Nolwenn Leroy: Ô filles de l’eau (2012), analyse de « l’après-Bretonne »

Nolwenn Leroy: Ô filles de l'eau (2012), analyse de

Track-list:

1. Davy Jones

2. Juste pour me souvenir

3. Ophélia

4. Sixième continent

5. Homeland

6. J’ai volé le lit de la mer

7. A la vie à la mort

8. Aux filles de l’eau

9. Limitless

10. Ahès

11. Sur mes lèvres

12. Tout a une fin

13. D’émeraude

14. Davy Jones (English version)

15. Lost Again

    Ca y est, le voici le voilà, l’après-Bretonne de Nolwenn Leroy! Le voilà, ce disque de compositions exclusivement originales (ce n’était pas trop tôt…), deux ans après le raz de marée de Bretonne et de ses reprises, et de ses un million d’exemplaires vendus! La brune staracadémicienne finistérienne était, après ce carton, immanquablement attendue au tournant, et il est certain quel jouait gros dans ce nouvel opus. Ô filles de l’eau, cinquième album de la belle, est donc sorti le 26 novembre 2012, soit avant même la fin de la tournée de Bretonne, donc par conséquent, marketing oblige, avant que la vague ne retombe… Ce disque était annoncé comme étant « d’une couleur pop-folk celtisante, dans la continuité de Bretonne« , composé uniquement de chansons originales, sur « le thème poétique et mystérieux de la mer et des sirènes ». Bon, soit. Admettons.

    Comme je l’avais très clairement fait comprendre dans mes chroniques correspondantes, je n’ai guère apprécié l’album Bretonne. Donc, je l’avoue, moi aussi j’attendais d’entendre « l’après-Bretonne« . Et puis, même si je n’avais pas apprécié ce dernier, je me connais, je suis d’une incurable curiosité (ce qui est une qualité, par ailleurs), je savais que je cèderai à la tentation d’écouter ce nouvel opus qui serait, quoi qu’on en dise, décisif dans la carrière de Nolwenn Leroy, afin de m’en faire une idée la plus objective possible. Ce fut le cas… D’ailleurs, je dois dire que ma soeur, qui a plus de goût que moi pour la variété française et a acheté Ô filles de l’eau, m’a facilité involontairement les choses, puisque j’ai pu l’écouter d’une traite plutôt que d’aller sur Deezer et être coupée tous les cinq morceaux tout ça parce que je n’ai pas de compte utilisateur…

    Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, comme dit le proverbe, Ô filles de l’eau a été enregistré à Londres avec la même équipe, producteur et musiciens, que pour Bretonne

    En avant-première, Nolwenn avait présenté son album chanson par chanson dans les colonnes du Télégramme. En lisant cette « explication de textes » titre par titre, j’admets que j’ai eu très peur. Car l’ensemble me paraissait… creux comme une huître morte! Mais résolument, j’ai réservé mon jugement et attendu d’entendre le résultat sur le plan du texte et de la musique.

    Maintenant que j’ai écouté l’album, je peux le dire: je m’attendais à pire, bien pire pour l’après-Bretonne. Mais je n’ai pas été transcendée non plus, loin de là…

    En vérité, avant le contenu même, la première chose qui a fait jaser, et à juste titre, pour Ô filles de l’eau, c’est la pochette du disque! C’est vrai qu’elle se prête à des commentaires… salés (hum!). On y contemple, sur fond de ciel rosâtre et au milieu de rochers en carton-pâte, une Nolwenn sirène au regard de chien battu, affublée d’une queue de poisson. Cette couverture, jugée extrêmement ringarde et photoshopée, a suscité bon nombre de moqueries de la part des détracteurs de Nolwenn aussi bien que de ses fans. Elle est l’oeuvre (hum!) de la photographe australienne Vee Speers, dans la lignée de l’une de ses collections. Ouais, pour la photo d’art, on peut aller se recoucher, hein! Un gosse de cinq ans aurait pu faire la même chose! Et en important une photo dans un logiciel de dessin, n’importe qui serait arrivé au même résultat bâclé… Bon bon bon… De mon point de vue, je me bornerai à dire que j’ai vu mieux en matière de pochette de disque, mais que j’ai aussi vu pire.

    Après tout, l’emballage reste assez secondaire. Le plus important, n’est-ce pas le contenu? Pour Ô filles de l’eau, et c’est heureux, on peut dire que Nolwenn s’est pas mal mouillée, en tout cas bien plus qu’avec Bretonne, en écrivant une partie des titres. Elle a également fait appel à d’autres plumes, d’horizons assez divers: Miossec (qui avait déjà signé Je ne serai jamais ta Parisienne, l’unique inédit de Bretonne), Jean-Louis Murat, Hubert Mounier, Jean-Christophe Urbain, et enfin un talent prometteur, la chanteuse traditionnelle Gwennyn, qui lui a écrit le titre en breton Ahès.

    Sur ce (long) préambule, il est temps d’y aller. Vous y êtes? Prenons une grande inspiration, et une réserve d’oxygène, et plongeons-nous sans plus tergiverser dans les abysses et les méandres de l’imaginaire de la « sirène Nolwenn » (puisque c’est comme ceci qu’elle se revendique sur la pochette du disque, non?).

    Après écoute attentive et remontée à la surface, impressions à chaud: certes, avec Ô filles de l’eau, Nolwenn fait de l’original et non plus des reprises, on ne peut pas le nier, et s’est beaucoup impliquée dans le projet, tout comme elle l’avait fait pour son Cheshire Cat (le gros flop de sa carrière…). Mais il apparaît évident aussi que, malgré ces efforts louables, cet album abyssalo-sirénien manque singulièrement de profondeur. La cause de ce défaut, qui altère l’ensemble? Selon moi, c’est tout simplement parce que Nolwenn a replongé dans le milieu qui l’a fait connaître: en clair, en dépit des sonorités celtisantes certaines de cet album, elle flotte de nouveau (bien que l’immersion ne soit pas totale) dans les eaux troubles de la « soupe » de la variété française tendance dangeureusement mièvre et gnangnan. Voilà.

    On ne se refait pas, me direz-vous. Chassez le naturel, il revient au galop… Force est de constater que dans le cas présent, le vieil adage n’a pas menti…

    Mais prenons le temps de l’analyse plus approfondie des morceaux, si vous le voulez bien! Même si l’ensemble est mitigé, de bons titres se distinguent et sortent du lot. A l’instar de Davy Jones, le titre d’ouverture, écrit par Miossec. Le chanteur brestois, qui est un poète indéniable et sans doute l’une des plus belles plumes de la chanson française, fait revivre pour Nolwenn l’histoire du pirate qui donne son nom au morceau, et la traite à contre-pied, imaginant une vengeance des victimes. J’avoue que c’était une idée… Le résultat est plutôt satisfaisant: les paroles sont (comparées à d’autres chansons du disque…), assez fouillée, et la mélodie, aux fortes influences irlandaises (avec une petite touche amérindienne), fait mouche. Bon point.

    Ophélia, troisième titre de Ô filles de l’eau, se démarque lui aussi. Nolwenn, qui en a écrit les paroles, a dit au Télégramme s’être inspirée de deux choses différentes pour cette chanson:  de la peinture pré-raphaélite d’une part (plus particulièrement de l’Ophélia de Millais), et d’autre part, de El Desdichado, qui est un très joli poème de Gérard de Nerval. Les paroles sont, précisément, poétiques, pas mal recherchées (en tout cas bien moins convenues que sur d’autres titres à suivre!). Un vers du poème de Nerval dit: « J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène« . Le refrain d’Ophélia commence par « Si tu as rêvé dans les eaux sombres/Dans la pénombre/Où nage Ophélia… »… Je trouve que les arrangements sont beaux, et, contrairement à ma fidèle lectrice (qui m’avait déjà communiqué ses impressions sur ce morceau… ;) ), je ne pense pas que Nolwenn fasse des effets vocaux ou des vibratos outrés au sur les refrains. Au contraire, je trouve que c’est bien à l’image, justement, de la figure de la sirène, passant d’une lenteur endormie à l’éclat de voix, d’eaux calmes à une mer démontée, d’une sirène dolente à une sirène prompte à provoquer des naufrages… Vous suivez mon raisonnement? Je crois que c’est le but recherché et que ces variations vocales sont calculées en ce sens. Et après le dernier refrain, on repasse à la lenteur, comme le calme après la tempête… De mon point de vue, Ophélia est, de très loin, le titre le plus réussi d’Ô filles de l’eau.

    Homeland en serait le troisième titre à retenir. Les paroles en anglais ont été écrites sur une petite mélodie de James Horner, empruntée à la BO de Braveheart. Ce morceau est reposant, et les effets vocaux et instrumentaux sont discrets et bien dosés, à l’image par exemple de la reprise de Scarborough Fair sur l’édition Deluxe de Bretonne. J’ai entendu dire qu’Homeland avait été intégré à la BO d’un téléfilm allemand et rebaptisé Take Me Back pour la circonstance…

    Le quatrième et dernier titre que nous pouvons considérer comme au-dessus du lot (et « ô dessus de l’eau »… houplà! OK je sors ;) ), c’est Ahès. Nolwenn tenait, en souvenir de Bretonne, à ce qu’il y ait un titre en breton sur son nouvel album. Grâce à Gwennyn, qui a écrit les paroles d’Ahès et l’a coachée vocalement, c’est chose faite. Que dire de plus qui n’ait déjà été dit sur Ahès/Dahut, fille débauchée du roi Gradlon de Cornouaille, qui provoqua la submersion de la ville d’Ys avant de devenir sirène dans l’océan…? Les paroles, sont, à l’oreille, plutôt fluides, et la mélodie est tout à fait entraînante, avec un petit côté « guerrier » indéniable. Et puis, c’est difficile à affirmer avec certitude puisqu’il s’agit d’une chanson originale, mais il me semble que sur Ahès, Nolwenn chante un peu mieux le breton qu’elle ne le faisait avec Tri martolod ou Suite sudarmoricaine…?

    Quatre titres que je juge vraiment bons sur un album qui en compte quinze. J’en conviens, ce n’est pas beaucoup. Mais d’autres titres sont « limites », oscillent entre deux eaux. C’est le cas pour deux titres: premièrement, pour Juste pour me souvenir, premier titre choisi pour la promotion du disque, et deuxièmement, J’ai volé le lit de la mer. Intéressons-nous à Juste pour me souvenir… Ce morceau est musicalement convenable, pas vilain… Musicalement convenable, certes… mais aussi textuellement extrêmement convenu! En effet, j’ai rarement vu autant de clichés et d’images d’Epinal sur le thème de la mer alignés dans une même chanson! Dans Juste pour me souvenir, on enfile les clichés aussi bien qu’on enfilerait des perles à un collier. Et à mon avis, c’est ça qui gâte l’ensemble: aucune originalité dans le traitement de ces lieux communs… Ce morceau se veut être une chanson pour les femmes de marins. Eh bien, je ne suis pas convaincue. Si j’osais, je dirais que pour composer une vraie bonne gwerz sur un tel sujet, il faut presque l’avoir « dans le sang », pour ainsi dire, que les tragédies liées à la mer soient une histoire de famille… :(    Des artistes comme Louis Capart, par exemple, ont composé des merveilles dans ce genre… C’est pour ça que je trouve que ce titre sonne tellement faux… J’ai volé le lit de la mer est elle aussi une chanson « limite »: en dépit d’une mélodie nerveuse et assez efficace, c’est l’intérêt du thème traité dans le morceau qui me fait tiquer… Nolwenn affirme y parler d’une anecdote se rapportant à l’enfance: comment elle collectionnait des échantillons de sable des différentes plages qu’elle a fréquentées dans des flacons de verre. Selon la demoiselle, nous aurions tous fait cela dans notre enfance… Ah ouais? Première nouvelle! Moi, quand j’étais petite et que nous faisions des virées sur les plages du Calvados avec nos parents, je ramenais des seaux entiers de coquillages plutôt que du sable! Mais bon, chacun fait comme il sent, après tout… Le prendre pour sujet d’un titre, c’est je trouve d’un intérêt très limité, car un thème pareil tournerait vite court…

    Ensuite (descendons d’un palier), il y a un loooong passage à vide, c’est le calme plat, on flotte en surface, mais sans plus: comprenez, on retourne sur plusieurs titres à la variété pure et dure et à la mièvrerie qui, malheureusement, s’y rattache trop souvent… C’est le cas avec A la vie à la mort, un titre court, mais franchement gnangnan, où Nolwenn ronronne plus qu’elle ne chante, et dont la mélodie ne dépareillerait pas dans une pub Atol les Opticiens… ;) LOL. Aux filles de l’eau (qui donne son titre à l’album, et qui rend hommage aux femmes qui vivent de la mer), aussi gorgé de clichés sans originalité que Juste pour me souvenir, et D’émeraude, sont tous deux pareillement raplapla et linéaires d’un point de vue vocal et musical, ils n’auraient pas été reniés par exemple par une Carla Bruni… Tout a une fin (même l’océan…), est à peine plus accrocheur, tout juste relevé par un solo de uileann pipe.

    Naviguer sur une mer d’huile ne permet pas d’éviter les écueils de l’ennui, c’est plutôt l’inverse. En vérité, dans cet « ensemble vide » au coeur de l’album, ce qui pèche le plus, ce sont les chansons en anglais: Limitless et Lost Again. Je ne m’attarderai pas sur Davy Jones (English version), qui n’apporte strictement rien de plus au titre inaugural de l’album. Limitless (écrit par une certaine Sophie Dellila) et Lost Again sont terriblement somnifères et monocordes, au point que l’auditeur non averti pourrait très bien répondre aux ronronnements musicaux de Nolwenn par… des ronflements! En tout cas, moi, elles m’endorment… Il n’y a guère qu’Ahès (qui est le 10ème titre du disque) pour injecter un tant soit peu de piquant à cet ensemble…

    Jusque là, nous sommes allés du bon au fade. Mais s’il y a des titres qui tirent Ô filles de l’eau vers le fond, ce sont bien ses deux énormes ratés: Sixième continent, et Sur mes lèvres (écrit par Jean-Louis Murat)! Avec ces deux-là, on coule à pic et on frôle l’asphyxie… Sixième continent, tout d’abord: c’est un morceau que je trouve juste horrible, et qui se veut être une chanson engagée! Mais mon Dieu! Même si le thème se veut l’être, c’est à peine un ersatz de chanson engagée, tout juste une pâle imitation! D’un point de vue strictement musical, la mélodie est noyée sous une espèce de pulsation omniprésente tout au long du morceau, très années 90, qui prend littéralement la tête et irrite. Par dessus le marché, les paroles sont nunuches à souhait, et cette manie qu’ont les chanteuses variété à vouloir combler les vides astronomiques des textes à grands coups de Na na na na na…, comme Nolwenn le fait dans Sixième continent, m’insupporte au plus haut point! D’après tout ce que j’ai pu lire/entendre ça et là sur la Toile, Sixième continent est loin de faire l’unanimité auprès de ses fans (et je comprends pourquoi!). Pourtant, c’est cette chanson qui a été choisie comme second single extrait d’Ô filles de l’eau… Moi je dis, mauvaise idée… Plus qu’un titre un promouvoir, c’est un titre à jeter!

    Et le second (et plus gros) raté de l’album, c’est Sur mes lèvres. Jean-Louis Murat a écrit pour Nolwenn ce titre ultra-répétitif, trop long, et surtout, bourré de doubles sens très évidents… La mélodie est archi-fade, et le chant, lancinant, pseudo-hypnotique. Sur mes lèvres énerve bien plus qu’il n’envoûte. A considérer comme un « accident de parcours » de Jean-Louis Murat… D’autant plus que, si on lit les paroles, on voit qu’il n’y a absolument aucun rapport entre cette chanson et le thème général d’Ô filles de l’eau! :(

    Le mot de la fin?

    Puisque, comme le chante Nolwenn, tout a une fin, nous allons conclure…

    Ô filles de l’eau est un album aussi contrasté et changeant qu’un ciel d’orage ou qu’une mer qui moutonne avant la tempête. On passe tantôt d’un éclat de brillance et de recherche poétique, à une écriture convenue, bourrée de lieux communs, de mélodies tonifiantes à des titres ennuyeux ou de très gros ratés. Plusieurs auteurs compositeurs différents ont travaillé pour ce disque, et à l’écoute c’est nettement perceptible. C’est dommage, car cette hétérogénéité fait qu’il n’y a pas vraiment de constante qualitative, et fait que j’ai peiné à être vraiment convaincue… Encore une fois, malgré le fait incontestable qu’il s’agisse de titres originaux, Nolwenn nous propose un album en dents de scie et inégal. Personnellement, mis à part quelques bons titres qui m’ont davantage interpellée, je n’ai pas été envoûtée par ces Filles de l’eau… Mais, étant donné que l’album s’est à ce jour vendu à plus de 200 000 exemplaires, je ne doute pas qu’il a su plaire à un certain public.

    Allez, j’avais mis une seule étoile à Bretonne, là chuis sympa, je vais mettre deux étoiles à Ô filles de l’eau, ne serait-ce que pour l’effort de composition (même si on n’atteint pas non plus des sommets de ce côté là)…

    Quoi qu’il en soit, bonne traversée, tenez bon la vague et le vent, et que vogue la galère… ;)

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      Clip de Juste pour me souvenir

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      Davy Jones au concert de l’Olympia (décembre 2012)

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    Ophélia (avec le tableau de Millais en arrière-plan)

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      Ahès (avec les paroles)

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      J’ai volé le lit de la mer

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      Clip de Sixième continent

   



Nolwenn Leroy: chronique express sur les sept titres supplémentaires de « Bretonne édition Deluxe »

Nolwenn Leroy: chronique express sur les sept titres supplémentaires de

Track-list des titres supplémentaires (qui correspondent aux pistes 14 à 20 du CD édition Deluxe):

1. Moonlight Shadow (Mike Oldfield)

2. Scarborough Fair (chanson médiévale anglaise/ Simon and Garfunkel)

3. Whiskey in the Jar (The Dubliners)

4. Siuil a Ruin (traditionnel irlandais)

5. To France (Mike Oldfield)

6. Amazing Grace (traditionnel écossais)

7. Dirty Old Town (Ewan MacColl/ The Pogues)

    Je vous vois venir d’ici: elle n’a pas vraiment témoigné de sympathie pour Nolwenn Leroy dans ses articles précédents, et sa chronique de l’album Bretonne n’était pas des plus enthousiastes, bien au contraire. Alors, pourquoi est-ce qu’elle se donne la peine d’en parler encore?

    Pourquoi?? Bonne question! Tout simplement parce que je suis quelqu’un de consciencieuse, qui aime le travail bien mené jusqu’au bout. Alors, puisque Bretonne a été réédité le 28 novembre dernier en édition « Deluxe » avec sept titres supplémentaires, j’estime qu’il est naturel d’apporter un complément à ma chronique initiale, quel que soit mon ressenti sur ces « reprises inédites » (je fais presque une oxymore, là…). Et, autant être très honnête d’emblée, ce ne sera guère plus dithyrambique que mon premier article…

    Nolwenn (et sa maison de disques…) ont ressorti l’album Bretonne agrémenté de sept nouvelles reprises. Ces dernières étaient jouées en concert avant d’être enregistrées. Il s’agit de chansons anglaises et de traditionnels irlandais ou écossais qui, elles, figureront sur la track-list de l’album quand il sortira aux Etats-Unis (cette sortie était prévue en juillet, mais a été reportée).

    Là encore, tout comme c’était le cas pour les 13 premiers titres de l’album, ces reprises irlandaises ou écossaises sont très contrastées au niveau de la qualité. Bien qu’il n’y ait que sept titres à décortiquer dans cette chronique express, nous pourrions (assez nettement) les classer en trois catégories différentes: les OVNIS musicaux, les reprises bien réussies, et les titres « sympas mais sans plus ».

    Commençons donc, et attaquons-nous pour commencer aux reprises que j’appellerais, et vous comprendrez pourquoi, je pense, les « OVNIS musicaux » (que dis-je! plutôt les OSNI « Objets Sonores Non Identifiés »): à savoir, les deux titres de Mike Oldfield Moonlight Shadow et To France. OVNIS dont la présence apparait comme tout à fait incongrue dans l’album, car tous deux n’ont absolument AUCUN rapport rapport, de près ou de loin, avec la musique celtique, et encore moins Moonlight Shadow! Si ce n’est, peut-être, que l’interprète originale de la chanson, Maggie Reilly, est écossaise, et encore… Même au niveau thématique, difficile de voir le lien: j’ai lu sur Internet que les paroles se référeraient au film Houdini le grand magicien. Où est le rapport avec la musique celtique, je vous le demande! Mais étonnamment, c’est Moonlight Shadow qui a été choisie par Mercury comme premier single de cette réédition. Personnellement, je n’ai rien contre la chanson en elle-même, mais les arrangements à la sauce Nolwenn sont plus que moyens, pour ne pas dire médiocres, et sonnent extrêmement « variétoche un peu datée ». La présence du fiddle et du uileann pipe ne se suffit pas en elle-même poir donner à cette chanson un véritable esprit celte, et en masquer l’incongruité au milieu d’un tel projet… :(

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    L’autre reprise de Mike Oldfield, To France, détonne un peu moins dans l’ensemble que Moonlight Shadow, même si elle n’est pas non plus à sauter au plafond. Elle est un peu plus agréable, et surtout les arrangements sont plus délicats (whistles, etc…), du moins pour le départ de la chanson, qui devient un peu plus tonique par la suite. To France parle de la reine d’Ecosse Mary Stuart. Ce titre trouve donc, par ce sujet, davantage sa place dans le projet que Moonlight

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    To France en concert à Rennes…

    Seconde catégorie où nous pourrions classer certaines de ces reprises: les reprises réussies. Quand même! Il y en a. Ces titres plus réussis sont au nombre de deux. D’une part, Scarborough Fair. Scarborough Fair (La foire de Scarborough, en français) est une vieille chanson médiévale anglaise qui a été popularisée par la version qu’en ont faite Simon and Garfunkel. Les arrangements, délicats, ne versent pas dans l’ostentation, et sont tout à fait plaisants. Un peu comme pour Mna Na H-Eireann, la voix de Nolwenn s’y fait aérienne, voire discrète, et dans l’interprétation, elle est juste ce qu’il faut, sans excès. De plus, dans les arrangements, on sent un effort, surtout vers la fin du morceau, pour imprimer un certain cachet médiéval-Renaissance, et ainsi rester fidèle à l’origine de la mélodie. Bref, Scarborough Fair est un bon point de cette « Edition Deluxe ».

    L’autre titre plutôt réussi est Siuil a ruin, un « chant de femmes » traditionnel irlandais, mêlant l’anglais et le gaélique. Même si son interprétation n’égale pas celle, magnifique, de Clannad, Nolwenn en fait une reprise paisible et assez reposante. Les arrangements sont légers, assez dépouillés, mais il n’y a pas besoin de plus. Autre jolie réussite.

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      Scarborough Fair

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      Siuil a ruin en concert à Pornichet (août 2011)

   

    Mais malheureusement, tout comme avec Brest et Mna Na H-Eireann sur l’édition initiale, la satisfaction prodiguée par ces titres est de courte durée, au regard des trois restants, qui sont pourtant des titres mythiques de la musique irlandaise et écossaise. Il conviendrait de les définir comme des reprises « bof, sympa mais sans plus ». Il s’agit de Whiskey in the Jar et Dirty Old Town pour l’Irlande, et d’Amazing Grace, classique parmi les classiques de la musique traditionnelle écossaise.

    Tout d’abord, Whiskey in the Jar, traditionnel irlandais repris par de très nombreux groupes, notamment The Dubliners (pour citer les plus célèbres!). Mon avis est très mitigé. Ce n’est pas que les arrangements de la présente reprise sont mauvais en eux-mêmes, c’est que c’est… mouuuuu!!! Terriblement mou, fade et dépourvu d’énergie! :( Quand j’écoute la version (hyper-entraînante) des Dubliners, j’ai une envie frénétique de taper dans les mains et de sauter partout. A l’opposée, celle de Nolwenn me laisse juste… complètement de marbre! :’(  Bref, je préfère zapper…

    Ensuite (dans l’ordre des titres sur le CD), Amazing Grace. Aaaaah… Qui ne connaît pas ce sublime chant funèbre traditionnel écossais, repris à tire-larrigot par d’innombrables artistes d’horizons très divers, utilisé pour des musiques de films (genre Star Trek II…), etc…?? Le morceau est connu pour les paroles de la chanson qui l’accompagnent, qu’on dit être « d’une poéticité inouïe », mais il est primordialement connu pour sa mélodie à la cornemuse! Cet air subjugue et bouleverse les foules chaque fois qu’il est joué, et une prestation de pipe-band ne saurait être une presta de pipe-band sans qu’Amazing Grace soit jouée! Parole de connaisseuse! :) Ici, c’est évidemment la version chantée que nous propose Nolwenn plutôt qu’instrumentale. Mais le chant, malgré sa « grande poéticité », pèche ici, car la reprise est bien trop loooongue, et beaucoup trop monocorde. Elle ne me fait passer aucune émotion, au contraire, elle m’ennuie terriblement! :( Le plus grave dans tout cela, c’est que la célèbre partition instrumentale brille par son absence! Aucune cornemuse écossaise à l’horizon! Cela nous laisse l’impression d’un morceau étant complètement vidé de son âme, de ses fondements, de sa substance, quoi! Il est très difficile (dans mon esprit, du moins, car c’est là une habituée des Nuits magiques du FIL qui s’exprime) de dissocier le chant d’Amazing Grace et sa mélodie à la cornemuse, sans qu’il y perde fatalement son identité… Amazing Grace joué dans un stade par une nuit étoilée avec plusieurs pipe-bands écossais et bagadou bretons, qui vous prennent aux tripes comme pas deux, vous foutent des frissons et les larmes aux yeux, renforcé par le chant profond des choeurs gallois, oui, mille fois oui!!! Mais la reprise chantée de Nolwenn, oui… mais NON, NON, NON ET NON!! Ca ne passe pas! :( *

    Et enfin, pour terminer cette édition Deluxe, la reprise de Dirty Old Town, composée par Ewan MacColl et mondialement popularisée par The Pogues. Je n’avais jamais spécialement aimé Dirty Old Town, et ce n’est certes pas la version de Nolwenn, très quelconque, qui me l’a fait apprécier davantage…

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      Whiskey in the Jar en concert à Guingamp (août 2011)

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      Amazing Grace en concert à Saint-Laurent-de-Cuves (Normandie)

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      Dirty Old Town à Pornichet

    Le mot de la fin?

    Il n’y a rien, dans les titres supplémentaires de cette édition Deluxe, qui relève véritablement le niveau général (médiocre) de l’album Bretonne. Deux titres qui n’ont rien à faire dans un tel disque, trois reprises qui ne cassent vraiment pas des briques, et deux autres qui sont bien meilleures que le reste et sauvent de justesse le navire du naufrage, toutefois sans être non plus la panacée… Voilà comment nous pourrions résumer ces sept nouvelles reprises, qui sont parfois malheureusement, par certains côtés, même pires que les treize précédentes… Et rien non plus qui dissipe l’impression de coup commercial que donnait déjà la première mouture, au détriment d’une vraie démarche sincère (éternel débat entre les pro et les anti-Nolwenn Leroy). Ca ne fait au contraire que la confirmer, quand on sait que ces 7 titres anglais, irlandais et écossais vont figurer sur la track-list de l’album quand il sortira aux Etats-Unis, remanié pour la circonstance pour « répondre au marché américain ». Beaucoup de titres français ou bretons ont été écartés, en faveur de ces reprises anglophones… C’est évidemment calculé. Franchement, regardons les choses en face: plus commercial que ça, tu meurs, on ne peut pas prétendre le contraire!

    Le conseil (évidemment non-objectif) que je formulerai pour clore cette chronique (finalement pas si express que ça) sera équivalent à celui que je donnais à la fin de mon premier article: tant qu’à faire, préférez The Dubliners, The Pogues, Clannad ou… les pipe-bands à ces versions décevantes.

    BONUX:

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    Nolwenn reprend également en concert Sunday Bloody Sunday, le tube de U2, qui fait référence à un célèbre épisode de la révolution irlandaise (le Bloody Sunday). La reprise de Nolwenn ne figure sur aucune version de l’album, elle est uniquement en téléchargement sur i-Tunes (i-Thune). Je ne suis pas spécialiste de ce titre, et je ne connais pas du tout U2, ou en tout cas très peu, alors, à l’inverse de tous les autres titres de l’album, je ne saurais comparer avec l’original. A vous de juger!

   

    * Pour les curieux, voici l’article que j’ai consacré l’an dernier à ma découverte un peu particulière (et émotionnelle) d’Amazing Grace: http://celticchroniques.unblog.fr/2011/09/29/choc-celtique/



Sons et sondages 2: Dans les prisons de Nantes

    Je reprends la rubrique Sons et sondages pour parler d’un autre énorme tube, aussi connu et apprécié que La jument de Michao: il s’agit de Dans les prisons de Nantes (ou Les prisons de Nantes tout court). C’est une vieille chanson traditionnelle qui a fait (comme ça arrive parfois pour des airs traditionnels) des allers-retours entre la Bretagne et le Québec. Elle raconte l’histoire d’un prisonnier amoureux de la fille de son geôlier. Condamné à la pendaison, il s’évade, et se jure, s’il revient à Nantes un jour, d’épouser la fille du geôlier… Le plus souvent, la trame de cette chanson souvent reprise est restée la même, mais a connu quelques petites variantes au niveau du lieu: par exemple, Nantes est devenue Londres ou Marmande…

    Dans les prisons de Nantes a été le premier gros tube de Tri Yann, et le titre-phare de leur premier album en 1972. Grâce à cette chanson, matraquée à fond la caisse dans des émissions radio où ils étaient invités à l’époque, ils ont gagné des tremplins radiophoniques. La chanson est devenue l’un des titres fétiches des auditeurs, au nez et à la barbe de Gérard Lenorman ou C. Jérôme, pourtant à la mode à l’époque! Surréaliste pour un groupe amateur aussi jeune! C’est, depuis, l’un des titres de Tri Yann incontournables en concert, et l’un des plus réclamés.

    Nolwenn Leroy a repris Dans les prisons de Nantes en 2010 sur son album Bretonne

    Paroles:

DANS LES PRISONS DE NANTES

Dans les prisons de Nantes, landidoudidoudan…

Y avait un prisonnier (bis)

Personne ne vient le voir…

Que la fille du geôlier (bis)

Un jour il lui demande:

Mais que dit-on de moi? (bis)

On dit de vous en ville…

Que vous serez pendu (bis)

Mais s’il faut qu’on me pende…

Déliez-moi les pieds (bis)

La fille était jeunette…

Les pieds lui a déliés (bis)

Le prisonnier alerte…

Dans la Loire s’est jeté (bis)

Dès qu’il fut sur les rives…

Il se prit à chanter (bis):

Je chante pour les belles…

Surtout celle du geôlier (bis)

Si je reviens à Nantes…

Oui je l’épouserais (bis)…

Dans les prisons de Nantes…

Y avait un prisonnier

 

 

    VERSIONS:

      

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    1) La version de Tri Yann: à chaque fois, elle met le feu aux concerts (comme vous pouvez en juger aux acclamations qui ponctuent cette version live de 1996!)!

 

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    2) La version de Nolwenn Leroy en concert, que, personnellement je trouve beaucoup, beauuuucoup moins enthousiasmante que celle de Tri Yann…

 

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    A vous de voter!

 



Focus sur un coup de coeur musical: la chanson Brest…

    Comme tout le monde, j’ai des artistes de prédilection. Mais il m’arrive aussi parfois d’avoir UN coup de coeur pour UNE chanson particulière de tel ou tel autre artiste, sans pour autant être fan de l’artiste en question. C’est le cas pour l’un des titres phares du chanteur de variétés Miossec: la chanson Brest

    Brest est l’un des titres porteurs de son album 1964, sorti en 2004. La chanson a une portée autobiographique certaine, puisque Miossec est un Brestois pur beurre. Nolwenn Leroy en a fait une reprise assez réussie sur son album très inégal Bretonne. C’est d’ailleurs, avec Mna Na H Eireann, l’une des seules reprises réussies que je concède à son disque. Brest est jolie, poétique, et me plaît, avec ses paroles nostalgiques et sa mélodie douce qui monte en puissance jusqu’à flirter avec le rock au moment du refrain. Vidéos:

 

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    Clip officiel de Miossec

 

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    Nolwenn chante Brest en concert à Guingamp

 

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    Miossec et Nolwenn réunis en duo lors d’un concert de Nolwenn à la Carène de Brest en mars dernier.

 

    Que ce soit l’une ou l’autre version, ça m’indiffère totalement, en fait! Ce sont les paroles qui m’interpellent et me touchent. Mais surtout: ce qui me parle, ce n’est pas le thème littéral du texte (je ne suis pas bretonne, et je n’ai jamais mis les pieds à Brest!), mais son thème profond. A savoir: le déracinement, le fait d’avoir dû quitter la ville d’enfance, chère à notre coeur, pour des raisons professionnelles ou autre. Je me retrouve un peu là-dedans: moi-même, j’ai dû quitter la petite commune d’Eure-et-Loir où j’ai vécu de 0 à 18 ans, et où j’ai passé les plus belles années de ma vie, pour aller étudier en Bretagne. Maintenant, je n’y reviens que pendant les petites et grandes vacances, mais j’ai gardé un attachement indéfectible pour le village et la maison de mon enfance…

    Bref… Refermons la parenthèse nostalgie. Voici les Paroles:

 

BREST

 

Est-ce que désormais tu me détestes

D’avoir pu un jour quitter Brest?

La rade, le port, ce qu’il en reste,

Le vent dans l’avenue Jean-Jaurès.

Je sais bien qu’on y était presque,

On avait fini notre jeunesse

On aurait pu en dévorer les restes

Même au beau milieu d’une averse.

 

REFRAIN: Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest,

Mais nom de Dieu, que la pluie cesse!

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest,

Même la terre part à la renverse.

 

Le Recouvrance que l’on délaisse,

La rue de Siam, ses nuits d’ivresse,

Ce n’est pas par manque de politesse,

Juste l’usure des nuages et de tes caresses.

Ceci n’est pas un manifeste,

Pas même un sermon, encore moins une messe,

Mais il fallait bien qu’un jour je disparaisse

Doit-on toujours protéger l’espèce?

 

Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest…

Est-ce que toi aussi ça te bouleverse?

 

Est-ce que toi aussi ça te bouleverse

Ces quelques cendres que l’on disperse?

Est-ce qu’aujourd’hui au moins quelqu’un te berce?



Télé: Chabada en mode celtique

  Le 20 mars dernier, l’émission dominicale Chabada de Daniela Lumbroso se mettait au vert à l’occasion de la Saint-Patrick, et recevait deux générations d’artistes: Tri Yann, Alan Stivell et Nolwenn Leroy. C’était la première (et seule) émission télé des Tri Yann sur une grande chaîne depuis la sortie de Rummadoù. Ils sont rares sur les plateaux télé (et entre nous, ça ne les a jamais empêchés de vendre des disques et de remplir les salles de concerts!), alors quand ils y passent, on savoure… Depuis huit ans que je les connais, je n’ai dû les voir que cinq ou six fois dans des émissions, tout au plus (ndlr: je ne compte pas dans ce chiffre les reportages de France 3 Bretagne). Les deux dernières fois, c’était en 2004 et 2007, dans des émissions de « l’animateur préféré des français ». Mais en fait de passage, dans ces deux émissions, c’était « 4 minutes et puis s’en vont »: l’animateur et ses acolytes se sont contentés de les faire passer en catimini entre deux autres artistes, sans la moindre interview par la suite… Surtout, je crois que la coupe a été pleine quand, en 2007 dans Tenue de soirée, l’invité d’honneur de l’émission (un « humoriste » plus que douteux…) s’est moqué d’eux, car ils avaient débarqué avec les costumes de la tournée d’Abysses (car il fallait bien qu’ils fassent un peu de promo)… Ca m’avait mise assez en colère. J’attendais donc de voir Chabada… Une amie Tryanaute, qui a eu le privilège d’assister à l’enregistrement de l’émission, avait assuré que c’était eux qui avait le plus chanté et parlé. Voilà qui augurait bien!Sourire Pour couronner le tout, j’étais ravie que l’émission soit programmée le week-end de mon anniversaire! J’étais donc sur France 3 devant la télé le 20 mars. J’ai aimé l’émission dans son ensemble. Je trouve intéressant de réunir des artistes de plusieurs générations autour d’une même thématique ou d’un même répertoire. En l’occurrence, les piliers Tri Yann et Stivell, et le « phénomène » Nolwenn Leroy, pour parler Bretagne. Et que c’était bon de voir que les Tri Yann intervenaient bien plus longuement que d’habitude et étaient considérés avec le respect qui leur est dû, contrairement à chez « l’animateur préféré des français »!!!Sourire En effet, ce sont eux qui ont le plus chanté: en début d’émission, La jument de Michaud. Au milieu, le premier couplet en accéléré de Pour faire de bonnes crêpes. Et, pour clore l’émission, Le retour de la croisade. Ils ont également chanté, sur le canapé, des extraits des Prisons de Nantes, du Bro gozh et de Suite Sudarmoricaine avec Stivell et Nolwenn. Ces deux derniers sont intervenus une fois chacun en solo. Daniela Lumbroso a évoqué Rummadoù (c’était le minimum syndical), mais n’a pas du tout parler du fait qu’ils célébraient leurs 40 ans de carrière… En revanche, il y a deux moments dans l’émission que je n’ai pas aimé: le premier quand un énarque ex-secrétaire d’Etat qui a écrit un bouquin sur la chanson française est venu sur le plateau, et qu’on s’est mis à parler… de politique. Le deuxième passage moins intéressant était celui sur la comédie musicale Anne Frank en fin d’émission,  totalement hors-sujet. Malgré tout, l’émission était globalement bonne.

  En fait, ce qui clochait, ce n’était pas l’émission ou son concept. C’était… euh… la présentatrice… Je suis désolée, mais même quand on ne connaît pas son sujet, on fait attention aux énormités qu’on balance, et on évite les remarques aberrantes pour meubler! Car, au cours de ce Chabada celtique, Daniela Lumbroso a aligné les questions et les remarques stupides. Dont trois m’ont fait me tordre de rire… Premièrement: à un moment, pendant l’entretien avec les artistes, elle balance à Jean-Louis (pour parler de son look et de sa coiffure) « Je trouve que vous avez une tête à Merlin l’enchanteur! » Ha ha ha! Sur le moment, Jean-Louis a paru interloqué (pour peu, on aurait vu le point d’interrogation au-dessus de sa tête), puis s’est marré, et a répondu avec beaucoup d’esprit: « Ouais, c’est Merlin qui m’a copié! » Bien dit, Jean-Louis! Autre: après que Tri Yann, Stivell et Nolwenn aient chanté Les Prisons de Nantes, elle leur a demandé de remplacer les landibidibidi du refrain par… chabadabada! Mais le summum du ridicule, ça a été quand l’une de ses chroniqueuses est venue pour parler du FIL et donner les dates de l’édition 2011. Là, Lumbroso a demandé d’un air naïf: « On peut y aller même si on n’est pas bretons? » Navrée de dire les choses crument, mais on pouvait difficilement faire plus con comme question! D’ailleurs, les artistes devaient penser peu ou prou la même chose, car les Trois Jean se sont marrés et c’est Jean-Paul qui a eu le dernier mot: il a éclaté de rire et répondu « Mais oui! On est très accueillants, par chez nous! ».Argent Encore une fois, bien dit! Enfin bref bref… Nobody’s Perfect…

  Mais l’émission était globalement bonne, et ce sont les Tri Yann qui sont le plus intervenus! C’est ce qui est essentiellement à retenir! Youpi!

  Extraits de cette spéciale Saint-Patrick:

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  Tout le monde, mené par Jean-Louis, chante Les Prisons de Nantes!

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   La jument de Michaud, la vraie, l’originale, fait irruption au grand galop sur le plateau de Chabada! Les papas de la brave bête lui ont rendu toute sa pêche! Ca devait faire bien longtemps qu’on ne l’avait pas entendue dans une version aussi énergique à la télé! Et j’ai constaté, sur ce passage, que Jean-Luc s’éclate tout autant à la guitare sur un plateau télé que sur une grande scène! Pas étonnant, c’est le meilleur des guitaristes…Sourire

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  Tout le monde chante Suite sudarmoricaine… dont la signification est censurée!Argent

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  Stivell chante son incontournable Tri martolod

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  Tous en choeur pour le Bro gozh! D’ailleurs, autant les Trois Jean et Stivell étaient dans le ton, autant Nolwenn était complètement décalée, parce qu’elle a voulu commencer trop vite…

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  L’un des meilleurs moments de l’émission: les Tri Yann chantent en accéléré le premier couplet de Pour faire de bonnes crêpes! Ils ont magnifiquement relevé le challenge, car c’est un chant Rennaissance, donc l’une des techniques de chants les plus difficiles qui soient. Ca devait être encore plus ardu de le chanter en accélérer. A en juger par la tête que faisait Nolwenn, ce n’est pas à la portée de tout le monde! C’est à la réussite de ce genre de challenges qu’on reconnaît les vrais pros! Bravo les gars! Et dire que Lumbroso n’y a vu que « une chanson très amusante »… Pfff…emoticoneemoticone

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  Nolwenn chante sur le canapé un extrait du Bagad de Lann-Bihoué (Souchon).

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  Vers la fin de l’émission, Nolwenn chante Greensleeves en solo…



Actus musicales bretonnes…

  Actus musicales bretonnes... dans Actus 6f621cf4-9570-4a3f-b06e-407c7de27fad  dans Bretagne Je tâcherais, dans cette nouvelle « rubrique », de vous tenir au courant de temps en temps des actus musicales bretonnes. Deux news à noter aujourd’hui:

  – La première concerne un vieux routard de la musique bretonne, l’un des piliers de la première heure aux côtés de Tri Yann et Stivell: Gilles Servat. Le barde à la voix profonde est de retour dans les bacs après six ans d’absence. Son nouvel album studio, joliment intitulé Ailes et îles, est sorti hier. Si personnellement, Sous le ciel de cuivre et d’eau (le précédent) sorti en 2005 m’avait laissée un peu sur ma faim, Ailes et îles est un très bel album, aux textes ciselés. D’une plume souvent tendre (C’est mon gars), parfois acide, voire « sarcaustique » (cf Le Nain charmant…), très poétique, toujours engagée, Gilles aborde des thèmes qui lui sont chers, en français, breton et asturien: îles, Bretagne, Irlande, interceltisme, Lorient et son Festival, hommages divers (Pense à toi je pense aux tiens, Santa Barbara Bendita, Sur le front des bénévoles, Kenavo Youenn Vras…)… L’album a été enregistré à Savenay au studio des Tri Yann, et ces derniers interviennent à plusieurs reprises pour faire les choeurs!Sourire Lors de la venue de Gilles au FIL 2010, j’avais eu l’occasion d’entendre quelques uns des nouveaux titres en avant-première. Mes préférées sont Santa Barbara Bendita et Le cul cousu d’or (adaptation en français du traditionnel irlandais The Wild Rover). Les treize nouvelles chansons d’Ailes et îles sont d’excellente facture et valent le détour! Je consacrerai certainement une chronique à cet album.

  NB: d’ailleurs, je sais que Gilles est sur Unblog. Alors s’il lit cet article, bonjour à lui!Clin doeil

  – La deuxième actu date de la semaine dernière et concerne Nolwenn Leroy. La « Bretonne qui cartonne » est en passe de devenir « la Bretonne qui s’exporte ». Le 28 novembre paraîtra une réédition de Bretonne à l’international, agrémentée de sept nouveaux titres. La réédition sortira aux Etats-Unis. Nolwenn reprendra des titres en anglais comme Whiskey in the Jar, Dirty old town, Scarborough fair, Amazing Grace, ou encore…Moonlight Shadow  de Mike Oldfield. C’est le premier extrait officiel de cette réédition… Personnellement, j’ai écouté et je le trouve insipide… Nolwenn remportera-t-elle aux States le même succès qu’en France? Impossible de faire des pronostics, l’avenir le dira…

 

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La vidéo qui dérange…

  Il y a quelques semaines, un utilisateur YouTube a mis en ligne une vidéo qui, depuis qu’elle a été, récemment, plus largement diffusée, a fait pas mal causer. C’est une vidéo comparative des clips de Nolwenn Leroy et Cécile Corbel (ceux de cette dernière étant plus anciens que ceux de Nolwenn), et nous pouvons faire des constatations fort troublantes…

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  Nous remarquons que les clips de Nolwenn Tri martolod et Mna Na H Eireann présentent d’énormes similitudes avec 3 clips de Cécile Corbel (!): La fille damnée (chanson que, par ailleurs, je vous recommande vivement de découvrir), Sweet Song et Sans faire un bruit. Je connaissais bien sûr les clips de Cécile avant ceux de Nolwenn, et jusqu’à ce que ce montage vidéo soit posté, je n’avais jamais fait le rapprochement. Mais en voyant la vidéo comparative, le pompage est flagrant! L’Agence Bretagne Presse et Le Télégramme se sont appuyés sur cette vidéo pour des articles: en fait, les deux clips de Nolwenn mis en cause seraient de purs et simples plagiats de ceux de Cécile! Il paraît que le réalisateur des clips Tri martolod et Mna Na H Eireann n’en serait pas à son premier plagiat… Les labels et producteurs de Cécile Corbel, qui avaient déposé un copyright à la Sacem pour leurs clips, ainsi que Cécile elle-même, se disent « très chagrinés » par ce plagiat. Mais on ne sait pas s’il va y avoir une plainte déposée contre le réalisateur.

  Quant à Nolwenn… A-t-elle eu son mot à dire sur la réalisation de ses clips? Etait-elle consciente du plagiat? Je me garderai bien d’émettre une opinion tranchée dessus, car je n’en sais rien, mais, à voir cette séquence comparative (qui a suscité un bon nombre de réactions assez vives), le fait est que les ressemblances de ses clips avec ceux de Cécile sont dérangeants et sautent aux yeux. Le plagiat est, semble-t-il, avéré…

  Le showbiz est vraiment un univers impitoyable… Soupirs.



Nolwenn Leroy « Bretonne » (2010): étude d’un phénomène…

Nolwenn Leroy   Track-list:

1. Tri martolod (Alan Stivell)

2. La jument de Michao (Tri Yann)

3. Suite sudarmoricaine (Alan Stivell)

4. Greensleeves (traditionnel anglais)

5. Brest (Miossec)

6. Bro Gozh ma Zadoù (l’hymne breton…)

7. Mna Na H Eireann (Sean O’Riada & The Chieftains)

8. Ma Bretagne quand elle pleut (Jean-Michel Caradec)

9. Je ne serai jamais ta Parisienne (inédit)

10. Karantez Vro (Anjela Duval)

11. Le Bagad de Lann-Bihoué (Alain Souchon)

12. Dans les prisons de Nantes (Tri Yann)

13. Rentrer en Bretagne (Alan Stivell)

  Puisque je chronique sur mon blog des disques de musique celtique, il me paraît difficile de passer à côté du « phénomène » de cette année. Autant que ce soit fait le plus vite possible…

  Lorsque la nouvelle est tombée, fin 2010, ça ricanait, beaucoup étaient sceptiques: Nolwenn Leroy, lauréate de la deuxième saison de Star Ac’, va sortir un album de reprises traditionnelles bretonnes! Ce n’est pas une blague! La chanteuse, qui a connu un « petit creux » de carrière l’année précédente, est née à Saint-Renan et a passé son enfance entre Guingamp et Kersaint-Plabennec. Elle veut « rendre hommage à sa Bretagne ». Mouais…

  L’album Bretonne paraît le 6 décembre chez Mercury et se classe dès sa sortie, à la surprise générale, dans les meilleures ventes, atteignant même la première place pendant plusieurs semaines non-consécutives. Autant dire que ça a eu l’effet d’un pavé dans la mare et qu’il a fait saliver, ce nouveau phénomène! A ce jour, Bretonne s’est écoulé à plus de 500 000 exemplaires et a été récompensé par un disque de diamant.

  Moi-même grande fan de musique celtique, et surtout de Tri Yann dont Nolwenn a repris les deux tubes majeurs, j’étais sceptique à l’annonce de ce disque, pour plusieurs raisons… En premier lieu, en voyant la track-list de l’album: Tri martolod, La jument de Michao, Suite sudarmoricaine, Dans les prisons de Nantes, véritables monuments de la chanson bretonnes, mais aussi le Bro gozh ma zadoù, l’hymne breton. Rien que ça! On prend aussi quelques tubes « d’évocation bretonne » étiquetés variété (Brest de Miossec, Ma Bretagne quand elle pleut de Jean-Michel Caradec, ou Le Bagad de Lann-Bihoué d’Alain Souchon), plus deux titres anglais et irlandais (ce sont d’ailleurs les nationalités des quelques musiciens dont Nolwenn s’est entourée pour l’album…). On mélange le tout, et on obtient Bretonne. Ce qui ressort de cette track-list, c’est qu’il n’y a absolument aucune originalité dans le choix des morceaux. Nolwenn ne semble guère s’être foulée. L’effort d’innovation se réduit à un seul titre inédit, écrit par Miossec sur une mélodie de Didier Squiban (Je ne serai jamais ta Parisienne). Autrement dit, ça ne va pas bien loin… Voilà la première raison pour laquelle j’étais dubitative… La seconde raison, c’est que à l’écoute des extraits avant la sortie du disque, je n’avais pas été emballée, tant au niveau des arrangements qui ne paraissaient pas extraordinaires, que de sa prononciation du breton, qui semblait disons… approximative. J’ai entendu de nombreux chanteurs et musiciens bretons qui le chantaient bien mieux! Mais je suis très curieuse de nature et, malgré mes premières impressions mitigées, je n’étais pas contre le fait d’entendre le résultat final en entier. On m’a prêté l’album de Nolwenn. Je ne suis partie d’aucun a priori sur ses antécédents Star Ac’ et variétés pour juger du disque. Et mes « craintes » initiales ont été confirmées. A l’écoute de Bretonne, je n’ai guère été séduite…

  Je crois que le qualificatif qui correspondrait le mieux à l’album (de mon point de vue bien sûr) serait « en dents de scie ». En effet, je trouve qu’on alterne entre des reprises « sympathiques mais sans plus » (Tri martolod, La jument de Michao, Suite sudarmoricaine, Le Bagad de Lann-Bihoué…), des morceaux très ennuyeux (Greensleeves, Karantez Vro, Je ne serai jamais ta Parisienne, Ma Bretagne quand elle pleut) et… deux véritables massacres, n’ayons pas peur des mots, avec le Bro Gozh ma Zadoù et Dans les prisons de Nantes. Moi qui adore ces deux derniers morceaux, qui sont des joyaux de la musique bretonne, respectivement de pureté et d’énergie, j’en suis très affligée… Au final, seules deux reprises sont au-dessus du lot: Mna Na H Eireann, superbe traditionnel irlandais envoûtant composé par les géniaux Chieftains (pour la BO de Barry Lyndon de Stanley Kubrick, ndlr), et Brest de Miossec. A la base, je ne connaissais pas la chanson Brest, et j’ai été très agréablement surprise!

  Malheureusement, il n’y a selon moi que ces deux morceaux pour sauver l’album du naufrage, et éviter de s’endormir en pleine écoute… Et il y a des arguments à charge pour cet « endormissement »… La critique qui revient le plus souvent chez ceux à qui, comme moi, l’album n’a pas plu, c’est la mollesse qui se dégage de la plupart des morceaux. J’ai trouvé beaucoup des titres terriblement fades et manquant de peps. Quelques exemples… Je suis habituée à entendre La jument de Michaud à chaque concert de Tri Yann. A chaque fois, ce sont huit minutes de folie galopante, et c’est l’ambiance assurée! Tandis qu’avec Nolwenn… Quand j’entends sa version, ce n’est pas à une jument que j’ai affaire, mais plutôt à un poulain sous-vitaminé! A vrai dire, on croirait que cette bonne vieille Jument est shootée aux anxiolytiques… Entre La jument de Tri Yann et celle de Nolwenn, il y a un énooooorme fossé! De la même manière, son Tri martolod ne casse pas des briques, tout comme Le Bagad de Lann-Bihoué, qui a déjà été revisité de façon nettement plus pêchue (par Soldat Louis, entre autres). Le fait que les arrangements en général soient à peine retravaillés n’aide pas… Parfois même, cet aspect peut desservir des morceaux qui, réarrangés autrement ou par quelqu’un d’autre, auraient pu être bien meilleurs: Greensleeves (chanson traditionnelle anglaise composée vraisemblablement par le roi Henri VIII au sujet de sa maîtresse Anne Boleyn) ou encore Ma Bretagne quand elle pleut de Caradec. Je trouve que les arrangements de ces deux titres font très poussiéreux… Toutefois, je souligne que, d’après ce que j’ai entendu dans l’émission Chabada spéciale Saint-Patrick en mars avec Tri Yann, Stivell et Nolwenn, Greensleeves passe mieux en live…

  De plus, la prononciation de Nolwenn du breton ne semble pas très bonne. J’ai déjà entendu beaucoup mieux. C’est flagrant sur la Suite sudarmoricaine (j’ai d’ailleurs beaucoup ri en apprenant qu’elle la reprenait, car c’est une chanson très grivoise, que l’on ne s’attendrait pas à entendre dans la bouche d’une jeune femme!), assez désagréable, et surtout sur le Bro gozh ma zadoù! Je ne supporte vraiment pas sa version, elle m’écorche les oreilles (tant au niveau du breton que de la mélodie)! Ce titre est, d’habitude, absolument sublime. Là, c’est… un massacre éhonté… Les prisons de Nantes aussi sont massacrées je trouve cette version-ci de la chanson ridicule!

  L’album comporte également des longueurs: Karantez Vro (de la poétesse bretonne Anjela Duval), Rentrer en Bretagne de Stivell et l’inédit Je ne serai jamais ta Parisienne pèchent par leur longueur. Si ces trois morceaux avaient été un peu plus court, j’aurais peut-être davantage accroché, ils ne m’auraient pas autant ennuyée…

  Pour une grande majorité de l’album, c’est donc terriblement mou du genou, seuls deux morceaux relèvent véritablement le niveau: Brest de Miossec, et Mna Na H Eireann. Brest est une belle chanson nostalgique à souhait, et les paroles me touchent. Miossec est un poète… Et c’est également le côté « chanson douce qui monte en puissance jusqu’à flirter avec le rock » qui m’a séduite. J’ai aussi entendu la version originale de Miossec dans la foulée. Que ce soit lui ou Nolwenn qui chante, ça m’indiffère totalement, en fait. Ce qui compte le plus et ce qui m’interpelle, ce sont les Paroles! Quant à Mna Na H Eireann (Women of Ireland, en anglais), est une magnifique chanson en gaélique, aérienne et envoûtante grâce principalement à la harpe et au low whistle. Sur ce morceau, Nolwenn fait une prestation très cristalline tout à fait convaincante, qui donne un aperçu appréciable de ses capacités vocales. Jolies réussites, donc.

  Quel dommage que l’album entier n’ait pas été du même acabit que Brest et Mna Na H Eireann…! On aurait peut-être obtenu un bel album s’il en avait été ainsi, et si le choix des chansons avait été plus audacieux, et les arrangements, moins timides… Soupirs…

  Vous l’aurez compris en lisant mes impressions, ça fait trop de déceptions cumulées pour être convaincue par ce que j’entends et adhérer à l’album. Ce n’est pas le fait d’avoir fait des reprises bretonnes qui me choque le plus (la tradition appartient à tout le monde, après tout…). Il y a une troisième raison à mon scepticisme: c’est que j’ai un gros doute, un très (très) gros doute (pour ne pas dire énorme…) sur la sincérité de sa démarche… On le sait bien, le précédent album de Nolwenn, Le Cheshire Cat et moi, n’a connu qu’un succès d’estime. Pourquoi, un an après, se rappeler soudainement de ses racines bretonnes? Avec Bretonne, quoi qu’on en dise, il n’y a pas vraiment eu de « prise de risques », car la plupart des chansons du disque sont très populaires, voire mêmes pour certaines passées dans la mémoire collective grâce à leurs interprètes originaux (La jument de Michao ou Tri martolod…). Et Nolwenn n’apporte strictement rien de nouveau à la musique bretonne, car un album de reprises n’est somme toute qu’une compilation… N’était-ce pas une façon d’attirer de nouveau l’attention sur elle, alors que sa carrière était au point mort, une sorte de « coup médiatique et commercial »…???

  Mais bon, bien que je ne sois pas convaincue de sa sincérité, je préfère ne pas trop me lancer dans ce débat, qui est le type même de débat inextricable et très « chaud » (depuis la sortie du disque, ça a lancé un bon nombre de débats assez cinglants)…

  Reste que Bretonne, malgré son peu d’attraits, permettra peut-être à des néophytes de s’intéresser à la musique bretonne et celtique en général…?

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    Les 3 clips tirés de l’album

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   Vidéo officielle de son concert au Festival de Cornouaille à Quimper en juillet dernier…



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