)

Tri Yann: Abysses (2007) dans Artistes abyssescouv

Track-list:

1. Gloire à toi Neptune!

2. La solette et le limandin

3. Bransle des muresnes

4. Dessous la ville de Nantes

5. Loc’hentez Ker Is

6. Dans la lune au fond de l’eau

7. Petite sirène

8. J’ai croisé les Néréides

9. Sonenn ar mor don

10. Gavotten ar seizh

11. Lancastria

12. Tir fo tonn

13. Le sous-marin

14. L’eden des mers

15. Bonus

    Comme il a été attendu, cet album! Comme il a fallu s’armer de patience avant de l’avoir enfin entre les mains! Et comme le résultat a largement été à la hauteur de l’attente!

    Quatre ans après l’odyssée musicale Marines, après l’avoir initialement annoncé en 2005 pour l’année Jules Verne, les Tri Yann livrent enfin le second volet du diptyque consacré à la mer. L’album Abysses paraît le 15 octobre 2007 chez Sony BMG. Si Marines évoquait ce que tout un chacun peut voir sur la mer, Abysses, lui, comme l’indique son titre, met à l’honneur ce qui se passe sous les mers. Le fond des océans est beaucoup plus méconnu, et donc par conséquent plus mystérieux. Alors, l’occasion est donnée au groupe de faire la part belle à l’imagination, et de faire revivre mythes et légendes. Pour certains, disserter sur un tel sujet aurait pu être une véritable gageure. Pas pour les Tri Yann: ils relèvent magnifiquement le défi qu’ils se sont imposé, et même au-delà… Le joyeux équipage nous convie à une plongée sous-marine fantastique, remplie de poésie, de mythologie et de magie. C’est d’ailleurs pour cette plongée dans les abysses profondes qu’ils se sont le plus mouillés. Dans les deux sens du terme…

    En effet, Abysses marque un véritable aboutissement dans la carrière de Tri Yann, car il s’agit du premier album qui ait été composé à 100 %, paroles et musique, par le groupe, sans aucune adjonction de traditionnel le long des 14 morceaux! Rien que pour cet effort, cet opus mérite toute notre considération. Et c’est également le premier album de Tri Yann que j’ai attendu (ndlr: j’ai découvert le groupe peu de temps après la sortie de Marines), il est donc très important pour moi.

    A la rentrée de septembre 2006, nous commençons a être informés par le site officiel de la préparation de l’album. Dès lors, je guette fiévreusement chaque nouvelle info sur l’évolution du projet et l’enregistrement, me délectant à chaque nouvelle « exclu » qui nous parvient. D’abord annoncée pour le premier trimestre 2007, la sortie est reportée à la mi-mai, puis finalement au 15 octobre 2007. Lors d’un concert à Pont-l’Abbé, en juillet 2007, nous avons l’immense privilège d’en entendre deux titres en avant-première. Abysses accoste dans les bacs en deux versions: une version standard, et une édition limitée en livre-disque, tirée à 13 000 exemplaires. Le visuel de l’album, très coloré, a été dessiné par Tangui Jossic, et nous donne un bon aperçu de ce qui nous attend: Neptune dominant l’ensemble, sirènes, poissons et êtres de l’eau étranges, une voiture qui plonge dans l’océan (bizarre…). Trois ou quatre jours après la sortie, à la faveur d’un après-midi de cours un peu moins chargé, je me précipite à la Fnac, où j’acquiers enfin (bien entendu en édition limitée) l’album tant désiré. Sur le chemin du retour du lycée, avec mon papa, nous l’écoutons dans l’autoradio. Et là…

    A la première écoute de l’album Abysses, j’ai éprouvé quelque chose de très très fort, jamais ressenti auparavant pour un autre CD de Tri Yann, et indescriptible à chaud, tellement ça a été fort et profond… Après coup, j’ai trouvé les mots…

    Le fait s’impose d’évidence, et ce dès la première écoute: avec Abysses, les Tri Yann opèrent un retour en fanfare, et ont refusé toute limite à leur créativité! Ce qui fait de cet album un véritable concentré de bonheur, lumineux, coloré et bourré d’innovations, où les arrangements frisent le plus souvent la perfection. Les textes, tout aussi exigeants, chaque mot étant pesé, choisi pour être le plus percutant possible. Les mélodies font elles aussi immanquablement mouche: parfois graves et recueillies jusqu’au sanglot, majestueuses, souvent entraînantes en diable, elles incitent l’auditeur à la sensibilité et à la réflexion autant qu’à la bonne humeur. Du bel ouvrage! Les bruitages d’évocation sous-marine, qui servent de fil rouge, et de transition entre chaque titre, achèvent de nous mettre dans le bain!

    Quelques invités de choix complètent la pochette surprise: le quatuor à cordes Troellen, fidèle au poste; les sonneurs Anthony Masselin (Soldat Louis) et Christophe Morvan (Sonerien Du), ainsi que la section de cuivres MBS (Maïkeul Brass Section) sur le quatorzième et dernier titre L’eden des mers.

    Dès le premier titre, on sent que le pari du groupe est gagné. Car Gloire à toi Neptune!, ode triomphale au Dieu des océans qui inaugure le disque pour en « apaiser le courroux », est un amalgame des plus réussis entre sons traditionnels et nouveaux, où se côtoient, outre les whistles, le mandoloncelle et le violon virevoltant, pour soutenir les voix puissantes des Trois Jean, solides synthés, guitares électriques, et même quelques boucles électro! Tout un programme!

    L’alliage entre esprit traditionnel et orientations résolument modernes se remarquera sur tout l’album, donnant lieu à des ambiances bien différentes les unes des autres. Ce dernier aspect, bien que moins marqué que sur le successeur Rummadoù, n’en est pas négligeable pour autant. Contes, légendes ou histoires vraies se succèderont sur cette trame.

    Ainsi, le second titre, La solette et le limandin, qui s’enchaîne efficacement avec le Bransle des muresnes, sonne délicieusement médiéval et rappellera, pour les connaisseurs, l’album Portraits. Il relate la tragique histoire d’amour entre un limandin et une pauvre petite solette mariée de force au roi des murènes. La courte partie chantée en latin de son entêtant titre-binôme (Bransle des muresnes) s’inscrit dans cette visée médiévale.  Le tout est conjugué avec l’habituelle fantaisie soigneusement mesurée (voire fantasy…) que le groupe affectionne, avec un zeste de magie (« Lors changeant en un sortilège/ En sable roy, marâtre et chimères… »).

    On retrouve également cette réjouissante fantaisie dans les principaux chants à danser de l’album. D’une part, Dessous la ville de Nantes. Ou comment, dessous la ville de Nantes, sous la fontaine de la Place Royale, selon les dires de Jean-Louis en concert :) , se trouve un océan bleu (de curaçao, toujours selon Jean-Louis :) ) et caché, renfermant mille merveilles, des palais et des reines. D’autre part, l’en-dro Dans la lune au fond de l’eau, qui donne une furieuse bougeotte et faisait danser les foules en concert, est un chant de marins gigogne parfois étrange, souvent loufoque.

    L’autre titre à classer dans les chants de marin, même si d’un autre registre, c’est J’ai croisé les Néréides! Cette sublime ballade aux airs d’Irlande, notamment grâce au violon et au low whistle, est interprétée, fait très rare, par Jean au lead vocal. Tel l’aède Orphée avec son Eurydice (d’ailleurs citée entre autres dans la chanson), il rend hommage aux cinquante nymphes marines formant le cortège de Poséidon: Thétis, Surimiide (cette dernière ayant inspiré à Jean-Louis pour introduire ce titre un conte désormais culte et un beau délire sur le surimi :) ), Amphitrite, Néoméris, Crénéis, Eunice, Dynamène, Clymène,… etc. J’ai croisé les Néréides a été, avec Dessous la ville de Nantes, l’un des deux titres joués en avant-première en concert pendant l’été 2007, avant la sortie de l’album. En l’entendant pour la toute première fois, à Pont-l’Abbé, j’ai été envoûtée comme jamais!!! Ce n’est pas seulement moi, mais tout le public qui s’est unanimement épris des Néréides!

    Quand on parle de charme… Le morceau Petite sirène est lui aussi sur le ton de la ballade, mais beaucoup plus léger. Il prend complètement à contre-pied la légende de la sirène, dénigrée depuis l’Antiquité, racontant façon lamentation les déboires tragicomiques d’une malheureuse petite sirène qui souffre de sa condition mi-poisson mi humaine. Elle se « caille par en haut » au fond de l’océan, aimerait avoir du shampooing pour ses cheveux, un petit maillot pour se couvrir (question de pudeur), rêve de goûter à la nourriture humaine, ou encore fantasme sur Johnny Depp et Leonardo DiCaprio. Cette surprenante complainte, dont les paroles sont un peu coquines et crues, est chantée par Jean-Paul sur une superbe mélodie qui s’ouvre sur des ambiances orientales et se poursuit avec le quatuor à cordes. Un titre délectable par bien des côtés!

    Le troisième thème « sirénien » d’Abysses réside dans l’une des pièces maîtresses de l’album, à savoir Loc’hentez Ker Is. Il serait plus avisé de parler de pièce plutôt que de titre en raison de sa longueur (presque 7 minutes). Les Tri Yann y évoquent en breton sur de très beaux arrangements l’incontournable légende de la ville d’Ys: Dahut, la fille débauchée du roi Gradlon de Cornouaille, fut envoûtée par le Diable incarné en humain, vola à son père les clés de la digue et provoqua la submersion de la cité, avant de sombrer dans l’océan, où elle devint une marie-morgane… Interprétée à trois voix, la chanson elle-même est un passionnant récit entrecoupé de dialogues. Jean-Paul y tient le rôle du récitant, Jean-Louis ceux de Gradlon et de « l’étranger », et Freddy celui du moine saint Gwénolé.

    Comme nous l’avons vu, les douces ballades se comptent en nombre dans Abysses, mais les titres à l’énergie communicative ne sont eux non plus pas en reste! A l’instar de Gavotten ar seizh, enchaîné avec Sonenn ar mor don qui le précède (un titre un peu zarbe et glauque, qui fait « cantique » et qui est celui que j’aime le moins dans l’album). Cette « gavotte des sept » reprend en breton le thème celtique par excellence des métamorphoses. La jeune fille dont il est question dans Sonenn ar mor don a recours à une succession de métamorphoses pour échapper à son fiancé imposé, qui la poursuit et se métamorphose en riposte. La mélodie, absolument trépidante, transpose à merveille l’idée de course poursuite! De plus, les Trois Jean ont mis en place pour l’interprétation de ce titre en scène un « numéro » désormais culte en concert: les tambours de Plougastell-Daoulas (mieux que les Tambours du Bronx ou que les Tambours du Zimbabwe! :) ) !

    Et ensuite… Alors là, il va falloir que je me modère, car je pourrais parler sur des pages et des pages du titre suivant: Lancastria… Cette gwerz au-delà du sublime, au-delà de toute comparaison, presque au-delà des mots, est LE titre phare, car elle est la quintessence de toutes les qualités que j’ai pu répertorier plus avant sur Abysses. Elle rapporte le drame affreux du Lancastria, paquebot écossais bombardé le 17 juin 1940 par les stukas allemands dans le port de Saint-Nazaire. Il y avait à son bord des milliers de réfugiés belges et polonais, ainsi que des soldats anglais. Le Lancastria a coulé en vingt minutes, jetant à la mer ses passagers dans le mazout en flammes. Le nombre des noyés, brûlés ou disparus est énorme: on l’estime entre 8000 et 9000… Le naufrage du Titanic, très connu et dont on parle beaucoup en ce moment car c’est le centenaire, avait fait beaucoup moins de morts… Pourtant, la tragédie du Lancastria est totalement méconnue car, à l’époque, elle fut passée sous silence en Angleterre sur ordre de Churchill, pour, soi-disant, « soutenir le moral des troupes »… Aujourd’hui, il ne reste du Lancastria qu’un petit film documentaire de France 3 Ouest, un site Internet, une commémoration chaque 17 juin à Saint-Nazaire, et la chanson de Tri Yann… Les Tri Yann prennent ce drame à bras-le-corps: dans cette merveilleuse composition, chaque arrangement, chaque note est polie avec la pureté d’un joyau, chaque mot est pesé pour toucher l’auditeur en plein coeur. Un violon déchirant, un uileann pipe poignant, des bruits très réalistes de bombardement au synthé et le superbe travail des voix nous happent et nous font vivre, corps et âme, le drame et la détresse des passagers… C’est bel et bien un morceau – pour me paraphraser moi-même – « grave et recueilli jusqu’au sanglot ». Dans mon cas, c’est au sens propre du terme! A chaque fois que je l’ai entendu en concert, j’ai fondu en larmes. Et c’est la toute première chanson qui m’ait fait pleurer en concert, alors c’est dire… Ne ratez pas, dans le dernier couplet, la bouleversante allégorie de l’Europe, qu’il serait bon de méditer en ces temps de crise… Lancastria est pour moi, de très loin, le plus beau titre composé par Tri Yann en 40 ans de carrière!!! :) Il est mon préféré d’Abysses avec J’ai croisé les Néréides (et d’ailleurs, mon coeur balance entre les deux, je n’ai jamais réussi à trancher!).

    Après cette page d’Histoire douloureuse et cet appel au souvenir éprouvant pour le moral de l’auditeur, nous replongeons dans des méandres un peu plus joyeux. Tir fo tonn, dont le titre se réfère au « Tîrfo-thuinn », le refuge de Viviane et de Merlin dans la légende arthurienne, est un instrumental pêchu à la manière des reels écossais. Enfin, c’est une petite parenthèse nostalgie qui clôt l’album. D’abord, avec Le sous-marin, une charmante ballade douce-amère chantée par Jean-Louis, qui relate l’un de ses souvenirs d’enfance… Son grand-père, armateur de péniches, avait une Peugeot 203 commerciale, à l’arrière de laquelle ses mariniers avaient bricolé six hublots, trois de chaque côté. Pour Jean-Louis, sa soeur et son cousin, c’était le bonheur car, à chaque fois qu’ils montaient dans cette voiture, ils « plongeaient dans le sous-marin, vingt mille lieues sous la cressonnière »… Cette ballade touchante, hymne aux souvenirs d’enfance qui sont souvent les plus beaux, peut parler à chacun d’entre nous. Le dernier couplet n’est pas dénué de nostalgie, et d’un certain mystère: « A-t-il rejoint la mer immense/ Ou rouillé au fond du jardin/ Le sous-marin de mon enfance?/ C’est son secret et c’est le mien… »

    Le titre final L’eden des mers est dédié à Patrick Pellen, un ami décédé des Tri Yann. Ils y revisitent le thème d’Avalon, le paradis des Celtes, la terre de l’éternelle jeunesse, le Tir Na Nog… Ce morceau constitue pour Abysses une conclusion flamboyante, où les côtés triomphants que l’on devinait tout au long de l’album trouvent leur aboutissement. Ce ne sont certes pas les cuivres et les sonneurs (qui sont à l’origine de ce côté « triomphant » du titre) qui nous feront dire le contraire!

    Mais avec L’eden des mers, ce n’est pas tout à fait fini. Une piste cachée, constituée de bruitages marins et de réminiscences sonores des titres précédents, nous permet d’émerger tranquillement, palier par palier…

    Vous comprendrez, j’espère, après cette très longue et enthousiaste chronique, combien l’album Abysses est cher à mon coeur! Pour moi, il représente les Tri Yann au sommet de leur art. Le plus ancien groupe de France démontre ici, de façon parfaite, à quel point sa créativité est inépuisable, et ses engagements constants. Ils nous font passer du rire aux larmes et à l’entrain avec une maestria tout à fait unique. Avec cet extraordinaire opus, les Tri Yann conservent haut la main leur rang de plus grand groupe breton! Abysses est, de toute leur discographie, mon album préféré, et l’un des tout meilleurs qu’ils aient jamais réalisé.

    A posséder absolument, pour les fans de longue date comme pour les novices!!! :)

   

    Puisque c’est un album qui le vaut bien, et comme j’ai envie de me faire plaisir et de VOUS faire plaisir, je vous mets beaucoup de titres en écoute! :)

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     Gloire à toi Neptune!

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     La solette et le limandin

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     Dessous la ville de Nantes

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     Dans la lune au fond de l’eau

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     Petite sirène

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     J’ai croisé les Néréides

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     Gavotten ar Seizh

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     Lancastria. Sortez les mouchoirs…

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     Le sous-marin



Tri Yann: J-10 avant la sortie du live!!!!!!

    Avis à la population: plus que quelques jours avant la sortie du CD et du DVD live de Tri Yann Le concert des 40 ans!!!!!! :) :) :)   J’ai trop hâaaaaaaate de revivre le concert!!!!! :)   J’ai commandé samedi dernier par Internet à la Fnac le double CD et le DVD. Je ne suis pas trop intéressée par le packaging, surtout que son contenu doit être le même que le reste, en rassemblant les deux autres « déclinaisons ». J’aime avoir de beaux objets bien distincts, pas seulement un DVD glissé en supplément d’un CD…

    Vivement le vendredi 20 avril!!! :) D’autant que sur mon suivi de commande, il est assuré que la commande serait expédiée à partir du 19, soit la veille de la sortie. Je devrais donc la recevoir le jour J, si tout va bien! :) J’espère, parce que je repars le 22… Mais a priori, il ne devrait pas y avoir de problèmes. D’après des amis Tryanautes qui ont l’habitude de passer des commandes à la Fnac via Internet, ils n’ont jamais eu aucun souci et les commandes ont toujours été reçues en temps et en heure, voire même, parfois, dans le cas de nouvelles parutions, la veille de la mise en rayon officielle… On verra! Mais normalement ça devrait aller! :)

    Histoire de vous mettre l’eau à la bouche… Voici un petit teaser du documentaire bonus qui accompagnera le concert sur le DVD visible sur le site du monteur-réalisateur Richard Poisson: http://www.richardpoisson.com/ Descendez un peu plus bas dans la page, et dans la partie « Documentaires », vous verrez la vidéo « Tri Yann Les 40 ans », entre une vidéo intitulée La guerre de Bill et une sur Kim Jong Ill…

    Vivement le 20!!!!! :)



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