Gens de France, retenez bien ce qu’ont fait pour vous les hommes de…

  6 juin 1944 – 6 juin 2014… Aujourd’hui, on commémore les 70 ans du Débarquement allié en Normandie… Les cérémonies officielles ont lieu dans le Calvados, dans la zone de Juno Beach. De nombreux chefs d’Etat ont fait le déplacement pour la commémoration de la plus vaste opération militaire de l’Histoire, qui allait conduire à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

    Cette année, le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ingurgitons de les guerres mondiales à toutes les sauces, puisque 2014 marque, non seulement, les 70 ans du Débarquement en Normandie, mais aussi (en novembre prochain), le centenaire de la 1ère GM. La Seconde Guerre Mondiale m’a toujours passionnée, et j’ai beaucoup de respect pour tous ces soldats venus du monde entier combattre en Europe. J’ai donc voulu, en matière d’hommage, apporter ma pierre à l’édifice, à ma façon, et en restant dans le sujet de ce blog. C’est pourquoi j’ai sélectionné pour célébrer cette date particulière, quelques morceaux de musique celtique se rapportant au thème de la 2ème GM et du Débarquement. Voici cette playlist-hommage.

SEIN 1940

(Paroles: Tri Yann, 2003/ Musique: traditionnel)

    En 2003, sur l’album Marines, les Tri Yann ont exhumé un pan méconnu de l’Histoire de la 2ème GM et de l’Histoire bretonne… En effet, le titre Sein 1940 rend hommage aux cent-vingt-deux hommes valides de l’île de Sein (Finistère) qui, suite à l’appel de Londres le 18 juin 1940, s’embarquèrent sur leurs bateaux et rejoignirent le général De Gaulle en Angleterre pour s’engager dans les forces alliées. Historiquement, les Sénans furent LES premiers français à gagner l’Angleterre et entrer dans la Résistance, mais ça, beaucoup de gens l’ignorent… Pour l’anecdote, on prétend même que De Gaulle, passant en revue les premiers groupes de volontaires, demandant aux hommes d’où ils venaient et entendant très souvent répondre « De l’île de Sein! », se serait écrié: « Sein est le quart de la France! ». Bon nombre des Sénans furent enrôlés dans le Commando Kieffer, unité spéciale de fusilliers marins, qui fut le seul contingent de soldats français à prendre part au Débarquement en Normandie. Le général n’oubliera pas le tribut payé par l’île de Sein à la 2ème GM et, après la guerre, nomma l’île Compagnon de la Libération (cinq communes françaises seulement recevront cet honneur).

    On raconte également (et quand je dis « on », je pourrais tout aussi bien dire Jean-Louis Jossic ;) …) que le soir de la Saint-Sylvestre, les femmes de Sein, s’ennuyant et voulant rejoindre leurs maris à Londres, arrachèrent l’île aux fonds marins et la menèrent jusqu’en Angleterre à l’aide de rames gigantesques… Mais ça, c’est une autre histoire dans l’Histoire, et c’est aussi (selon les Tri Yann et Per-Jakez Hélias), la dernière née des légendes bretonnes… ;)

PAROLES:

1. Mille neuf cent quarante, à la fin de juin

Cent vingt-deux hommes de l’île de Sein

Prennent la mer sur six bateaux

Pour l’Angleterre là-haut

Lutter pour la liberté

C’est outrance, Grands de France,

Lorsque de leurs enfants vous vous défiez

2. Parlaient-ils français, parlaient-ils breton?

Peu vous importait alors la question

Ils avaient entendu l’appel

Crié « Kentoc’h mervel! »

Peint « Frankiz » sur leurs cirés.

C’est offense, Grands de France,

Que de condamner leur langue au bûcher

C’est violence, Grands de France,

Que de condamner leur langue au bûcher.

3. Voulant suivre leurs hommes en Albion

Les Sénanes arrachant leur île aux fonds,

A la rame la menèrent

Droit vers l’Angleterre

Cap au nord dans les embruns

Quand on pense, Grands de France,

Vous leur déniez tout droit citoyen.

4. Deux années passèrent, et puis deux années,

Pour ceux qui revirent Saint-Guénolé

Tous n’étaient pas du voyage

Quand finit l’orage

Il en manqua plus de vingt.

Gens de France, retenez bien

Ce qu’ont fait pour vous tous ces marins

Gens de France, retenez bien

Ce qu’ont fait pour vous les hommes de Sein…

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      Sein 1940, version live avec l’ONPL en 2004…

 

LANCASTRIA

(Paroles et musique: Tri Yann, 2007)

    Encore un drame méconnu de la 2ème GM sorti de l’oubli grâce à Tri Yann… En 2007, sur l’album Abysses, le groupe évoque, avec la chanson Lancastria (probablement le plus beau titre qu’ils aient composé en 43 ans de carrière), la plus terrible catastrophe maritime de tous les temps: le naufrage du paquebot écossais Lancastria. Le 17 juin 1940, la veille de l’appel de Londres, et alors que la France est en pleine débâcle face à l’avancée allemande, le Lancastria est réquisitionné pour participer à l’évacuation des soldats britanniques présents sur le territoire français, ainsi que d’un grand nombre de réfugiés civils, belges ou polonais. 8000 à 9000 personnes ont embarqué à bord du paquebot, dont la capacité d’accueil n’était que de 3000 personnes. La nuit du 17 juin, dans le port de Saint-Nazaire, le Lancastria est pris pour cible et bombardé par les avions de la Luftwaffe. Le bateau coulera en vingt minutes, jetant à la mer ses passagers dans le mazout en flammes. Le nombre des noyés, brûlés ou disparus est considérable: on l’estime entre 4000 et 7000 (contre « seulement » 1500 victimes pour le naufrage du Titanic). Les semaines suivantes, des centaines de cadavres seront rejetés par la mer sur les plages de Loire-Atlantique et de Vendée.

    A l’époque, le drame du Lancastria sera complètement passé sous silence en Angleterre sur ordre de Churchill pour, soi-disant, soutenir le moral des troupes… Ce qui explique que ce naufrage soit encore si méconnu aujourd’hui, d’autant plus que les documents du bord sont encore classés secret défense jusqu’en 2040… Par conséquent, que reste-t-il aujourd’hui du Lancastria? Un site Internet ( www.lelancastria.com ), où l’on peut lire de nombreux témoignages de rescapés, un film documentaire de France 3 Ouest (Lancastria: histoure d’un naufrage confidentiel), une commémoration chaque 17 juin à Saint-Nazaire, et la chanson de Tri Yann… Le groupe a contribué à sa façon à tirer cette tragédie de l’oubli. Et de quelle façon! Lancastria est une chanson qui déchire les tripes, émeut et touche en plein coeur: chaque note est polie avec la pureté d’un joyau, chaque mot est réfléchi pour nous toucher en plein coeur, et nous faire vivre corps et âme la détresse des passagers. C’est grâce à Tri Yann et à ce titre que j’ai découvert l’histoire du Lancastria… Et Lancastria a une place particulière dans mon coeur, car il s’agit de la toute première chanson qui m’ait fait pleurer en concert! Trois fois je l’ai entendue en concert, trois fois j’ai fondu en larmes… Et pourtant, je n’ai pas la larme facile en musique, loin de là… Comment, je vous le demande bien, comment ne pas être bouleversé par cette tragédie, à moins d’avoir un coeur de pierre? Au-delà de l’ensemble de la chanson, c’est à chaque fois le dernier couplet, en ce qui me concerne, qui rompt la digue… En effet, le dernier couple, développe une poignante allégorie de l’Europe, qui serait plus que jamais à méditer en ces temps difficiles…

    Merci Tri Yann pour avoir réveillé nos consciences! Et respect inconditionnel pour les victimes de ce naufrage: n’oublions pas la tragédie du Lancastria!

PAROLES:

1. Licorne, qu’as-tu vu du ras de l’océan,

Que de ta peau fendue coule jaune ton sang?

J’ai vu jaune l’ajonc, au loin une fumée

Jaune le rire des hommes cachant leur désarroi,

Les châteaux des enfants sur les plages de Retz,

Les flèches du soleil sur le Lancastria.

2. Licorne, qu’as-tu vu sur la côte? A présent,

De ton flanc lacéré gris s’écoule ton sang?

J’ai vu gris sur les quais les trains de réfugiés,

Gris les coeurs des Anglais revenant des combats,

Les daurades fuyant loin du Grand Charpentier,

Mais l’espoir d’embarquer sur le Lancastria.

3. Licorne, qu’as-tu vu à dix millles au ponant,

Que ton sang devient bleu comme bleu l’océan?

J’ai vu bleu dans le ciel l’hirondelle s’envoler,

Bleue la barre des pins à l’horizon là-bas,

Bleus les yeux d’un enfant, tenant son chien serré

En montant rassuré sur le Lancastria.

4. Licorne, d’où viens-tu, de quel fol ouragan,

Que ton ventre brûlant vomit rouge ton sang?

J’ai vu rouge un volcan dans la cale exploser,

Des torrents rouge feu crachés par les stukas,

Le cheval du gymnase par les flammes embrasé,

J’ai vu rouge la mort sur le Lancastria.

5. Licorne, d’où viens-tu, d’où l’on ne revient pas?

De tes chairs déchirées gicle un sang noir, pourquoi?

J’ai vu noire la mer dévorant les noyés,

Les poumons mazoutés, le chant noir des soldats,

Les os noirs des brûlés dans les vagues jetés,

Noire la cloche du glas sur le Lancastria.

6. Blanche colombe! Du levant venue,

Sur tes ailes déployées, dis-nous, qui portes-tu?

Une fillette née au milieu des combats,

Aimez-la comme vôtre: elle s’appelle Europa…

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      Lancastria

    * NB: La « Licorne » en question, racontant les événements, est un narval (qu’on appelle aussi licorne de mer)…

    – Chaque couplet (à l’exception du dernier, qui lui développe l’allégorie de l’Europe-enfant) s’articule autour d’une couleur différente. En interview, Jean-Louis Jossic a raconté avoir écrit les paroles de la chanson avec des crayons de couleur, afin de mieux s’imprégner encore de l’ambiance qu’il souhaitait faire transparaître dans les couplets: jaune pour le sable et le soleil, gris pour la poussière, rouge pour le sang, noir pour la mort…

FORTUNAT (La Virée)

Paroles et musique: Raynald Basque

    Fortunat, c’est l’histoire vraie de Fortunat Haché, soldat acadien qui participa au Débarquement de Normandie au sein du North Shore Regiment, régiment d’infanterie du Nouveau-Brunswick…

PAROLES:

 

REFRAIN: Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

  En France dans les années 40
  42, 43 c'était pas beau là-bas
  Et jusqu'en 45, toujours avec un flingue
  Pour défendre notre Canada

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 Par ici on pense avoir tout vu
 En r'gardant les p'tites vues, avec de faux Allemands
 Des canons qui sont faits en carton
 Du ketchup pour le sang, Ah oui ç'a l'air bien convainquant

Fortunat c’était un vrai soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 Aujourd'hui ils sont dans ce village
 Ces gens d'un certain âge qu'on respecte par ici
 En novembre au temps de l'Armistice
 Ils pensent aux sacrifices, à ceux qui ont perdu la vie

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 La guerre faudrait jamais la faire
 Mais comme l'Angleterre n'a pas eu le choix
 Fortunat et bien d'autres soldats
 Sont v'nus à vos côtés pour défendre la liberté

Fortunat marche comme un soldat

Un vétéran de Bertrand, du North Shore Régiment

Comme son beau-frère Cléophas

Ils n’étaient pas des lâches, au temps de leur jeune âge

 En plus d'avoir bravé la mort
 Fortunat est rev'nu accablé de remords
 Ce n'est que cinquante quatre ans après,
 Car sa fille le cherchait, que Ria l'en libéra

Fortunat est maintenant grand-papa

Il a une descendance en Hollande sur trois générations

Enfants de la libération

Quand la guerre faisait rage au temps de leur jeune âge

Ils n’étaient pas des lâches au temps de leur jeune âge…

      

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        La Virée chante Fortunat sur la scène du Pavillon de l’Acadie, au FIL 2010…

 

      Et pour terminer…

    Une vidéo un peu insolite, mais qui correspond tout à fait à cet article: le pipe-band de Nijmegen (Pays-Bas), jouant avec une fanfare militaire le thème du générique de Band of BrothersBand of Brothers (Frères d’armes), c’est l’extraordinaire mini-série réalisée par Tom Hanks et Steven Spielberg en 2001, couronnée par d’excellentes critiques et une pluie de récompenses prestigieuses (Golden Globes, Emmy Awards), qui retrace l’histoire des soldats de la Easy Company, une unité parachutiste d’élite de la 101ème division aéroportée de l’armée américaine. Au fil des épisodes, nous suivons les soldats de la Easy de leur camp d’entraînement géorgien jusqu’en Normandie, du Jour J à la prise de Carentan, de la Hollande avec l’opération Market Garden jusqu’à l’enfer enneigé et les conditions précaires de la Bataille des Ardennes, d’Alsace-Lorraine jusqu’au « nid d’aigle » d’Hitler en Bavière… Reconstitutions ultra-réalistes, réalisation époustouflante, interprétation à couper le souffle par un casting cinq étoiles (Damian Lewis, David Schwimmer, Donnie Wahlberg, Michael Fassbender, James MacAvoy, Neal McDonough pour ne citer que quelques noms pêle-mêle…), histoire émouvante et personnages attachants… Les critiques sont le plus souvent dithyrambiques sur la série, et moi-même je ne taris pas d’éloges à son sujet… C’est pourquoi je trouve sympa de clore mon article commémoratif du D-Day avec cette vidéo: comme il s’agit d’un PIPE-BAND, elle a parfaitement droit de cité dans cet article, et ça me permet de faire un clin d’oeil à ma série préférée… ;)

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    Le mot de la fin?

    A tous ceux qui sont morts pour la France…

    A tous ceux qui se sont battus pour la liberté en Europe…

    A toutes les victimes, soldats, civils ou résistants…

    Bref, à tous ceux qui ont oeuvré pour l’Europe et le monde, pour que nous vivions aujourd’hui dans un monde en paix, qui ont donné leur vie pour préserver notre liberté, je rends ce modeste hommage. C’est pourquoi ma conclusion tient en un mot comme en cent: MERCI!!!!



Actus: Tri Yann fonde un collectif d’artistes bretons pour soutenir la réunification de la Bretagne

    Minute politique du jour, qui trouve entièrement sa place ici…

    Je ne vous apprendrai rien en vous parlant du projet de réforme du « millefeuille territorial » , qui devrait aboutir à terme à un redécoupage des régions. La dernière réforme de ce genre date du mandat de VGE. Si ce projet est mené à bien, des fusions devraient s’opérer entre régions, deux par deux, telles que la Bourgogne et la Franche-Comté, la réunification des deux Normandies (Haute et Basse), un rassemblement de l’Alsace et de la Lorraine, comme dans l’ancien temps, ou encore une fusion entre les Pays de Loire et la Région Centre, qui donnerait lieu à une grande région Val de Loire. Mais aussi… le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, fiévreusement demandé depuis des années par tous les partisans de la « Bretagne historique », à cinq départements (Nantes ayant toujours été la capitale historique du duché de Bretagne).

    Or, les Tri Yann, Jean-Louis Jossic en tête, viennent de fonder un collectif d’artistes bretons pour soutenir la réunification de la Bretagne. Le groupe ayant toujours milité pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, cela n’a surpris personne. De nombreux artistes bretons ont déjà signé en faveur de ce collectif: Alan Stivell, Gilles Servat, Nolwenn Korbell, Dan ar Braz, Mariannig Larc’hantec, Etienne Grandjean, Sylvain Barou, Louis Capart, Alan Simon, Yvon Etienne, Yves Ribis, Soïg Sibéril, Brieg Guervenno, Pat O’May, les Frères Guichen, Jean-Louis Le Vallégeant, Gweltaz Ar Fur, Taran Celt, Daonet…

    Je n’ai pas pour habitude de discuter sur ce blog des questions politiques ou de faire étalage de mes opinions, mais cette fois-ci je ne peux pas y couper. En ce qui me concerne, je suis favorable à une réforme des régions, dans le sens d’un redécoupage logique et légitime. Si je suis mitigée sur les potentielles fusions de plusieurs régions, plusieurs autres en revanche m’apparaissent comme logiques, et surtout légitimes: réunir l’Alsace et la Lorraine comme c’était le cas avant… Réunifier la Normandie pour former une seule et même région plus forte à 5 départements, parce que c’est complètement con d’avoir deux Normandies différentes… Fusionner les Pays de Loire et la Région Centre pour créer une Région Val de Loire (sans compter que ça a quand même plus de gueule de dire qu’on vient de région Val de Loire plutôt que de Région Centre!  ;)  LOL ). Et je suis également pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, qui est légitime… En effet, la Loire-Atlantique faisait partie intégrante de la Bretagne jusqu’à la 2ème GM, avant d’en être dissociée par Pétain. De plus, Nantes a toujours été la capitale historique de la Bretagne, c’est à Nantes, et non pas à Rennes, qu’est situé le Château des Ducs de Bretagne, et le sentiment d’appartenance à la Bretagne et l’héritage culturel bretons ont toujours été très forts en Loire-Atlantique, alors que historiquement Nantes et la Loire-Atlantique n’ont jamais été bretonnants (tout comme Rennes, la capitale administrative). Le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, conformément à ce qui est envisagé dans la future réforme territoriale, ne serait donc que justice, et marquerait un aboutissement des attentes de tous les partisans pro-réunification.

    C’est donc tout naturellement que je souscris à 200 % à l’initiative des Tri Yann et de leurs homologues qui, je l’espère, sera couronnée de succès et débouchera sur le rattachement tant attendu et demandé.

    Comme causer de politique, c’est souvent chaud, et que la musique adoucit les moeurs… j’ai envie de clore cet article en musique, tout en restant dans le sujet… L’émouvante chanson de Dan ar Braz et Clarisse Lavanant J’avais cinq enfants, composée en 2012 pour l’album et le spectacle Celebration, défend l’idée d’une Bretagne à 5 départements en employant la métaphore d’une Bretagne comme figure matricielle, comme une mère. Le texte serait à méditer en profondeur…

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    Dan ar Braz et Clarisse Lavanant interprètent J’avais cinq enfants lors du concert Celebration au FIL, au Slipway du port de pêche de Lorient, le 11 août 2012…

J’AVAIS CINQ ENFANTS (Dan ar Braz/Clarisse Lavanant)

1. J’avais cinq enfants réunis

En un même pays

Entre la pierre et la mer

Cinq enfants de rivières

Dont j’étais la source mère

Lorsque j’étais entière

J’avais cinq enfants, aujourd’hui

Il me manque une fille

2. C’est bien plus qu’un morceau de terre

C’est un bout de ma chair

Arrachée à mes frontières

Devenues étrangères

Dans une même géographie

D’autres vents lui ont dit:

« Que vous l’ayez ou non choisi

Vous n’êtes plus d’ici »

3. Mais qu’a-t-on fait de notre histoire?

Il y a dans sa mémoire

Des villes et tant de passions

Qui portent encore mon nom

Le sang d’un peuple insoumis

Dans ses veines bat aussi

Comme le coeur d’une reine endormie

Elle reste en moi depuis…

4. J’avais cinq enfants réunis

Sous le ciel de mes nuits

Entre Clisson et Fougères

Cinq enfants de lumière

Dont j’étais la source mère

Lorsque j’étais entière

J’avais cinq enfants, aujourd’hui

Rendez-moi cette fille…



Il y a dix ans…: A chacun l’âge venu, la découverte après l’ignorance!

    3 avril 2004 – 3 avril 2014…

    Aujourd’hui, cela fait dix ans que ma vie a littéralement basculé. Dix ans que ma vie et celle de ma famille ont amorcé LE tournant qui allait par la suite nous ouvrir les portes de la Bretagne, de Lorient, du FIL et que sais-je encore…

    Il y a dix ans jour pour jour, à Chartres, nous avons assisté à notre tout premier concert de Tri Yann…

    Il y a dix ans, du haut de mes tout juste 13 ans, tout récemment initiée à la musique du groupe, j’ai pris dans la figure la claque la plus monumentale de ma vie!!!

    Ce soir-là, toute notion de temps s’est pour moi distendue, est devenue insignifiante. Ce soir-là, moi la gamine de collège, je suis subjuguée par Jean-Louis, « le fou chantant » du groupe, dans ses extraordinaires oripeaux  de goéland baroque, je navigue entre crises de fou rire devant ses contes délirants, et émotion devant la voix de Jean-Paul, ou de l’engagement profond des textes des chansons. J’applaudis à tout rompre, je hurle les refrains à gorge déployée… Ce soir-là, je passe par tout un panel d’émotions exacerbées que je n’avais encore jamais éprouvées dans ma courte vie, si fortes, si authentiques, si puissantes, que la sensation de « manque » post-concert du lendemain (que je ressentais également pour la première fois) m’a parue cruelle… Ce soir-là, je suis pleinement et totalement devenue FAN!!!

    De cette soirée qui a bouleversé mon existence entière, il me reste quelques photos, prises « de loin », une vidéo d’une poignée de secondes filmée pendant le Bro gozh ma zadoù (tout un symbole!), mais aussi, dans mon coeur, une flamme qui ne s’éteindra jamais: la passion, la passion Tri Yann, une passion et un amour inconditionnels pour le groupe et sa musique, et plus généralement pour toute la musique celtique… Ce soir là, à 13 ans, j’ai eu LA Révélation de ma vie!

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    Depuis cette inoubliable première fois, onze autres autres concerts ont suivi, et presque autant d’éditions du FIL. Deux autres concerts sont en prévision pour cet été… Autant dire que je suis TRES loin de racrocher mes crampons de Tryanaute! Que cela dure encore le plus longtemps possible, c’est ce que je souhaite!

    Oui… En ce jour « commémoratif », je fais mien (en l’adaptant quelque peu) l’adage de Morvan Lebesque, énoncé par Tri Yann dans un titre récité en 1976: A chacun, l’âge venu, la découverte après l’ignorance!!!  :D

      (snif snif snif…)

      Celtic Chroniques, Tryanaute hyper émue et hyper heureuse!! :D



Tri Yann: les projets à venir 2014

    Fin janvier, les Tri Yann ont transmis à la mailing-list et au site officiel leurs voeux 2014, et en ont profité pour annoncer dans la foulée les projets à venir pour cette nouvelle année:

    - d’abord, la parution en ce début d’année chez Coop Breizh d’un diptyque rassemblant les albums Marines et Abysses réédités. Respectivement parus en 2003 et 2007, ces deux excellents albums consacrés à la mer, parmi les meilleurs du groupe, étaient introuvables depuis bien longtemps. Cette réédition est donc une bonne occasion, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, de découvrir ces deux pépites (d’ailleurs, à la date où j’écris cet article, je crois que le diptyque est déjà sorti… J’ai trois trains de retard comme toujours… ;) :P )

    - Deuxième projet à venir: le nouvel album du groupe est actuellement en préparation. Son titre provisoire est Légendes… Tout un programme! :) Dans son message de voeux, le groupe l’a annoncé pour « dans quelques mois ». Cette estimation est très évasive, mais au moins ils sont prudents, ils ne s’engagent à aucun délai précis. Personnellement, sachant que nos Trois Jean sont perfectionnistes, et que, de l’aveu décontracté de Jean Chocun lui-même, au moment de la sortie de Rummadoù en 2011, ils sont « toujours à la bourre », je compterais plutôt sur ce nouvel album pour 2015. Mais bon, on verra bien! ;) Et, que ce soit pour dans un an ou plus, hâte qu’il sorte! ;)

    Et, bien entendu, les concerts ponctueront régulièrement cette année 2014. Le groupe va bientôt reprendre le chemin des concerts, après 3 mois de pause (le dernier concert de la saison 2013 était le 30 novembre au Zénith de Nantes). Prochain rendez-vous à Sarcelles le 28 février. Et pour moi, l’été prochain, ce sera… Saint-Servant sur Oust (Morbihan! :) ) le samedi 12 juillet!!!!!!!!!! Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!!!!! :)

    Toutes les infos à suivre sur le site officiel, bien sûr: http://edoll.free.fr/



Je salue le peuple irlandais…

   On poursuit dans la série des « articles-hommages »… Après notre petite virée émotionnelle en Acadie d’octobre dernier, je vous propose de mettre le cap, non pas au nord du continent américain, mais vers le nord de l’Europe, vers un pays réputé pour ses vertes vallées, ses magnifiques paysages sauvages, pour ses légendes, l’une des nations celtes « historiques »… Vous n’avez pas deviné? Je veux parler de l’Irlande!

    Peuplée de quelques 6 millions d’habitants, pays-membre de l’UE depuis 1973, l’Irlande est la plus grande île d’Europe. Terre fertile en légendes, qui occupent une place importante dans l’imaginaire celtique, elle est aussi considérée comme le « berceau » et la mémoire de la musique celtique. De toute la grande famille des musiques celtiques, la musique irlandaise est probablement la plus renommée mondialement. Et qui n’a jamais entendu parler, ou jamais fêté la Saint-Patrick? ;)

    Mais, au-delà de l’épanouissement culturel et économique manifeste du pays, il y a des pages sombres qui ne sauraient être occultées… En effet, à l’instar de l’Acadie historique, l’Irlande a eu une histoire chaotique. Je vous épargnerai autant que possible les noms gaéliques à coucher dehors, et je tâcherai d’être brève. Ce qu’il faut savoir: l’Irlande a été marquée par de fortes vagues d’émigration vers les Etats-Unis au milieu du XIXème siècle, après une terrible famine dans les années 1840. Jusqu’au début du XXème siècle, l’île était rattachée à la couronne anglaise et faisait partie intégrante du Royaume-Uni. Mais de nombreux soulèvements vont éclater, menés par des partis indépendantistes, tels le Sinn Féin, pour réclamer l’autonomie de l’Irlande. La guerre d’indépendance irlandaise est marquée par des événements de sinistre mémoire… Si je vous parle du Bloody Sunday ou de l’Insurrection de Pâques 1916, ça vous dit sûrement quelque chose… Quoi qu’il en soit, le traité de Londres ratifié en 1921 mène à une scission de l’Irlande: alors que le sud du pays devient la République d’Irlande (capitale Dublin), souveraine et indépendante, l’Irlande du Nord, aussi appelée Ulster (capitale Belfast), reste rattachée au Royaume-Uni. Il s’ensuivra la guerre civile irlandaise, jusqu’en 1923. Enfin, de 1969 à 1997, l’IRA, force armée, va militer contre la présence britannique en Irlande du Nord et réclamer (sans succès), une autonomie complète. Les questions religieuses, opposant catholiques et protestants, entrent également en ligne de compte dans tous ces événements…

    Voilà pour les grandes lignes… Par cet article, je ne prétends pas prendre parti pour quoi que ce soit. Ce que je veux, c’est simplement rendre hommage à l’Irlande, au peuple irlandais, à ceux qui ont fait l’histoire du pays ou sont morts pour lui… J’espère que la playlist que vous ai concoctée reflètera bien tout cela. J’y ai inclus des morceaux symboliques, des morceaux que j’aime ou qui me touchent… Ma liste sera scindée en deux parties: la première fera la part belle aux chansons militantes ou historiques, tandis que la seconde aura un accent plus nostalgique ou plus joyeux.

    Les militants…

BOBBY SANDS (Paroles et musique: Gary Wicknam/ Soldat Louis, 1993)

    Bobby Sands (Robert Gerard Sands), né en 1954 et mort en 1981, était un député nord-irlandais, activiste notoire de l’IRA. Sous le gouvernement de Margaret Thatcher, accusé de complicité d’attentat, il est incarcéré à la prison de Maze, en Irlande du Nord, où il meurt le 5 mai 1981 après une grève de la faim de 66 jours. Par ces faits, Sands est désormais considéré en Irlande, et au-delà, comme un martyr et comme un héros de la cause républicaine, de la défense de la liberté et de la dignité des prisonniers politiques.

    En 1993, sur son troisième album Auprès de ma bande, Soldat Louis rend hommage à Bobby Sands… Le groupe de rock celtique lorientais prouve, avec la chanson-éponyme Bobby Sands, que leur répertoire ne se cantonne pas qu’à Du rhum des femmes, et qu’ils sont capables d’écrire de beaux titres engagés quand ils s’en donnent la peine. Bobby Sands est une chanson poignante et profonde, qui donne à réfléchir, et dont le refrain-coup de poing ne peut qu’interpeller. Jugez plutôt…

PAROLES:

Les chansons des rues de Belfast

Ont le même parfum d’Irlande

Elles pleurent comme le ciel de Belfast

Comme ont pleuré les yeux de Bobby Sands

Les chansons d’amour en Ulster

Font briller les yeux des filles

Parfois oublier l’Angleterre

Les militaires stationnés pour la vie

Les chansons de guerre à Belfast

Sont piégées de haine farouche

Pour hurler à la gueule d’en face

Pour eux il rest’ra toujours une cartouche

REFRAIN:

Chantez plus fort

Que le monde vous entende

Jurez à mort

L’insolente

Luttez encore

Comme pour l’indépendance

Aimez plus fort

Comme aimait Bobby Sands

Toutes les chansons d’Irlande du Nord

Se souviennent d’une dame de fer

Qui s’était juré d’les voir morts

Un passeport catholique « Bon pour l’enfer »

Les chansons des pubs de Belfast

Trouvent même la bière militante

L’ivresse étant bien moins néfaste

Que l’arrogance de la classe protestante

REFRAIN:

Chantez plus fort

Que le monde vous entende

Jurez à mort

L’insolente

Luttez encore

Comme pour l’indépendance

Aimez plus fort

Comme aimait Bobby Sands

Les chansons d’curé en Irlande

Ont quelques âmes à défendre

Si pour les deux côtés elles chantent

Sans arme, elles savent: Pas d’miracle à attendre

Les chansons des mômes de Belfast

Sentent déjà bon la colère

Pour qu’l'injustice n’ait plus sa place

Les poings serrés avant l’plastic du père

REFRAIN:

Chantez plus fort

Que le monde vous entende

Jurez à mort

L’insolente

Luttez encore

Comme pour l’indépendance

Aimez plus fort

Comme aimait Bobby Sands

Les chansons des rues de Belfast

Ont le même parfum d’Irlande

Elles pleurent comme le ciel de Belfast

Comme ont pleuré les yeux de Bobby Sands

Comme ont pleuré leurs yeux pour Bobby Sands…

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      Soldat Louis interprétant Bobby Sands à l’occasion de la Nuit de la Saint-Patrick à Bercy en mars 2010, avec la participation du Bagad de Locoal-Mendon…

LA BALLADE NORD-IRLANDAISE (Paroles: Renaud Séchan, 1991/ Musique: traditionnel)

    En 1991, sur son album Marchand de cailloux, Renaud nous propose, en guise de titre-phare, une petite chanson en apparence toute simple et gentillette, mais en réalité beaucoup plus profonde… Cette petite chanson, c’est La ballade nord-irlandaise… Renaud revisite à sa sauce le thème traditionnel maintes fois interprété The water is wide*, en écrivant sur cette mélodie un beau texte poétique rendant hommage aux Irlandais qui, malgré que les conflits déchirent catholiques et protestants, sont tous frères. Il évoque plus particulièrement les conflits qui ont secoué l’Irlande dans les années 80-90. Renaud nous parle dans la chanson d’un oranger. Cet oranger, c’est une allégorie et un symbole de la liberté, au-delà de toutes les croyances et de toutes les dissensions qui peuvent exister. A méditer…

PAROLES:

1. J’ai voulu planter un oranger

Là où la chanson n’en verra jamais

Là où les arbres n’ont jamais donné

Que des grenades dégoupillées

2. Jusqu’à Derry ma bien-aimée

Sur mon bateau j’ai navigué

J’ai dit aux hommes qui se battaient

« Je viens planter un oranger »

3. Buvons un verre, allons pêcher

Pas une guerre ne pourra durer

Lorsque la bière et l’amitié

Et la musique nous feront chanter

4. Tuez vos dieux à tout jamais

Sous aucune croix l’amour ne se plaît

Ce sont les hommes, pas les curés

Qui font pousser les orangers

5. Je voulais planter un oranger

Là où la chanson n’en verra jamais

Il a fleuri et il a donné

Les fruits sucrés de la liberté…

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      Clip de La ballade nord-irlandaise version Renaud…

    BONUX: En 2010, sur l’EP Levons nos verres enregistré tout spécialement pour les 40 ans du FIL, les amis acadiens de La Virée ont réalisé une magnifique reprise de La ballade nord-irlandaise, émouvante à souhait, et qui se clôt sur un bouleversant solo de violon final… Alors, comme je kiffe cette reprise et que je kiffe La Virée (et son violoniste… LOL! ;) ), je vous la mets en plus de l’originale… ;)

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    * NB: C’est le même thème The water is wide qui a donné lieu, dans sa déclinaison bretonne, à une certaine chanson Divent an dour… Je dis ça je dis rien… ;)

BEFORE IRELAND CAN GO FREE (texte: Sean O’Casey/ traduction: Tri Yann, 1972)

    Dramaturge et poète irlandais majeur, nationaliste engagé, Sean O’Casey évoque abondamment dans son oeuvre des moments-clés de l’histoire de l’Irlande (l’insurrection de 1916, la guerre d’indépendance, la guerre civile…). En 1972, sur leur tout premier disque Tri Yann an Naoned, les Tri Yann traduisent et enregistrent l’un de ses poèmes sur la révolution irlandaise, sous le titre Before Ireland can go free/ Avant que l’Irlande ne soit libre. Le titre est récité par Jean-Louis Jossic, sur la mélodie traditionnelle Lonely Banna Strand

    Au début de la bataille, plus d’un homme, d’une femme, d’un enfant, avaient quitté travail, mari et jeux

Un enfant, foudroyé sur le pas de la porte

    Un vieillard les bras en croix sur la chaussée

    Un jeune homme près d’un réverbère, qu’il a agrippé quand la balle l’a touché

    Il a glissé, toujours cramponné, et il est mort

    Son visage curieusement blanc regardant le ciel comme s’il demandait pourquoi,

    Son bras raidi enlaçant toujours le réverbère

    Une jeune femme en vêtements d’été

    Peut-être rentrant en hâte à la maison en entendant la fusillade

    Mais pas assez vite!

    Sur son corsage blanc brillant, une tache pourpre de mort s’étendant en plein milieu du dos

    Vous n’aviez signé aucune proclamation? Forcé aucune porte? Pressé aucune gâchette?

    Oh je sais cela! Mais tout de même, l’Irlande avait besoin de vous tout de même, et d’autres mourront encore

    Avant que l’Irlande ne soit libre…

 

ZOMBIE (The Cranberries)

Paroles et musique: Dolores O’Riordan, 1994

    The Cranberries est un groupe de rock irlandais originaire de Limerick, très populaire dans les années 90. La chanson contestataire Zombie, composée en 1994 par Dolores O’Riordan, est probablement leur plus gros tube. Le single s’est écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires et s’est classé au sommet des charts dans plusieurs pays. Zombie se réfère directement au conflit nord-irlandais et à l’Insurrection de Pâques 1916. Il a été écrit en mémoire de deux jeunes gens tués par l’IRA provisoire lors d’attentats en mars 1993. La chanson a été récompensée en 1995 par le MTV Music Awards. En voici le clip… La chanteuse Dolores O’Riordan y apparaît couverte de peinture dorée et entourée d’enfants, pour évoquer le martyre de Saint Sébastien:

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      Clip de Zombie

LE PEUPLE IRLANDAIS (Paroles et musique: Yannig ar Bleiz)

    Magnifique chanson de marins composée par Yannig ar Bleiz, du groupe La Flibuste, en hommage à l’Irlande…

PAROLES:

1. Poussées par les grands vents qui balaient l’océan

Sont venues les tribus du levant

Lorsqu’ils ont débarqué sur cette île oubliée

Leur histoire venait de commencer

2. Poursuivant le soleil, ils ont enfin trouvé

« Tir na nog », leur terre sacrée

Ils ont bâti des temples pour mieux remercier

Les dieux qui les avaient guidés

REFRAIN:

Pour la longue patience, les larmes et le silence,

De Belfast à Dublin, et de Cork à Galway,

Je salue le peuple irlandais*

3. Et les siècles ont passé entre lumière et ombre,

Car là-bas on vit entre deux mondes

Dans les pubs enfumés, on préfère chanter

Les vieux rêves à la réalité

Pour la longue patience, les larmes et le silence,

De Belfast à Dublin, et de Cork à Galway,

Je salue le peuple irlandais

4. Encore combien de pluie avant qu’il fasse bleu

Sous la tourbe, couve encore le feu

Car chacun se souvient des croix sur le chemin

Fait de pierres serrées comme des poings.

5. La raison du plus fort est toujours la meilleure

L’histoire est écrite par les vainqueurs

Une cause à justifier mais qui pourra juger

La mémoire d’un peuple oublié?

Pour la longue patience, les larmes et le silence,

De Belfast à Dublin, et de Cork à Galway,

Je salue le peuple irlandais…

    * C’est cette phrase du refrain qui m’a inspiré le titre de l’article…

      Les chansons à caractère historique…

MY LAGAN LOVE (XVIIIème siècle)

    Voilà une chanson à forte valeur historique et symbolique… My Lagan Love, chanson traditionnelle collectée en 1903, date du XVIIIème siècle, époque de forte domination britannique en Irlande. A première vue, il s’agit d’une chanson d’amour, mais c’est bien plus que cela… Elle marque en réalité un engagement politique fort. En effet, elle a été composée à une époque où il était interdit d’écrire sur l’Irlande. Dans cette chanson, la figure de la femme qu’on aime et qu’on désire est donc une métaphore de l’Irlande! Cette chanson exprime la terre aimée, l’Irlande, qu’on n’a pas le droit de célébrer… My Lagan Love a été interprétée par Sinead O’Connor (album Sean nos nua), The Corrs, Celtic Woman ou encore Kate Bush. C’est la version des Corrs (enregistrée en 2005 sur Home, l’album traditionnel du groupe) que je vous propose d’écouter…

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ARTHUR MCBRIDE (XIXème siècle)

    Arthur McBride est une chanson traditionnelle datant du XIXème siècle. Elle a été écrite dans la ville de Donegal. Cette chanson dénonce la campagne de recrutement menée par l’armée anglaise en Irlande dans le but d’envoyer en première ligne des soldat irlandais plutôt que des soldats anglais. Voici la version du groupe Planxty:

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THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY (Robert Dwyer Joyce)

    The Wind that Shakes the Barley est une ballade écrite au XIXème siècle par le poète Robert Dwyer Joyce. Elle raconte la tragique histoire d’un jeune rebelle de Wexford, qui sacrifie son amour pour s’enrôler dans la Rébellion de 1798. Voici la version de la canadienne Loreena McKennitt…

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    NB: The Wind That Shakes the Barley, qui signifie littéralement Le vent qui secoue l’orge, a inspiré le titre du film de Ken Loach Le vent se lève, sorti en 2006 et récompensé par la Palme d’or au Festival de Cannes la même année…

      Nostalgie…

LA MAISON D’IRLANDE (Paroles et musique: Gilles Servat)

    Gilles Servat, poète de la Bretagne militante, chantre notoire de l’interceltisme, mais aussi irlandais de coeur, se remémore, avec sa superbe chanson La maison d’Irlande, les jours heureux passés dans sa maison du Connemara…

PAROLES:

Dressée parmi les pierres, c’était une chouette maison

Vers les routes du ciel où l’Irlande est si belle

Où les murets le soir ourlent de noire dentelle

Des parcelles de tourbières et de joncs

Faut passer par un chemin à péter un essieu

Où l’on peut voir les nuages courir dans les flaques d’eau

Et tout au bout les îles vous en mettent plein les yeux

Les longs sables d’Omey et les cornes de Cruagh

REFRAIN:

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne reverra plus jamais

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos

C’était une chouette maison où j’entendais la nuit

Les camions fous du vent rugir au dessus de mon lit

Et le lendemain je r’gardais la cavalerie charger

Crinières blanches à l’assaut des rochers

Crépitements de la pluie en rafales de tambour

Dans l’odeur de la tourbe j’écrivais tout le jour

Et l’samedi quand j’allais chez Terry faire le plein

Au milieu de tout ce monde je me croyais à Dublin

REFRAIN:

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne reverra plus jamais

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos

Et l’matin du départ, le ciel était tout clair

Sur le chemin je voyais Achill, Bofin et Clare

Un jeune soleil tout propre empoudrait les sommets

Et les flots du Streamstown s’enflammaient

J’y suis retourné souvent pour d’autres grands bonheurs

J’ai des amis là-bas, j’leur ai laissé mon coeur

Oui mais la dernière fois, j’étais un peu perdu

Quand mes amis m’ont dit: « La maison est vendue »

REFRAIN:

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne reverra plus jamais

Chérissons les instants qui se meurent aussitôt

Et qu’on ne retrouvera qu’au cimetière des photos…

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      Gilles Servat interprète La maison d’Irlande lors du spectacle-événement Bretagnes à Bercy en mars 1999…

    … et bonne humeur!

LES FILLES D’IRLANDE (Paroles: Tri Yann, 2001/ Musique: Henry Purcell)

    C’est sur une note de bonne humeur que je clôture cet article-hommage à la verte Erin… En 2001, sur Le Pélégrin, leur magistral album des 30 ans de carrière, nos amis les Tri Yann ont célébré gaillardement les filles et femmes d’Irlande, avec cette composition joyeuse et friponne sur une mélodie virevoltante du compositeur Henry Purcell. Jusqu’en 2007, Les filles d’Irlande figuraient en bonne place sur la set list des concerts, avant de passer à la trappe à partir de la tournée d’Abysses. J’avoue que cette chanson me manque un peu, parce que c’est un titre vraiment taillé sur mesure pour la scène! :)

PAROLES:

Les filles de Galway ont lèvres de miel,

Douces et rouges comme guigne au soleil,

Au soleil, au soleil,

Les filles de Galway ont lèvres de miel (bis)

Les filles de Clonmel faut voir quand elles dansent,

Les anges du ciel frappent la cadence,

Quand elles dansent, quand elles dansent,

Les anges du ciel frappent la cadence (bis).

Les filles de Clare ont le teint si pâle

Que claire est la pluie et clair le cristal,

Teint si pâle, teint si pâle,

Que claire est la pluie et clair le cristal (bis)

Les filles de Cavan sous leurs capes blanches,

On voit leurs dentelles quand elles se déhanchent,

Capes blanches, capes blanches,

On voit leurs dentelles quand elles se déhanchent (bis).

Les filles de Cork ont le diable au corps,

Tu damnerais ton âme pour qu’elles t’aiment encore,

Diable au corps, diable au corps,

Tu damnerais ton âme pour qu’elles t’aiment encore (bis).

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      Tri Yann célèbre avec fougue Les filles d’Irlande sur la scène de l’Espace Marine, au FIL 2003 (extrait du DVD Les Racines du futur)… :)

    Je dédie cet article à ma « soeur jumelle du Web » et fidèle lectrice Lucile, et je la remercie pour ses précieux conseils, en particulier sur les morceaux à caractère historique… :) ;)



Dix ans…

    27 décembre 2003 – 27 décembre 2013… Dix ans…

    Aujourd’hui, cela fait dix ans que j’ai découvert Tri Yann…

    C’est avec un brin de nostalgie, avec excitation, et avec une tendresse certaine que je considère ces dix années écoulées… A l’époque, j’avais 12 ans, j’étais collégienne, aujourd’hui j’en ai 22 et je suis diplômée de fac. Dix ans, ça fait un sacré bail! Dix ans au cours desquels ma vie a totalement basculé. Dix ans de passion triyannesque… De concerts en concerts, de rencontres en amitiés, du Centre à la Bretagne… Aurais-je pu croire, il y a dix ans, lorsque j’ai simplement acheté la compilation Le meilleur de Tri Yann vol. 2 en grande surface, que ma vie, et celle de ma famille, allait être à ce point bouleversée?? :D Si vous m’aviez dit ça il y a dix ans, je vous aurais certainement ri au nez. Et non, je ne pouvais pas à l’époque pressentir cette succession de causes et effets. Et c’est ce qui en fait la magie!!! :D

    Je n’en dis pas plus pour le moment. Mais comme tout anniversaire décennal, quel qu’il soit, se doit d’être fêté dignement, je vous concocterai certainement dans les prochaines semaines plusieurs articles tournant autour de mes dix années de passion Tri Yann… On resigne pour une nouvelle décennie, les gars??? ;) :D

    Je vous adresse du fond du coeur, chers lecteurs, mes meilleurs voeux pour l’année 2014 qui se profile!

    Celtic Chroniques, Tryanaute heureuse et comblée!!! :D



Brève: Tri Yann et la chapelle de Kermaria an Isquit

    Hier matin, nos amis les Tri Yann ont livré une prestation à tous points de vue exceptionnelle, dans un contexte très particulier. Le groupe est en effet venu jouer en formation réduite (Jean, Jean-Paul, Jean-Louis et Gégé) à Plouha (Côtes d’Armor), dans la chapelle de Kermaria an Isquit, pour la bonne cause: la restauration de la chapelle, et particulièrement de sa fresque la Danse Macabre, qui date du XIIIème siècle. Cette Danse macabre est extrêmement rare, il n’en existe que quatre représentations en France, dont deux en Bretagne (celle-ci à Plouha, et l’autre à Kernascléden, dans le Morbihan. Or, ce véritable trésor du Moyen-Âge est menacé, dégradé par un champignon miscroscopique dû à l’humidité ambiante. La restauration de la fresque est estimée très onéreuse (de l’ordre de 300 000 euros). Yvon Fichou, adjoint au patrimoine de Plouha, a lancé un appel aux dons au public.

    Que viennent faire les Tri Yann dans tout ça? Les voir chanter dans la chapelle de Kermaria an Isquit n’a rien d’incongru. En 1981, le groupe a enregistré sur l’album An Heol a zo glaz/ Le soleil est vert une chanson célébrant ce bijou du patrimoine breton, intitulée Grand bal de Kermaria an Isquit. A l’invitation d’Yvon Fichou, ils se sont volontiers mobilisés pour la restauration de la chapelle et la sensibilisation des bretons à leur patrimoine, venant interpréter hier matin in situ Grand bal de Kermaria an Isquit, chanson ô combien de circonstance (et ô combien magnifique…). Le titre complet se divise en trois segments, Ballade, Psaume et Danse macabre (évocation directe de la fresque). C’est plus exactement la ballade qu’ils ont interprétée, devant un auditoire de quelques 300 personnes, dont un bon nombre de collégiens du secteur.

    Le caractère exceptionnel de cette prestation réside en plusieurs raisons… Parce qu’il ne s’agissait pas d’un concert, mais d’une intervention de circonstance, pour le lieu même, parce que Grand Bal de Kermaria an Isquit est un titre rare et peu connu du répertoire de Tri Yann, et par conséquent les voir le jouer est tout à fait exceptionnel, pour la beauté du texte et de la mélodie, délicieusement médiévale, pour l’interprétation totalement sans filet. Sans micros, ni amplis, seulement avec la puissance des voix, et les guitares, le psaltérion, la flûte et le mandoloncelle, les Trois Jean, que l’on sait depuis 42 ans fervents défenseurs de la mémoire et du patrimoine breton sous toutes ses formes, ont rendu un bien bel et émouvant hommage, pendant leur très court récital de deux titres (Grand Bal de Kermaria an Isquit et Si mors à mort), à ce lieu séculaire et chargé d’histoire… Merci les gars…

    Béni soit celui ou celle qui a pensé à immortaliser ce moment unique et privilégié et à le poster sur YouTube!!! :D :D <3  Le voici:

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    Voilà pour cette « brève », que je me suis sentie un peu obligée d’écrire, étant donné le caractère peu commun de l’événement et de la prestation…



Mon JT musical # 1

    Mesdames-messieurs bonsoir, voici les titres de l’actualité de ce week-end:

    1) C’est la Toussaint, et vous êtes nombreux à vous rendre sur les tombes de vos défunts. En effet, disons que nous avons tous déjà dans notre vie perdu un cousin, un frère, ou un ami. Et comme ça nous donne froid un peu de s’en rappeler, qu’on nous apporte à boire pour qu’on puisse se réchauffer! Alors, trinquons, pensons à nos morts avec tendresse, le coeur rempli de respect sur un p’tit air rock’n roll! Et buvons, levons nos verres à cette vie qui nous est si chère, buvons à la santé de tous ceux qui nous ont quitté!

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    2) Le deuxième grand titre de l’actualité de ce samedi, c’est évidemment la crise bretonne. Depuis plus de quinze jours, on nous fait chier rabâche à qui mieux-mieux des histoires d’écotaxe (qui après force vagues de protestations a été suspendue pour deux ans), d’abattoirs en train de déposer le bilan, de Lampaul-Guimiliau à Josselin, quand ce ne sont pas des volaillers à Guerlesquin qui se rajoutent à la liste. Bref, l’industrie bretonne est dans la merde en crise. Bref bref, une manifestation monstre, rassemblant des anti-écotaxe autant que des protestataires des industries sinistrées susdites, a lieu en ce moment même à Quimper, devant la préfecture. On estime à 30 000 le nombre de manifestants présents. Petite curiosité: la majorité des manifestants arborent le bonnet rouge (je vous rassurent ils ne jouent pas un remake à grande envergure de Blanche-Neige et les sept nains! LOL). Quel est la signification de ce bonnet rouge? Il ne s’agit pas tant du bonnet phrygien des affranchis de la Révolution que des Bonnets Rouges de la Révolte fiscale du « papier timbré », sous le règne de Louis XIV! On a appelé plus spécifiquement Révolte des Bonnets Rouges les émeutes ayant eu lieu en Bretagne. Ah bah alors, s’il s’agit de ces Bonnets Rouges là, où sont donc passés Sébastian ar Balp et Goulven Salaün, deux des meneurs les plus célèbres de cette fronde, mais également le duc de Chaulnes et le marquis de Montgaillard, chargés de réprimer cette révolte?

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    (pour le duc de Chaulnes, je crois que je sais, il est en train de boire un Nespresso chez madame de Sévigné… ;)   Comprend qui peut ce clin d’oeil… ;) ) What Else?

    La manif se déroule en ce moment Place de la Résistance, à Quimper. Le lieu n’a pas été choisi par hasard, ne serait-ce qu’à cause de son nom… Mais moi qui ait été témoin de l’étrange phénomène, je peux vous affirmer, j’y étais j’ai tout vu, qu’un sortilège a été jeté un soir de juillet 2012 sur cette Place de la Résistance, connue pour accueillir chaque été l’Espace Gradlon, le grand chapiteau où se jouent les concerts des têtes d’affiche du Festival de Cornouaille. Ce jour de fin juillet 2012, un certain groupe quadragénaire et fringant, venu fêter au festival ses noces d’émeraude en musique, a déposé un charme sur ces lieux. En effet, dans une longue chanson tribale et frondeuse, un  »chant du combat », scandé de féroces « Ô feu, ô acier, ô terre et chêne! » (en breton mac’h plij!), ils ont appelé à un « Dastum e Kemper », un « rassemblement à Quimper »… Bizarre, vous avez dit bizarre? Devons-nous établir une concordance entre ces faits? ;) ;)

        Image de prévisualisation YouTube

    Voilà, c’est la fin de cet article, je vous remercie de votre attention! ;)

* Cet article est à comprendre bien entendu avec une bonne dose d’humour, de cynisme et de second degré, afin de dédramatiser ces actualités au propre comme au figuré… ;) A bon entendeur…

       



Tri Yann: agenda des concerts 2013 – 2014

Tri Yann: agenda des concerts 2013 - 2014 dans Actus ty-40-ans1

     Voici les nouvelles dates de concert de Tri Yann de novembre 2013 jusqu’en août 2014.

 

    NOVEMBRE 2013:

  le 08/11: AMIENS (80), Auditorium Mégacité

  le 09/11: CHAUNY (02)

  le 30/11: NANTES (44), au Zénith de Nantes, avec plein d’invités: Avalon Celtic Dance, Cercle Celtique Olivier de Clisson, Arz Nevez, Naoned and District Pipe-band

    FEVRIER 2014:

  le 28/02: SARCELLES (95), Salle Malraux

    MARS 2014:

  le 15/03: GRANDE SYNTHE (59), Palais du Littoral

  le 23/03: DOUAI (59), Salle Gayant Expos à 15 h (2ème édition du Celtic Festival)

  le 30/03: TRELAZE (49), Celtic Festival

    AVRIL 2014:

  le 12/04: ALENCON (61), Parc Anova

    MAI 2014:

   le 09/05: PARIS (75), L’Olympia, avec le Groupe Sans Gain et Carlos Nùnez

   le 17/05: TOURS (37)

   le 18/05: VERBERIE (60), Espace Dagobert, à 15 h

    JUIN 2014:

  le 01/06: CERISY BELLE ETOILE (61)

  le 07/06: LES MAZURES (08), Palais des Congrès des Vieilles Forges

      JUILLET 2014:

   le 05/07: SAINT-ETIENNE (42), Festival Les Roches Celtiques

   le 04/07: COMMENTRY (03)

   le 12/07: SAINT SERVANT SUR OUST (56) Festi Val de l’Oust

   le 17/07: COUHE (86), Abbaye de Valence, plein-air

   le 19/07: BATZ SUR MER (44) Les Nuits Salines

   AOÛT 2014:

   le 02/08: KARLSRUHE (Allemagne), Zeltival

  le 08/08: PERIGUEUX (24), Salle de la Filature

   le 13/08: OHLUNGEN (67) Festival Summerlied, 21 h 30

   le 15/08: PLOZEVET (29) Festival Mondial’Folk, Espace Jules Ferry, à 21 h 30

Mise à jour le 12/02/2014

     Mise à jour le 29/04/2014

* le 12 juillet à Saint-Servant sur Oust (Morbihan): ma très probable date de concert estivale…. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!!!! :D :D

** le 15 août à Plozévet (Finistère): ma seconde date de concert estivale! Yahaaaaaa!!!!! :D :D



CR de concert: Tri Yann à Mouzillon le 6 juillet 2013

    Bijour ensoleillé, chers Celticlecteurs!

    Me revoilou sur ce blog après presque deux mois d’absence! C’était une longue absence, mais j’ai une excuse en béton: on n’obtient pas (avec succès) une licence de Lettres modernes sans y consacrer du temps, de l’énergie et du TRAVAIL! Maintenant c’est fait, je suis diplômée et c’est les vacances, donc je vais avoir un peu plus de temps à y consacrer.

    Pour ce retour (qui coïncide exactement avec le deuxième anniversaire de ce blog…), je vais commencer par mon compte-rendu fort long et épique du concert de Tri Yann le 6 juillet dernier à Mouzillon, en Loire-Atlantique, à l’occasion de la 2ème Nuit en Muscadet. C’est parti mon kiki!

   

CR Concert de Mouzillon 6 juillet
2013

    Me voilà mes choupinous avec quelques jours
de retard (vacances + chaleur, alors soyez indulgents) pour vous raconter notre
périple mouzillonnais, au pays du muscadet.

    Samedi 6 juillet : décollage de la
maison à 13 h, sous un soleil de plomb. Autant vous dire que ma mère, ma sœur
et moi avons tout prévu pour résister à la canicule : chapeaux, crème
solaire, réserve d’eau… Le trajet Lanester-Mouzillon, qui emprunte
essentiellement la nationale, s’annonce sans encombres. Pour ce premier jour
officiel des vacances, le trafic est étonnamment fluide, ce qui est un
soulagement (en fait, le flot des vacanciers allait dans un sens… et nous dans
l’autre !). Vannes… Muzillac… Pontchâteau… Savenay (coucou le studio
Marzelle ! LOL)… Orvault… RAS, ça roule tout seul. Pas de bouchon à
l’horizon. Mais les choses commencent à se corser lorsque nous arrivons sur le
périphérique de Nantes, non pas parce qu’il y a des bouchons, mais parce que…
le périph de Nantes est incroyablement mal foutu ! Après nous êtres
gourées de sortie car le panneau signalant la sortie qu’on devait prendre, vers
Saint-Julien-de-Concelles, a été enlevée à cause de travaux, on tente de
rattraper la bonne bretelle en passant par Carquefou et Basse-Goulaine. Re-belote,
après avoir pris deux fois de mauvaises directions, et avoir fait autant de
demi-tours, on finit par accéder à une bretelle qui emprunte un pont, au-dessus
de la Loire. Et… victoire ! c’est la bonne route ! puisque nous
sommes renvoyées vers la sortie Mouzillon/Clisson/Vallet, comme ça aurait dû
être le cas depuis le début. Mine de rien, on a perdu plus d’une demi-heure à
tournicoter dans le périph de Nantes ! Ce fut épique.

    Enfin bref, nous voici concrètement sur la
route de Mouzillon, et du vignoble du muscadet. D’ailleurs, peu après être
sorties du périph, un grand panneau nous indique que nous entrons dans le PAYS
DU VIGNOBLE. Aussi bizarre que ça puisse paraître, nous n’avons aucun mal à
nous en apercevoir. Car, dans tous les champs qui bordent les communes que nous
traversons, de la sortie du périph jusqu’à notre arrivée à Mouzillon (Le
Loroux-Bottereau, La Chapelle-Heulin, Vertou, Clisson, Vallet…), ce ne sont
que… des vignes, des vignes et encore des vignes, à perte de vue.

    Nous atteignons notre destination finale,
Mouzillon (bled de quelques 2000 âmes, sans véritable attrait), vers 15 h 30.
Un fléchage a été mis en place dans toute la commune par l’organisation d’Une
Nuit en muscadet. Nous trouvons donc sans difficulté le parking réservé aux
festivaliers (et avant de l’atteindre, nous apercevons, au loin, la grande
scène sur le Terrain stabilisé). Le parking est situé sur une place où se
dresse une charmante église restaurée au XIXème. Nous nous garons sans
problème, car il y a encore très peu de monde. Nous passons un petit coup de
fil au paternel, pour lui dire que nous sommes bien arrivées, puis nous nous
aventurons dans la commune en éclaireurs, pour faire un premier repérage des
lieux. Le site du festival, le « Terrain stabilisé » comme c’est
écrit sur les billets, est très étalé, et tous ses grillages ont été entourés
de bâches blanches. Mais pour en repérer les entrées… ???? Mystère !
(c’est principalement ce qui posera problème par la suite). Alors que nous descendons
la principale rue qui longe le terrain, nous voyons au loin une tête connue…
Mais oui, c’est Christophe ! Nous lui adressons un petit coucou rapide. Je
crois bien que nous sommes arrivées en même temps que nos Tri Yann… Nous voyons
Chris se diriger, ses instruments chargés sur l’épaule, vers une certaine
entrée du site. En toute logique l’entrée réservée aux artistes. Nous, c’est
l’entrée spectateurs que nous cherchons.

    Comme il n’est même pas 16 h, que la foule
ne se bouscule pas au portillon, et que nous avons encore du temps devant nous,
nous décidons d’aller faire un petit tour. Le parking est situé à mi-chemin
entre l’église et le seul site de Mouzillon qui présente un véritable intérêt
touristique : un petit pont gallo-romain, très bien conservé, qui enjambe
la rivière Sanguèze, tout près des vestiges d’une ancienne voie romaine. C’est
plutôt mignon. Après cette petite balade sous le soleil, nous remontons au
parking. Après avoir changé de chaussures, avoir grignoté un peu et nous être
tartinées de crème solaire (la chaleur est accablante), nous nous chargeons de
bouteilles de flotte et des provisions. Sacs sur le dos et chapeaux vissés sur
la tête, nous retournons au niveau du Terrain stabilisé. Il n’y a aucune
indication précise pour l’entrée spectateurs. Nous faisons donc le tour
complet. Nous distinguons, à l’arrière du site, une aire de jeux pour les
gamins, nous longeons encore des grillages, puis nous voyons enfin une entrée.
Il semblerait que ce soit la bonne, puisque la scène (où les techniciens de nos
Tri Yann s’activent) lui fait face. Nous pénétrons donc par là. Regards à
gauche, à droite, et ma mère lance soudain un grand « Salut ! »
en faisant un signe de la main. Nous nous avançons et nous tombons sur… Vivi et
Jean-Pierre !

    Tous deux sont déjà dans le secteur depuis
la veille. Nous les retrouvons avec d’autant plus de plaisir que nous ne les
avions pas revus depuis presque deux ans (depuis Lorient), et que nous pensions
être les seules Tryanautes présentes à Mouzillon. Mais c’est mieux d’être à
plusieurs parce que plus on est de fous plus on rit ! On bavarde donc un
moment avec eux.

    Non loin de l’entrée, on aperçoit l’espace
réservé aux artistes… et aux véhicules. Le célébrissime minibus vert de nos Tri
Yann y est garé. On arrive juste à l’heure pour les balances, puisque Jean-Paul
est en train de s’accorder. Nous nous approchons donc des barrières (un peu
éloignées de la scène, mais elles seront rapprochées sur demande de Jean-Louis)
et profitons de ces moments « privilégiés » que sont les balances,
l’envers du décor des concerts. Nous avons droit à des petits coucous et à des
œillades de l’ami Freddy. Tour à tour, tous viennent s’accorder. C’est la
première fois depuis Redon en 2011 que nous pouvons VOIR et ENTENDRE toutes les
balances (à Lorient, Quimper et Pleudihen on avait pu seulement les entendre),
alors on savoure. Ces balances sont ponctuées de rigolades (Jean qui se sert de
son micro comme porte-chapeau et Pascal qui lui lance d’un ton moqueur depuis
la régie « Ca c’est pas fait pour les chapeaux » LOL) ou de
situations plutôt comiques (par exemple, voir Konan, Chris et Jean-Luc, à
l’arrière de la scène, prenant exactement la même pose, verre à la main, et
sirotant leur bière de façon parfaitement synchrone, ça aurait mérité une photo !
Re-LOL). Météo aidant, sourires, bonne humeur et décontraction sont de mise. De
plus, ils ont l’air contents de jouer « à domicile » (pour certains
d’entre eux ce n’était qu’à 10 min de chez eux).

    L’installation de la scène et de la
structure est un peu étrange : comme souvent, il y a bien une avancée de
scène, mais au pied de l’avancée de scène, ainsi que tout du long, ont été
placées les enceintes des basses montées sur roulettes. Ce qui fait que
souvent, pour le coup, ça prenait littéralement aux tripes (et que dire quand
Gégé seul a fait la balance de sa batterie… ça a vibrééé-éééé-éééééé !!
MDR).

    Jean-Louis arrive bon dernier pour les
balances. Il n’avait pas pu se libérer avant car il célébrait un mariage à la
mairie de Nantes. Très pro, après avoir salué ses potes, il se prépare
aussitôt. Ear-monitor (qu’il teste en chantant sa chanson préférée de balances,
la très drôle Ne pleure pas Patricia de Jehan Jonas, j’étais sûre qu’il nous la
ferait !), bombardes, chalémie, psaltérion… Il vérifie et réaccorde tout
cela avec rapidité et efficacité. Une fois que c’est OK pour lui, c’est parti
pour la balance collective : une partie de Marie-Jeanne-Gabrielle, et
Vivre Johnnie vivre, ce shanty si beau, si calme qui clôt en beauté Chansons de
marins. Dès les balances, ils le jouent de façon quasi parfaite (le seul petit
bémol c’était que le micro de Jean était un peu faiblard). Ca promet pour le
rendu du concert même !!! J Peu après, on apprend
que le concert devra être un petit peu raccourci, car il y a un horaire précis
à respecter à cause du feu d’artifice qui doit suivre immédiatement après. Deux
titres sont donc retirés de la setlist : Marie-Jeanne-Gabrielle et Adieu
Kerblouze (dommaaaaage !). Pour Marie-Jeanne-Gabrielle, pas de regrets,
parce qu’on la connaît bien en concert, mais pour Kerblouze, c’est bien
dommage, car nous ne l’avons jamais entendue en scène (je ne peux imaginer que
trop bien à quel point ça doit être une tuerie en live… !! Enfin bon, la
prochaine fois peut-être ?).

    Nos Tri Yann finissent les balances
pratiquement à l’heure prévue, et s’éclipsent pour laisser place au groupe
suivant. Peu avant la fin, Jean-Louis vient sur l’avancée de scène. Les
sourcils froncés et l’air vaguement contrarié, il jette un coup d’œil aux
barrières, et semble évaluer la hauteur de l’avancée. J’ai failli lui
dire : « Ca risque d’être un peu haut pour descendre à moins de
prendre un parachute », mais j’ai pas osé, je voulais pas le vexer. En
fait, ce qui contrariait Jean-Louis, c’était que les barrières soient si
éloignées de la scène. Alors après les balances, il a fait demander aux
bénévoles par Patrice de rapprocher le plus possible les barrières de la scène,
parce que, comme Patrice l’a expliqué au responsable des bénévoles, « il
n’y a pas suffisamment la proximité que le groupe aime avoir avec le
public ». Le mec fait ce que Patrice lui demande, mais en râlant tout
haut. Enfin bon…

     On mange nos sandwichs, on fait le tour du
site. Le Terrain stabilisé de Mouzillon est une sorte de complexe sportif, au
sol plutôt sablonneux (je vous raconte pas la couleur de mes baskets en fin de
soirée), dédié à des activités sportives aussi diverses que variées. Par
exemple, les toilettes avaient été installées à l’autre bout du périmètre tout
près d’un local qui était le local de l’Amicale des Joueurs de Pétanque. LOL.
Un village enfants est installé du même côté, de même que le stand de bouffe.
Les stands dédiés au muscadet, eux, parsèment le site d’un bout à l’autre.

    Tout au long de l’après-midi, des bénévoles
et organisateurs circulaient sur le site, sans prêter attention ni à nous, ni
aux quelques autres personnes présentes devant la scène. Mais vers 18 h, un
jeune organisateur vient vers nous. Comme j’ai vu sur le site de la
manifestation la vidéo de présentation, je reconnais Florent Coutolleau,
organisateur d’Une Nuit en Muscadet, et président de l’asso des Conscrits de la
10 (qui organise). Il nous demande avec amabilité si on fait partie des proches
de Tri Yann. Gné ? Puis je comprends que c’est mon tee-shirt et mon sac
Tri Yann qui lui ont fait croire ça. Je vous jure, pour peu on aurait pu se
faire passer pour des membres de l’entourage du groupe ! LOL ! Ce quiproquos
est tout de même comique, il faut l’avouer ! ;) Comme nous sommes
honnêtes et n’avons pas l’intention d’abuser de privilèges qui ne nous
reviendraient pas, nous lui montrons nos billets. Sans cacher non plus le fait,
pour être tout à fait honnêtes, qu’on les connaît un petit peu hors scène. Il
nous demande (en s’excusant) de sortir du terrain, car ils doivent sécuriser le
site avant l’ouverture prévue à 19 h . Il nous indique la direction de
l’entrée spectateurs. Nous nous y dirigeons donc. Au-delà de l’arche d’entrée,
située en bas d’une petite colline, elle-même en contrebas d’une petite
passerelle dans une descende hyper casse-gueule, nous retrouvons Vivi et
Jean-Pierre, ainsi qu’Isabelle, une autre habituée, non Tryanaute mais que nous
avons croisée à tous les concerts faits en Bretagne. Une dame, faisant partie
des personnes à mobilité réduite à cause d’un problème de hanche, et son mari,
sont également présents. Un petit auvent de toile a été installé au niveau du
pont pour le contrôle des billets. Ca faisait pont couvert, pour peu on se
serait crus dans Sur la route de Madison ! LOL ! L’autre entrée
spectateurs du site est tout aussi mal foutue, dans une montée improbable. Mais
à part eux, il n’y a pas un chat. Nous allons nous asseoir à l’ombre près de la
petite colline, et à proximité de l’arcade d’entrée. On est bien, à l’ombre. Même
que ma sœur, vautrée de tout son long dans l’herbe avec sa casquette sur la
figure, a fait peur à un jeune bénévole qui est venu demander si ça allait
parce qu’il croyait qu’elle était tombée dans les pommes ! MDR !

    Dans l’intervalle, je reçois un coup de
téléphone de notre Elodie, à qui j’avais laissé un message-surprise pendant les
balances, et qui appelle pour nous souhaiter bon concert, assurant qu’elle est
avec nous par la pensée entre deux couches et biberons.

    On finit par retourner vers l’entrée. Et
là, les mecs de l’organisation, de la sécurité et les bénévoles qui montent la
garde nous disent qu’en fait il faut aller au-delà du pont (dans la montée)
parce que les billets seront contrôlés là et qu’on nous donnera des bracelets
autocollants ! Là, on en a ras-le-bol, parce que ça fait près de 2 h qu’on
nous balade d’un bout à l’autre du site, et que des infos contradictoires
circulent d’une personne à l’autre. Vivi avait sa béquille et sa carte station
debout pénible, la dame au problème de hanche, qui a une canne, était plus ou
moins en train de faire un malaise, et moi qui ai un problème de tendon depuis
l’âge de onze ans, j’avais trop mal aux jambes pour emprunter de nouveau ce
passage raide et casse-gueule. Alors ma mère, Jean-Pierre, Isabelle et le mari
de la dame, assez excédés, sont retournés au pont avec nos billets respectifs à
titre d’accompagnants de personnes à mobilité réduite, nous laissant devant
l’entrée. Là encore, ce fut un beau gros bordel, parce que d’une part, le mec
qui avait les bracelets autocollants a mis du temps à arriver, et d’autre part,
parce qu’ils vérifiaient le numéro de CHAQUE billet sur un listing ! Et vu
qu’il y avait plusieurs revendeurs (Fnac, Ticketnet, billets achetés sur
place), c’était vraiment fastidieux. J’hallucinais. En douze concerts, c’est la
première fois que je vois ça ! Pendant que nos « accompagnants »
pataugent dans le filtrage des entrées, la sécurité déplace des barrières au
niveau de l’arche pour faire des « couloirs », et je me fais littéralement
agresser verbalement par le chef de la sécurité, tout ça parce que je me suis
appuyée d’une main sur une barrière qu’il venait de déplacer. Pfff, j’te jure,
dès que ça a l’étiquette de chef, ça pète plus haut que son cul !

    Le jeune organisateur (qui est poli,
contrairement aux mecs de la sécurité) dit qu’ils attendent le feu vert pour
faire rentrer. Mais du côté du pont, une fois les billets contrôlés et le talon
détaché, ils ne veulent pas laisser repasser Jean-Pierre, ma mère et Isabelle
sous prétexte qu’ils n’ont pas encore eu le feu vert ou je ne sais quoi !
Là, ma mère pousse un petit coup de gueule, et après cette semonce ils les
laissent nous rejoindre. Du coup quand le feu vert est ENFIN donné (vers 19 h
15), on a pu rentrer en priorité ! AHAHAHA !

    Y a pas à dire, ce fut un sacré bordel pour
les entrées !

    Bref, nous voilà dans la place. Avant que
le feu vert soit donné, une fille de la sécurité a contrôlé nos sacs pour
vérifier si on n’avait pas de bouteilles en verre. Une fois passée l’entrée, on
nous donne à chacun un verre à muscadet en plastique dur (donc c’est aussi
cassant que du verre… cherchez l’erreur) pour les dégustations, et un ruban
spécial assorti pour l’accrocher autour du cou. Comme je n’ai pas la moindre
intention d’aller faire des dégustations et que je trouve que ça ferait un peu
concon de se balader avec un verre à vin accroché autour du cou, je le fourre
vite fait dans ma sacoche.

    Nous gagnons le devant de la scène. Et
puisque nous sommes les premiers entrés et que la très grande majorité du
public est encore à poireauter loin derrière, il est inutile de courir au
premier rang : le premier rang s’offre à nous, entièrement désert !
C’est tip top. Nous nous installons donc bien tranquilles devant les barrières,
pile au milieu (aux meilleures places LOL). Les festivaliers entrent au
compte-goutte.

     Sur
scène, le jeune groupe Oly Hill, qui est chargé d’ouvrir la soirée, vient juste
de finir ses balances. Le public étant encore peu nombreux en raison du
contrôle laborieux des entrées, la chanteuse et ses musiciens restent les bras
ballants, un petit peu ennuyés. Vers 19 h 40, comme on leur dit « Ca
arrive » ou « Si vous commencez à jouer ils vont peut-être
rappliquer », ils entament leur prestation. Pendant une quarantaine de
minutes environ, ce groupe de folk-rock local nous déroule son univers
« western », et nous invite en voyage avec Léonie (leur
« héroïne ») et l’Homme des Hautes Plaines. Au début, ça nous semble
pas mal, mais au bout de deux ou trois titres, on a un peu l’impression de
toujours entendre la même chose, et la chanteuse s’écoute chanter plus qu’autre
chose (même si elle a incontestablement une très belle voix !). Bon, c’est
pas exceptionnel, mais je retiens qu’il y a du potentiel, de l’originalité et
de bonnes idées dans ce groupe. Et puis, franchement, après écoute, j’ai plus
de sympathie pour Oly Hill que pour le groupe qui suit, Herbalist Crew !

    Herbalist Crew (Mauvaise herbe en français)
est un groupe suisse de reggae. Ils succèdent à Oly Hill, après une vingtaine
de minutes d’interlude (pendant lequel un groupe de percus, les Tambours de
l’An Fer, a joué, sur une petite scène plus loin). Ils jouent pendant plus
d’une heure. C’est probablement le moment le plus pénible de cette soirée :
titres aussi interminables qu’incompréhensibles, musique qui ne me parle pas du
tout, et comme ils sont suisses francophones et ont un accent loooong cooome
çaaaaaaaaa, ils étaient tout aussi difficiles à comprendre quand ils parlaient
que quand ils chantaient… Bref, j’ai trouvé ça terriblement long et chiant.
Croyez-moi, voir nos Tri Yann et leur équipe, au loin, qui faisaient des allées
et venues, m’a diverti bien plus que la musique d’Herbalist Crew ! Le seul
titre qui ait vaguement éveillé ma curiosité, ça a été un pastiche de La
mauvaise réputation de Brassens.

    Mais surtout avec Herbalist, le problème
qui s’est posé est un problème typique des groupes de reggae : à un moment
donné, ils font une apologie de « la ganja ». Alors là, on voit
rappliquer un nombre surprenant, je vous le donne en mille… de fumeurs de
pétards ! Je vous raconte pas, tout autour de nous ça puait le joint,
c’était immonde ! Cette « bande » comporte quelques excités qui
poseront problème par la suite, dont une foldingue qui bousculait et
s’accrochait au cou des gens, et quelques jeunes rastas venus un peu foutre le
bronx et voulant absolument danser pendant Les prisons, et qui finiront par se
calmer et repartir contents après que ma mère ait discuté bien calmement et
bien diplomatiquement avec l’un d’entre eux.

    A 22 h, après que des organisateurs soient
venus leur demander de raccourcir leur prestation (parce qu’ils étaient bien
partis pour durer encore, alors que l’horaire, c’est l’horaire !), ils
quittent la scène. Sauvés par le gong, c’est le cas de le dire ! Dès
qu’Herbalist leur laisse le champ libre, Patrice et ses acolytes s’activent
aussitôt à préparer la scène pour nos Tri Yann, avec leur rapidité et leur
professionnalisme coutumiers, qui me laissent à chaque fois admirative. Nous
autres les Tryanautes, nous commençons à tâcher de chauffer le public. On lance
à Patrice, qui traverse la scène avec la mandoline de Jean « Allez
Patrice, une chanson », ce qui le fait marrer. Pendant la demie-heure de
changement de plateau, les Tambours de l’An Fer refont l’interlude. Mais
rapidement, ils nous cassent les oreilles, finissant par frapper comme des
bourrins sur leurs fûts. Ce n’est plus ce que j’appelle de la musique !
Après coup, je me suis dit que si Gavotten ar Seizh (et donc la présentation
des Tambours de Plougastell) avait été au programme du concert (ce qui n’a pas
été le cas), Jean-Louis aurait légitimement pu dire, s’il avait voulu prendre
l’exemple de ces percus, qu’effectivement là c’était « cinquante brutes
qui cognent sur des bidons de gasoil » ! MDRRRRRRR !!!

    Quand ce « frappant » interlude
(sans mauvais jeu de mots, off course ! ;) ) s’arrête enfin, nous
pouvons appeler et acclamer nos Tri Yann. Puisque nous 3 sommes d’un côté, et
Vivi, Jean-Pierre et Thérèse de l’autre, nous faisons un petit match
bâbord-tribord. Ca répond bien ! Ca ne vaut évidemment pas le bâbord –
tribord géant de Lorient, mais ça répond bien !

    Minute après minute, nous nous approchons
de l’heure H. Le pouls qui accélère, ces délicieux frissons d’impatience qui
nous parcourent, l’adrénaline qu’on sent monter (au point que, chaleur aidant,
à un moment donné, je me sens presque suffoquer), les fourmis dans les jambes…
Je retrouve avec joie toutes ces sensations familières pré-concert.

    22 h 30 pétantes (à Mouzillon, le moins
qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont réglo sur les horaires !) :
ouiiiiii !!! Alors que nous braillons à nous en casser la voix et
acclamons à qui mieux-mieux, les éclairages verts scannent soudain la scène et
la longue note sourde et prolongée qui introduit Na I ri o se fait
entendre ! Et là, comme surgis des différentes époques qui s’entrecroisent
dans Rummadoù, hérisson, brigand, croisé, chef de clan écossais et employé fluo
de travaux public prennent la scène d’assaut ! Le pibgorn de Konan qui
ouvre le concert résonne dans la nuit mouzillonnaise comme un appel à nos
ménéstrels Jean, Jean-Paul et Jean-Louis qui, tantôt empharés, tantôt fleuri,
tantôt caféiné (et fumant de préférence), surgissent à leur tour au fil des couplets,
une ovation spéciale étant comme toujours réservée à Jean-Louis.
Hiiiihaaaaa !

    C’est partiiiiii, et le concert se
poursuivra sans aucun temps mort pendant 1 h 30. Eh oui, comme il y a des
horaires précis à respecter et qu’il y a encore du monde qui doit passer après
eux, c’est un concert version courte. Petit concert, donc, mais il n’y a
aucunement lieu de se plaindre, car c’est un concert intense, avec un bon choix
de titres et une répartition intelligente des morceaux. Et moi, quand le programme
est équilibré à ce point, j’adore ! La setlist, que je vous ai déjà donnée
précédemment, s’établit comme il suit :

  1. Na I ri o
  2.  Le Baleinier
  3. Pelot ( <3 <3 <3 )
  4. Fransozig
  5. Si mors à mort
  6. Marion
  7. Le retour de la croisade
  8. Tri martolod
  9. Divent an dour
  10. Le
    chasseur de temps
  11. Vivre
    Johnnie vivre
  12. Kan
    ar Kann
  13. Tir
    fo tonn
  14. La
    jument
  15. Les
    prisons
  16. Les
    crêpes
  17. Je
    m’en vas

    Au cours de cette heure et demie de
concert, nos Tri Yann, en très grande forme, ont réalisé un sans faute (comme
toujours ;) ), ils étaient musicalement parfaits d’un bout à l’autre, et
il n’y a eu aucun problème technique. Quelques anecdotes (juste quelques unes,
promis, dit celle qui en écrit 3 pages à chaque fois ;) LOL !)

-        
Avant Le Baleinier, Jean-Louis nous fait comme de
coutume répéter les Alouéééé Fa la louééé Alouééééééé. Ca a l’air impeccable,
au point qu’il dit : « Put**** , c’est plus beau qu’à
Strasbourg ! » On espère bien ! LOL ! Parce que là quand
même ils jouent à domicile ! ;). A la fin du morceau, il nous les a
fait rechanter 3 fois encore, « pour le fun ».

-        
Ensuite : il nous annonce une vieillerie ressortie
des tiroirs. Jean et Jean-Paul s’emparent respectivement de leur banjo et de
leur guitare. Mon cœur s’emballe : je sais de quelle
« vieillerie » il s’agit, car il n’a pratiquement jamais quitté la
setlist des concerts depuis deux ans… Mais c’est égal, mon bonheur de l’avoir
en concert, mon émotion et mon ravissement sont intacts, toujours renouvelés,
aussi fort que la première fois que je l’ai entendu à Redon… Aux premières
notes, reconnaissables entre mille, je pousse un hurlement perçant, un
hurlement de joie, à l’unisson de tout le public ! C’est Pelot, bien
sûr ! Le gars Pelot à qui le public réserve toujours immanquablement un
triomphe !!! Donc voilà, j’ai eu droit à ma chanson préférée, à MA
première chanson de Tri Yann, pour la cinquième fois d’affilée en deux ans…
Pff, c’est le pied !!! Mon cœur de Tryanaute est comblé !

-        
Fransozig : à la phrase « Bonjour à vous
jeune fille, me logerez-vous ? », Jean-Louis serre la main à ses potes
en croisant les bras. Ce qui fait qu’il avait Jean accroché d’un côté et
Jean-Paul de l’autre, et que leurs bras à tous les trois étaient artistiquement
entrelacés ! Mais ça va, ils ont réussi à se démêler ! LOOOL !

-        
- Si mors à mort : dans l’intro, Jean-Louis nous
informe que l’an prochain, en 2014, ce sera le cinq centième anniversaire de la
mort d’Anne de Bretagne…

-        
Sur le conte de Marion, plusieurs moments drôle à
signaler : l’amant de Marion a encore changé de petit nom, cette fois il
s’appelle Ahmed Hangiven ! LOL ! ; Jean-Louis se pique soudain
d’imiter le rire satanique du fantôme de la vieille femme qui immobilise le TGV
sur la voie Nantes/Quimper, ainsi que le bruit caractéristique du TGV en
mouvement (il l’imite de façon fort convaincante, je dois dire !)
Mdr ! ; et enfin, la Russie est maintenant devenue un paradis fiscal
(et pan, Depardieu c’est pour toi !) puisqu’après le vol des cartes
American Express, les comptes que les passagers de première classe ont en
Suisse, au Liechtenstein ou en Russie sont entièrement vidés !!!

-        
Pour nous, le début de Marion a été quelque peu gâché
par la foldingue de tout à l’heure, qu’on avait déjà rembarrée pendant
Herbalist Crew parce qu’elle s’accrochait au cou des gens. Cette fois, elle
surgit et se met à bousculer tout le monde. Ma mère lui ordonne,
glaciale : « Tu dégages ! Tu dégages ! » . Elle,
Soazig et plusieurs autres font des signes frénétiques aux mecs de la sécurité,
qui interviennent et éjectent la folle sans trop de remous, heureusement.
Celle-là, elle était très certainement bourrée, défoncée et pas seule dans sa
tête !

-        
A ce concert, pas de Néréides (ça m’a fait bizarre),
pas de Tambours de Plougastell et pas de Lamentations. Mais il y a d’autres
jolies surprises, dont les deux inédits…

-        
Les morceaux survitaminés parsèment tout le
concert : Le retour de la croisade, Tri martolod, Le chasseur de temps
(THE titre remuant, que je kiffe toujours autant en concert), Tir fo tonn, Kan
ar Kann, et bien évidemment La jument et Les prisons sont autant de titres et
tubes qui nous ont bien fait bouger, danser et sautiller !

-        
Après Le retour de la croisade, Jean-Louis,
introduisant le titre suivant, claironne : « Alors là, vous allez pas
pouvoir y couper, c’est probablement l’un des trois grands incontournables de
chez incontournables de la chanson bretonne », il nous en cite les
interprètes notables : Stivell, Manau, Nolwenn Leroy… C’est… c’est… Vous
donnez votre langue au chat ? Tri martolod, bien entendu !!! Et,
actualité récente oblige, les deux premiers marins ne vont plus à la maire se
pacser, ils y vont pour… se marier !!! J

-        
En concert, ce Tri martolod nouvelle version Tri Yann
cuvée 2012 déchire tout ! La mélodie est hyper-entraînante, la flûte de
Konan et le violon de Chris sont flamboyants ! Bref, c’est un titre taillé
sur mesure pour la scène ! Une parfaite réussite !

-        
Le plus joli moment du concert, c’est indiscutablement
Vivre Johnnie vivre, qui suit Le chasseur de temps. Dans l’intro, Jean-Louis
nous explique d’où vient le surnom de « johnnie » donné aux marchands
d’oignons de Roscoff : en fait, au XIXème, pour les Britanniques, tout ce
qui venait de France était appelé Jean quelque chose, donc John, Johnnie. CQFD.
Il nous entraîne soigneusement à chanter les refrains. Et, miracle, alors que
je craignais un peu que ça chante n’importe comment et comme des bourrins,
derrière, à cause de la viande saoûle, c’était très bien chanté, dans la note
comme il fallait, c’était tout doux, tout doux… Comme je m’y attendais, la
mélodie très simple et facile à retenir passe très bien auprès du public. Après
nous avoir fait répéter une dernière fois le refrain, Jean-Louis ironise
gentiment : « Ah ouais, c’est sûr, c’est d’un autre niveau que Aul
Away, Aul Away (cf Le chasseur), mais vous allez très bien vous en sortir, j’en
suis sûr ». En concert, Vivre Johnnie vivre est sublime, elle rend très
bien. Et ma mère, qui l’entendait pour la première fois, est tombée raide
dingue amoureuse de cette chanson !

-        
D’un saut de puce dans mon catalogue de souvenirs, je
passe de Johnnie à La jument. La bonne vieille bébête est raccourcie de façon
inattendue. Dès que Jean-Louis a fini de nous faire hurler les paroles…
Jean-Luc se met directement à jouer Bonne nuit les petits ! Konan, qui
avait son redpipe sous le bras et s’apprêtait manifestement à jouer comme
toujours la partie Blue Sheep in Bernera, a eu l’air surpris. Si j’osais, je
dirai… déconcerté !!! MDR !!! Bon, OK, je sors…

-        
Premier rappel : Les prisons. C’est là que la
bande de rastas excités voulant absolument danser fait irruption devant, nous
écrabouillant à moitié contre les barrières et importunant pas mal de
spectateurs. Certains d’entre eux commencent à être agressifs, des gens
réagissent agressivement en riposte, mais ce n’était pas la solution… Du coup,
le début des Crêpes nous a été quelque peu gâché. Mais après, les choses se
sont calmées, et à la fin du concert, ma mère (qui avait reçu accidentellement
un coup sur la tête alors qu’elle avait une plaie à la tête après s’être pris
la veille le hayon du coffre de la voiture de plein fouet), a discuté bien
calmement et bien diplomatiquement avec le plus excité. Du coup, le jeune s’est
calmé, s’est excusé et est reparti content. Comme quoi… Quand on discute
CALMEMENT et DIPLOMATIQUEMENT entre personnes civilisées, on peut s’entendre…

-        
Final du concert sur Je m’en vas, comme de coutume, et
Jean-Louis nous lance avant de quitter la scène : « Vous savez quoi,
les amis ? On vous aime, et on aime aussi le muscadet ! » Ben
tiens, on s’en serait pas douté, LOL !

-        
Clap de fin après 1 h 30 pile poil de concert intense.
Ce ne sont pas les tambours, mais un petit feu d’artifice qui sert d’interlude
entre Tri Yann et le dernier groupe de la soirée. Nous nous dirigeons vers le
stand. Mais les gars qui s’en occupent, pas au courant des habitudes post-concert
du groupe, remballent tous les CD, tee-shirts et autres avant de leur laisser
le temps d’arriver, nous laissant bêtement tous seuls devant une table à
tréteaux vide. Nous sommes peu nombreux à les attendre : nous 3,
Jean-Pierre, Vivi, Soazig et ses petites, et quelques autres. Jean-Louis,
Freddy et Jean-Paul finissent par venir nous voir. Nous passons, comme
toujours, un après-concert sympa avec eux, à échanger quelques mots, demander
des dédicaces, et faire une séance photos. D’ailleurs, merci au gentil monsieur
qui nous a pris en photo toutes les 3 avec Jean-Louis avec mon appareil !
Ca fait « photo de famille » avec lui. Et d’ailleurs, quand on lui a
rendu la pareille en le prenant en photo, lui et sa femme, avec Jean-Louis, il
se confondait en remerciements (il n’avait pas vu nos TY depuis longtemps et
n’avait encore jamais eu l’occasion de faire une photo avec eux). C’était
mignon ! Ca fait aussi partie des choses que j’apprécie dans les
après-concerts : le partage d’émotions entre spectateurs qui ne se
connaissent pas de la veille !

-        
Minuit et demie, il est temps pour nous d’y aller. Nous
disons au revoir à tout le monde, et nous regagnons le parking de l’église, et
la tuture. La route du retour se passe bien, et c’est plus facile qu’à l’aller
au niveau du périph de Nantes, parce que nous n’empruntons pas le même axe.
Nous traversons d’ailleurs le célèbre pont de Cheviré au-dessus de Nantes. Je
vous assure, il est tellement loooong et tellement hauuuut que de nuit, c’était
presque flippant !

-        
Nous arrivons à la maison à plus de 3 h du mat (le
radioréveil, dans ma chambre, marque très exactement 3 h 12). Nous ne faisons
pas de bruit pour ne pas réveiller le paternel, qui dort déjà depuis longtemps,
nous fourrons vite fait les chats dans la cuisine, brossage de dents, et
hop ! à notre tour de sombrer dans les bras de Morphée, après cette
longue, chaude et excellente journée !

Moralité :
un très bon petit concert ! Ceux de Redon, Lorient, Quimper et Pleudihen
en 2011 et 2012 étaient meilleurs, et différents, mais celui-là, en pays
nantais, chez Eux, se défend très bien aussi ! Je ne regrette pas d’avoir
été de la fête !!! J

              THE END !

Désolée, c’est
encore une fois TRES long !!

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