Toutes les bonnes choses ont une fin…

    Voici ce que j’ai écrit sur mon journal Facebook le lundi 11 août au matin…

    « Et voilà, c’est fini… Rideau… Kenavo an distro…
Clap de fin hier soir du FIL 2014, après 10 jours intensifs placés sous le signe de la verte Irlande… 
Artistiquement parlant, et aussi financièrement pour l’organisation, ce fut une très belle édition. On estime la fréquentation à pas moins de 750 000 visiteurs (contre 700 000 en 2013) sur dix jours! Autrement dit, on a frôlé le record absolu de 2010 (800 000 visiteurs)! C’est aussi la meilleure édition depuis 2011 en termes de billetterie. L’Irlande n’a pas failli à son rang d’invité d’honneur: la qualité des spectacles irlandais et des groupes proposés était à la hauteur de la réputation du pays comme terre de virtuoses. Le summum étant Lùnasa et Liam O’Flynn, qui nous ont fait vibrer lors d’une Grande Nuit de l’Irlande inoubliable…
Et il y a aussi tous les autres que je me dois de citer… Gilles Servat, qui nous a prouvé au cours d’une Fête entre Celtes intimiste chaleureuse qu’il est définitivement le plus irlandais des bretons… Le concert de Cécile Corbel, véritable oasis de douceur et d’onirisme qui, au milieu du fracas des cornemuses et du tapage ambiant, nous a fait énormément de bien… L’intéressante soirée Musiques sacrées Pays de Galles/Galice à l’Eglise Saint-Louis, qui nous a prouvé que la musique celtique se décline vraiment dans tous les domaines et toutes les formes d’expressions… La Nuit Magique, un émerveillement toujours renouvelé, toujours intact d’année en année, mettant en scène sous les étoiles les musiques celtiques dans tout ce qu’elles ont de plus grandiose… Et je ne peux pas finir cet éloge sans citer les Acadiens, qui ont une place à part dans mon coeur… Les Acadiens sont bien plus que des « cousins » du Canada Atlantique des français: on peut le dire, ce sont carrément des frères, tant nous nous sentons proches d’eux, tant leur musique respire l’authenticité et parle au coeur de chacun d’entre nous! Et ils sont tous tellement gentils, toujours souriants et accueillants, ils tutoient d’emblée! Par certains côtés, ils sont même plus agréables que les français. Leur sympathie et leur spontanéité ont quelque chose de terriblement rafraîchissant. Mes remerciements vont particulièrement au formidable groupe Prenez Garde!, qui avait été la grande révélation acadienne de l’an passé. Cette année, en l’absence des « têtes d’affiches » habituelles du Pavillon (Suroît, La Virée, Dominique Dupuis…) retenues au pays par le Congrès mondial acadien, ils ont été propulsés de fait tête d’affiche de la délégation. Et ils se sont parfaitement acquittés de leur tâche, enflammant deux à trois fois par jour, au Pavillon, et aussi au port de pêche lors de la cotriade du samedi 9, un public en délire totalement acquis à leur cause. Un grand bravo à eux. Je suis allée les voir pas moins de six fois en dix jours (cinq fois au Pavillon, la sixième à la cotriade), je ne m’en lasse pas! Hier après-midi, dernier jour, leurs larmes d’émotion à l’idée de quitter le public breton qu’ils adorent, et qui les adore de même, n’étaient pas surfaites. Ces larmes étaient le reflet de notre ressenti à tous: l’émotion de tous les beaux moments vécus, et le déchirement à l’idée que tout cela cesse du jour au lendemain jusqu’à l’année prochaine… Et je vous avoue sans honte qu’hier, après ce dernier après midi, lorsque j’ai quitté le marché interceltique pour de bon cette fois, à l’instar des acadiens, j’ai un peu pleuré. Peut-être était-ce ce trop plein d’émotions emmagasiné en 10 jours qui a fini par sortir? Ou bien était-ce l’émotion à fleur de peau qui régnait au Pavillon acadien qui a déteint sur moi? Je n’en sais trop rien, mais c’est dur de se dire qu’il va falloir attendre un an avant de revivre ça…
    Aujourd’hui, après dix jours très intensifs, on ressent comme un grand vide… Comme dirait Verlaine, il pleure dans mon coeur, mais je me remémore aussitôt tous les moments de grâce vécus au cours de ces dix jours, et la joie remplace la tristesse. Je visionne les vidéos et les photos faites pendant le FIL, et je me dis, vivement l’année prochaine!   A très bientôt, amis de l’interceltisme! RDV pour la 45ème édition du FIL, qui se tiendra du 7 au 16 août 2015 et mettra à l’honneur, non pas une, mais deux nations celtes associées, les deux « petits Poucets » britanniques de la famille interceltique historique, qui se retrouveront pour la première fois en tête d’affiche: les Cornouailles et l’île de Man! »



FIL 2014: du bon dans les oreilles

  Voici, comme de coutume à l’approche des vacances, ma traditionnelle playlist des artistes programmés au FIL 2014. Bonne écoute!

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  Casptern, groupe de chants de marins, participera le 1er août à la Cotriade d’ouverture au port de pêche, six ans après celle de 2008…

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  Son concert est d’ores et déjà annoncé comme un événement majeur de l’édition 2014… Bernard Lavilliers, grande figure de la bossa nova et de la variété française, jouera le samedi 2 août à l’Espace Marine. Eternel bourlingueur, se référant souvent dans son répertoire aux voyages et aux marins, le chanteur stéphanois de 67 ans va, pour la première fois de sa carrière, faire escale à Lorient. Nul doute que les festivaliers seront nombreux à embarquer avec lui (les places assises du concert ont déjà toutes été vendues, mais il reste des places debout…). Voici le clip de Scorpion, titre extrait de son dernier album Baron Samedi

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  Roland Becker, talabarder et saxophoniste émérite, ex-pen soner de la Kevrenn Alré, est un artiste résolument à part dans la vaste famille de la musique bretonne. Il est (à l’instar de Pascal Lamour par exemple, mais en beaucoup plus réussi et enthousiasmant) un véritable alchimiste musical, multipliant avec audace et talent les créations expérimentales et les mariages musicaux a priori improbables, comme La chaudière à musique ou Kof a Kof, spectacle en duo avec l’accordéoniste Régis Huiban, qui mélange ambiance cabaret rétro et musique bretonne. C’est sur la scène du Grand Théâtre que nous retrouverons Roland Becker cette année au FIL, le 3 août. Il dirigera, avec l’Ensemble de Bretaigne Armoricane, l’oratorio Anne de Bretagne renaissante, création commandée à l’occasion des 500 ans de la mort d’Anne de Bretagne. Voici ci-dessus le teaser de sa précédente création Immrama, qu’il avait présentée au FIL en 2011…

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    Gilles Servat, c’est la Bretagne, le porte-voix de la Bretagne militante, c’est La Blanche hermine, c’est la révolte… Certes, mais pas que… Gilles Servat, c’est aussi l’Irlande, qui a une place à part dans son coeur… Il considère la verte Erin comme son deuxième pays, et l’Irlande occupe une place conséquente dans son répertoire. Il s’agit tout aussi bien d’interprétations ou d’adaptations personnelles de morceaux traditionnels (The Foggy Dew, Le cul cousu d’or adapté du traditionnel The wild rover, ou encore Eléonore, adaptation de la sublime mélodie d’O'Carolan Eleonor Plunkett pour n’en citer que quelques uns), que de compositions évoquant l’Irlande et ses souvenirs du pays (La maison d’Irlande ou Sur les quais de Dublin). Bref, entre Gilles et l’Irlande, c’est une longue histoire de… fraternité. Frat-Eire-nité… C’est justement le thème du grand concert irlando-breton qui réunira Gilles et quelques uns de ses amis musiciens irlandais, dont Donnal Lunny, à l’Espace Marine le 3 août. Tous nous convient à une grande « Fête entre Celtes » qui promet d’être l’un des rendez-vous marquants de ce cru 2014… Pour ma part, billets déjà pris depuis longtemps!  :)    Ci-dessus, Gilles chante La maison d’Irlande sur la scène de Bercy en 1999…

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    Lùnasa est l’un des meilleurs et plus célèbres groupes irlandais de musique instrumentale au monde. Régulièrement invité dans les grands festivals bretons (Festival de Cornouaille, Fête de la Saint-Loup…), et déjà présent en 2005 à Lorient lors de la précédente Année de l’Irlande, le groupe sera à l’affiche de la Grande Nuit de l’Irlande à l’Espace Marine le 4 août pour une soirée prestigieuse, à en juger par la création qui y sera également jouée… :)   Ci-dessus, prestation de Lùnasa aux Celtic Connections de Glasgow en 2007 (vous aurez reconnu bien entendu la mélodie, qui est celle accompagnant le teaser officiel du FIL 2014  ;) )

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    … mais surtout, ô surtout, pour la Grande Nuit de l’Irlande, joie immense… un événement que je ne louperai pour rien au monde… roulement de tambour… la re-création exceptionnelle de l’oeuvre majeure du compositeur irlandais Shaun Davey The Brendan Voyage, pour orchestre et uileann pipe. Créée en 1981, jouée en première mondiale au FIL en 1982, The Brendan Voyage, basé sur le livre de l’explorateur Tim Sevrin, relate les voyages du moine irlandais Brendan de Clonfert sur son frêle esquif au VIIIème siècle vers des terres nouvelles et inconnues: le Labrador, les îles Féroé, voire même Avalon… ;)   Le dixième mouvement de l’oeuvre et le plus connu, le final Newfoundland, est probablement la plus sublime, la plus merveilleuse mélodie irlandaise qui ai jamais été composée! :)   Chaque année, au Nuits Magiques, elle est d’ailleurs jouée en introduction du tableau sur les irlandais, et accompagnée par la projection de splendides images marines sur les écrans géants. Et l’on se laisse emporter. Chaque fois que j’entends ce morceau, je suis subjuguée comme jamais, j’ai les larmes aux yeux, je m’en pâmerais d’émotion, je pourrais l’écouter des centaines de fois avec le même bonheur! Dix ans après sa dernière représentation au FIL, en 2004, The Brendan Voyage sera donc rejoué spécialement pour la Grande Nuit de l’Irlande, avec l’Orchestre du Festival et le soliste Liam O’Flynn, virtuose du uileann pipe. Ô joie! j’y serai, j’ai pris très tôt les billets! Et nul doute que je verserai ma petite larme lors de Newfoundland (que je vous propose d’écouter)… :)

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    La fée finistérienne de retour à Lorient… Trois ans après son dernier passage au FIL pour un Concert pour Celtes en devenir consacré à la BO d’Arrietty qu’elle avait composée, Cécile Corbel reviendra le mardi 5 août après-midi au Palais des Congrès, une nouvelle fois dans le cadre du concert pour enfants, afin de nous jouer la BO de Terre des Ours, film documentaire animalier de Guillaume Vincent, dont elle a composé la bande-son en intégralité. Voici la chanson Kamchatka, extraite de Terre des Ours

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    Autre concert très attendu de cette édition: Suzanne Vega au Grand Théâtre le 5 août. La célèbre chanteuse folk américaine rendra au cours de cette soirée un hommage appuyé à Pete Seeger. Je vous propose d’écouter son tube le plus connu, Tom’s Diner

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    Fille du célèbre sitariste Ravi Shankar et demi-soeur de la chanteuse Norah Jones, Anoushka Shankar est elle aussi, à l’instar de son père, une musicienne indienne de renom. A l’occasion du FIL 2014, elle sera le 6 août à l’affiche de la création Dans l’univers des bardes à l’Espace Marine, avec la harpiste galloise Catrin Finch et le musicien sénégalais Seckou Keïta…

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    L’irlandaise Mary Black, considérée comme l’une des meilleures chanteuses gaéliques de son temps, ex-membre du groupe De Dannan, a entamé une tournée d’adieu, qui fera halte à Lorient le 7 août. Mary Black prendra en effet part à la création Femmes gaéliques à l’Espace Marine, accompagnée de sa soeur Frances Black, de sa fille Aoife Scott, de la manxoise Ruth Keggin et de l’écossaise Julie Fowlis…

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    Le groupe de punk-rock quimpérois Red Cardell, l’un des fers de lance, avec Soldat Louis, de la nouvelle vague de la scène rock celtique bretonne des années 80/90, fait son retour à Lorient le 8 août accompagné du Bagad Kemper pour la création Fest Rock à l’Espace Marine, jouée en première mondiale au Festival de Cornouaille en 2012…

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    MON gros coup de coeur du FIL 2013: les acadiens de Prenez Garde! Ne voyez rien de menaçant dans ce nom, bien au contraire… Prenez Garde! , c’est un groupe atypique qui s’articule autour du facétieux « conteux » Dominique Bréau, et mélange, avec un talent fou et un humour des plus ravageurs, pièces traditionnelles acadiennes, chants dialogués, reels de violons, parlure acadienne et comédie. Le tout dans une ambiance aussi bon enfant que survoltée! :)   Prenez Garde! a été LA grande révélation acadienne du FIL 2013. Pendant les dix jours, ils n’ont cessé d’enflammer le public du Pavillon de l’Acadie. Pour ma part, ça a été un énorme coup de coeur… Et ils ont une de ces façons de « jouer » avec le public, et de nous faire participer, nous spectateurs! Le public est sans cesse sollicité dans de nombreux morceaux à répons, et je vous garantis qu’on ne se fait pas prier pour y participer à coeur joie! :) . Prenez Garde!  ( ;) ), avec cette fine « gang », composée de Dominique Bréau, Julien Bréau, Nicolas Basque, Elisabeth Milot et Marie-Andrée Gaudet, vos zygomatiques vont chauffer autant que vos cordes vocales, croyez-moi sur parole… ;)   Ils reviennent donc en cette édition 2014, avec pour mission de mettre le feu au Pavillon, mais aussi à la seconde Cotriade du samedi 9 août au Port de pêche!!! Yeeeeees!!! Billets déjà pris, off course! ;)      Voici l’un des morceaux les plus endiablés et sans aucun doute le plus participatif de leur répertoire scénique: La cave de d’hors de Calixte Duguay.

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    Moya Brennan, la voix emblématique du mythique groupe Clannad (invité en 2013), forme aussi, avec Cormac de Barra, un duo de harpistes-chanteurs. Tous deux se produiront donc le 9 août au Palais des Congrès pour la Grande Soirée de la Harpe celtique.

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    Alors qu’elle était complètement inconnue à sa première venue au FIL en 2013, il y a fort à parier que cette année, plus personne ne pourra l’ignorer… En effet, l’acadienne Caroline Savoie, auréolée de sa notoriété toute récente due à sa participation à The Voice sur TF1 dans l’équipe de Mika, va faire son retour à Lorient, par la grande porte cette fois-ci, dans la programmation officielle. En plus de ses prestations au Pavillon de l’Acadie (passage obligé), elle sera le 9 août dans l’arène du Stade du Moustoir pour le Grand Concert de Clôture, aux côtés de The Strypes, Salsa Celtica et The Dubliners remaniés. Même si elle n’est pas forcément la candidate la plus connue du télé-crochet en raison d’une élimination assez précoce (juste avant les quarts de finale), nul doute que les festivaliers lui feront bon accueil, et qu’elle sera l’un des « moteurs » de la venue du public à ce concert de clôture! :)   Voici la vidéo de l’une de ses prestations au Pavillon en 2013: foin d’Ain’t no Sunshine (qui lui avait permis de se qualifier aux auditions de The Voice en faisant se retourner les quatre coachs au bout de 30 secondes!), de Keane ou de London Grammar, il s’agit de Petitcodiac de Zachary Richard…

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    A tout seigneur, tout honneur! Je conclus cette playlist de l’Année de l’Irlande avec un véritable monument de la musique irlandaise (et je ne dis pas ça que par rapport à l’âge des musiciens! LOL!), probablement, avec The Chieftains, le plus ancien groupe irlandais encore en activité: The Dubliners! Le groupe mythique, présent à Lorient dès les toutes premières heures du FIL en 1971, aura la lourde charge de clore cette Année de l’Irlande lors du grand concert final au Moustoir le 9 août. Depuis le décès de Barney MacKenna, l’un des derniers membres fondateurs, le groupe a fait quelque peu peau neuve. C’est pourquoi les papys irlandais reviennent dans une nouvelle formation, rebaptisée The Dublin Legend, en s’adjoignant les services de Gerry O’Connor au banjo. Mais l’essence du groupe et son âme sont restées intactes. Voici donc, pour conclure, le trépidant Whiskey in the jar, grand classique du répertoire irlandais.

    Bonne écoute à tous, et RDV à Lorient le 1er août! ;)



FIL 2014: demandez le programme!

FIL IRLANDE

    Voici comme promis, chers amis, les grandes lignes de la programmation du FIL 2014. Pour le programme complet, les tarifs et plus amples informations, veuillez consulter le site du FIL: www.festival-interceltique.com

    Petite précision avant de commencer: le principe du Badge FIL à 3 euros initié en 2013, l’une des solutions mises en place pour pallier le déficit financier, permettant d’accéder à de nombreuses animations sur les 10 jours (arrivée de la Grande Parade au Slipway, Masters class du Palais des Congrès, festoù-noz à la Salle Carnot, concerts de l’Espace Bretagne…), va être reconduit cette année en raison du joli succès rencontré lors de l’édition précédente (plus de 37 000 badges vendus pour près de 111 000 euros de bénéfices pour le FIL). Les sites et spectacles auxquels il ouvre ne changent pas.

    Le code couleurs que j’utilise dans le recopiage de la programmation s’établit comme il suit: en rouge, les rendez-vous incontournables; en rose, les spectacles du Palais des Congrès; en vert, les concerts et créations du Grand Théâtre; en bleu, les concerts des têtes d’affiche à l’Espace Marine et le Grand Concert de Clôture au Moustoir le samedi 9; en bleu ciel, le Concert pour Celtes en devenir (concert pour enfants) du mardi après-midi; en orange, les divers concours et trophées de musiques et de danses; en gris, les événements sportifs; et enfin en prune, les « éclats d’artifice » d’ouverture et de clôture. A vos agendas!

      Vendredi 1er août 2014:

    15 h: Présentation de la course cycliste Kreiz Breizh Elites (Place de l’Hôtel de Ville)

    19 h 30: Cotriade n°1 (Port de Pêche), avec Les Mat’lots du Vent, Capstern (Bretagne) et un couple de sonneurs

    0 h 00: « Degemer mat », éclair d’artifice de bienvenue (lancement depuis le port de plaisance)

      Samedi 2 août 2014:

    à partir de 10 h: Championnat National des Bagadoù de 1ère catégorie (Stade du Moustoir), 2ème catégorie (Terrain annexe du Moustoir) et 4ème catégorie B (Esplanade du Grand Théâtre)

    21 h: Soirée d’ouverture Année de l’Irlande « The Glanmore Concert » (Grand Théâtre), avec Liam O’Flynn, Micheàl O’Sùilleabhàin, Paddy Glackin et Neil Martin

    21 h 30: Soirée Folk (Palais des Congrès), avec Skipper’s Alley (Irlande) et Rag Foundation (Pays de Galles)

    22 h: Bernard Lavilliers (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°1 (Stade du Moustoir)

      Dimanche 3 août 2014:

    10 h: Grande Parade des Nations Celtes (départ Stade du Moustoir, arrivée Port de Pêche Slipway)

    17 h: An Dro The World (Port de Pêche)

    19 h: Triomphe des sonneurs (Centre ville)

    21 h: « Anne de Bretagne, renaissante », oratorio de Roland Becker avec l’Ensemble de Bretaigne Armoricane (Grand Théâtre)

    22 h: « Fête entre Celtes », avec Donnal Lunny Trio & Gilles Servat (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°2 (Stade du Moustoir)

      Lundi 4 août 2014:

    10 h: 10ème Trophée Bothua-Raud (Palais des Congrès)

    14 h: 18ème Concours international de Pibroc’h (Palais des Congrès)

    21 h: Barzaz – 1ère partie Dengekan (Grand Théâtre)

    21 h 30: Soirée Folk (Palais des Congrès), avec Tony Mc Manus (Ecosse), Maggie McInness Duo (Ecosse) et Caramuxo (Galice)

    22 h: Grande Nuit de l’Irlande (Espace Marine): Lùnasa et l’Orchestre du Festival « The Brendan Voyage »

      Mardi 5 août 2014:

    15 h: Concert pour Celtes en devenir: Cécile Corbel chante « Terre des Ours » (Palais des Congrès)

    21 h: Suzanne Vega (Grand Théâtre): Hommage à Pete Seeger

    21 h 30: Grande Soirée de la Cornemuse (Palais des Congrès), avec Le Bot/ Chevrollier (Bretagne), Fred Morrisson (Ecosse)…

    22 h: Yves Lambert (Québec) – 1ère partie Dervish (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°3 (Stade du Moustoir)

      Mercredi 6 août 2014:

    21 h: Dañs Akademi (R) Evolutions (Grand Théâtre)

    21 h 30: Soirée Folk (Palais des Congrès), avec Soïg Sibéril (Bretagne), Dylan Fowler (Pays de Galles), Ian Melrose (Ecosse)

    22 h: « Dans l’univers des bardes »: Catrin Finch & Seckou Keïta – Anoushka Shankar (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°4 (Stade du Moustoir)

      Jeudi 7 août 2014:

    21 h: Ross Ainslie & Jarlath Henderson – The Ollam (Grand Théâtre)

    22 h: « Femmes gaéliques » avec Mary Black, Frances Black et Aoife Scott – 1ère partie Julie Fowlis (Espace Marine)

    22 h: Nuit Interceltique n°5 (Stade du Moustoir)

      Vendredi 8 août 2014:

    15 h: Concours d’accordéon (Palais des Congrès)

    21 h: « Avaz » – 1ère partie Caramuxo (Grand Théâtre)

    21 h 30: Grande Soirée Accordéon (Palais des Congrès)

    22 h: Red Cardell & Bagad Kemper « Fest Rock » – 1ère partie Dixebra (Espace Marine)

      Samedi 9 août 2014:

    15 h: Trophée des Harpes Camac (Palais des Congrès)

    19 h 30: Cotriade n°2 (Port de Pêche) avec Prenez Garde! (Acadie), Vent de Noroise (Bretagne) et un couple de sonneurs

    21 h: « Breizh Kabar », création de la Kevrenn Alré avec Saodaj (La Réunion) – Invité: Firmin Viry (Grand Théâtre)

    21 h 30: Grande Soirée de la Harpe Celtique (Palais des Congrès), avec Cormac de Barra & Moya Brennan (Irlande), Robin Huw Bowen (Pays de Galles), Rozenn Tallec & Lina Bellard (Bretagne)

    22 h: Grand Concert de Clôture (Stade du Moustoir), avec The Dublin Legends (Irlande), The Strypes (Irlande), Salsa Cetica (Ecosse) et Caroline Savoie (Acadie)

      Dimanche 10 août 2014:

    09 h 30: Les 10 miles interceltiques (course pédestre au centre-ville)

    14 h 30: Concours de danse Kément Tu (Espace Marine)

    15 h: Trophée Paysan Breton – Matelin An Dall (Palais des Congrès)

    0 h 00: Kenavo An Distro (feu d’artifice de clôture au port de plaisance)

    Voiloù pour le programme. Prochainement, la playlist… ;)



44ème Festival Interceltique de Lorient, du 1er au 10 août 2014, Année de l’Irlande: la programmation dévoilée!

    Ca y est, enfin!!! :D La programmation du FIL 2014, du 1er au 10 août prochains, a été dévoilée hier soir!!! :D

    Cette année, le FIL se met au vert. En effet, cette 44ème édition sera consacrée à l’Irlande, mémoire et rêve du monde celtique, et berceau historique de la culture celtique européenne. Le visuel de l’affiche de cette année, superbe, est inspiré du Livre de Kells.

    Mais passons aux choses sérieuses: les noms! Seront présents entre autres cette année à Lorient: Bernard Lavilliers (si si! ), Gilles Servat (hiiiiii!) & Donal Lunny, pour un grand concert de « frat-Eire-nité » irlando-bretonne, Roland Becker aux manettes d’une création réalisée pour les 500 ans de la mort d’Anne de Bretagne, Lùnasa, Liam O’Flynn & l’Orchestre du Festival à la Grande Nuit de l’Irlande pour une re-création exceptionnelle de l’oeuvre pour orchestre et uileann-pipe de Shaun Davey The Brendan Voyage (hiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!!! :D ), Cécile Corbel à l’affiche du Concert pour Celtes en devenir, Suzanne Vega au Grand Théâtre pour un hommage à Pete Seegers, l’accordéoniste québécois Yves Lambert (ex-La Bottine Souriante), Anouschka Shankar (fille du célèbre sitariste Ravi Shankar) & Catrin Finch pour un concert autour de l’univers des bardes, la soirée Femmes gaéliques avec Mary Black, Frances Black, Aoife Scott et Julie Fowlis, Red Cardell & le Bagad Kemper pour la création Fest-rock, mon coup de coeur acadien de l’an dernier Prenez Garde! (hiiiii!!!! :D )  à la deuxième cotriade, et un grand Concert de Clôture au Moustoir avec The Dubliners dans une nouvelle formation (rebaptisée The Dublin Legend), The Strypes, Salsa Celtica et Caroline Savoie… Voilà pour les principaux noms de cette édition 2014.

    A la lecture, hier soir, j’ai été d’emblée plutôt satisfaite par cette affiche alléchante, et j’ai déjà des idées de concerts bien précises… C’est une programmation éclectique et audacieuse, fidèle aux orientations prises par le FIL depuis 2007 par Lisardo Lombardia et son équipe, parfois étonnante, mais néanmoins incontestablement solide. En tout cas, ce programme 2014 est bien plus attrayant que celui de la précédente Année de l’Irlande mitonnée par Jean-Pierre Pichard (prédécesseur « historique » de Lisardo) en 2005, qui n’avait pas franchement laissé de souvenirs impérissables.

    Ce que j’ai déjà prévu de faire à coup sûr: Gilles Servat, la Grande Nuit de l’Irlande, Cécile Corbel, la deuxième cotriade avec mes chouchous de Prenez Garde! … ;)   4 envies de spectacle d’emblée, sans compter les « incontournables », c’est plutôt pas mal. Le reste sera à l’avenant! ;)

    Je vous mettrai prochainement le programme plus détaillé, et ensuite ma traditionnelle playlist des artistes du FIL. Je vous laisse avec le teaser de l’édition 2014…

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    Dans les cartes à jouer, je demande… le trèfle!!! ;)



Je salue le peuple irlandais…

   On poursuit dans la série des « articles-hommages »… Après notre petite virée émotionnelle en Acadie d’octobre dernier, je vous propose de mettre le cap, non pas au nord du continent américain, mais vers le nord de l’Europe, vers un pays réputé pour ses vertes vallées, ses magnifiques paysages sauvages, pour ses légendes, l’une des nations celtes « historiques »… Vous n’avez pas deviné? Je veux parler de l’Irlande!

    Peuplée de quelques 6 millions d’habitants, pays-membre de l’UE depuis 1973, l’Irlande est la plus grande île d’Europe. Terre fertile en légendes, qui occupent une place importante dans l’imaginaire celtique, elle est aussi considérée comme le « berceau » et la mémoire de la musique celtique. De toute la grande famille des musiques celtiques, la musique irlandaise est probablement la plus renommée mondialement. Et qui n’a jamais entendu parler, ou jamais fêté la Saint-Patrick? ;)

    Mais, au-delà de l’épanouissement culturel et économique manifeste du pays, il y a des pages sombres qui ne sauraient être occultées… En effet, à l’instar de l’Acadie historique, l’Irlande a eu une histoire chaotique. Je vous épargnerai autant que possible les noms gaéliques à coucher dehors, et je tâcherai d’être brève. Ce qu’il faut savoir: l’Irlande a été marquée par de fortes vagues d’émigration vers les Etats-Unis au milieu du XIXème siècle, après une terrible famine dans les années 1840. Jusqu’au début du XXème siècle, l’île était rattachée à la couronne anglaise et faisait partie intégrante du Royaume-Uni. Mais de nombreux soulèvements vont éclater, menés par des partis indépendantistes, tels le Sinn Féin, pour réclamer l’autonomie de l’Irlande. La guerre d’indépendance irlandaise est marquée par des événements de sinistre mémoire… Si je vous parle du Bloody Sunday ou de l’Insurrection de Pâques 1916, ça vous dit sûrement quelque chose… Quoi qu’il en soit, le traité de Londres ratifié en 1921 mène à une scission de l’Irlande: alors que le sud du pays devient la République d’Irlande (capitale Dublin), souveraine et indépendante, l’Irlande du Nord, aussi appelée Ulster (capitale Belfast), reste rattachée au Royaume-Uni. Il s’ensuivra la guerre civile irlandaise, jusqu’en 1923. Enfin, de 1969 à 1997, l’IRA, force armée, va militer contre la présence britannique en Irlande du Nord et réclamer (sans succès), une autonomie complète. Les questions religieuses, opposant catholiques et protestants, entrent également en ligne de compte dans tous ces événements…

    Voilà pour les grandes lignes… Par cet article, je ne prétends pas prendre parti pour quoi que ce soit. Ce que je veux, c’est simplement rendre hommage à l’Irlande, au peuple irlandais, à ceux qui ont fait l’histoire du pays ou sont morts pour lui… J’espère que la playlist que vous ai concoctée reflètera bien tout cela. J’y ai inclus des morceaux symboliques, des morceaux que j’aime ou qui me touchent… Ma liste sera scindée en deux parties: la première fera la part belle aux chansons militantes ou historiques, tandis que la seconde aura un accent plus nostalgique ou plus joyeux.

    Les militants…

BOBBY SANDS (Paroles et musique: Gary Wicknam/ Soldat Louis, 1993)

    Bobby Sands (Robert Gerard Sands), né en 1954 et mort en 1981, était un député nord-irlandais, activiste notoire de l’IRA. Sous le gouvernement de Margaret Thatcher, accusé de complicité d’attentat, il est incarcéré à la prison de Maze, en Irlande du Nord, où il meurt le 5 mai 1981 après une grève de la faim de 66 jours. Par ces faits, Sands est désormais considéré en Irlande, et au-delà, comme un martyr et comme un héros de la cause républicaine, de la défense de la liberté et de la dignité des prisonniers politiques.

    En 1993, sur son troisième album Auprès de ma bande, Soldat Louis rend hommage à Bobby Sands… Le groupe de rock celtique lorientais prouve, avec la chanson-éponyme Bobby Sands, que leur répertoire ne se cantonne pas qu’à Du rhum des femmes, et qu’ils sont capables d’écrire de beaux titres engagés quand ils s’en donnent la peine. Bobby Sands est une chanson poignante et profonde, qui donne à réfléchir, et dont le refrain-coup de poing ne peut qu’interpeller. Jugez plutôt…

PAROLES:

Les chansons des rues de Belfast

Ont le même parfum d’Irlande

Elles pleurent comme le ciel de Belfast

Comme ont pleuré les yeux de Bobby Sands

Les chansons d’amour en Ulster

Font briller les yeux des filles

Parfois oublier l’Angleterre

Les militaires stationnés pour la vie

Les chansons de guerre à Belfast

Sont piégées de haine farouche

Pour hurler à la gueule d’en face

Pour eux il rest’ra toujours une cartouche

REFRAIN:

Chantez plus fort

Que le monde vous entende

Jurez à mort

L’insolente

Luttez encore

Comme pour l’indépendance

Aimez plus fort

Comme aimait Bobby Sands

Toutes les chansons d’Irlande du Nord

Se souviennent d’une dame de fer

Qui s’était juré d’les voir morts

Un passeport catholique « Bon pour l’enfer »

Les chansons des pubs de Belfast

Trouvent même la bière militante

L’ivresse étant bien moins néfaste

Que l’arrogance de la classe protestante

REFRAIN:

Chantez plus fort

Que le monde vous entende

Jurez à mort

L’insolente

Luttez encore

Comme pour l’indépendance

Aimez plus fort

Comme aimait Bobby Sands

Les chansons d’curé en Irlande

Ont quelques âmes à défendre

Si pour les deux côtés elles chantent

Sans arme, elles savent: Pas d’miracle à attendre

Les chansons des mômes de Belfast

Sentent déjà bon la colère

Pour qu’l'injustice n’ait plus sa place

Les poings serrés avant l’plastic du père

REFRAIN:

Chantez plus fort

Que le monde vous entende

Jurez à mort

L’insolente

Luttez encore

Comme pour l’indépendance

Aimez plus fort

Comme aimait Bobby Sands

Les chansons des rues de Belfast

Ont le même parfum d’Irlande

Elles pleurent comme le ciel de Belfast

Comme ont pleuré les yeux de Bobby Sands

Comme ont pleuré leurs yeux pour Bobby Sands…

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      Soldat Louis interprétant Bobby Sands à l’occasion de la Nuit de la Saint-Patrick à Bercy en mars 2010, avec la participation du Bagad de Locoal-Mendon…

LA BALLADE NORD-IRLANDAISE (Paroles: Renaud Séchan, 1991/ Musique: traditionnel)

    En 1991, sur son album Marchand de cailloux, Renaud nous propose, en guise de titre-phare, une petite chanson en apparence toute simple et gentillette, mais en réalité beaucoup plus profonde… Cette petite chanson, c’est La ballade nord-irlandaise… Renaud revisite à sa sauce le thème traditionnel maintes fois interprété The water is wide*, en écrivant sur cette mélodie un beau texte poétique rendant hommage aux Irlandais qui, malgré que les conflits déchirent catholiques et protestants, sont tous frères. Il évoque plus particulièrement les conflits qui ont secoué l’Irlande dans les années 80-90. Renaud nous parle dans la chanson d’un oranger. Cet oranger, c’est une allégorie et un symbole de la liberté, au-delà de toutes les croyances et de toutes les dissensions qui peuvent exister. A méditer…

PAROLES:

1. J’ai voulu planter un oranger

Là où la chanson n’en verra jamais

Là où les arbres n’ont jamais donné

Que des grenades dégoupillées

2. Jusqu’à Derry ma bien-aimée

Sur mon bateau j’ai navigué

J’ai dit aux hommes qui se battaient

« Je viens planter un oranger »

3. Buvons un verre, allons pêcher

Pas une guerre ne pourra durer

Lorsque la bière et l’amitié

Et la musique nous feront chanter

4. Tuez vos dieux à tout jamais

Sous aucune croix l’amour ne se plaît

Ce sont les hommes, pas les curés

Qui font pousser les orangers

5. Je voulais planter un oranger

Là où la chanson n’en verra jamais

Il a fleuri et il a donné

Les fruits sucrés de la liberté…

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      Clip de La ballade nord-irlandaise version Renaud…

    BONUX: En 2010, sur l’EP Levons nos verres enregistré tout spécialement pour les 40 ans du FIL, les amis acadiens de La Virée ont réalisé une magnifique reprise de La ballade nord-irlandaise, émouvante à souhait, et qui se clôt sur un bouleversant solo de violon final… Alors, comme je kiffe cette reprise et que je kiffe La Virée (et son violoniste… LOL! ;) ), je vous la mets en plus de l’originale… ;)

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    * NB: C’est le même thème The water is wide qui a donné lieu, dans sa déclinaison bretonne, à une certaine chanson Divent an dour… Je dis ça je dis rien… ;)

BEFORE IRELAND CAN GO FREE (texte: Sean O’Casey/ traduction: Tri Yann, 1972)

    Dramaturge et poète irlandais majeur, nationaliste engagé, Sean O’Casey évoque abondamment dans son oeuvre des moments-clés de l’histoire de l’Irlande (l’insurrection de 1916, la guerre d’indépendance, la guerre civile…). En 1972, sur leur tout premier disque Tri Yann an Naoned, les Tri Yann traduisent et enregistrent l’un de ses poèmes sur la révolution irlandaise, sous le titre Before Ireland can go free/ Avant que l’Irlande ne soit libre. Le titre est récité par Jean-Louis Jossic, sur la mélodie traditionnelle Lonely Banna Strand

    Au début de la bataille, plus d’un homme, d’une femme, d’un enfant, avaient quitté travail, mari et jeux

Un enfant, foudroyé sur le pas de la porte

    Un vieillard les bras en croix sur la chaussée

    Un jeune homme près d’un réverbère, qu’il a agrippé quand la balle l’a touché

    Il a glissé, toujours cramponné, et il est mort

    Son visage curieusement blanc regardant le ciel comme s’il demandait pourquoi,

    Son bras raidi enlaçant toujours le réverbère

    Une jeune femme en vêtements d’été

    Peut-être rentrant en hâte à la maison en entendant la fusillade

    Mais pas assez vite!

    Sur son corsage blanc brillant, une tache pourpre de mort s’étendant en plein milieu du dos

    Vous n’aviez signé aucune proclamation? Forcé aucune porte? Pressé aucune gâchette?

    Oh je sais cela! Mais tout de même, l’Irlande avait besoin de vous tout de même, et d’autres mourront encore

    Avant que l’Irlande ne soit libre…

 

ZOMBIE (The Cranberries)

Paroles et musique: Dolores O’Riordan, 1994

    The Cranberries est un groupe de rock irlandais originaire de Limerick, très populaire dans les années 90. La chanson contestataire Zombie, composée en 1994 par Dolores O’Riordan, est probablement leur plus gros tube. Le single s’est écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires et s’est classé au sommet des charts dans plusieurs pays. Zombie se réfère directement au conflit nord-irlandais et à l’Insurrection de Pâques 1916. Il a été écrit en mémoire de deux jeunes gens tués par l’IRA provisoire lors d’attentats en mars 1993. La chanson a été récompensée en 1995 par le MTV Music Awards. En voici le clip… La chanteuse Dolores O’Riordan y apparaît couverte de peinture dorée et entourée d’enfants, pour évoquer le martyre de Saint Sébastien:

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      Clip de Zombie

LE PEUPLE IRLANDAIS (Paroles et musique: Yannig ar Bleiz)

    Magnifique chanson de marins composée par Yannig ar Bleiz, du groupe La Flibuste, en hommage à l’Irlande…

PAROLES:

1. Poussées par les grands vents qui balaient l’océan

Sont venues les tribus du levant

Lorsqu’ils ont débarqué sur cette île oubliée

Leur histoire venait de commencer

2. Poursuivant le soleil, ils ont enfin trouvé

« Tir na nog », leur terre sacrée

Ils ont bâti des temples pour mieux remercier

Les dieux qui les avaient guidés

REFRAIN:

Pour la longue patience, les larmes et le silence,

De Belfast à Dublin, et de Cork à Galway,

Je salue le peuple irlandais*

3. Et les siècles ont passé entre lumière et ombre,

Car là-bas on vit entre deux mondes

Dans les pubs enfumés, on préfère chanter

Les vieux rêves à la réalité

Pour la longue patience, les larmes et le silence,

De Belfast à Dublin, et de Cork à Galway,

Je salue le peuple irlandais

4. Encore combien de pluie avant qu’il fasse bleu

Sous la tourbe, couve encore le feu

Car chacun se souvient des croix sur le chemin

Fait de pierres serrées comme des poings.

5. La raison du plus fort est toujours la meilleure

L’histoire est écrite par les vainqueurs

Une cause à justifier mais qui pourra juger

La mémoire d’un peuple oublié?

Pour la longue patience, les larmes et le silence,

De Belfast à Dublin, et de Cork à Galway,

Je salue le peuple irlandais…

    * C’est cette phrase du refrain qui m’a inspiré le titre de l’article…

      Les chansons à caractère historique…

MY LAGAN LOVE (XVIIIème siècle)

    Voilà une chanson à forte valeur historique et symbolique… My Lagan Love, chanson traditionnelle collectée en 1903, date du XVIIIème siècle, époque de forte domination britannique en Irlande. A première vue, il s’agit d’une chanson d’amour, mais c’est bien plus que cela… Elle marque en réalité un engagement politique fort. En effet, elle a été composée à une époque où il était interdit d’écrire sur l’Irlande. Dans cette chanson, la figure de la femme qu’on aime et qu’on désire est donc une métaphore de l’Irlande! Cette chanson exprime la terre aimée, l’Irlande, qu’on n’a pas le droit de célébrer… My Lagan Love a été interprétée par Sinead O’Connor (album Sean nos nua), The Corrs, Celtic Woman ou encore Kate Bush. C’est la version des Corrs (enregistrée en 2005 sur Home, l’album traditionnel du groupe) que je vous propose d’écouter…

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ARTHUR MCBRIDE (XIXème siècle)

    Arthur McBride est une chanson traditionnelle datant du XIXème siècle. Elle a été écrite dans la ville de Donegal. Cette chanson dénonce la campagne de recrutement menée par l’armée anglaise en Irlande dans le but d’envoyer en première ligne des soldat irlandais plutôt que des soldats anglais. Voici la version du groupe Planxty:

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THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (Robert Dwyer Joyce)

    The Wind that Shakes the Barley est une ballade écrite au XIXème siècle par le poète Robert Dwyer Joyce. Elle raconte la tragique histoire d’un jeune rebelle de Wexford, qui sacrifie son amour pour s’enrôler dans la Rébellion de 1798. Voici la version de la canadienne Loreena McKennitt…

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    NB: The Wind That Shakes the Barley, qui signifie littéralement Le vent qui secoue l’orge, a inspiré le titre du film de Ken Loach Le vent se lève, sorti en 2006 et récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes la même année…

      Nostalgie…

LA MAISON D’IRLANDE (Paroles et musique: Gilles Servat)

    Gilles Servat, poète de la Bretagne militante, chantre notoire de l’interceltisme, mais aussi irlandais de coeur, se remémore, avec sa superbe chanson La maison d’Irlande, les jours heureux passés dans sa maison du Connemara…

PAROLES:

Dressée parmi les pierres, c’était une chouette maison

Vers les routes du ciel où l’Irlande est si belle

Où les murets le soir ourlent de noire dentelle

Des parcelles de tourbières et de joncs

Faut passer par un chemin à péter un essieu

Où l’on peut voir les nuages courir dans les flaques d’eau

Et tout au bout les îles vous en mettent plein les yeux

Les longs sables d’Omey et les cornes de Cruagh

REFRAIN:

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne reverra plus jamais

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos

C’était une chouette maison où j’entendais la nuit

Les camions fous du vent rugir au dessus de mon lit

Et le lendemain je r’gardais la cavalerie charger

Crinières blanches à l’assaut des rochers

Crépitements de la pluie en rafales de tambour

Dans l’odeur de la tourbe j’écrivais tout le jour

Et l’samedi quand j’allais chez Terry faire le plein

Au milieu de tout ce monde je me croyais à Dublin

REFRAIN:

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne reverra plus jamais

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos

Et l’matin du départ, le ciel était tout clair

Sur le chemin je voyais Achill, Bofin et Clare

Un jeune soleil tout propre empoudrait les sommets

Et les flots du Streamstown s’enflammaient

J’y suis retourné souvent pour d’autres grands bonheurs

J’ai des amis là-bas, j’leur ai laissé mon coeur

Oui mais la dernière fois, j’étais un peu perdu

Quand mes amis m’ont dit: « La maison est vendue »

REFRAIN:

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne reverra plus jamais

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos…

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      Gilles Servat interprète La maison d’Irlande lors du spectacle-événement Bretagnes à Bercy en mars 1999…

    … et bonne humeur!

LES FILLES D’IRLANDE (Paroles: Tri Yann, 2001/ Musique: Henry Purcell)

    C’est sur une note de bonne humeur que je clôture cet article-hommage à la verte Erin… En 2001, sur Le Pélégrin, leur magistral album des 30 ans de carrière, nos amis les Tri Yann ont célébré gaillardement les filles et femmes d’Irlande, avec cette composition joyeuse et friponne sur une mélodie virevoltante du compositeur Henry Purcell. Jusqu’en 2007, Les filles d’Irlande figuraient en bonne place sur la set list des concerts, avant de passer à la trappe à partir de la tournée d’Abysses. J’avoue que cette chanson me manque un peu, parce que c’est un titre vraiment taillé sur mesure pour la scène! :)

PAROLES:

Les filles de Galway ont lèvres de miel,

Douces et rouges comme guigne au soleil,

Au soleil, au soleil,

Les filles de Galway ont lèvres de miel (bis)

Les filles de Clonmel faut voir quand elles dansent,

Les anges du ciel frappent la cadence,

Quand elles dansent, quand elles dansent,

Les anges du ciel frappent la cadence (bis).

Les filles de Clare ont le teint si pâle

Que claire est la pluie et clair le cristal,

Teint si pâle, teint si pâle,

Que claire est la pluie et clair le cristal (bis)

Les filles de Cavan sous leurs capes blanches,

On voit leurs dentelles quand elles se déhanchent,

Capes blanches, capes blanches,

On voit leurs dentelles quand elles se déhanchent (bis).

Les filles de Cork ont le diable au corps,

Tu damnerais ton âme pour qu’elles t’aiment encore,

Diable au corps, diable au corps,

Tu damnerais ton âme pour qu’elles t’aiment encore (bis).

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      Tri Yann célèbre avec fougue Les filles d’Irlande sur la scène de l’Espace Marine, au FIL 2003 (extrait du DVD Les Racines du futur)… :)

    Je dédie cet article à ma « soeur jumelle du Web » et fidèle lectrice Lucile, et je la remercie pour ses précieux conseils, en particulier sur les morceaux à caractère historique… :) ;)



Hommage: Tu vois, je pense aux Acadiens…

    Dans la foulée de mon article sur La Virée, et parce que j’éprouve le besoin d’exorciser l’émotion très forte que j’ai ressentie à l’écoute de l’une des plus sublimes complaintes du répertoire de cette région, j’ai décidé de rester un peu en Acadie, et de me pencher d’un peu plus près sur certains « chants de la mémoire », qui relatent l’histoire tourmentée de la province…

    Petite leçon d’Histoire-géo accélérée: L’Acadie, en clair, qu’est-ce que c’est? L’Acadie, c’est une région nord-américaine majoritairement francophone morcelée, sans véritable frontière. On y inclut communément les quatre principales provinces du Canada Atlantique, à savoir le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, l’Île du Prince Edouard, et Terre-Neuve-et-Labrador. Outre ces quatre-là, des communautés de la diaspora acadienne se situent également au Québec, dans les Etats américains du Maine et de Louisiane, en Gaspésie, aux Îles de la Madeleine ou aux Îles Malouines. Entrer dans les détails serait trop compliqué, mais les historiens distinguent « l’Acadie historique » et l’Acadie « généalogique », . L’Acadie dite « historique », colonie de la Nouvelle-France, a été fondée en 1604. De par sa position stratégique entre Canada et Nouvelle-Angleterre, l’Acadie subira les conséquences de nombreux conflits, de guerres civiles en attaques anglaises. A partir de 1710, les Anglais entreprennent de conquérir l’Acadie, et seront appuyés en ce sens en 1713 par le Traité d’Utrecht, bien que la France garde « dans les faits » le contrôle du territoire. Mais les Acadiens refusent de prêter allégeance à la couronne anglaise. En riposte à cette insoumission a lieu la Déportation des Acadiens, entre 1755 et 1763: une grande partie de la population est déportée vers les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et ailleurs, et exilée. Cet épisode douloureux, véritable traumatisme d’un peuple, restera dans les mémoires sous le nom de « Grand Dérangement ». Il est à l’origine de l’éclatement de la diaspora acadienne.

    Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Des poèmes, « chants de la mémoire », des « chants du souvenir acadien », composés par des artistes acadiens ou bretons. Certains sont bouleversants d’émotion… En voici quelques exemples…

EVANGELINE (Paroles et musique: Michel Conte, 1971)

    Inspirée d’un long poème épique écrit au XIXème siècle par l’américain Henry Wadsworth Longfellow, Evangéline est une sublime complainte composée par Michel Conte en 1971. La chanson fut popularisée par Isabelle Pierre. Suivirent plusieurs autres interprètes, notamment Marie-Jo Thério, Lyne Lapierre, Marie Williams, Annie Blanchard, ou encore Elisabeth Milot (du groupe Prenez Garde!). Evangéline est bien plus qu’une simple chanson: c’est le symbole de tout un peuple exilé! Elle raconte l’histoire dramatique de deux fiancés, Evangéline et Gabriel, séparés lors du Grand Dérangement de 1755 et déportés aux Etats-Unis. Pendant de nombreuses années, Evangéline n’aura de cesse de rechercher son amant dans toute l’Amérique. Mais malgré les épreuves, loin de son pays et de son bien-aimé, la jeune femme trouve la force de continuer à vivre, et devient infirmière dans un hospice. Bien des années après, elle retrouve Gabriel, devenu un vieillard, parmi les malades, et il meurt dans ses bras… Quand j’ai écouté la chanson pour la première fois, j’avais la chair de poule et, arrivée au couplet sur les retrouvailles des amants et la mort de Gabriel dans les bras de sa bien-aimé, je sentais les larmes ruisseler sur mes joues, sans que je puisse les contrôler, et sans que je cherche a les contrôler, tant j’avais été bouleversée… :(   :(   :(   C’est d’ailleurs cette forte émotion, dont j’avais besoin de me purger, qui est à l’origine de cet article… Cette complainte magnifique, incontestablement l’un des plus beaux titres du répertoire acadien, peut-être interprétée littéralement comme une chanson d’amour, mais aussi, plus profondément, comme un formidable message d’espoir. Acadien ou non, comment ne pas être touché au plus profond par le symbole que véhicule Evangéline?… En voici une analyse:

    « L’amour pur et fidèle qu’éprouve Évangéline pour Gabriel symbolise la confiance éternelle, sentiment que de nombreux groupes sociaux peuvent éprouver. Lorsqu’ils ressentent cette confiance, ils voient alors poindre une lueur d’espoir dans les ténèbres de l’intolérance et du rejet. Évangéline est porteuse d’un message à la fois mythique et métaphorique, du flambeau de l’amour et de l’espoir éternels, non seulement pour les descendants directs des Acadiens victimes de la Déportation, mais pour ceux et celles qui cherchent désespérément un sens à une existence vide. Il s’agit d’une fonction très importante du mythe. Aux yeux de milliers de gens, Évangéline est l’image de l’émotion qu’elle incarne, un périple difficile à travers les joies et les peines de l’existence, donnant un sens au grand voyage qu’est la vie. » *

    * Cette analyse est issue de l’article Wikipédia consacré à Evangéline: http://fr.wikipedia.org/wiki/Evang%C3%A9line

    Passons maintenant à la chanson proprement dite…

PAROLES:

Les étoiles étaient dans le ciel

Toi dans les bras de Gabriel

Il faisait beau, c’était dimanche

Les cloches allaient bientôt sonner

Et tu allais te marier

Dans ta première robe blanche

L’automne était bien commencé

Les troupeaux étaient tous rentrés

Et parties toutes les sarcelles

Et le soir au son du violon

Les filles et surtout les garçons

T’auraient dit que tu étais belle

Evangéline, Evangéline

Mais les Anglais sont arrivés

Dans l’église ils ont enfermé

Tous les hommes de ton village

Et les femmes ont dû passer

Avec les enfants qui pleuraient

Toute la nuit sur le rivage

Au matin ils ont embarqué

Gabriel sur un grand voilier

Sans un adieu, sans un sourire

Et toute seule sur le quai

Tu as essayé de prier

Mais tu n’avais plus rien à dire

Evangéline, Evangéline

Alors pendant plus de vingt ans

Tu as recherché ton amant

A travers toute l’Amérique

Dans les plaines et les vallons

Chaque vent murmurait son nom

Comme la plus jolie musique

Même si ton coeur était mort

Ton amour grandissait plus fort

Dans le souvenir et l’absence

Il était toutes tes pensées

Et chaque jour il fleurissait

Dans le grand jardin du silence

Evangéline, Evangéline

Tu vécus dans le seul désir

De soulager et de guérir

Ceux qui souffraient plus que toi-même

Tu appris qu’au bout des chagrins

On trouve toujours un chemin

Qui mène à celui qui nous aime

Ainsi un dimanche matin

Tu entendis dans le lointain

Les carillons de ton village

Et soudain alors tu compris

Que tes épreuves étaient finies

Ainsi que le très long voyage

Evangéline, Evangéline

Devant toi était étendu

Sur un grabat un inconnu

Un vieillard mourant de faiblesse

Dans la lumière du matin

Son visage sembla soudain

Prendre les traits de sa jeunesse

Gabriel mourut dans tes bras

Sur sa bouche tu déposas

Un baiser long comme ta vie

Il faut avoir beaucoup aimé

Pour pouvoir encore trouver

La force de dire merci

Evangéline, Evangéline…

Il existe encore aujourd’hui

Des gens qui vivent dans ton pays

Et qui de ton nom se souviennent

Car l’océan parle de toi

Les vents du sud portent ta voix

De la forêt jusqu’à la plaine

Ton nom, c’est plus que l’Acadie

Plus que l’espoir d’une patrie

Ton nom dépasse les frontières

Ton nom c’est le nom de tous ceux

Qui malgré qu’ils soient malheureux

Croient en l’amour et qui espèrent

Evangéline, Evangéline, Evangéline, Evangéline…

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    La version de Marie-Jo Thério… Je vous défie bien d’écouter cette complainte sans sortir la boîte de Kleenex! Je dois préciser qu’Evangéline est l’une des trois seules chansons (avec Lancastria de Tri Yann et Adieu monsieur le professeur d’Hugues Aufray) qui aient réussi à me faire pleurer jusqu’à aujourd’hui. C’est dire…

GRAND-PRE (Paroles et musique: Angèle Arsenault, 1994)

    Grand-Pré est un village de Nouvelle-Ecosse fondé en 1682. Longtemps négligé par le gouvernement colonial, car situé trop loin de Port-Royal, il tomba sous la domination des Britanniques en 1713. Il retourna brièvement sous contrôle des Français après la Bataille de Grand-Pré en 1747. C’est à Grand-Pré que fut menée la plus vaste opération de déportation lors du Grand Dérangement de 1755. Le site est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

    Grand-Pré, c’est également une émouvante chanson composée par Angèle Arsenault en 1994. Cette chanson est un véritable manifeste de l’identité acadienne telle qu’on la définit, avec en plus un bel hommage aux racines françaises de la diaspora acadienne actuelle… Alors qu’Evangéline était, au-delà de l’amour, une exaltation de l’espoir en bout de course, Grand-Pré est empreinte d’un incroyable  et touchant positivisme. Elle est la voix des descendants des exilés, fiers de leur héritage, qui clament haut et fort que la mémoire de leur peuple se perpétuera, et que toujours l’Acadie s’exprimera… La chanson fut interprétée par Angèle Arsenault elle-même, Sandra Le Couteur (chanteuse originaire de l’Île Miscou), ou encore par le collectif Ode à l’Acadie…

PAROLES:

On porte toujours en soi un peu de son pays

Et moi je n’oublie pas que je suis d’Acadie

Si mon histoire est triste, ce n’est pas votre faute

Mais soyons des artistes, écrivons-en une autre

Qui sera bien plus belle, beaucoup moins dramatique

Avec des arcs-en-ciel, d’la danse et d’la musique

A partir d’aujourd’hui, bâtissons l’avenir

En gardant du passé nos plus beaux souvenirs

Grand-Pré, c’est là que tout a commencé

Grand-Pré, c’est là que nous avions rêvé

Grand-Pré, de bâtir un monde nouveau

A l’abri des tempêtes, au bord de l’eau

Grand-Pré, c’était un peu le paradis

Grand-Pré, les Indiens étaient nos amis

Grand-Pré, à l’abri des arbres géants

Dans le Bassin des Mines, à l’origine

Du nouveau continent

Non, ils ne sont pas venus, les soldats, c’est pas vrai

Car dans la petite église, tous les hommes priaient

Les femmes à la maison préparaient le fricot

Les enfants dans les champs surveillaient les troupeaux

Non, elle n’est pas venue, la si terrible guerre

Qui déchire les familles et crée tant de frontières

Si c’est ça mon histoire, je refuse d’y croire

Je préfère oublier ce qui est arrivé

Grand-Pré, tout un peuple qu’on a déporté

Grand-Pré, une page d’histoire qu’on a déchirée

Grand-Pré, les maisons, les fermes brûlées

Tout c’qu’on avait bâti s’est effondré

Grand-Pré, où sont les Leblanc, les Légère

Sont-ils en Louisiane ou à Belle-Île-en-Mer?

Grand-Pré, comment faire pour garder l’espoir

Allons-nous nous revoir, comment savoir

Où se trouve l’Acadie

Dans les prisons de Londres et dans le port de Nantes

Pendant de longues années, ils vécurent dans l’attente

De pouvoir retourner chez eux en Amérique

On les a bien nommés, les piétons de l’Atlantique

Ces braves paysans qui venaient du Poitou

Du Berry, d’la Touraine, d’la Bretagne, de l’Anjou

Ils avaient tout quitté pour un peu d’liberté

On les a condamnés à vivre en exilés

Grand-Pré, je ne veux pas vous faire pleurer

Grand-Pré, mais je ne peux pas oublier

Grand-Pré, que mes ancêtres étaient Français

Et tout ce qu’ils voulaient c’était vivre en paix

Grand-Pré, nous n’étions que quelques milliers

Grand-Pré, nous n’avons pas abandonné

Grand-Pré, aujourd’hui nous pouvons rêver

Trois millions d’Acadiens et d’Acadiennes continuent à chanter

Nous avons survécu

Nous sommes les invaincus

Nous nous sommes relevés

Nous avons triomphé

Nous connaissons la guerre

La faim et la misère

Mais nous n’avons ni frontière

Ni haine, ni regard en arrière

Nous marchons droit devant

Vers le soleil levant

Fiers de notre héritage

Parlant notre langage

Marchant à notre pas

Chantant Alléluia

Enfants de l’Acadie

Notre histoire nous a grandis

Notre histoire n’est pas finie

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    Grand-Pré, superbement interprété par Ode à l’Acadie… Ode à l’Acadie est un collectif de sept jeunes musiciens acadiens, formé en 2004 au Festival acadien de Caraquet à l’occasion du 400ème anniversaire de la fondation de l’Acadie. Le groupe ne devait au départ être qu’éphémère, mais le succès fut tel que l’aventure se prolongea jusqu’en 2010, et que le collectif développa plusieurs spectacles. Ode à l’Acadie se composait des musiciens suivants: Isabelle Thériault, Monique Poirier, Louise Vautour, Patricia Richard, Christian Kit Goguen, Nicolas Basque et François Emond.

ENTRE BELLE-ÎLE ET NANTES (Paroles et musique: Suroît, 2002)

    Tout comme Grand-Pré le faisait de manière subtile, la chanson Entre Belle-Île et Nantes de Suroît, enregistrée en 2002 sur le magnifique album Prends le temps (le meilleur album du groupe, selon moi), célèbre l’amitié indéfectible et le profond sentiment de fraternité qui unit les descendants des Acadiens exilés avec les bretons, plus particulièrement les habitants de Belle-Île-en-Mer. Car beaucoup d’Acadiens déportés trouvèrent à Belle-Île une terre d’accueil et un peuple d’adoption. Le groupe madelinot (qui est à l’Acadie ce que Tri Yann est à la Bretagne) rend donc par le biais de cette chanson un superbe et vibrant hommage à la Bretagne. Et c’est toujours très émouvant de l’entendre chantée à Lorient (comme ci-dessous), car ce titre a, au FIL, une résonnance toute particulière…

PAROLES:

1. J’suis parti sur la côte

Un matin de septembre

Prévenant bien mes hôtes

Qu’il fallait pas m’attendre

Est-ce le cri de ma race

Tous ces bruits qui me hantent?

Je veux suivre leurs traces

Entre Belle-Île et Nantes

2. Quais de la Trinité

Voiliers du Morbihan

Buvons à l’amitié

A mes frères de sang

De bistrots en cafés

Ceux avec qui je chante

Le verre il faut lever

Entre Belle-Île et Nantes

3. De la Côte Sauvage

A la Côte de Jade

C’est à grandes rasades

Que je rends mes hommages

A toutes ces femmes fières

A ces belles amantes

Comme un parfum de mer

Entre Belle-Île et Nantes

4. De mon pays d’hiver

Quand je pense à la France

Vogue vent d’outre-mer

Sur mes itinérances

Puis comme un vieux refrain

Mélodie apaisante

Je refais le chemin

Entre Belle-Île et Nantes…

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    Suroît interprétant Entre Belle-Île et Nantes sur la scène du Pavillon de l’Acadie, au FIL 2013.

JE PENSE A TOI, JE PENSE AUX TIENS (Paroles et musique: Gilles Servat, 2011)

    Dernière chanson-hommage de cette playlist, dans la veine d’Entre Belle-Île et Nantes… Alors que les précédentes ont été composées par des artistes acadiens, là c’est l’inverse. C’est Gilles Servat, ardent défenseur de l’interceltisme et poète de la Bretagne militante, qui a écrit la chanson qui suit, laquelle a été enregistrée sur son dernier album, Ailes et îles, en 2011… Je pense à toi, je pense aux tiens, dédiée à son ami Roland Gauvin, grande voix acadienne rencontrée au FIL, est un hommage touchant aux familles acadiennes chassées de leur pays et réfugiées à Belle-Île, où elles furent accueillies à bras ouverts… Je m’excuse d’avance de ne pas pouvoir vous mettre d’extrait pour celle-ci. J’espère que la beauté des paroles se suffira à elle-même pour vous interpeller… :)

PAROLES:

1. J’écris ces vers

Plage de Pozh Gwenn à Hoëdic

En pleine mer

Entre Quiberon et Le Croisic

2. Dans le parfum des immortelles

Hoëdic dénude sa poitrine

Et plus encore dévoile-t-elle

Sous toison de criste-marine

Blanche faucille tranchant la mer

Porzh Gwenn gerbe les laminaires

Sur sa lame je viens m’asseoir

Pour voir Belle-Île dans le soir

Je pense à toi, je pense aux tiens

3. L’Île de Houat, à droite, étale

Falaises sombres et sable pâle

Mutuel écrin obscur et clair

L’autre par l’un aux yeux offert

Droit devant moi l’Île aux Chevaux

Mène au vent ses poulains jumeaux

Dans la prairie que moutons tordent

Et talus de Belle-Île borde

Je pense à toi, je pense aux tiens

4. La banquise au ciel se fissure

La clarté par ces déchirures

Dans le gris trace des couloirs

Pour nous éblouir de sa gloire

Sous le triomphe de ses rayures

Passe un trois-mâts tribord armures

Ce bateau quel nom portait-il

Qui mena les tiens vers Belle-Île?

Tu vois je pense aux Acadiens *

5. Après l’ombre vient la lumière

Déjà je cligne les paupières

En regardant Kasperankiz

Dans l’or que les flots réfléchissent

Et dans le beau temps qui se lève

Le dieu du soir m’envoie un rêve

A Belle-Île un jour toi et moi

Nous irons pour joindre nos voix

Je pense à toi, je pense aux tiens

Je pense aux tiens, je pense à toi…

    * Tu vois je pense aux Acadiens: vous l’aurez compris, c’est cette phrase de la chanson de Gilles Servat qui m’a inspiré le titre de cet article…

    BONUX: Histoire de finir cet hommage de façon endiablée… Voici un extrait d’un concert un peu particulier: l’ouverture du show Acadie authentique à l’Espace Marine, lors de la Grande Nuit de l’Acadie au FIL 2012. Ce show, qui faisait sa grande première à Lorient, a pour but de démontrer le rayonnement et la vitalité de la musique acadienne, à travers ses nombreuses formes d’expression possible: les violons solistes, le folk-rock celtique, la chanson variétés, le conte… Il rassemble de nombreux artistes, aussi divers que Dominique Dupuis, Louise Vautour, Monique Poirier, Sandra Le Couteur, La Virée, Lisa Leblanc, Patricia Richard, Fayo, Joseph Edgar, George Belliveau, Jac Gautreau,  Dominique Bréau, Isabelle Thériault, ou encore Roch Voisine en guest spéciale (en plus de participer au spectacle, le chanteur, originaire d’Edmunston, était également présent en tant que parrain du prochain Congrès mondial acadien, qui se tiendra en août 2014, dans « l’Acadie des Terres et des Forêts »).

    L’ouverture du show démarre avec le traditionnel Les gens de par chez nous, et se poursuit par un set de reels décoiffants.

    Précisions à toutes fins utiles, le quintet de violonistes qui insuffle toute son énergie à ce set de reels, et qui sert de base musicale à plusieurs morceaux du show, est composé, de gauche à droite, de George Belliveau, Marie-Andrée Gaudet (de Prenez Garde!), Louise Vautour, Dominique Dupuis, et Théo Brideau (de La Virée). L’orchestre « maison », quant à lui, comprend notamment Isabelle Thériault (qui est également chargée de la direction artistique), Christian Kit Goguen, Chris Wheaton, Christien Belliveau, ou encore Sébastien Michaud.

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    Bonne écoute, et puissiez-vous, je l’espère avec cet article, avoir une pensée, même une toute petite, pour les cousins acadiens…



Nous étions cousins éloignés, nous voici redevenus frères…: ode aux hymnes interceltiques

    J’écris beaucoup en fonction de mes humeurs et de mes coups de coeur. Et aujourd’hui, j’ai envie de rendre hommage aux hymnes interceltiques, au travers de quelques morceaux d’origines diverses (bretonnes, galloises, irlando-écossaises…) qui, par leur force symbolique, leurs paroles, ou encore leur caractère récurrent dans plusieurs pays celtiques, exaltent profondément les valeurs de l’interceltisme, FIL ou pas FIL… En voici donc quelques exemples particulièrement édifiants, des morceaux que j’aime et qui me touchent:

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    Tri Yann, Divent an dour. Extrait du concert au FIL 2003 (DVD Les racines du futur).

    Citation de Jean-Louis Jossic au FIL 2011: « Voilà une chanson mes amis que si elle pouvait servir d’hymne à tous les pays celtiques, ce serait très possible, tellement elle a été traduite dans toutes nos langues, même dans des langues qui n’existent pas encore sur notre planète. Divent an dour, en breton La mer est sans fin« …

    Quelques explications: c’est en 2003, sur l’album Marines, que les Tri Yann, avec la contribution parolière de Gilles Servat, ont réalisé cette magnifique adaptation en breton (ce qui n’avait encore jamais été fait…) du thème traditionnel The Water is wide, d’origines incertaines (irlandaises, écossaises, cornouaillaises, anglaises…???) qui se retrouve dans tous les pays celtiques. De nombreux musiciens et chanteurs ont repris The Water is wide: Joan Baez, Bob Dylan, Brenda Wooton, Graeme Allwright, Eva Cassidy, ou encore Renaud (La ballade nord-irlandaise)… En concert, Divent an dour, romantique et planante, est splendide. Mais quand, en plus, dans certaines grandes occasions, un bagad vient compléter le tableau… C’est le bonheur! :) (et ce ne sont pas mes fidèles lectrices qui me contrediront ;) ) Lalalala Lalalala…

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    On continue avec Tri Yann, avec Glen  glas. Ce titre, morceau final de Rummadoù (l’album des 40 ans paru en 2011), est censé raconter comment le dernier descendant des Le Bihan (la famille fictive de Rummadoù) retrouve la trace de ses ancêtres écossais lors d’un congrès interceltique à Cardiff. Hymne interceltique, Glen glas l’est grâce à sa polyglossie: en effet, les couplets sont (dans l’ordre) en breton, en gallois, en cornique et en gaélique, tandis que le fil conducteur (le refrain) est en anglais. Le « Glen glas » en question est une sorte de paradis allégorique… :) . Il serait trop compliqué de retranscrire les différents couplets, alors je vous mets au moins le refrain et sa traduction, qui sont assez symboliques:

Glen glas is on my dreams

This is where I’d like to be

Golden fields and silver streams

This is this what I’d like to see

TRADUCTION: Glen glas est dans mes rêves,

C’est là où je voudrais être,

Les champs d’or et les courants d’argent

C’est ce que je voudrais voir…

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    Le Bro gozh ma Zadoù (Vieux pays de mes pères), l’hymne breton, n’est pas à proprement parler un hymne interceltique, mais plutôt un hymne bi-celtique, puisqu’il a son équivalent au Pays de Galles. L’hymne gallois, similaire, est Hen Wlad Fy Nhadau

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    Gilles Servat, Toujours la mer nous unira

    En 2011, Gilles Servat, dont le profond attachement à l’interceltisme n’est plus à démontrer, clôt son album Ailes et îles par Toujours la mer nous unira, un en-dro jubilatoire où, avec la complicité des Tri Yann dans les choeurs, il chante un interceltisme triomphant et bien réel, ainsi que la ville qui en est le berceau: Lorient… :) D’ailleurs, lorsqu’il l’a chantée en avant-première au FIL 2010, le public a lancé un en-dro géant, et Gilles en personne est descendu prendre son bain de foule pour partager quelques pas de danse… :)

    Cette chanson est tellement symbolique que je me dois de vous en retaper les paroles pour clore cet article:

TOUJOURS LA MER NOUS UNIRA (Gilles Servat)

Aux retrouvailles nous avons bu

Maintenant reposons nos verres (bis)

REFRAIN: Prenez mes mains et tournons nos bras

Si les empires nous séparèrent

Prenez mes mains et tournons nos bras

Toujours la mer nous unira

Dansons et reprenez mon chant

A l’unisson de nos voix claires (bis)

Refrain

Toute notre ancienne parenté

Se fanait derrière des frontières (bis)

Refrain

Si bataille il y eut entre nous

C’est dans des armées étrangères (bis)

Refrain

Voici dans la brise de Lorient

Rassemblées nos belles bannières (bis)

Refrain

Nous étions cousins éloignés

Nous voici redevenus frères (bis)

Refrain

    Voilà! :)

    Le mot de la fin? Prenez mes mains et tournons nos bras, toujours le FIL nous unira!!!



Souffler les bougies!

ZOYEUX N’ANNIVERSAIRE, ZOYEUX N’ANNIVERSAIRE, ZOYEUX N’ANNIVERSAIRE MON BLOG!

ZOYEUX N’ANNIVERSAIRE!

    Eh oui! Aujourd’hui Celtic Chroniques souffle sa première bougie! :) Un an déjà que je vous fais partager ma passion pour la musique celtique! Pourvu que ça dure! On resigne pour un an au minium: ça vous tente? :)

    Pour fêter les 1 an de mon blog, je vous ai préparé quelque chose. Pas un jeu ou un concours avec des trucs à gagner, non! Juste un petit jubilé musical comme j’aime vous en concocter de temps à autre. Voyagez en Celtie au gré des écoutes…

    Voici! :)

    BRETAGNE…

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    Parce que c’est eux, parce que c’est moi, parce que c’est grâce à eux que tout a commencé pour moi… Parce que sans eux, je n’en serais pas là où je suis aujourd’hui, parce que je vais les revoir à Quimper dans 8 jours, parce que grâce à eux j’ai fait plein de belles rencontres, parce qu’ils ont su m’apprendre depuis 9 ans à rêver au fil de leurs chansons tant aimées… La liste serait trop longue, mais mes chers Tri Yann méritent la place d’honneur dans ce jubilé! :) Pelot d’Hennebont sous la pluie de Lorient… Pelot, ma première chanson de Tri Yann, qui restera ma préférée pour toujours…

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    Divent an dour, qui pourrait servir d’hymne interceltique, tellement ça a été traduit dans toutes les langues, même dans des langues qui n’existent pas encore sur notre planète… :)

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    Le plus beau titre composé par Tri Yann en 40 ans: Lancastria… C’est l’une de mes vidéos de concert. C’était la dernière fois que je l’ai entendue en concert (et comme à chaque fois j’ai fondu en larmes). La boîte de Kleenex est indispensable… Un titre infiniment beau et terriblement triste…

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    Mon premier concert de la tournée des 40 ans: entrée en scène sur Na I ri o à Redon…

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    L’un des innombrables exemples de l’engagement de Tri Yann… La Geste de Sarajevo (2001) rend hommage à Eric Hardouin, casque bleu de l’ONU abattu dans la tristement célèbre Sniper Alley pendant la guerre de Bosnie en 1995. Il a été, d’après ce qu’on dit, le seul casque bleu français tué à Sarajevo…

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    Et, parce qu’ils lui doivent un « fier picotin » (comme dit leur biographe Jean Théfaine), il n’est pas question de dire « Foin  de La jument de Michaud« , leur mégatube! :) Vidéo prise au concert de Mantilly, en Normandie, le 19 juillet 2009. J’y étais à ce concert, :) , et c’est là que j’ai pu rencontrer le groupe et échanger pour la première fois avec eux… :) Bled paumé en pleine campagne, mais magnifique concert! :)

       

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    Alan Stivell, Suite Sudarmoricaine. Ces images sont très rares, car elles datent de 1973, année où Stivell cartonnait grâce à son fameux Olympia. Les connaisseurs identifieront les deux jeunes guitaristes: Dan ar Braz, qui n’avait pas encore commencé sa carrière solo, et Gabriel Yacoub, avant la fondation de Malicorne…

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    Gilles Servat, crooner, poète, rebelle, « grande gueule » de la Bretagne militante est, comme les Tri Yann (qu’il a parrainnés à leurs débuts) et Stivell, l’un des quatre piliers de la musique bretonne. Parce que la musique de Gilles, ce n’est pas que La blanche hermine, parce que je vais moi aussi filer, dans 8 jours, sur la route de Kemper (pour Tri Yann), et parce que j’adore cette chanson, je mets La route de Kemper!

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    C’est la première chanson de Gilles Servat que j’ai entendue… Eléonore, sublime ballade, traduction d’une mélodie irlandaise d’O'Carolan…

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    Quatrième « pilier » de la musique bretonne: le guitariste quimpérois Dan ar Braz, qui fit ses premières armes chez Stivell. L’Héritage des Celtes étant une période absolument fondamentale de sa carrière, en parler était obligé. Left in Peace est l’un des tubes incontournables de L’Héritage. Avec l’écossaise Karen Matheson (Capercaillie), la galloise Elaine Morgan, le Bagad Kemper et Michael Jones et Jean-Jacques Goldmann en guests spéciales…

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    Denez Prigent, le « petit prince de la gwerz » au Stade de France, pour la Nuit Celtique 2003. E trouz ar gêr avec les bagadou, ça dépote sec! :)

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    Soldat Louis, Du rhum des femmes. Cette chanson à boire leur a amené le succès en 1988, mais malheureusement les a trop catalogués dans la catégorie « chanson de comptoir, crue et paillarde ». Enfin, bon… J’aime bien quelques titres, mais voilà quoi… Soldat Louis, c’est pas trop ma tasse… de rhum, ni celle de mes tympans, d’ailleurs…

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    Cécile Corbel, la fée à la harpe, dont je suis devenue fan, est sans aucun doute la plus talentueuse représentante de la nouvelle vague bretonne… Sweet Amaryllis.

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    Parce que la Bretagne ne serait pas tout à fait la Bretagne sans les bagadou… un p’tit coup de Lann-Bihoué

      … et assimilés…

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    Nolwenn Leroy, Mna Na H Eireann, avec orchestre philharmonique…

        IRLANDE:

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    The Chieftains, groupe mythique, musiciens surdoués, l’un des meilleurs groupes que porte l’Irlande, bien qu’ils semblent se renouveler assez peu dans leurs concerts. Entre ce concert au FIL 2011 dont je vous propose un extrait, et leur concert au FIL 2008, je n’ai pas vu grande différence, mais j’avais préféré nettement 2008…

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    The Dubliners, aussi ancien et aussi mythique que les Chieftains. Rocky Road to Dublin.

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    Lunasa

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    A l’intention de ma fidèle lectrice, qui adore… :) Newfoundland, le merveilleux thème final de l’oeuvre de Shaun Davey Brendan Voyage… C’est l’un des plus beaux morceaux irlandais que j’ai jamais entendus… :)

        ECOSSE:

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    Capercaillie, LE groupe écossais de référence, fondé par Karen Matheson, qui sera l’une des voix principales de L’Héritage des Celtes, et qui est considérée comme l’une des meilleures chanteuses gaéliques…

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    Amazing Grace, bien sûr bien sûr…

        PAYS DE GALLES:

        http://www.dailymotion.com/video/x51za7

    Les fondamentaux de la musique galloise sont les choeurs masculins…

        GALICE:

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    Carloooooos! Carlos Nùnez est LA figure de proue de la musique galicienne!  Il est surnommé le « Jimmi Hendrix de la gaïta » . Non seulement, il est beau, mais en plus il a un talent monstrueux!!!! :) Je l’ai déjà vu deux fois en concert: magnifiques souvenirs! An Dro au Stade de France…

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    Mar Adentro, bouleversante…

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    Luar Na Lubre, Camarinas. Musique délicate, raffinée, onirique…

      ASTURIES:

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    Hevia, Busindre reel.

        CANADA & ACADIE:

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    Loreena McKennitt, Stolen Child (magnifique)

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    Suroît (les Tri Yann acadiens! :) ) . L’alambic du père Martin est la chanson grâce à laquelle j’ai découvert le groupe… :)

        CORNOUAILLES:

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    La petite région anglaise des Cornouailles ne compte pas énormément de grands noms de la musique celtique. Brenda Wooton en est la plus connue. La chanteuse décédée en 1994, qui a commencé sa carrière sur le tard, était appelée « La Grande Cornouaillaise ». Régulièrement invitée par le FIL dans ses premières années, elle en devint un temps la marraine…

        ILE DE MAN:

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    De même, l’île de Man a assez peu de représentants dans la musique celtique. Néanmoins voici le groupe King Chiaullee, qui s’est produit plusieurs fois à Lorient…

        … ET LES MELANGES:

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    Skilda, Shine, extrait du nouvel album à paraître, Skyewalker. Même si tout semble indiquer le contraire, Skilda est un groupe BRETON. C’est l’ami Konan Mevel (le piper de Tri Yann :) ), qui l’a fondé, partant sur la brillante idée de mélanger musique gaélique, musique bretonne et électro! Le résultat décape (je le confirme plus encore pour les avoir vus en showcase en 2008)! :)

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      Tri martolod irlandisé par les Chieftains et interprété par Vous-Savez-Qui, c’est pas vilain…

        Ce petit jubilé n’a pas l’intention d’être exhaustif, loin de là, mais de présenter les grandes lignes…

    Rendez-vous dans un an pour le deuxième anniversaire de mon blog! :) Chiche?? :)

       

       

       

       

       

       



Sons et sondages 3: La Blanche hermine

    On reste dans la catégorie des tubes emblématiques de la Bretagne, avec la chanson-phare de Gilles Servat, le barde à la voix profonde, la figure de proue de la Bretagne militante: j’ai nommé La Blanche hermine! Gilles Servat écrivit cette chanson, qui fut son premier gros tube, en 1970, et elle fut enregistrée en 1972 sur un album du même nom (premier album de Gilles). La Blanche hermine constitue une affirmation revendiquée de l’identité bretonne. L’hermine est l’animal symbolique du Duché de Bretagne, souverain et indépendant jusqu’au XVIème siècle. La devise du Duché était « Kentoc’h mervel eget bezan saotret », qui se traduit en français par « Plutôt la mort que la souillure ». Après sa sortie, le titre fut disque d’or et devint rapidement l’hymne officieux de la Bretagne (ce qui n’est pas rien!), avec un idéal de liberté et de justice. La chanson, par ailleurs très allégorique, relate les conflits ayant opposé la Bretagne au royaume de France, et illustre à la perfection la devise du Duché Plutôt la mort que la souillure.

    En 1998, Gilles s’indigne de la récupération insidieuse de sa chanson par le Front National et compose un texte en riposte, Touche pas à la Blanche hermine (qui est une violente diatribe contre l’extrême-droite).

    En 2010, le groupe de punk-rock celtique Les Ramoneurs de Menhirs reprend La Blanche hermine sur son album Amzer an Dispac’h. Gilles participe à cette reprise en chantant l’un des couplets.

PAROLES: LA BLANCHE HERMINE

J’ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ

Une troupe de marins, d’ouvriers, de paysans:

« Où allez-vous camarades avec vos fusils chargés! »

« Nous tendons des embuscades, viens rejoindre notre armée! »

REFRAIN

La voilà, la Blanche hermine,

Vive la mouette et l’ajonc!

La voilà, la Blanche hermine,

Vivent Fougères et Clisson!

« Où allez-vous camarades avec vos fusils chargés? »

« Nous tendons des embuscades, viens rejoindre notre armée! »

Ma mie dit que c’est folie d’aller faire la guerre aux Francs,

Je dis que c’est folie d’être enchaînés plus longtemps!

REFRAIN

Ma mie dit que c’est folie d’aller faire la guerre aux Francs,

Je dis que c’est folie d’être enchaînés plus longtemps!

Elle aura bien de la peine pour élever les enfants,

Elle aura bien de la peine, car je m’en vais pour longtemps.

REFRAIN

Elle aura bien de la peine pour élever les enfants,

Elle aura bien de la peine, car je m’en vais pour longtemps.

Je viendrai à la nuit noire tant que la guerre durera,

Comme ces femmes en noir, triste et seule elle m’attendra.

REFRAIN

Je viendrai à la nuit noire tant que la guerre durera,

Comme ces femmes en noir, triste et seule elle m’attendra.

Sans doute pense-t-elle que je suis en déraison,

De la voir mon coeur se serre, là-bas, devant la maison.

REFRAIN

Sans doute pense-t-elle que je suis en déraison,

De la voir mon coeur se serre, là-bas, devant la maison.

Et si je meurs à la guerre, pourra-t-elle me pardonner

D’avoir préféré ma terre à l’amour qu’elle me donnait?

REFRAIN

Et si je meurs à la guerre pourra-t-elle me pardonner

D’avoir préféré ma terre à l’amour qu’elle me donnait?

J’ai rencontré ce matin devant la haie de mon champ

Une troupe de marins, d’ouvriers, de paysans…

REFRAIN

 

    VERSIONS:

       http://www.dailymotion.com/video/x8bi5i

    1) Gilles Servat, père de la chanson, chante sa Blanche hermine au Stade de France, lors de la première Nuit Celtique en mars 2002.

 

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    2) La version punk-rock des Ramoneurs de Menhirs, radicalement différente de l’originale.

   

    Mon choix personnel: de très loin, la version de Gilles Servat, profonde et habitée, qui prend aux tripes!:) Je n’ai rien contre Les Ramoneurs de Menhirs, ce n’est pas mauvais (et je ne vais pas trop critiquer, car l’un des membres est le prof de bombarde de ma soeur… :) ), mais… voilà quoi… sans façon, je n’adhère pas à cette version. Le punk-rock celtique, ce n’est pas mon truc.

 

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    http://www.pixule.com/162166511311_quelle-version-blanche-hermine-preferezvous.html

   A vous de voter!



Actus musicales bretonnes…

  Actus musicales bretonnes... dans Actus 6f621cf4-9570-4a3f-b06e-407c7de27fad  dans Bretagne Je tâcherais, dans cette nouvelle « rubrique », de vous tenir au courant de temps en temps des actus musicales bretonnes. Deux news à noter aujourd’hui:

  – La première concerne un vieux routard de la musique bretonne, l’un des piliers de la première heure aux côtés de Tri Yann et Stivell: Gilles Servat. Le barde à la voix profonde est de retour dans les bacs après six ans d’absence. Son nouvel album studio, joliment intitulé Ailes et îles, est sorti hier. Si personnellement, Sous le ciel de cuivre et d’eau (le précédent) sorti en 2005 m’avait laissée un peu sur ma faim, Ailes et îles est un très bel album, aux textes ciselés. D’une plume souvent tendre (C’est mon gars), parfois acide, voire « sarcaustique » (cf Le Nain charmant…), très poétique, toujours engagée, Gilles aborde des thèmes qui lui sont chers, en français, breton et asturien: îles, Bretagne, Irlande, interceltisme, Lorient et son Festival, hommages divers (Pense à toi je pense aux tiens, Santa Barbara Bendita, Sur le front des bénévoles, Kenavo Youenn Vras…)… L’album a été enregistré à Savenay au studio des Tri Yann, et ces derniers interviennent à plusieurs reprises pour faire les choeurs!Sourire Lors de la venue de Gilles au FIL 2010, j’avais eu l’occasion d’entendre quelques uns des nouveaux titres en avant-première. Mes préférées sont Santa Barbara Bendita et Le cul cousu d’or (adaptation en français du traditionnel irlandais The Wild Rover). Les treize nouvelles chansons d’Ailes et îles sont d’excellente facture et valent le détour! Je consacrerai certainement une chronique à cet album.

  NB: d’ailleurs, je sais que Gilles est sur Unblog. Alors s’il lit cet article, bonjour à lui!Clin doeil

  – La deuxième actu date de la semaine dernière et concerne Nolwenn Leroy. La « Bretonne qui cartonne » est en passe de devenir « la Bretonne qui s’exporte ». Le 28 novembre paraîtra une réédition de Bretonne à l’international, agrémentée de sept nouveaux titres. La réédition sortira aux Etats-Unis. Nolwenn reprendra des titres en anglais comme Whiskey in the Jar, Dirty old town, Scarborough fair, Amazing Grace, ou encore…Moonlight Shadow  de Mike Oldfield. C’est le premier extrait officiel de cette réédition… Personnellement, j’ai écouté et je le trouve insipide… Nolwenn remportera-t-elle aux States le même succès qu’en France? Impossible de faire des pronostics, l’avenir le dira…

 

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